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JOHN COCKERILL

C’est en 1842 qu’une société anonyme fut fondée, en vue d’exploiter les établissements que James et John Cockerill avaient créés à Seraing dès l’année- 1817. Resté seul, en 1819, époque où mourut son frère, John Cockerill donna la plus vive impulsion à son industrie. En 1826, il procéda à la mise à feu du premier haut fourneau au coke construit sur le continent et à la mise en service des fours, moteurs, marteaux et laminoirs d’une fabrique de fer établie suivant les procédés anglais. John Cockerill mourut en 1840; alors déjà ses usines jouissaient d’une réputation justement méritée. Cette réputation, qui ne fît que grandir, plaça bientôt les établissements de Seraing au premier rang de ceux du même genre qui existent sur le continent.

Ils possèdent quatre sièges d’extraction pour le combus-

tible; plus de trente exploitations de mines de fer, situées dans les provinces de Liège, Namur, Luxembourg et en Espagne; six hauts fourneaux; des ateliers de calcinage; des fonderies de fer et de cuivre ; une fabrique de fer et des aciéries ; des forges ; des ateliers de construction ; des chaudronneries ; enfin, à Anvers, un chantier pour les constructions navales. 9,000 employés et ouvriers sont occupés dans ces nombreuses maisons, qui livrent annuellement des produits valant au delà de 30 millions de francs.

Un personnel aussi important réclamait de l’administration générale de la Société John Cockerill une sollicitude qu’elle s’est empressée d’exercer avec la plus grande bienveillance. Elle a participé pour une très-large part à la fondation de l’école industrielle de Seraing, qu’elle subsidie et où ses ingénieurs, dans différents cours qu’ils donnent, initient les élèves à leur savoir et surtout à leur expérience. Actuellement elle s’occupe, avec les autres sociétés charbonnières de la localité, de fonder une école spéciale démineurs. Auprès de chacune de ses fosses, elle a institué une classe où les enfants de 14 ans, avant de descendre dans la mine, sont obligés de consacrer une heure aux études élémentaires. Elle a formé et mis à la disposition du personnel de ses établissements une vaste bibliothèque, où se trouvent réunis les meilleurs ouvrages scientifiques et les diverses publications actuelles ayant rapport à l’industrie.

Quant au bien-être matériel de son armée de travailleurs, la Société Cockerill y a sagement pourvu. Le salaire est

équitablement proportionné au travail produit à la tâche. Le montant des salaires distribués en 1871-72 s’est élevé à 8,399,602 francs. Les femmes mariées sont exclues de l’établissement, et les jeunes filles n’y sont admises que pour quelques opérations de triage de minérais et de transports pour le service des charges aux hauts fourneaux. Les enfants ne peuvent travailler dans les mines et usines qu’à l’âge de 13 ans et à la condition de savoir lire et écrire.

Dès 1838, la Société institua une caisse de secours, dont les statuts ont subi successivement diverses modifications. Le principe de la pension avait été étendu à partir de 1854, suivant une échelle déterminée, aux infirmes, aux veuves^ aux orphelins, aux pères et mères des ouvriers morts par suite de maladie, après participation de cinq années.

La participation à cette caisse de secours était obligatoire. Elle ne l’est plus depuis 1872. Indépendamment des secours en argent qu’ils peuvent obtenir, les affiliés reçoivent gratuitement, en cas de maladie, les soins du médecin et les médicaments dont ils ont besoin.

A la suite de l’invasion du choléra qui eut lieu en 1849, la Société Cockerill édifia, à ses frais, sur les hauteurs de la. commune de Seraing, dans un terrain d’une contenance de 2 1/2 hectares, un vaste hôpital, très-bien aménagé et pouvant contenir 230 lits. — C’est là que sont soignés les blessés et les malades des établissements de la Société, ainsi que ceux des divers établissements, industriels situés dans la commune de Seraing. Ces derniers n’y sont

admis que moyennant une rétribution de fr. 1-50 par jour.

Une seconde invasion du choléra ayant fait, en 1866, de nombreux ravages parmi le personnel de la Société Cockerill, celle-ci recueillit les orphelins et les fit élever et instruire à ses frais.

La Société Cockerill, à la même occasion, fit établir, dans ses diverses divisions, des cuisines, où ses ouvriers obtinrent gratuitement, pendant la durée de l’épidémie, du bouillon, de la viande et des légumes pour le repas principal, de la bière et des boissons rafraîchissantes.

Elle construisit au bord de la Meuse un asile pour y loger une série de familles qui avaient dû fuir leurs habitations.

Les cuisines sont restées à la disposition du personnel, qui en profite pour préparer et prendre ses repas en commun.

La Société construisit également, dans ses diverses divisions, des réfectoires spacieux, avec armoire pour chaque ouvrier, table de marbre blanc et bancs commodes, toujours tenus avec la plus parfaite propreté.

. Elle installa aussi des baignoires pour les mineurs et les ouvriers du calcinage.

Enfin, dès que le développement des usines se fut accusé de manière à rendre les loyers onéreux, les quartiers de la Faisanderie, de Saint-Léonard et de la rue du Bac furent construits ; le quartier Saint-Georges suivit, et la construction de deux groupes formant quarante maisons, quai du

Prince, reprise l’an dernier, va se trouver achevée.

Depuis 1867 , la Société Cockerill donne, à charge des divisions, des pensions supplémentaires aux ouvriers infirmes ayant au moins 30 années de service, et ils sont nombreux à Seraing.

Comme complément aux institutions qui précèdent, la Société a créé, en 1867, pour les anciens employés, unecaisse de retraite, dont le fonds est actuellement de 30,000 francs. Elle 'y puise une partie de la pension accordée, et prélève le reste sur la caisse de l’établissement.

Les employés pensionnés jouissent des 3/4 de leur dernier salaire.

La Société a enfin institué, en 1872, pour le personnel de ses usines en général, une caisse d’épargne, donnant 5 p. c. d’intérêts, qui a déjà reçu en dépôt plus de 500,000 francs.

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