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Lettre du Roi François I" à Monsieur du Çhillou. — 12 décembre 1520. —
A Monsieur du Chillou, vis admirai de France.
Monsieur du Chillou , pour ce que je désire bien entendre quels navires il y a en Norraendie en manière que, si je vouloys dresser une armée de mer, je puisse savoir de quoy je me pourray ayder et servir, je vous prie y adviser et m'en advertyr et admonestez ceulx qui ont navires à les acoustrer et mectre en ordre, en sorte que nos voisins entendent que vous ne dormez point et que vous ne serez pris audespourveu et adieu, Monsieur du Chillou, qu'il vous ait en sa garde.
Escript à Amboyse le xii^e jour de décembre.
Francoys. Robertet.
' Ce rôle, qui se trouve dans la série des pièces diverses de la chambre des comptes conservées à la bibliothè(iue nationale, nous a été obligeamment communiqué par notre savant confrère M. Léopold Delisle.
un.
Lettre du Roi François !•' à Monsieur de Chillou
- 16 juillet 1621. -
A .Monsieur de Chillou, vis admirai de France,
Monsieur de Chillou, combien que vous aye par deux ou troys foiz escript que n'eussiez à bailler aucuns congiez ne permissions aux navires qui sont sur la couste de Normandie d'aller sur mer que premièrement mon cousin, le duc d'Albanye* n'eusl entièrement reconneut ce qu'il luy en fault pour son voyage qui est de l'importance que vous savez et tant hasté et pressé qu'il n'est possible de plus ; néantmoins j'ay entendu que de jour à l'autre les navires de lad. couste de Normandie s'en vont à leur adventure, dont je ne suis content et pour ce que j'auroys à merveilleux déplaisir que mond. cousin ne feust à son embarquement pourveu et équippé entièrement de tout ce qu'il luy appartient tant de na-
' Jean Stuart, duc d'Albany, neveu de Jean III, après la mort de Jacques IV. on septembre I5I3, fut investi de la régence de Jacques V, quand Marguerite d'Angleterre sa mère, épousa Douglas, comte d'Angus ; mais n'ayant pas su se faire obéir des nobles écossais qu*il voulait faire combattre contre Henri VIII, il vint en France et obtint de François I*' un secours de troupes françaises qu'il conduisit en Ecosse en 1523. 6on expédition n'obtint aucun succès et il fut obligé de revenir en France où il resta et mourut.
vires que austres choses, je vous prie et ordonne, Monsieur de Ghillou, sur tout le service que faire me debvez donner si bon ordre que aucun navire ne parte de lad. couste que mond. cousin n'en ait premièrement prins et retenu ce qu'il luy en fault. Et sur ce,faictes telles et si bonnes deffences et inhibicions que pourrez en ce cas requises, en pugnissant les infracteurs d'icelles, de sorte que les autres y preignent exemple faisant et accomplissant au surplus tout ce que mond. cousin vous mandera pour le fait et équypage de sond. voyage et n'y faicte faulte et vous me ferez service en ne faisant autrement.
Adieu, Monsieur de Chillou, qu'il vous ait en sa garde.
Escript à Sainct Germain en Laye le xvi»ne jour de
juillet
Françoys. Robertet.
RMe de dépenses faites pour la construction du port et des fortifications du Havre de Grâce.
- 29 juillet 1521 *. —
Roolle des parties de despence que messire Guyon le Roy, chevalier, seigneur du Chillou, vis admirai de
* Ce rôle, qui se trouve dans la sério dos pièces divoi-ses de la Chambre des comptes conservées à la bibliothèque nationale, nous a été obligeamment communiqué par notre savant confrère M Léopold Delisle.
France a ordonné estre payez durant la sepmaine commencée le lundi xxixm^ jour de juillet Tan mil cinq cens vingt et ung et finie le samedi ensuyvanl lu""® jour de ce présent moys d aoust, en laquelle sepmaine n'y a que quatre jours ouvrables, parce que le jeudi d'icelle estoit la feste sainct Pierre et le dit jour de samedi sainct Estienne par maistre Guillaume Preudomme, notaire et secrétaire du Roy par luy commis à tenir le compte et faire le paiement de la construction et ediffice du port et havre de Grâce aux personnes, pour les causes et ainsi qu'il s'ensuit.
ET PREMIÈREMENT
Cordage payé durant ladicte sepmaine à Robert Galopin, cordier, demeurant aud. Havre la somme de neuf livres tournoys à luy ordonnée pour son paiement de CL livres de cordage gros et menu par luy fourny aud. Havre pour servir de renffort à lyer et amarer l'un à l'autre les pieudz des deux grans bastardeaux de la bare dud. Havre affin qu'ilz ne se puissent séparer ne eslongner l'un de l'autre pour myeulx soustenir le faiz des eaues et terres que portent lesd. bastardeaux et ce oultre et par dessus l'autre cordage par luy cy devant livré pour semblable cause, dont luy a esté ordonné par mond. s. le vis admirai vi livres tournoys pour cent qui vallent lad. somme de ix 1 1.
