ASSOCIATION DES ARTISANS DE BERLIN
L’Allemagne est bien certainement la terre promise de rassociation, qui, pour se développer, y a trouvé le plus puissant des auxiliaires : l’instruction. Au premier degré, elle est obligatoire pour tous les citoyens. Et ceux qui ont la volonté de compléter leurs études trouvent dans une organisation des mieux entendues le moyen de donner satisfaction à tous leurs besoins intellectuels. Nul donc, en Allemagne, n’est ignorant que par sa propre faute.
Grâce à cette élévation du niveau moral, si chaque citoyen allemand est à même de faire valoir ses droits en parfaite connaissance de cause, jamais, d’un autre côté, il ne cherche à se soustraire à ses obligations. Aussi suffit-il pour qu’une association soit fondée que quelques personnes ayant un but commun se réunissent pour discuter et adopter les statuts, qui doivent régler les intérêts de tous et de chacun. L’association ne tarde pas à prendre corps, à vivre et à atteindre progressivement une prospérité presqu’inconnue chez nous. — Telles sont, par exemple, les associations coopératives, et notamment les banques populaires, dont l’illustre Schultze-Delitsch est Tardent et infatigable promoteur, et qui, actuellement, se comptent par milliers dans l’Empire germanique! Telles sont également les sociétés de gymnastique, qui poursuivent l’étude des moyens les plus rationnels de développer chez l’iiomme les forces
physiques. Telles sont enfin les associations qui ont en vue l’amélioration intellectuelle et morale de leurs sociétaires, en les initiant à la pratique des arts et en complétant leur instruction primaire au moyen de conférences et de cours gradués, comprenant l’étude des langues vivantes, de la littérature et des sciences.
C’est l’histoire et les succès de la plus remarquable de ces dernières associations que nous allons raconter.
Der Bei^liner Handwerker -Verein — U Association des Artisans de Berlin — telle est sa dénomination.
Souvent citée comme type de ce genre d’association, elle justifie, en tous points, la réputation dont elle jouit chez ceux surtout qui applaudissent aux efforts que font les travailleurs pour s’élever par eux-mêmes sur l’échelle sociale.
L’Association des Artisans de Berlin a grandi et prospéré par le seul concours de ses sociétaires, sans que le Gouvernement ou une autre autorité officielle lui ait accordé un encouragement quelconque.
Elle fut fondée en 1843 par des artisans et des amis de ceux-ci. Quoiqu’elle ait eu à surmonter des difficultés nombreuses, provenant de la politique intérieure ou des guerres entreprises par l’Allemagne contre l’Autriche et, en dernier lieu, contre la France, cette Association n’en poursuivit pas moins son but, qui est de :
Répandre parmi les sociétaires une instruction solide et des connaissances techniques et favoriser chez eux les habitudes d’ordre, d’économie et de moralité.
Pour atteindre ce but, l’Association berlinoise organise des séries de conférences, des discussions sur des sujets scientifiques et littéraires, des cours réguliers, comprenant toutes les branches d’un bon enseignement pratique, des leçons de chant, de musique et de gymnastique. Elle a également créé une bibliothèque et publie des écrits périodiques. Elle procure enfin des divertissements honnêtes et variés à ses associés, à leurs femmes et à leurs enfants.
Ce programme est bien chargé, et cependant cette intéressante Association tient tout ce qu’elle promet, comme nous le verrons tantôt, lorsque nous développerons ce programme dans ses diverses parties.
Disons maintenant quelques mots sur le nombre des membres associés, les conditions de leur admission, ainsi que sur le local de la Société, qui est sa propriété.
L’Association compte actuellement environ 2,500 membres. Tout homme jouissant d’une bonne réputation et âgé de 17 ans accomplis peut en faire partie. La .cotisation mensuelle est de 4 silbergros (50 centimes). Quoiqu’il ne soit pas nécessaire, pour être membre de l’Association, d’exercer un métier ou une industrie, l’on constate cependant que les artisans sont en forte majorité (1).
) Voici le tableau en pour cent des [)rufessions exercées par les membres de l’Association:
Ouvriers ....
