‹ Documents relatifs à l'histoire du CidChapitre 71 sur 85 · NONO · texte numérisé non relu

NONO

Je courrais vers un lieu d'asile.

LE DOMESTIQUE

Et pourquoi? (A ^art:) J'étouffe de rire... {fiaviX.) Pourquoi as-tu tranché le noble fil de ses jours?

NUNO

J'ai vu qu'il avait faim, et je l'ai envoyé souper avec Jésus- Christ.

LE DOMESTIQUE

Ton courage m'étonne. Quelle blessure lui as-tu faite?

NUNO

Une fameuse blessure; car, dès qu'on m'a allaité, j'ai aimé à viser du côté du cœur, (id ^pari}) Je prie Dieu pour qu'il n'ordonne pas de me faire passer cette corde des mains au cou; diable! c'est que ce ne serait pas une vaine frayeur. Pourtant il va me faire pendre, sans aucun doute. Maudite soit l'heure où j'ai voulu passer pour brave. [EauX^^ Sircj j'ai menti.

A L'UlSTOlRfi BU GID. IGl

LE ROI

Relâchez-le, je ne crois pas que Rodrigo Tait emmené avec lui.

NUNO

Il s*en est tenu à lui seul. Moi^ tuer par intérêt^ sans assassins et' sans aide?

Je te crois, va-t'en.

NUNO

Si quelqu'un le met en doute, qu'il vienne se battre avec moi; qu'il essaye de venir, et je lui réponds qu'il s'en retournera sans atteindre son but. Sire, on ne me délie pas?

LE DOMESTIQUE

C'est fait; il fallait le temps.

NUNO

Courrons dire à mon maître de se sauver. {Il sorL)

l'infante.

Si Rodrigo a tué le comte, le malheur est encore plus grand pour Jimena.

LE ROI

Il ne faut pas s'étonner du châtiment que le délit mérite; l'offenseur qui ne se met pas en garde, encourage son ennemi. Quoique Rodrigo soit jeune encore, vous voyez qu'il a su se venger... Mais qui t'a donné cette nouvelle?

DON SÀNCHO.

Je l'ai vu étendu sur la poussière, et Jimena, baignant le sol de ses larmes, demandait justice.

LE ROI

Je déplore sa peine et la mort de son père dans un moment comme celui-ci. [Jimena tntre par une porte et don Diego Lainezpar une autre.]

143 DOGOMSNTS &1LATIFS

LE ROI, L'INFANTE et sa suite, DON SANCHO, JIMENA, DON DIEGO et un domestique.

JIMENA.

Justice, sire, justice! Jimena implore justice à vos pieds, seule, triste, offensée et sans appui.

DON DIEGO

Et moi, sire, j'implore à vos pieds le pardon de mon fils, heureux, satisfait et délivré du déshonneur qui m'accablait.

JIMENA.

Ecoutez la justice.

DON DIEGO

Écoutez la raison.

JIMENA.

Punissez un homicide selon les lois.

DON DIEGO

C'est la suite d'un outrage, et les lois même l'excusent.

JIMENA.

Rodrigo a tué mon père.

DON DIEGO

Rodrigo a vengé Toutrage fait au sien.

JIMENA.

Puisqu'il a tué, qu'il meure, sire.

Que la mort atteigne seulement celui qui outrage.

JIMENA.

Il l'a tué; il paraît même qu'il l'a (raversé d'un coup de lance.

DON DIEGO

Impossible, c'est mon fils.

▲ L'HIST01E£ vv gio. 163

. Cessez vos plaintes et Felevez-Vous Tun et l'autre. Parlez d*abord^ limena; et toi^ don Diego^ ne Tinterromps pas : ton tour viendra.

DIEGO

Sa qualité de dame^ quand même elle ne serait pas aiidsi noble, m'en ferait un devoir.

JIMENÀ.

