SOCIÉTÉ DE SECOURS MUTUELS DITE : LA MUTUALITÉ
DÜ COMMERCE ET DE l’iNDUSTRIE DE GAND.
Parmi de nombreuses associations de ce genre existant en Belgique, cette société est, non-seulement une des plus prospères, mais aussi une de celles qui ont le mieux compris et appliqué les principes féconds de la mutualité. C’est ce qui lui a valu le premier' prix de la première catégorie au concours triennal de 1869-71, que le Gouvernement a établi entre les sociétés de secours mutuels. Inspirée par la prévoyance et la philanthropie, fondée en faveur de personnes d’une même classe, d’une même communion d’idées, la Mutualité du Commerce et de V Industrie est une alliance de l’instruction et delà moralisation au principe du secours fraternel. Tout en procurant à ses participants le bien-être matériel, elle établit entre eux, dans l’ordre moral, une touchante solidarité et leur apprend ainsi à s’entraider mutuellement dans les moments difficiles de 1^ vie.
Pour atteindre ce double but, la Société ;
P Accorde une indemnité de 100 francs par mois .à ses membres malades;
2° Stimule la prévoyance et sert directement une pension de retraite à ses sociétaires invalides;
3® Pourvoit aux funérailles de ses membres décédés;
4° Vient en aide à leurs familles au moyen d’une caisse spéciale et patronne leurs orphelins ;
5° Institue des cours gratuits de langues et de comptabilité, et met en lumière toutes les idées qui peuvent contribuer à rinstruction professionnelle de ses membres ;
6"^ Enfin, sous la dénomination de Comité d'emplois, elle crée un centre de renseignements et peut ainsi procurer gratuitement des emplois aux sociétaires qui en sont dépourvus, tout en fournissant au commerce, à l’industrie, à la banque et aux administrations publiques ou particulières des employés sérieux, capables et moraux.
Les personnes exerçant la profession de fabricants ou de négociants, tous les employés de commerce et d’administrations civiles, âgés de 18 ans au moins et de 40 ans au plus, sont aptes à faire partie de l’association, s’ils réunissent les conditions de santé et de moralité exigées par les statuts.
Les membres titulaires s’engagent à acquitter un droit d’entrée proportionnel à leur âge et une cotisation de 24 fr. par an, payable par trimestre et anticipativement.
A la hn de l’exercice 1872, la Mutualité comptait 236 sociétaires. Le comité d’emplois, dont la création remonte
à l’année 1870, rend chaque jour des services précieux : 75 industriels ou négociants se sont adressés au comité pour l’obtention de différents employés; d’un autre côté, 60 sociétaires se sont fait inscrire sur les registres de l’association pour être placés dans des conditions diverses. Le comité a pu satisfaire à trente de ces demandes et placer autant de ses sociétaires dans les maisons les plus honorables et les plus sérieuses.
Après la création de la caisse des veuves et orphelins, après l’installation du comité d’emplois, la MutuoÀüé, poursuivant son but, chercha à établir de nouvelles branches de services, dans le but de développer l’instruction professionnelle .de ses associés; les cours de langues anglaise et allemande furent créés, et leurs résultats ont été des plus satisfaisants. La Mutualité, grâce aux ressources dont elle dispose, espère pouvoir très-prochainenient ajouter à ses leçons de langues des cours et des conférences, également gratuits, sur la comptabilité, le droit commercial et l’économie politique. /
Cette société poursuit donc, avec la plus louable persévérance, un triple but, qui consiste à développer le bien- ^ être matériel et à perfectionner la situation morale et intellectuelle de ses membres.
Au 31 décembre 1872, les recettes de la Mutualité s’élevaient à fr. 7,349-79 et ses dépenses à fr. 3,707-73. La diiférence entre ces deux sommes, fr. 3, 642-06,, qui est venue s’ajouter au solde du compte précédent, forme avec celui-ci un actif net de fr. 17,044-76.