Kmployés ....
Marcbands
Peintres et décoi atenrs Maçons ....
Serruriers.
Tailleurs ....
Coi'donniers . .
Etudiants et artistes.
Garçons de table.
Tisserands Protcssioiis divei ses
C’est à cause de cette circonstance et des voyages qu’ont l’habitude d’entreprendre les ouvriers allemands, lorsqu’ils ont terminé leur apprentissage, que les membres' se renouvellent fréquemment.
Le nombre annuel de ceux qui se font inscrire s’élève environ à 5,000, tandis que celui des sociétaires qui simultanément font partie de la Société est de 2 à 3,000.
Depuis 14 ans, l’Association a formé à son enseignement au moins 100,000 artisans appartenant à toutes les parties de l’Allemagne.
La situation politique intérieure exerce souvent une grande influence sur le chiffre des associés. Ainsi, en 1859, celui-ci s’est élevé à 3,518, chiffre qui n’a plus été atteint depuis cette époque. Cette élévation subite a été due à la jouissance de la liberté d’association que le Gouvernement avait accordée après une longue répression.
Vers 1859, l’Association des Artisans prit une telle extension quelle fut obligée de faire l’acquisition d’un vaste terrain pour y élever une construction répondant à tous ses besoins. A cet effet, elle réalisa pour 131,250 francs son premier immeuble, devenu insuffisant. Avec cette somme, plus 160,500 francs que lui prêtèrent des capitalistes, moyennant un modique intérêt, et qui sont actuellement remboursés, elle fit construire, dans la rue Sophie, un vaste et splendide local, qui répond parfaitement au but proposé. Ce local est le premier qui, en Allemagne, ait été construit par et pour une société ouvrière. La salle centrale, où se tiennent les
grandes réiyiions, mesure 80 pieds en longueur, 00 en largeur et 30 en hauteur. Elle peut contenir facilement 2,000 personnes, et, lorsqu’on ouvre les portes qui donnent sur le jardin, on dispose d’un espace suffisant pour recevoir, les jours de fête, tous les sociétaires avec leurs familles. Aux deux étages qui s’élèvent au-dessus du rez-de-chaussée, sont 'appropriées une série de pièces spacieuses, dont les unes servent de classes, les autres de cabinet de lecture, de salle de dessin, de bibliothèque et de lieu de réunion pour les sociétaires. Dans le sous-sol se trouvent les offices et les dépendances.
Abordons maintenant l’examen détaillé du programme si complet que l’Association des Artisans de Berlin s’est imposé.
Les réunions générales de cette Association se tiennent régulièrement quatre fois par semaine, dans la grande salle centrale. Outre les associés, les étrangers y sont admis en payant un droit d’entrée de 12 1/2 centimes.
Le mercredi et le dimanche, les femmes peuvent assister à ces réunions, qui, pendant la semaine, donnent lieu à des conférences et à des débats sur des sujets déterminés. Ces conférences se font le soir, après la journée de travail. Un chant d’ensemble les ouvre et les clôture. A l’exclusion du
domaine religieux et politique, toutes les branches des connaissances utiles y sont successivement passées en revue. Les conférences se donnent gratuitement par des orateurs, membres de rAssociation, et d’après un programme arrêté
et publié d’avance tous les trimestres. Qn y traite des questions isolées, qui n’occupent qu’une seule séance; mais souvent aussi le sujet comporte de longs développements; dans ce cas-, l’orateur lui consacre plusieurs séances consécutives. Après chaque conférence, l’on provoque sur la question dont on s’est occtipé des discussions qui, presque toujours, donnent lieu, entre les auditeurs, à des débats animés et approfondis, dont chacun tire grand profit. Ce sont les conférenciers qui répondent aux questions que leur posent les sociétaires, dont ils dirigent les discussions. Ces conférenciers sont choisis parmi les amis éclairés de la classe ouvrière. Ils ne sont cependant admis à prendre la parole dans les réunions qu’après avoir prouvé qu’ils sont capables de donner une conférence.
