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La forme et articles du synode tenu au Monteiymard le Vendredy 6. jour Mars 1531 a l'Incarnation ou bien 1562 a Noël.
La grâce et paix de notre bon etc.
Gomme par le bon vouloir de Dieu et l'inspiration du S. Esprit l'assemblée de l'église reformée de Dauphiné, Lyonnois, Forest, principautez d'Oranges et d'autres conjoints et alliez au dit Dauphiné, ayant esté convoquez en la ville du Montelimard du mardi iij jour de ce mois de Mars, pour laquelle ait esté signifié au magistrat le jour et aussi le congé demandé a la forme de l'édit du Roy du xvu janvier dernier passé. Au moyen de quoy se seroyent trouvez en icelle ville les dits ministres, diacres et autres notables personnages mandez respectivement par chacun consistoire des églises reformées des dites provinces, pour lequel synode tenir dedans la ville, seroit esté inhibé et défendu de la part de M. de La Motte Gondrin, lieutenant gênerai pour le Roy en Dauphiné, lequel toutesfois auroit permis et donné congé de tenir le dit synode au dehors de la ville du Monteiymard, ainsi que de tout il appert des procédures sur ce deuëment expédiées; de sorte que pour obéir et aussi pour se garder de mesprendre, la dite assemblée et congrégation auroit esté faite dedans la maison du sieur Jean Revot, bourgeois d'icelle ville du Monteiymard, et au dehors d'icelle d'environ demy quart de lieue, la ou du vendredy VI. jour du dit mois, en l'an i56i, a l'incarnation de
nostre Seigneur, après avoir invoqué le nom de Dieu et l'ait les prières qu'il est requis pour telle et si sainte congrégation et assemblée, a esté procédé comme est cy après escrit.
Premièrement a esté protesté de ne vouloir ne aussi moins prétendre en l'assemblée faire ny attenter chose qui contrevienne a la parolle de Dieu ne pareillement a l'cfrice du magistrat contre les edits du Roy nostre sire.
Or pour ce qu'il est requis, tant pour les propositions que aussi pour les conclusions, élire et nommer un notable personnage pour présider, a esté esleu et nommé M. Mi'e Guillaume Farel (i), natif de la ville de Gap, ministre de la Parolle de Dieu en l'église reformée d'icelle ville, et pour adjoint M. M""" Louys du Vergier, au si ministre de la parolle de Dieu en l'église reformée delà dite ville du Montelymard, et pour secrétaire Claude Amel envoyé de la par de l'église reformée de Valence ; le tout toutesfois avec deuë profession que les dites nominations et élections de président, adjoint et secrétaire ne seront pour exercer office de magistrat, et que tout incontinent après la fin et conclusion du dit synode et le despart de l'assemblée, ne seront plus nommez pour tels, n'auront authorité aus dites charges, mais seront leurs charges expirées.
Que en premier lieu la confession de foy des églises reformées de toutes les provinces de l'obéissance du royaume de France seroit leuë publiquem.ent et a haute voix en la dite assemblée, puis soubsignée par les ministres qui ne l'ont encore soubsignée : ce qui a esté fait.
Que l'ordre tenu et mis par le dernier synode tenu en Languedoc (2) sera suyvi et gardé, duquel a esté fait lecture
(i) Le célèbre réformateur venait de Gap, où il avait passé une partie de l'hiver à annoncer l'Évangile à ses compatriotes. (2) Voyez les actes de ce synode ci-après, No VIL
en l'assemblée et conclu qu'il sera de mot a mot transcrit et joint cy après, a ce qu'aucun n'en prétende ignorance.
Que ceux qui entreront en l'assemblée après que la prière aura esté faite seront tenus a prier Dieu avant que s'asseoir et que donner voix pour opiner.
Que la discipline et ordre des églises reformées de France ordonnés aux synodes généraux tenuz a Poictiers en l'an 1557 et a Paris en l'an iSSg, aussi depuis adjousté au synode tenu a Poictiers en l'an 1 5 6 1 , desquels la lecture a esté faicte en la présente assemblée, sont approuvez et seront observez, et que chacune des églises en aura une coppie.
sans toutesfois que un nommé (2) cogneu pour
scavoir s'il estoit hérétique et a quelle fin et causes il a esté rejette.
Doresnavant ne seront receus en l'assemblée des synodes ceux qui porteront armes a feu et autres défendues par les edits du roy.