Sire, mon père n'est plus; je Tai trouvé sans vie sur le terrain où m'entraînèrent les pressentiments de mon âme. J'ai vu les flots de son sang arroser le sol ; son sang qui a défendu vos murailles contre tant d'attaques; son sang qui, tant de fois, s'est exposé pour vous; son sang^ sire, qui, en sortant par sa bouche, fume de regret de se voir répandre pour d'autres que pour son roi et pour la défense de sa patrie. J'ai trouvé mon père couvert d'une pâleur mortelle ; sa vigueur avait disparu, ses yeux avaient un regard étrange, sa lèvre était tremblante, son pouls éteint; sa bouche était couverte de poussière et de sang, comme celle du guerrier qui tombe dans le fossé en montant à l'assaut. Pourquoi mes yeux, en apprenant ce malheur, ont-ils cherché un tel spectacle? C'était assez de le pleurer. A ce souvenir, j'étouffe, mon sein palpite, ma douleur augmente, ma raison s'évanouit, mon triste esprit gémit, la trame de ma vie se brise en mille soupirs, ma voix meurt, ma douleur seule parle.

l'infante.

Il faudrait avoir un cœur de roc, pour ne pas pleurer avec Jimena.

LE ROI

Recouvre ton courage, parle, ma fille, et fie-loi à mon amour et à ma justice. Tu trouveras toujours en moi un roi équitable, et un père pour remplacer celui qui te manque. J'en donne ma parole royale.

164 SOGUIOSNTS RELATIFS

JIMEIU.

Sire^ je Tai trouyé sans vie^ comme je vous Tai dit^ et^ pour plus grand désespoir, son sang, arrosant le sable, semblait me dire : « Venge ton père, Jimena, ta vengeance sera juste! » Et, ponr m'exciter davantage, ses blessures s'offraient à mes yeux; son cœur, quoique déjà inanimé, sembla étendre ses ailes pour sortir de sa poitrine et accuser ma lenteur. Si, en entendant de pareilles raisons; si, quand je vous donne de semblables détails, sire, vous ne me faites pas justice, mes jours deviendront sombres; je serai, comme la colombe abandonnée, malbeureuse et solitaire, qui fuit le vert rameau pour se poser sur la branche morte. Mais si je voyais Técbafaud dressé sur la place et la tête perfide de Rodrigo sacrifiée là par la main d'un cruel bourreau, mes larmes se sécheraient; un pareil châtiment modérerait ma douleur, quoique immense. La mort seule venge la mort, le sang seul lave le sang. Ne permettez pas, grand Ferdinand, que votre pitié excuse un tel forfait : ce serait flétrir votre justice, encourager le crime, atténuer la confiance, récompenser la folie et punir la raison. Votre intérêt, bien plus que le mien, vous crie de me rendre la justice : faites-la, mon roi, faites-la !

LE ROI

Je la ferai. Et toi, don Diego, défends maintenant la cause de Rodrigo, si une défense pareille est possible.

Oh! qu'un trépas sans opprobre est digne d'envie! et combien un âge avancé amène enfin aux hommes d'infortunes et de malheurs! Moi, qui, dans un temps, ait ceint mon front de lauriers, juste récompense accordée à mes exploits, pour avoir trop vécu (pourquoi ma vie fut-elle si longue?), j'ai vu mon visage flétri d'une injurieuse marque. Cette épée qui fut votre défense, et que tant de fois couronna la victoire, cette épée qui exécuta toujours vos ordres, véritable faux de la mort; ces cheveux que le temps a blanchis sous le casque; ce bras invincible; cette barbe argentée, ouvrage du temps,