liO plus grand nombre des sommités intellectuelles rie Berlin se sont toujours fait un honneur de mettre le précieux concours de leur talent au service de l’Association des Arlisans. Au nombre de ces sommités, l’on doit citer : MM. Virchow et Holzendorff, professeurs à l’IIniversité et r l’Académie industrielle de Berlin; MM. Berthold, Auerbach et Rodenberg, écrivains et poètes du plus haut mérite; MM. Engels et Max Hirsch, économiste et statisticien bien ' connus ; des fonctionnaires importants de l’Etat et de la ville; des membres de la Chambre des députés, tels que : MM. A. Bunker, — actuellement président de l’Association, — Lasker, Schultze-Delitsch , e1 enfin des médecins et des jurisconsultes renommés.
L’Association des Artisans ne se borne pas à organiser des conférences, à provoquer des débats qui, évidemment, instruisent beaucoup et donnent aux idées une impulsion vive et salutaire ; elle a aussi pensé quelle devait faciliter au plus grand nombre de ses associés les moyens d’augmenter la somme de leurs connaissances, en mettant à leur disposition une série de cours, régulièrement donnés par des professeurs de talent. Grâce à cet enseignement, l’artisan se trouve à même de pouvoir pratiquer intelligemment le métier de son choix.
Les leçons de chant et de gymnastique auxquelles les associés sont également conviés entretiennent chez eux la vigueur du corps et la fraîcheur de l’esprit.
Le Comité de l’Association s’occupant de l’instruction, ayant acquis la conviction que la plupart des jeunes ouvriers ne possédaient que très-imparfaitement les matières qui leur avaient été enseignées à l’école primaire, il fut résolu, pour remédier à cet état de choses, que trois cours primaires seraient établis. L’organisation de ces cours répondait à un tel besoin que toutes les classes furent rapidement envahies. vSans plus tarder, on dut les dédoubler et créer un cours supérieur, qui fut jugé absolument nécessaire. Indéjiendamment des matières enseignées iiabituellement dans les écoles primaires, les élèves peuvent y apprendre la tenue des livres en partie simple et en partie double, l’anglais, le français, le chant (deux sections), la sténographie, le modelage, le dessin,’ la copie des modèles, la géométrie descrip-
tive et la gymnastique. Le manuel dont se servent les professeurs pour enseigner l’allemand a été écrit spécialement pour l’école de l’Association. Il jouit d’une réputation justement méritée dans les cercles pédagogiques de l’Allemagne.
Le nombre des élèves qui suivent les cours est de 1,200, ,et il augmente constamment.
Par principe, l’Association exige de ceux-ci une légère rétribution. Le montant de ces rétributions, auxquelles l’Association doit ajouter tous les ans une somme de 1,500 à 1,800 francs, sert à payer les traitements des professeurs.
Des sociétaires, ouvriers en bâtiments, témoignèrent le désir de posséder une instruction spéciale à leur profession. Il fut donné immédiatement satisfaction à ce désir. Sous la direction de MM. les architectes Lohde et Manger, l’Association fonda une école de construction, où furent organisés quatre cours progressivement ascendants et dont la durée est de quatre mois.
Ces cours, qui se donnent en hiver, furent, dans le principe, suivis par plus de quatre-vingt-dix élèves, qui, grâce aux connaissances qu’ils y puisaient, devinrent capables de subir les épreuves de la maîtrise. Mais, après la suppression de ces épreuves, par suite de la promulgation de la nouvelle loi industrielle, le nombre des élèves qui suivaient les cours supérieurs de cette école tomba bientôt à soixante.
La bibliothèque, qui compte au delà de cinq mille volumes,
s’est formée insensiblement par des dons cpie lui adressèrent 'des particuliers, des éditeurs et des imprimeurs, ‘mais surtout au moyen d’achats faits par l’Association. L’usap^e 'des livres ne coûte rien. Le bibliothécaire et ses aides, tous choisis parmi les membres associés, remplissent gratuitement leurs difficiles fonctions. En été, cinq cents personnes environ empruntent des livres. Ce nombre s’élève jusqu’à sept cents pendant la saison d’hiver. La bibliothèque est ouverte le soir, trois fois par semaine. Les ouvrages traitant des questions industrielles sont tellement demandés qu’on s’inscrit longtemps à l’avance pour les obtenir, bien que souvent il se trouve à la bibliothèque plusieurs exemplaires du même ouvrage. l;e cabinet de lecture est accessible aux sociétaires les jours de réunions générales. Il contient plus de quatre-vingt-dix journaux et publications périodiques Iraitant de la politique, de la technologie, de la littérature et de la religion. Ils sont presque tous mis gratuitement à la disposition de la Société par les éditeurs.
