DE LA FLANDRE ORIENTALE
Cette société, dont le siège est à Gand, a pour objet :
l*’ De payer une indemnité aux sociétaires pendant les temps de maladie.; .
2® De pourvoir à leurs frais funéraires ;
8^ D’accorder des secours temporaires aux vieillards et aux infirmes, aux veuves et aux orphelins d’instituleurs ou d’institutrices ayant fait partie de l’association.
L’existence de cette association date du 31 août 1865. Elle est reconnue par le Gouvernement, qui lui a décerné, sur la proposition de la Commission permanente des sociétés de secours mutuels, lors du dernier concours triennal, une mention honorable et une prime de 200 francs.
A la fin de l’exercice 1872, cette société comptait 81 membres effectifs et 94 membres d’honneur. Pendant cet exercice, elle a payé, en frais de maladies et de funérailles, la somme de fr. 803-60, et elle a alloué 500 fr. à une veuve et 4 orphelins. Sa réserve s’élève à fr. 7,137-19.
ÜÜNQLUSIÜN.
Je pose en fait, a dit M. Malou, qu’il n’y a pas un pays où l’on ait autant fait pour l’ouvrier qu’en Belgique,
Ces paroles, prononcées au Sénat — séance du 20 mai
1868, — étaient à cette époque la constatation d’un fait indiscutable. Depuis, cependant, que de nouveaux, heureux et incessants efforts, déployés en vue d’améliorer la condition des classes laborieuses, tant par le Gouvernement que par les patrons et les travailleurs eux-mêmes !
Ce serait un grand et surtout bien utile travail que de colliger tout ce que la philanthropie sociale a entrepris en faveur du bien-être du plus grand nombre'. Combien alors il serait aisé de réfuter par des faits et des chiffres, pierres de touche des théories^ tous ces systèmes faux et mensongers qui, de nos jours, ont encore du crédit et que l’on nomme 'communisme et socialisme !
En 1867, à l’Exposition universelle de Paris, le Gouvernement impérial avait provoqué une vaste enquête sur les moyens mis en œuvre, chez des peuples civilisés, pour résoudre cette grosse question, dont la solution heureuse rappellera les égarés à la raison et donnera aux travailleurs honnêtes et laborieux le courage et l’énergie nécessaires pour arriver sûrement à meilleure fortune. Quoiqu’il n’ait été répondu que bien incomplètement à l’appel du Gouvernement français, on a pu cependant constater l’existence de nombreuses et excellentes institutions et associations ouvrières, fondées sur des bases éminemment humanitaires et dans un esprit sagement économique.
A l’Exposition de Vienne, cette question, comme nous l’avons déjà fait observer, n’a pas été posée. Et cependant, c’eût été une bien belle occasion de constater à nouveau, et
d’une manière plus complète encore ce qui avait été tenté, après six ans, dans cet ordre d’idées, par la ■philanthropie humaine! La Belgique notamment aurait été placée au premier rang parmi les nations qui comprennent le plus intelligemment les besoins des travailleurs et savent les satisfaire.
Le Gouvernement n’a-t-il pas pris une initiative louable, en créant ou favorisant la création d’institutions dont l’utilité est chaque jour plus appréciée? Telles sont : la caisse d’épargne et de retraite, la caisse de prévoyance pour les ouvriers mineurs, celles pour les pêcheurs d’Ostende, de Blankenberghe, de Heyst, d’Adinkerke et , de Nieuport; la caisse de pensions et de secours pour les pilotes, leurs veuves et leurs orphelins ; celle fondée en faveur des marins naviguant sous pavillon belge ; la caisse de retraite et de secours en faveur des ouvriers attachés au chemin de fer de l’État; enfin, les écoles agricoles de réforme pour les jeunes indigents mendiants et vagabonds.
Il a également proposé et les Chambres ont adopté une loi organique sur les conseils de prud’hommes ; une autre, plus récente, accorde l’anonymat et des faveurs spéciales aux sociétés qui ont pour but la construction de maisons ouvrières et l’établissement de bains et lavoirs économiques. Depuis le 3 avril 1851, les sociétés de secours mutuels peuvent obtenir la reconnaissance légale, qui- leur assure des avantages précieux, et dont quatre-vingt-dixhuit avaient profité au 31 décembre 1871. Une centaine
d’autres sociétés non reconnues, mais établies sur les mêmes bases, développent heureusement aussi chez l’artisan le sentiment de la prévoyance et de la mutualité. On peut évaluer à plus de 25,000 les affiliés à ce genre d’associations.
' De plus, le Gouvernement distribue avec largesse des encouragements aux écoles-manufactures , aux ateliers d’apprentissage et de perfectionnement, à l’enseignement des beaux-arts, aux sociétés de musique et de chant d’ensemble
et aux publications utiles. *
Il accorde, enfin,, des primes et des récompenses honorifiques aux ouvriers qui se sont distingués par leurs inventions, leur esprit d’ordre, de prévoyance, d’économie, ainsi que par leur dévouement à la cause de l’humanité.
Les patrons et les grandes sociétés industrielles et manufacturières ont aussi organisé, avec la sollicitude la plus éclairée, des institutions qui rendent à leurs ouvriers l’existence plus facile et contribuent à leur développement moral et intellectuel.
Parmi les nombreux exemples de patronage s’inspirant des meilleurs sentiments d’humanité, nous ne citerons que ceux dont les bons effets sont constatés par l’expérience. Ils sont donnés par la Société de la Vieille-Montagne, la Société du Bleyberg, la Société du Val-Saint-Lambert, la Société de Sainte-Marie d’Oignies, la Société de Marcinelle e.t Couillet, la Société Cockerill, les Charbonnages du Hasard, de Mariemont et Bascoup, de Marihaye, des Six-Bonniers, du Bois-du-Luc, etc., etc.
Disciples du principe qu’il faut s’aider soi-méme (ce que les Anglais appellent le self-help), plus de 10,000 travailleurs belges ont fondé avec succès des associations coopératives.
Il y a dix ans à peine que le principe fécond de la coopération a reçu sa première application, et depuis il ne cesse , semblable à la tache d’huile, de se répandre dans tout le pays, grâce surtout à la récente promulgation d’une loi extrêmement libérale, qui confère désormais à la coopération le droit de vivre et de prospérer à l’égale des autres formes de société.
Actuellement, il existe 12 banques populaires, comptant ensemble plus de 7,000 sociétaires; 9 sociétés de consommation, ayant prés de 2,000 associés; trois sociétés d’alimentation, auxquelles sont affiliés plus de 2,000 membres; enfin, une association de production.
Cette trop rapide énumération des institutions et associations ouvrières existant en Belgique suffit cependant pour donner une idée assez précise de leurs mérites et du but commun vers lequel leurs efforts convergent : Ven tente cordiale et 'fraternelle entre toutes les classes de la société. Et si l’on considère que ce mouvement philanthropique poursuit sans relâche son heureuse évolution, ne sommesnous pas en droit d’affirmer que, dans un avenir prochain, le paupérisme ne sera plus qu’un mal accidentel, qui trouvera toujours un remède prompt et efficace dans l’inépuisable charité de nos classes fortunées ?