Voictures de benneaulx paiez durant lad. sepmaine àraisondexschascun benneauparjour . . . somme, XII i. t.
Maistres pionnyers besongnans aux fondemens du pavement de pierre de lad. bare à raison de v». t. par jour
Somme xxi, qui ont vacqué en lad. sepmaine quatre jours entiers, vallent à lad. raison de v». t. par jour, XXI l ^.
Autres maistres pionnyers bretons besongnans ausd. fondemens à raison de uns. t. par jour
Somme xliii, qui ont vacqué en lad. sepmaine sembl. espace de quatre jours entiers que les dessusd. vallent à lad. raison de iiii s. t. par jour, xxxiiii U viii s. t.
Menuysiers et charpentiers besongnans à la première porte pont levy de la tour dud. havre et à l'engin pour belynerles pieudz à raison de iiii «. t. par jour
Somme viii, vallent à lad. raison de nus. t. par jour, vil VIII M
Autres pionnyers besongnans aud. havre à raison de
m». ^. par jour Somme xxxv vallent à lad.
raison de m», t. par jour la somme de xxiU t.
Somme toutal des parties contenues en ce présent rooUe, cm 1 XVI 8. t.
Suit l'attestation de ces dépenses par un mandement de Guyon le Roy, daté du 7 août 4521.
Puis une attestation des paiements par Nicolas de la Prymaudaye, notaire et secrétaire du Roy et contrerolleur ordonné et estably sur le fait du Havre de Grâce, en date du ii août 1521.
Lettre du Roi François I aux échevinsde Rouen. — 16 septembre 152(. —
De par le ROY. — Très chers et bien amez nous sommes advertiz que nos ennemiz ontfaict entreprinse de venir en puissance par mer au havre de grâce pour bousterou emmener nostre navire qui y est et faire le plus de mai qu'ilz pourront, à quoy fault obvier et de bonne heure, à ceste cause, pour ce que audict havre n'y a aucunne artillerye ne municions, qui est la chose la plus nécessaire pour le deffendre, nous vous prions que vous en faictes bailler et délivrer de la vostre au s^ de Chillou, nostre vis admirai, deux gros canons et une coulevrine avecques les municions, pouldres, boulletz et equippaige pour les faire mener incontinent aud. havre jusques à ce que l'affaire soit passée et après nous vous ferons rendre et bailler lesd. pièces et autant de municions et le vous prometons par ces présentes signées de nostre main en prenant récépissé dud. sieur du Chillou de ce que vous luy baillerez et fournirez et en ce ne veuUes faire faulte, ne difficullc, car vous entendez le danger en quoy nous et vous en pourroient tomber. Donné à Troyes, le quinziesmejourde septembre, ainsy signé, Françoys et au bas de Neufville, et au dos, à nos très chers et bien amez les conseillers,
boui^oys, manans et habitans de nostre bonne ville de Rouen.
Collation faicte à l'original par moy, Jaques Le Lieur, notaire et secrétaire du Roy le quat°**^ jour de octobre Tan de grâce mil cinq cens vingt et ung.
Le Lieur V
Etat des dépenses de la marine dans le port du Havre.
Extraict des partyes couchées en Testât de la marine, dont il fault faire payement en Normandye au long de ceste présente année v c xxii.
PREMIEREMENT
 monseigneur du Ghillou, cappitaine de la grant nef Loyse, pour son estât, vici. t.
* Jacques Le Lieur, s' de Bresmetot et de BosoBénard-Coromin, échevin de Rouen de 1517 à 1523, fils de Robert Le Lieur, s' de Bosc-Bénard-Commin, premier avocat du Roi en son écliiquier de Rouen et de Jehannc Bouté, dame de Bresmetot. C'est l'auteur du ftimeux Livre des Fontaines^ reproduit en fac-similé en 1845 par T. de Jolimont.
 monseigneur le Prince de Brezé, cappitaine de la nefPrincesse,inici. t.
Au cappitaine Lesparçne, capp"® de la nef d*Orléans, nnci.t.
 monseigneur du Piessis, cappitaine de la nef Lermyne, raci.t.
 monseigneur de Marran, cappitaine de la nef la Pensée, ne 1. 1.
A monseigneur de Joué, capp"* delà nef Barbe, c l^. A.U cappitaine Gonflans, cappitaine de la barque Daulphyne, iici.t.
Au maistre de la grant nef Loyse estant au Havre de Grâce en Normandye, vi« xl t.
Au gardien de lad. nef, im « x 1. 1.