L’Association croit, avec raison, qu’il est de son devoir de donner aux divertissements qu’elle offre à ses membres une direction intelligente et morale. A cet effet, les réunions des dimanches et jours de fête, auxquelles sont conviées les familles des associés, se tiennent en été dans un jardin et en hiver dans la grande salle. Le programme de ces réunions se compose généralement ; d’une conférence amusante, courte et appropriée à l’auditoire, auquel on fait entendre, en outre, des morceaux variés de symphonie, des
chœurs et des lectures dramatiques. Les artistes les plus en renom de la Chapelle impériale et du Théâtre de la Cour, ainsi que des amateurs disting-ués, sont heureux de faire apprécier leurs beaux talents à ces réunions musicales.
L’anniversaire de la fondation de la Société est toujours joyeusement fété. A cette occasion a lieu une séance solennelle, dans laquelle sont prononcés des discours, suivis d’une exécution de chœurs et de morceaux de musique composés pour la circonstance. A la Noël, l’Association a conservé la bonne et antique coutume de l’arbre et de la distribution réciproque' de cadeaux. En été, on se réunit par groupes pour faire des excursions dans les environs.
La partie musicale des séances est placée sous la direction d’un maître de chant, qui cherche^ à initier l’auditoire aux beautés de la musique classique.
Ces récréations ne produisent pas seulement le meilleur effet au point de vue moral, mais elles procurent aussi à l’Association des ressources qui ne sont pas à dédaigner. Aussi, en 1872, les recettes provenant des droits d’entrée payés par les étrangers qui ont assisté aux séances de musique ont donné un boni de 3,140 francs.
Indépendamment du but bien défini qu’elle a parfaitement atteint, l’Association a donné une vive impulsion, après en avoir pris l’initiative, à des institutions qui, maintenant, ont une existence définitive. Nous citerons d’abord ; le Mmée industriel de Berlin, qui a été créé, au sein même de l’Association, par son corps enseignant. Ce Musée, dont
le but est le développement de l’art appliqué à l’industrie, a déjà produit, depuis le peu d’années qu’il existe, les elfets les plus salutaires.
L’enseignement, en ce qui touche le dessin, le modelage, la géométrie descriptive, se donne en commun aux élèves de l’Association et du Musée, dont les collections très-riches sont visitées avec fruit.
Afin d’augmenter encore les ressources affectées à la bibliothèque et aux diverses branches de l’enseignement, les plus brillants orateurs de Berlin donnent, depuis bientôt huit ans, dans les locaux de la Société, des conférences
publiqués payantes, qui sont très-suivies.
Les rapports permanents qu’entretiennent un aussi grand nombre de personnes, adonnées aux mêmes travaux, ont produit encore d’autres résultats très-heureux. Au nombre de ceux-ci, l’on doit particulièrement signaler celui qui décida les membres de l’Association à fonder, d’après les principes de Schultze-Delitsch, une banque populaire, ainsi que des sociétés de consommation et d’achat de matières premières. D’autres membres ont également formé entre eux une caisse d’assurances sur la vie, qui est en rapport avec l’importante Société d’assurances Germanla.
Mentionnons encore ce fait, qui prouve toute la sollicitude du Comité de l’Association pour ceux de ses membres qui veulent acquérir des notions sur les arts et les sciences à tous les degrés : il leur procure, à prix réduits, l’accès des collections scientifiques, artistiques et celui des expositions
publiques. Ainsi, pendant Fannée 1872, douze mille membres de l’Association ont visité, dans ces conditions avantageuses, F Aquarium de Berlin, qui n’a pas son rival en Europe.