A l'histoire du cid. 16^î

ornement précieux des hommes et qui les désabuse de la vie; cette barbe qui s'appesantit avec les années; cette barbe blanchie par une longue existence ou des travaux sans nombre; ces cheveux blancs, enfin, et cent honorables exploits seraient descendus au tombeau tout chargés d'infamie, si le ciel ne m'eût accordé un fils dont les grandes qualités m'ont rendu l'honneur et la réputation. Il m'a prêté son bras, il a tué le comte en champ libre, corps à corps, acier contre acier, et non pas avec une lance, comme on l'a dit. Si Rodrigo a mis à profit quelque avantage, c'est celui du bon droit qui parlait en sa faveur. Si montrer du courage et faire ses efforts pour venger un soufflet. . . je ne sais comment je prononce ce mot qui me fait horreur... si réparer l'honneur d'un père offensé mérite, sire, un châtiment, que restet-il pour punir l'infamie? Songez contre qui vous prononcez, pesez votre arrêt dans une juste balance : je suis le criminel, sire, car je suis la principale cause de cette mort; aussi c'est sur moi que l'orage et la foudre doivent tomber. La tête est responsable de ce que le bras fait: je suis la tête de mon fils et de ma maison, sire; Rodrigo n'est que les bras et les membres, il n'a fait qu'oJséir à la tête ; prenez donc la mienne : vous ne perdrez rien ou peu de chose. Elle attend à chaque moment le coup fatal de la mort; sacrifiez-la et laissez vivre le bras qui peut vous rendre encore tant de services ; conservez-le, il pourra, soyez-en sûr, remplacer celui du comte. Jimena a tort de l'accuser; il n'aurait pas tué son père sans mon commandement, ou si j'avais pu le faire moi-même. Prenez ma tête, sire, sacrifiez-la en l'honneur du défunt et à la vengeance de sa fille. Je ne murmurerai pas, prononcez l'arrêt, signez-le, je l'accepte dès à présent; oui, bien loin de m'y refuser, je louerai votre justice et je bénirai mon malheur. De cette manière, le comte sera vengé, Rodrigo conservera l'espérance de vous servir, et, las de vivre, je quitterai ce monde, laissant ma réputation sans tache et sans que rien puisse dégrader le temple de ma renommée. [Il se relève.)

166 l)0(ÎU5tENfS RELATIFS

L*INFANTE

Il est difficile de prononcer l'arrêt.

LE ROI

Cette affaire est si importante^ qu'elle exige d'être pesée en plein conseil^ où la justice décidera en occupant son trône. Don Sancho^ accompagne Jimena Gomez jusque chez elle.

DON SANCHO

Ce sera le premier service qu'elle acceptera de moi.

Le roi vous rordonne> c'est à lui ^ue vous devez en sayoir gré.

LE ROI

Toi, don Diego, tu auras la ville pour prison, donnant ta parole de ne pas en sortir, sous peine d'encourir ma disgrâce.

DIEGO

Je respecterai votre ordre en y obéissant.

LE ROI

Que l'on cherche Rodrigo, et qu'il ait sa maison pour prison, itkero et privilège qui correspondent à son rang,

il doit mourir, sire.

LE ROI

S'il est coupable, il mourra. Tu restes orpheline, Jimena; mais, rassure-toi, aussitôt que les obsèques du feu comte seront terminées, l'infante te gardera chez elle enamie.

JIMENA.

Je serai honorée d'être son humble servante.

l'infante.

Je tâcherai de la consoler.

JIMENA.

Point de consolation pour moi tant que je ne serai pas vengée. (J/5 sortent,)

A L^ttlSTomE Dtr CID. 167

DOr« DIEGO.

Allons aussi chercher Rodrigo pour le remercier de son courage et du service qu'il m'a rendu, et pour lui conseiller de quitter Burgos au plus vile, car la prison n'est pas une chose très-rassurante. Sans lui, que serait devenue ma maison, honorée pendant si longtemps, et déshonorée en un instant? Que Dieu te protège, mon fils, reçois ma bénédiction! (Entrent Rodrigo, Nuno et Elvira,)

NUKO.

Vous m'amenez encore ici, seigneur;' qu'y venons-nous faire?

