AYANT-PROPOS
Nous avons pris à tâche, dans ce volume, de bien faire connaître les principales transformations de l'histoire ou de la légende du Cid; de montrer que les sources auxquelles Corneille a puisé, ne $ont autres que celles qu'il a indiquées lui-môme, et que c'est à tort que Voltaire, La Harpe et Sismondi l'ont accusé de plagiat, lorsque son génie n'a fait que s'inspirer du Romancero et de la première des deux comédies de Guillen de Castro, intitulées : la Jeunesse du Cid. La traduction complète et littérale de la pièce de Diamante {celui qui honore son père), ne laissera aucun doute dans l'esprit du lecteur>, sur l'imitation faite par ce dernier du chef-d'œuvre de notre scène, en le recomposant à la mode espagnole, et en y introduisant l'élément comique ; nous n'avons point inséré les nombreux documents qui concernent et notre Cid, et la querelle que firent à son auteur Scudéry, l'Académie, Mayret, Claveret, etc., parce que ces do-
i AYAHT-PROFOS.
cuments te trouventdans presque toutes les éditions de Corneille. Nous nous sommes servi principalement de matériaux empruntés aux auteurs espagnols, pour combler une espèce de lacune dans notre histoire littéraire, et, à ce point de vue, dous croyons que notre travail sera utile aux aristarques futurs et aux éditeurs qui s'occuperont du premier et du plus durable chef-d'œuvre de notre littérature dramatique.