SYNODE DU LANGUEDOC
Bèze (2) a connu ce synode. Il en dit ce qui suit : « Il « fut tenu en même temps un synode provincial du bas
(i) Bibliothèque de Genève, mns. 109.
(2) Histoire ecclésiastique des églises réformées , t. III, p. 88 (éd. de Lille, 1842), ou t. Iir, p. i38 (éd. d'Anvers, i58o).
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« Languedoc à Nismes où se trouvèrent septante ministres « outre ceux qui y furent esleus, auquel temps, a savoir « Tunziesme de Février, fut apporté TEdit de Janvier. » Le Journal anonfine, inséré dans Ménard (i), a également connu notre synode. « Le dimanche i. Febvrier..., « dit-il, M. Viret prescha au collège : y eut synode de « ministres depuis Beziers en ca, qui se vint à la maison « de M. de S. Veran. « Le Journal de Jean Dejron de Nismes, reproduit encore par Ménard (2), mentionne aussi le synode du Languedoc en ces termes : « Le di- « manche i. Febvrier, M. Viret parla aux Jacopins... Le « lundi 2 . Febvrier se commença tenir le synode gênerai « à Nismes chez M. de S. Veran, et s'acheva le 1 1 du dit « mois qu'estoit mecredi, où tous les ministres firent la « cène. »
Le « synode général de toutes les églises de la province » du Languedoc avait été « convoqué à Nîmes pour le pre- « mier dimanche de Février, » par le consistoire de cette église dans sa séance du 8 Janvier i562 (3); mais il ne s'ouvrit que le lendemain. Ménard (4) paraît indiquer la cause de ce retard en disant que Viret fut obligé de soutenir le dimanche « une longue et vive dispute de contro- « verse avec les Jacobins. »
C'est là tout ce que nous avons pu recueillir sur le synode du Languedoc de i562 dans les anciens auteurs. Aussi sommes-nous très surpris de l'analyse qu'en donne M. Borrel dans son Jlistoire de Véglise réformée de Nîmes, p. 40 (5). Premièrement, cette analyse ne se rapporte en aucune façon aux actes que nous publions et
(\) Hist civ. ceci, et litt. de la ville de Nîmes, Paris, 1753 ; Preuves, p. 4.
{1) Preuves, p. 6.
(3) Ménard, t. IV, p. 327.
(4) T. IV, p. 333, 334.
(b) 2 «^ éd., Toulouse, i856, in-12.
dont Tauthenticité ne saurait être mise en doute; en second lieu^ M. Borrel fait entendre dans une note qu'il cite Bèze et renvoie au tome I, page 248 de cet auteur. Or, non-seulement on ne trouve dans ce passage aucune mention du synode de Nîmes, mais encore dans toute V Histoire ecclésiastique de Bèze (i), le seul paragraphe consacré à notre synode est celui qui est transcrit plus haut. Un instant, nous avons conjecturé que M. Borrel pouvait avoir puisé les actes du synode de Languedoc dans les riches registres du consistoire de Nîmes, mais le volume de ces registres qui renferme les synodes provinciaux du Languedoc ne commence qu'à Tannée lôqô, et celui qui embrasse les décisions du consistoire de Nîmes de i56o à i563 est à la Bibliothèque nationale de Paris. MM. les pasteurs Viguié et Dardier de Nîmes, qui nous ont fourni ces renseignements, ne pensent pas que M. Borrel ait jamais pris connaissance de ce dernier volume, et M. Viguié, qui y a jeté un coup d'œil , estime que les délibérations qui le composent ont seulement trait à l'exercice de la discipline ecclésiastique dans l'église de Nîmes et à l'administration des deniers des pauvres. Il est donc à présumer que l'historien de l'église réformée de Nîmes aura commis une erreur, d'autant mieux que, outre son renvoi inexact à Bèze signalé plus haut et la non conformité de son analyse avec les actes de notre synode, il avance que le synode du Languedoc « termina ses nomce breuses séances par la consécration au ministère évan- « gélique de quatre proposants ; » tandis que Ménard (2), qui écrit d'après des mémoires contemporains, affirme que ces quatre proposants furent reçus dans le nouveau consistoire nommé le 14 février. M. Borrel cependant a eu Ménard sous les yeux et le cite fréquemment.
(i) M. le pasteur Hugues d'Anduze a bien voulu vérifier notre dire dans l'édilion d'Anvers qu'il possède.
(2) T. IV, p. 33 5.