La direction de la Société est confiée à un Comité élu d’après le système représentatif basé sur le suffrage universel. Tous les ans, l’assemblée générale nomme au scrutin 36 représentants et 12 suppléants. Le choix des deux tiers de ces nominations doit se faire dans l’élément ouvrier et industriel. Ces représentants exercent une surveillance active sur les affaires administratives et financières, et donnent, tous les trimestres, décharge au Comité, lorsque celui-ci lui a présenté son rapport. Ils approuvent le budget de la Société, allouent les crédits extraordinaires et prennent des décisions concernant les modifications qu’ils jugent nécessaire d’apporter aux statuts sociaux. Ils élisent enfin les Président, Vice-Présidents et le Comité qui est chargé de la direction et de l’administration des affaires courantes de l’Association.
Le Président et les deux Vice-Présidents sont élus pour trois ans. Le Président convoque les assemblées générales et celles des sections, où il occupe toujours le fauteuil de la présidence. En dehors, il représente l’Association, dont il dirige les séances du soir. Le Comité administratif se compose de douze membres et de six suppléants, dont les deux tiers doivent également être des artisans. Toutes ces fonctions sont exercées gratuitement. L’Association n’ayant pas la
personnification civile, le Président et les membres du Comité reçoivent de l’Association, aux termes des statuts, des pleins pouvoirs pour traiter toutes les questions juridiques. Afin d’accélérer l’expédition des affaires quotidiennes, des Commissions s])éciales sont nommées pour s’occuper des principales iiranches de l’Administration. Ces Commissions sont choisies par le Comité, dans son sein ou parmi les sociétaires et souvent parmi les professeurs de la Société.
Kn faisant continuellement appel au zèle et au dévouement de Ions les membres indistinctement qui peuvent occuper les diverses positions administratives, l’Association a réussi à maintenir dans son sein une activité, une émulation qui lui ont donné cette vie qui fait sa force et sa stabilité.
Cet aperçu suffit pour bien faire apprécier les bienfaits multiples que répand autour d’elle Y Association des Artisans . Ces bienfaits ont été jugés dignes des plus hautes distinctions.
Pn 1867, la Société prit part à l’Exposition universelle de Paris, où elle obtint la grande médaille d’or. M. Lette, son î-egretté président, mort depuis cette époque,. reçut la médaille d’argent. A l’Exposition universelle d’économie domestique d’Amsterdam, (pii eut lieu en 1869, l’Association se vit décerner le diplôme d’honneur pour les brillants résultats qu’elle avait atteints. hE\I. R. Virchow et de Holzendorlf, (‘onférenciers habituels de l’Association, reçurent, à cette même Exposition, une médaille d’or, pour avoir exposé la collection complète des conférences qu’ils y avaient données. Ces Messieurs offrirent cette médaille à l’Association, en la
faisant accompagner d’une lettre où se remarque le passage suivant : « Nous désirons que le produit de la vente de cette r médaille d’or soit employé à l’achat de livres destinés à la » bibliothèque de notre Société. De cette manière, le fruit ^ retournera là où fut jetée la semence., Le Comité résolut de conserver ce précieux souvenir, et, pour accomplir le vœu des donateurs, vota 200 francs pour acheter des livres qui sont venus enrichir la bibliothèque.
Les succès de l’Association ont eu du retentissement. De toute l’Allemagne et même de l’étranger il fut adressé à l’Association des demandes de renseignements sur sa marche et son organisation. Le Comité, qui s’empressa d’envoyer tous les renseignements demandés, vit, non sans une satisfaction bien légitime, s’organiser à Pesth,- à Mulhouse et dans plusieurs villes allemandes des institutions semblables à celle dont Berlin a certes le droit d’être hère.
Formons le vœu que la Belgique, qui possède tous les éléments pour fonder une Association des Artisans, n’ait bientôt plus rien à envier à ses voisins les Allemands, qui ont démontré, une fois déplus, qu’avec du dévouement, de la volonté et de la persévérance, l’on réussit infailliblement.
Léon d’Andrimont.
Délégué du Gouverneinenl belge près du Jui y ^ du XXVR groupe.
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