RODRIGO

Les devoirs de l'honneur remplis, je viens remplir ceux de l'amour.

Rodrigo! qu'avez-vous fait? où venez-vous, malheureux!

RODRIGO

Mourir de douleur aux pieds de Jimena.

ELVIRA

Le désespoir peut-il vous entraîner en ce lieu, où nos larmes payent encore leur tribut à la douleur. Vous entreriez dans une chambre que vous avez remplie de deuil? Voudriez-vous vous perdre? ou la mort vous effraye-t-elle si peu que vous veniez défier l'ombre de votre victime?

NUNO

Ombre, dis-tu? Je commence à être sur les épines; pour voir des ombres, mes yeux, il vaudrait mieux que vous ne vissiez pas. Ombre, as-tu dit, avec un tel sang-froid? Il vaudrait mieux être privé de soleil et n'avoir pas d'ombres... Ma frayeur se représente déjà en détails la forme de l*ombre.é. Les défunts ont leur ombre. . . Âh I mon Dieu !.. »

RODRIGO

Tais-toi, poule mouillée.

168 BOGITMENTS RELATIFS

ELVIRA

Et prie dans cette occasion.

MUNO.

Ta me conseilles de prier? Tu as une bonne idée^ car c'est le propre des poules de se coucher à Theure des oraisons.

RODRIGO

Sa vie était ma honte^ sa mort est mon honneur.

Oul^ mais chercher asile dans la maison du mort^ voilà ce qui jamais ne s*est tu.

RODRIGO

On n*a pas tu non plus un coupable se liTrer à son juge^ comme je le fais^ moi. Mon juge est ma Jimena; après son dédain, aucune peine ne peut m*être sensible. Aussi, puisque je dois mourir, je Tiens recevoir comme un souverain bien Tarrêt de sa bouche et le supplice de sa main.

NUNO

Allons-y donc, seigneur.

ELVIRA

Rodrigo, ne vous exposez pas aux premiers transports de sa colère, car ils sont toujours violents, et enfin vous êtes son ennemi.

NUNO

Elvira vient de parler en femme prudente et qui s'y entend.

ELVIRA

Songez que le corps est encore dans la maison, et la blessure encore chaude.

NUNO

Le corps dans la maison!... La frayeur ne vous talonne-telle pas? Auriez-vous le projet d'arrêter sa fureur? Ne songez-vous pas, seigneur, que, s'il vous voyait ici, il vous saisirait par un pied et moi par le bras?

A l'histoire du gid. 169

RODRIGO

Va-t'en, toi!

NU NO

Je ne demande pas mieux.; caria crainte qui resserre mon cœur agit sur mes entrailles d'une façon toute contraire. J'ai hâte de sortir; j'ai d'ailleurs donné avis de cette folie au vieillard.

ELYIRA.

Jimena, baignée de larmes, est allée au palais et va revenir, sans doute accompagnée des seigneurs de la cour; si elle vous trouvait ici, son honneur serait en danger, et la peine en tomberait sur moi... Mais, la voilà !

RODRIGO

Que faire?

ELVIRA

Si vous sortez maintenant, on vous verra... Quelle pénible situation !... Entrez vite dans cette chambre, car les voici.

RODRIGO

Courons-y vite, non par crainte du péril, mais de ce que l'on dirait. (Il sort. — Entrent don Sancho et Jimena,)

DON SANCHO

Agréez mon désir.

JIMENA.

Je manquerais au roi, qui m'a promis de me rendre justice, ce dont je ne saurais douter.

DON SANCHO

Le châtiment marche lentement par les lois.

JIMENA.

Pourtant, don Sancho, il en sera ainsi.

DON SANCHO

Je ne prétends pas répliquer; celui qui veut vous obliger

ne saurait vous déplaire. (Il sort.)

170 lK)ClTME7ftS RELATIFS

JIIIENÀ.

Ënfin^ il est parti; nous pourrons parler seules.

