LE PAGE
Un chevalier^ porteur de la tête de Rodrîgne, demande à la mettre aux pieds de Chimène
DIEGUE
Don Martin Ta tué? Je succombe.
CHIMÈNE
Cette vue m'achèvera!
DON SANCHE
Vive Dieu! je ne laisserai pas un créneau dans FAragon.
CHiMÉNE^ à part.
Ah! Rodrigue! il ne me reste qu'une consolation dans mon désespoir. (Haut,) Roi Ferdinand, chevaliers, soyez témoins de ma profonde douleur, je n'ai plus assez de force pour la contenir dans mon âme, je veux dire à haute voiï^ je veux que tout le monde sache ce que j*ai fait, ce que j'ai souffert pour la noblesse et pour l'honneur. Je n'ai pas cessé un moment d'adorer Rodrigue de Rivar, et, pour être fidèle aux lois établies par le monde, j'ai demandé sa mort aux dépens de mon cœur; l'épée qui a tranché sa tête a tranché en même temps la trame de ma vie.
A L*HISTOIIlE DO ClD. 101