A quatre compaignons maryniers, à chacun Lxlt,, cy, II c xlI t.
Au maistre de la nef Lermyne estant au Havre de Grâce en Normandye, c^.K
Au gardien de lad. nef, mi^l^.
A m compaignons maryniers, à chacun Lxi, cy, ixMi.i.
Au maistre de la nef Princesse estant en Normandye, VI « 1. 1.
Au gardien de lad. nef, ci.t A un compaignons maryniers, à chacun Lx^, ii cxLLt. Au maistre de la nef Barbe, iiiixx xi.t. Au gardien d'icelle nef, Lxxi.t.
A n compaignons marjniers, à chacun lx^, vi« i.t. Au maistre de la nef Pensée estant au havre de Dieppe, c*. ^
Au gardien de lad. nef,iiii3ui.t.
A ni compaignons maryniers, à chacun Lxi, ix«l.t.
Au maistre de la barque Daulphyne, im»*.^
Aunggardien, Lxi.t.
A II compaignons, à chacun lx*, vi» i.i.
Au cappitaine de Pierre de Consches, iic i. K
A André Chapperon, ii cl. t.
A maistre Jaques Thirel, vi xx 1. 1.
Etat des vivres nécessaires pour l'entretien de vingt mille hommes
pendant six semaines.
— 3 avril 1623. —
Estât par esliraacion et au plus près de la vérité de ce qui est nécessaire pour le vivre de vingt mil hommes pour six sepraaines et les prix que lesd. vivres pourront couster, led. estât fait par nous, Guyon le Roy, chevalier, seigneur du Chillou, visadmiral de France et Guillaume Preudomme , receveur général des finances du Roy en Normendie à ce présens et appelez, Anthoine de Conflans, premier huissier de salle du Roy, nostre seigneur et le contreroUeur de la marine.
Biscuyt, VIII XX xiiii** lx xii*'**, à viii le cent de xii"«», vallent xii "^ ii c xxix livres.
Pain fraiz, ii'' vc xii",«*, à vid pièce, vallent lxiii »
Farines, xl pippes, à x livres la pippe, lUic livres.
Cildres, m ^ un c rai « pippes, à lx » la pippe, x ** iiii c X livres.
Bierres, xvii c pippes, à lx s la pippe, v *■ livres.
Vin, lie LX pippes, àxviiî^ la pippe, vallent iiii** vue rai M livres.
Chair sallée, vc pippes, à xxUa pippe, x*" livres-
Chair fresche, lx beufe, à xl le beuf, vi c livres.
Moutons, lie XL, à XX s la pièce, ne xl Uvres.
Lardz, vi *■ iiiie costez, àxxv» le costé, viii*' livres.
Beurres, lvi ^ livres, à xii d la livre, u** vni e livres.
Pois, VI» pippes, à c» la pippe, vie livres.
Febves, lx pippes, àviiii la pippe, nue iiiik livres.
Chandelles, xx*" livres, à xviiid la Hvre, xve livres.
Suif, XX *■ livres, à xv d la livre, xii e livres.
Boys, xxvii** ne busches, à xl» le cent, vallent v c XLiiii livres.
Vinaigre, xl pippes, à viii^ la pippe, m e xx Hvres.
Verjust , xxiiii pippes , aud. prix de viii ^ la pippe, ixMtxii livres.
Pippes à eaue, viiie pippes, à xii s vi^ la pièce, ve livres.
Sel, XXX pippes, à xiiiUa pippe, iiic iiii» x livres. Total . . • . Lx^ me xxviiii vis villd.
Sans en comprendre les extencilles comme platz, escuelles, bidons, bauquetz, lanternes, escouppes, cuil-
Kers, panniers, chantepleures, veilles et autres choses qui pourront monter environ vmc livres.
Fait au Havre de Grâce, le iiime jour d*avril avant PasqueSy Tan mil cinq cens vingt deux '.
Lettre de Tamiral Bonnivet à Guyon le Roy.
— to juillet 1523. —
A Monsieur du Chillou, vis admirai.
Monsieur du Chillou, j'ay receu la lectre que vous m'avez escripte par ce porteur. Et quant aux navires bretons qu'avez arrestez par delà, qui demandent avoir victuailles ou eulx en aller, j'en advertiz présentement monseigneur d'Âlbanye, afin qu'il advise s'il s'en veult servir ou non pour son passaige • vous priant d'en faire ce qu'il vous en escripra et mandera et non autrement. Et cependant faicteâ leur bailler ce qui leur sera
1 1523. Nouveau style.
nécessaire desd. victuailles et sur ce , Monsieur du Chillou y nostre seigneur vous donne ce que désirez.
A Paris, le xme juillet
Le tout vostre bon allyé * et amy ,
BONNIVET