Que la conjonction et alliance faite d'entre les églises reformées de Lyon, Annonay, Sederon (3) et Barret (4) et autres provinces ne pourra estre desjoincte ne séparée quant a présent, mais la détermination en est renvoyée au synode gênerai prochain qui doit estre tenu a Orléans, avoir au préalable rendu conte les uns aux autres.
Que l'on advisera de convoquer le synode en temps oportun, de sorte que ce ne soit en caresme observé par les romanisques.
(i) Ces points représentent une omission commise par le copiste.
(2) Mot en blanc dans le texte.
(3) Chef-lieu de canton de la Drôme.
(4) Barret de Lioure, du canton de Séderon.
Que ceux qui demanderont des ministres et qui n'en pourront avoir a présent, seront admonestez d'envoyer les escholliers pour estudier au ministère; semblablement seront admonestez les consistoires des églises reformées d'envoyer des escholliers pour aussi estudier au m^inistere.
Que ceux qui demanderont estre conjointz avec les églises reformées du Dauphiné seront receus.
Que la province du Dauphiné et autres conjointes a icclles seront divisées et ordonnées en cinq classes, a scavoir : Vyennois et terre di la Tour (i), qui est le balliage de Vyenne et Grisevaudan ; Vyennois et Valentinois, qui est le balliage de S. Marcellin; et le balliage de Valentinois et Dyois, une autre classe; Bryançonnoiset Ambrunois, une autre classe; Gapensois et Baronies, une autre classe; S. Paul trois Chasteaux, Oranges et son principauté, le comté de Venyse et Provence. a scavoir les places et lieus qui sont entre le Dauphiné et comté d'Orange, une autre classe.
Que les ministres qui doresnavant dresseront église le rapporteront au prochain synode ou classe pour après cstre rapporté au synode gênerai.
Ceux qui se voudront présenter a la sainte Cène ny [ viendront] sans estre souverainement informez de leur confession de foy et de leur croyance; toutesfois que celui qui les catéchisera ne les enquerra par arguments et demandes par trop subtiles, avec le plus modestement que faire se pourra, selon la qualité et portée des personnes.
Que les diacres et autres lecteurs de l'Escriturc sainte lisant en l'assemblée avant les presches, n'exposeront et n'ajousteront ou diminueront du dit texte, mais tant seulement feront leur lecture avec deub honneur et révérence.
(i) La Tour-du-Pin (Isère)
Touchant ce qui a esté proposé si les enfants baptizez par gents sans vocation seront tenuz pour deuëment baptizez, estre faitrenvoy au synode gênerai.
Et ce qu'a esté proposé touchant l'cntretenement de Messieurs les ministres et leur famille, a esté advisé qu'il est trop raisonnable et équitable leur ordonner estât convenable pour l'cntretenement d'eux et de leur famille.
Et en cas qu'ils décèdent de ce monde laissant leurs femmes et enfants en nécessité, que les églises soyent admonestées de leur assister selon leur possibilité et d'y user de pitié et charité ; toutesfois qu'il est requis de renvoyer ce fait au synode gênerai prochain pour sur ce donner quelque bon et honneste règlement.
Que ne sera loisible aux diacres catéchisants d'administrer les saints sacrements ny la bénédiction du mariage, ains le laisseront faire aux ministres.
Que les ministres et consistoires ne pourront recevoir ne admettre les diacres catéchisants, ains qu'ils seront receus et admis par les colloques.
Que ceux qui porteront baptizer des enfants d'un lieu en un autre seront tenuz d'apporter tesm.oignage s'ils sont de l'église ou non, a ce que les ministres puissent sainement procéder au fait de leur charge.
Que aucunes lettres ne seront envoyées par les consistoires en ce qui concerne l'ordre de l'eglis^ sans les communiquer aux ministres ny aussi les ministres sans les communiquer aux consistoires.
Que les ministres qui n'ont encore signé la confession de foy seront tenuz venir au prochain synode provincial s'ils n'ont d'excuse légitime.
Que ceux qui sont nommez et esleus par les consistoires seront tenuz s'y trouver et assister aux lieus, jours et heures assignées et préfixées ; autrement en seront demis et rejettez, et aux lieus d'eux en seront nommez d'autres.
Que en tous consistoires les censures seront faites une fois pour chacun mois, encore que les ministres n'y soyent ou qu'il n'y en ait point.
Que tous les matins au point du jour les diacres feront les prières et liront les commandemens ou autres textes de l'Escriture sainte pour servir aux serviteurs, chambrières et laboureurs.