ROUMANIE
années ; il est à peu près le même que celui des lycées roumains, sauf que les langues anciennes y sont remplacées par le français et l’allemand, à titre d’étude obligatoire.
La comptabilité commerciale, les sciences physiques et naturelles^ ainsi que l’hygiène, la pédagogie et la méthode froèbélienne (théorie et application) font partie du programme. Les élèves sont chargées, pendant la sixième année, du service d’institutrices dans les classes primaires et préparatoires et, après un examen spécial devant un jury de professeurs, elles reçoivent un diplôme qui leur assure une position.
C’est à la princesse Elisabeth, épouse de S. A. le prince de Roumanie, qu’est due la nouvelle organisation qu’a reçue l’Orphelinat des filles.
Le Panteileimon est institué pour les garçons : il va être transformé en une école d’arts et métiers.
A l’Exposition universelle de Vienne, l’Asile Elena et le Panteileimon étaient représentés par les cahiers de toutes les matières d’enseignement de tous les orphelins et de toutes les orphelines, sans exception, ce qui est une garantie de sincérité. La musique, le dessin linéaire et le dessin topographique formaient des cahiers séparés. Indépendamment de ces travaux graphiques, l’asile avait exposé une série complète d’ouvrages de couture et de broderie, et, de plus, dix costumes de paysannes roumaines.
RUSSIE
•Le groupe XXVL de l’exposition russe ne comprend que 25 numéros.. Il est loin de constituer une représentation de l’ensemble de l’organisation de l’enseignement dans ce vaste Empire. On y rencontre d’abord le lit d’enfant et le lit-baignoire de l’Hôpital d’enfants fondé par S. A. 1. le prince Pierre d’Oldenbourg, à Saint-Pétersbourg; un ouvrage intitulé : Réponses aux questions des enfants su?^ différentes mMièr es techniques M. Reinbot; une collection d’objets constituant le matériel de l’enseignement exposé par M. AndriaschefF. L’École normale de Juviaskula (directeur M. Leinberg), gouvernement de Wasa, exhibe, outre les livres et le matériel d’enseignement, des cahiers d’élèves et des ouvrages manuels. Cette école, fondée en 1863, compte 200 élèves, dont 100 du sexe masculin et 100 du sexe féminin. M. Ezersky, de Dresde, exposé, dans ce compartiment, un cours de comptabilité pratique et des machines de multiplication et de division.
L’enseignement professionnel y est représenté de la manière suivante : l’Institut technologique de Saint-Pétersbourg, collection de travaux méthodiques pour l’apprentissage de la serrurerie et du forgeage , préparations chimiques, plans de machines exécutés par les élèves, cylindres à vapeur et pistons, établi-modèle de serrurerie , tour mécanique, machine à gaz, scie à ruban ; — l’École
RUSSIE
impériale technique de Moscou (directeur M. Delavosse), une collection systématique d’objets servant à l’étude des métiers de menuisier, de serrurier, de tourneur et de forgeron. L’Ecole technique Alexandre, des frères J. et B. Milioutine, à Tschérépovetz , gouvernement de Novgorod, une collection d’objets du même genre que la précédente, plus des métiers et outils faits par les élèves. Cette école, fondée en 1869, compte 72 élèves.
L’enseignement démonstratif des sciences est représenté : par des modèles ethnographiques et anatomiques de M. 'N. Heiser, de Saint-Pétersbourg, lequel expose aussi la
carte en relief de Sébastopol ; par les modèles et le matériel pour l’enseignement démonstratif des sciences naturelles : figures en cire représentant le développement du sterlet et du lavaret; des têtes de sauterelles, de papillons et d’oestre ; corps d’araignées et pattes de blatte ; une feuille de nénuphar habitée par des pucerons ; coupe d’uii pistil fécondé, préparations de M. Strembitzki à Saint- Pétersbourg. M. Vladimir Betz, à Kiev, expose une collection anatomique de cerveaux d’homme, de singe, de chien, de chat, de lapin, de veau, de brebis et de dinde, accompagnés des moulages en plâtre du cerveau et de la moelle épinière de l’homme, du singe et de plusieurs autres animaux. M. Korvine-Krassinsk^^ à Reïmentarovka, gouvernement de Kiev, différents tissus animaux à l’état physiologique et à l’état pathologique. Enfin, un ouvrage de M. Ivinsky, Laurent, à Schavli, gouvernement de Kovno,
RUSSIE
Atlas mycologique écrit en langue latine et intitulé : Opus inchoatum primitiœ Florœ lithuanicœ. Pars cryptogamica Agaricineae .
Ajoutez à cela des modèles de tables de classe et des ouvrages classiques en langue arménienne, présentes par M. MiansarofF, à Saint-Pétersbourg ; une méthode de piano et d’autres compositions musicales de M. Alexandre Villoin, de Saint-Pétersbourg, plus un traité de sténographie de M. Barantsévitch, à Moscou, et vous aurez nommé tous les éléments que l’Empire de Russie a envoyés à Vienne pour que le monde se fît une idée de la situation de l’enseignement dans ce pays. Après avoir examiné ces objets, on doit reconnaître qu’il y en a qui sont dignes du plus haut intérêt, notamment les préparations anatomiques de M. Vladimir Betz; mais je ne puis que m’abstenir de porter un jugement embrassant l’ensemble.
On peut donc regretter de n’avoir point rencontré, dans le compartiment russe, certains documents officiels, tels que les rapports du comte Dimitri Tolstoï , Ministre de l’instruction publique, et celui du prince Gagarin, dont mon savant confrère, M. le professeur Emile de Laveleye, a donné une intéressante analyse dans la livraison du 15 avril de la Revue des Deux Mondes. La situation de l’enseignement dans l’Empire de Russie est esquissée, dans ce travail, à grands traits et avec l’autorité d’une expérience et d’une compétence incontestées.