‹ Documents relatifs à la méthode éclectique employée contre la dysenterieChapitre 11 sur 11 · PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS

Première . La dysenterie est une maladie toujours inflammatoire (i), mais susceptible de complications, de nuances et de variétés , plus graves en elles-mêmes , que la phlegmasie proprement dite.

Deuxième . Trois formes principales, en dehors des causes locales et accidentelles qui les produisent , doivent être admises , savoir :

i° La mucoso- sanguine ou inflammatoire Tranche, essentiellement bornée à la muqueuse du gros intestin ;

2° La bilieuse , c’est-à-dire compliquée d’orgasme , d’irritation, ou même d’inflammation du foie ;

(0 'Selon moi , c'est à tort que les classiques distinguent la dysenterie en inflammatoire, bilieuse el séreuse, s'ils entendent par là que ces deux dernières formes sont étrangères à la phlegmasie. Pas d’iyflammatio#, pas de, dysenterie; utae complication , quelque intense et prédominante qu’elle puisse être s ne saurait voiler pour L'observateur judicieux Je génie primitif du mal,

5° La séreuse , m celle qu’accompagne une lésion concomittante rie l’in tesîin grêle et sot vent aussi de l’estomac; qu’il y ait altération purement fonctionnelle ou inflammation de la muqueuse.

Troisième, Ces trois formes principales peuvent se compliquer d’une innervation exaltée ou pervertie , dont il faut en thérapeutique tenir un compte essentiel.

Quatrième, La dysenterie doit être envisagée sous un point de vue tout spécial, selon qu’elle est sporadique , épidémique ou endémique. Dans le premier cas, elle est d’ordinaire peu grave et cède facilement aux moyens débilitants. Dans le second, toujours compliquée d'un génie particulier qui modifie sa marche et ses terminaisons , elle met souvent en défaut toute méthode thérapeutique absolue ; en adopter une, quelle quelle soit , c’est donc donner la mort à un grand nombre de malades. Quand cette maladie est endémique , le problème est encore difficile ; une expérience bien dirigée et exempte de tout esprit de système, conduit à la traiter de la manière la plus convenable , et partant avec assez de succès.

Cinquième , La dysenterie est une maladie moins grave et moins dominante dans les régions extra-tropicales que dans celles placées sous la zone torride. Ici , la gravité n’est point représentée par le plus ou ie moins d’inflammation , mais

par des éléments morbides , qui prennent naissance ailleurs.

Sixième , La dysenterie mucoso-san^uine ne demande le plus souvent que les anti-phlogistiques aidés de l’opium extrêmement dilué.

Septième . La dysenterie à forme hépatique (bilieuse) veut, avec les sangsues toujours , avec la saignée quelquefois , l’usage et l’emploi dominant du calomel; l’ipéca est moins essentiellement indiqué, dans la crainte d’irriter le foie, r opium peut se donner moins étendu que lorsqu’il n'y a que colite pure et simple.

Huitième . Celle qui a pour caractère, c^est-àdire pour complication , la forme séreuse , exige moins de saignées, peut se passer du calomel, demande l’ipéca, soit en pilules, soit à dose vomitive, ou successivement par ces deux procédés. Ici l’opium est d’un grand secours après le vomissement , ici les rubéfiants doivent être employés avec plus d’énergie et de promptitude que dans toute autre forme de la colite.

Neuvième . S’il arrive que pas un des éléments indiqués, ou de complication , ne domine sensiblement, et que l’altération fonctionnelle résisté aux anti-phlogisliques , aidés de remploi isolé des principaux médicaments que nous employons 5 il faut en venir à l’usage des pilules de calomel , d’ipéca et d’opium , variant les doses relatives de ees ingrédients , selon les circonstances qui se présentent.

Dixième. 11 n’est pas de toute rigueur que la dysenterie passe à l’état chronique pour commencer l’usage des astringents : j’ai indiqué Inopportunité de ce moyen.

Onzième. Quand, dans les colonies, on voit la dysenterie résister aux traitements les miéhxcombi nés, il faut prescrire le retour en Europe; toujours obtenir cette grâce pour les soldats et ma» rins que les rigueurs administratives forcent trop souvent à succomber sur les lieux; quand le changement d’air et les joies de la famille leur rendraient quelquefois la santé, même dans les cas en apparence les plus désespérés (i).

Douzième. Pendant tout le cours de la dysenterie la tisane doit être prise tiède, modérément édulcorée avec le sucre blanc , donnée à petites doses . Le régime fondamental pendant l’état aigm doit se composer de crèmes féculentes, données

(i) Flattons-nous que l’autorité mettra à profit l'observation importante que nous trouvons ici consignée dans le rapport de M. Cornuel pour l'année 1 835 , la voici :

« Une observation qu’il est très utile de faire, c est que le climat de Brest et de la Bretagne ne convient nullement aux convalescents de dysenterie qui sont renvoyés des Antilles. Ils s’y rétablissent lente* ment et rarement ; beaucoup d’entre eux meurent dans les hôpitaux. Un climat plus chaud et plus sec leur serait mieux approprié. C’est vers Toulon , c’est vers la Provence qu’ils devraient être acheminés. Nous consignons ces remarques , espérant qu’elles seront prises en considération, dans l'intérêt et pour la conservation des serviteurs de l’État ».

ci aborda cuillerées comptées . Les œufs à lacoque, le poisson grillé et le riz crevé viennent ensuite. Attendre pour accorder le pain, tarder beaucoup plusencore à prescrire 1 egms sous quelque forme que ce soit. Exiger ie repos le plus prolongé possible an lilj défendre le tabac . Les bains chauds vinaigrés, les frictions sèches et aromatiques, les bains de vapeurs sulfureuses; des vêtements qui protègent autant que possible des intempéries de 1 air, et le retour tardif au service ou aux occupations du malade^ complètent les précautions diététiques et hygiéniques applicables à la dysenterie.

Que de préceptes de thérapeutique et d’hygiène viendraient encore se grouper ici, si j’avais entrepris de faire un traité de la dysenterie! Tel ne pouvait etre mon but, il faut avoir vieilli dans la pratique, il taut avoir pendant longues années médité sur un tel sujet pour entreprendre de le traiter à tond, pour oser formuler quelques préceptes ajoutés à ceux qui sont sortis de la plume des plus grands observateurs !

Mon but , je l’ai dit , n’a été que de ramener ou du moins de faire songer à une méthode variée et nuancée comme les cas différentiels qu’on rencontre au lit de chaque malade; que les eaux, les airs et les lieux, pour parler le langage d’Hippocrate, nous présentent sous tant d’aspects differents !

fin.

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