‹ Documents relatifs à l'histoire du CidChapitre 51 sur 85 · SECONDE ROMANCE · texte numérisé non relu

SECONDE ROMANCE

A Chimène, à Rodrigue, le roi prit la parole et la main, pour les unir l'un à l'autre en présence de lAyn Calvo.

Les vieilles inimitiés se transformèrent en amour; où préside l'amour, les injures s'oublient.

Les fiancés arrivèrent, et, au moment de donner la main et l'accolade, le Cid, regardant sa femme, lui dit d'un ton ému :

« J'ai tué ton père, Chimène, mais non en trahison; je l'ai tué d'homme à homme, pour venger un affront trop certain.

<c J'ai tué un homme, et je te rends un homme. Me voici à tes ordres; en place d'un père mort, tu auras acquis un époux honoré. )>

Cela parut bien à tous : on louangea son esprit, et ainsi se firent les noces de Rodrigue le Castillan.

A ces deux romances. Corneille avait joint un fragment de l'historien Mariana, que nous traduisons également mot à mot:

tt Peu de jours auparavant, Rodrigue avait eu une rencontre avec don Gomez, comte de Gomaz; il le vainquit et lui donna la mort. Ce qui résulta de ce meurtre, fut qu'il

épousa dofia Chimène^ fille et héritière de ce même comte. Elle-même requit du roi de le lui donner pour mari (elle était déjà éprise de ses belles qualités) ou de le châtier selon les lois, pour la mort qu'il avait donnée à son père. Le mariage eut lieu à la satisfaction de tous, et par la grande dot de son épouse^ qui s'ajouta aux biens de son père^ il augmenta son pouvoir et ses richesses. )>

Pour plus ample information, nous reproduirotis les vers que Corneille reconnaît avoir principalement imités de Guillen de Castro, en faisant précéder ces vers du texte espagnol, dont on pourra retrouver aisément la traduction littérale dans notre Jeunesse du Cid,

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