ELVIRA

liais nous ne dirons rien contre Rodrigo.

JIMENA.

Tu me conseilles cela quand tu me vois sans père ! lorsque son cadavre est encore ici! Ma douleur n'aura pas de bornes, et mes plaintes seront étemelles. douleur! les larmes viennent, pleurez, mes yeux, pleurez; car la moitié. de mon âme. est aujourd'hui dans le sépulcre; je la perds même tout entière, puisque je suis forcée de venger dans la moitié qui me reste celle que j'ai déjà perdue. J'essaye, hélas! de me calmer, et après je m'irrite. Si je poursuis le crime, Elvira, j'aime le criminel.

ELVIRA

Je ne comprends pas votre rigueur. Si elle est feinte, c*est bien de l'amour.

Dire que je Taime, Elvira; c'est bien peu, je Tadore... Mais, trêve à mon amour, car, hélas! ce qui est encore plus vrai, c'est que le comte demeure sans vie et que je suis sa fille. Je demande donc vengeance.

ELVIRA

Contre qui?

JIMENA.

Contre Rodrigo.

ELVIRA

Je ne vous comprends pas.

JIMENA.

Je demande vengeance, hélas î et je tremble qu'on ne me l'accorde.

ELVIRA

8a vie est donc entre vos mains?

A l'histoire du G10. 171

JIMBKA.

Oui, Elvira, et sa perte aussi.

RODRIGO, caché.

Mon cœur est à la torture : écoutons d'ici.

ELVIRA

Quel est votre projet?

Le chercher partout, Tarrôter, le poursuivre à mort, et ensuite mourir avec lui.

RODRIGO

Je viens vous épargner des démarches.

JIMEMA.

Comment! Elvira, que veut dire ceci? L'assassin de mon père caché dans mon appartement! ou esKe 6on ombre que je vois?

RODRIGO

Vous avez raison, puisque déjà vous m*oubliez ; je ne suis plus que l'ombre de ce que j'ai été.

JIMENA.

Hélas!

RODRIGO. '

Vous répondrez à mes soupirs par de tristes pleurs.

JIMENA.

Qui s'est vu jamais dans une situation semblable à la mienne? Là, le sang de mon père m'appelle à grands cris, et ici, victime de l'amour, je suis retenue par le chagrin d'avoir perdu un amant. Je vais à vous, mon père.

RODBIGO.

Attends, écoute^moi.

JIMENA.

Je t'écoute, Rodrigo.

172 DOCUMENTS BELAT IFS

RODRIGO

Deux mots^ Jimena.

jiMENA^ à part.

Combien j*ai cédé vite^ malgré un rude combat entre mes deux désirs; mais je ne m'étonne pas : Taimant comme je Taime, comment ne pas lui céder?

RODRIGO

Deux mots^ et ensuite que cette épée perce mon cœur.

JIMENA.

Mon Dieu! que veux-tu faire?

RODRIGO

Jeter ce fer à tes pieds, pour que tu prennes ma vie. Trempe dans mon sang ce brillant acier, perces-en ma poitrine; mais ne touche pas, je t*en prie^ au cœur où ta vis, pour que tu ne meures pas avec moi.

JIHENA.

Tu appelles brillant cet acier que je vois teint du sang de celui à qui je dois la vie! Cache à mes regards cet objet odieux, souillé de mon sang.

RODRIGO

Il perdra la teinture de ton sang, si tu le laves avec le mien.

JIMENA.

Il conserverait la même couleur.

Non, car celui-là est d*un homme courroucé, et celui-ci d'un homme qui se rend.

JIMENA.

Cache cette épée, je te le répète : autrement je fermerai mes yeux et mes oreilles pour ne pas t'écouter ni te voir. Voudrais-tu me rendre cruelle comme toi?

A l'histoire du cid. 1"3

RODRIGO

Calme-toi, je l' obéis, reviens, ta volonté est faite; écoulemoi, je t*en supplie.

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