BANQUE POPULAIRE DE LIEGE, SOCIÉTÉ COOPÉRA¬ TIVE
Cette association a pour but de procurer à ses membres, par leur crédit collectif, les capitaux dont ils ont besoin pour les affaires industrielles, commerciales ou domestiques. Elle reçoit également les épargnes qu’elle fait fructifier.
C’est donc tout à la fois une banque d’avances et une caisse d’épargne.
Pour être admis en qualité de sociétaire de cette banque, il suffit d’être honnête et laborieux ; pour jouir d’un crédit.
il faut uniquement se soumettre à certaines obligations statutaires , auxquelles le plus modeste travailleur est toujours en position de satisfaire. Toutes les professions y sont également représentées.
La Banque populaire de Liège est la première qui ait été fondée en Belgique. Ses opérations, commencées le juin 1864, ont suivi une marche ascendante remarquable. A l’origine, elle comptait 67 sociétaires, et, au 31 décembre 1872, ce cbitïre s’élevait à 1,532!
En huit années et sept mois — neuf exercices — elle a prêté à ses sociétaires la somme de fr. 7,233,461-33, sur laquelle il n’a été perdu que fr. 4,001-26. Pendant ce laps de temps, fr. 52,328-34 ont été distribués en dividendes aux associés, et fr. 10,287-56 ont été portés au fonds de réserve. Au 31 décembre 1872, les sociétaires avaient versé fr. 243,496-47 sur le capital de 306, 400 francs par eux souscrit. 794 déposants avaient confié à la banque la somme de fr. 338,862-33.
Pendant cet exercice, le bénéfice net s’est élevé à fr. 14,973-93, ce qui a permis de distribuer aux sociétaires un dividende de 6 p. c. et de porter une somme de fr. 1,595-57 au fonds de réserve. Cette institution a fait, dans le courant de l’exercice écoulé, un montant total d’avances de fr. 1,733,188-55, sur lesquelles 835 francs nnt été perdus et passés directement au compte de profits et pertes. Pendant cette même période, le mouvement des affaires a atteint le chiffre de ff. 5,651,358-07, et, depuis sa création.
ce mouvement d’affaires s’est élevé à fr. 21,668,300-51!
Dans le principe, la Banque populaire de Liège avait établi son siège au fond d’une cour, où un administrateur avait mis gratuitement une chambre à sa disposition. Deux ans après, elle louait un modeste local dans un des centres les plus populeux de la ville. Ce local fut bientôt trop petit, et elle se vit obligée de transférer ses bureaux dans un immeuble quelle louait 1,000 francs, mais dont elle retirait 550 fr. de sous-locations. Cette nouvelle installation menaçant de devenir insuffisante, la Société, sur là proposition de son conseil d’administration, s’est rendue acquéreur d’un immeuble qui, pendant longtemps, répondra à toutes les exigences du service de ses affaires.
Cet achat a été fait dans de très-bonnes conditions. Situé au centre de la ville, dans une rue très-fréquentée, cet immeuble, qui rapporte déjà de 7 à 8 p. c. du capital immobilisé, s’élevant à francs 53,000, gagnera incontestablement une plus-value dans l’avenir.
Depuis le/ P"' juillet 1871, la Banque populaire est installée dans cet immeuble, et ses opérations y prennent un grand essor.
^3. — SOCIÉTÉ VAN CROMBRUOOHE.
Cette société, fondée par d’anciens élèves des écoles communales, est la plus ancienne institution créée, à Gand, en fâveur de la classe ouvrière. La date de sa fondation
remonte au mois d’octobre 1857. Elle a pris le nom de l’ancien et regretté bourgmestre Van Crombrugghe, en ' mémoire du développement donné par ce magistrat aux écoles communales gratuites de la capitale des Flandres.
Au 31 décembre 1872, cette société comptait :
1,267 membres actifs, anciens élèves des écoles de la ville, payant une cotisation annuelle de 4 francs ;
189 membres ^wotecteurs , dont la cotisation annuelle s’élève à 6 francs ;
36 nvembres d'honneur, auxquels ce titre a été conféré pour services rendus à la société.
D’après l’art. 2 des statuts, le but de la société est :
A. D’éclairer et d’améliorer ses membres, en entretenant parmi eux les sentiments d’amitié et de fraternité ;
B. D’aider les élèves des écoles primaires gratuites qui s’y sont distingués par leur bonne conduite et leur application à poursuivre leurs études dans les établissements d’un degré supérieur, à Gand ou ailleurs. Cet encouragement pécuniaire est toutefois subordonné aux- ressources insuffisantes des parents et à la situation financière de la société ;
C. De venir en aide aux sociétaires victimes d’un accident ou d’un revers de fortune, au moyen d’un fonds de secours créé à cet efièt.
Les mo'fens et les institutions destinés à atteindre le but de la société sont i
D Les moyens :
A. Un cabinet de lecture, où l’on trouve neuf journaux
flamands et- cinq français, deux publications officielles et neuf publications périodiques ; B . Une bibliothèque, composée de 2,476 volumes en langue flamande et 468 en langues française, allemande et anglaise ; C. Un fonds de livres classiques , qui sont prêtés gratuitement aux élèves sortis des écoles primaires gratuites et dont le désir est de poursuivre leurs études dans un établissement d’instruction moyenne; D. Des leçons de langues française, flamande, allemande et anglaise, qui, accessibles à tous les membres, se donnent dans le local de la société; E. Des soirées littéraires et scientifiques, qui ont lieu tous les lundis ; **P. Des fêtes musicales et dramatiques , qui se donnent généralement le dimanche.
2^^ Les institutions dans le sein de la société :
A. Une section de chant, qui s’exerce à exécuter des chœurs flamands; B. Une section dramatique , qui interprète dans le local de la société des œuvres flamandes; C. Une section d'épargne, dont les membres, actuellement au nombre de 96, versent une cotisation de 2 francs par mois, consacrée à l’achat d’obligations à intérêt et à primes; D. Des sections de jeu, qui, outre l’organisation de jeux variés, établissent des concours et des tombolas, dont le produit est ' consacré à l’achat de livres flamands pour la bibliothèque de la société, ou bien à l’amélioration du local; E. Une caisse de secours, alimentée par les dons volontaires des sociétaires et par des quêtes faites pendant leurs réunions.
' Les institutions populaires qui, à Gand, ont pris naissance
grâce à l’initiative de la Société Van Crombrugghe, sont les suivantes :
1° La Société pour l’encouragement de l’industrie et des sciences; 2° La Banque populaire gantoise; 3° La Société coopérative des ébénistes réunis ; 4® La Société de la Cui- 'sine populaire.