‹ Documents relatifs à la méthode éclectique employée contre la dysenterieChapitre 10 sur 11 · RELATIVES A CE QUI PRECEDE · texte numérisé non relu

RELATIVES A CE QUI PRECEDE

Nous venons d'exposer toutes les pièces du procès , qu'on veuille bien avec nous maintenant , en faire une espèce de récapitulation.

On voit que dès iS33, c^est-à-dire peu de temps après que je fus chargé du service de santé à Cayenne , je signalai rimpuissance du traitement antiphlogistique comme méthode absolue , et cependant^ je puis le dire ? je fus dans cette colonie ^ le médecin qui préconisa avec le plus de ferveur ce mode thérapeutique, qui, pour procurer tous les avantages dont il est susceptible demande un complément de moyens que j’ai rarement vu mettre en usage, de là beaucoup moins de succès que n’en procure ce traitement, quand on en fait l’application avec la sollicitude convenable , et d'une manière minutieuse .

Cependant, tous les malades ne pouvaient guérir par cette formule, à quelque dégré de perfection que nous l’eussions alors portée. Certains cas ? à forme essentiellement bilieuse ou séreuse , et compliqués d’un mode de vitalité plus ou moins insolite , résistaient à l’emploi le mieux dirigé de nos moyens de médications. En face d’une difliculte , aussi grande à surmonter , j’en référai à

des hommes plus versés que moi dans la pratique , et surtout haut placés par leurs fonctions médicales. Aucun conseil ne m’ayant été donné, j’avisai par moi-même au moyen d’arriver à la solution d’un problème, que je considérais comme le pins important de tous ceux qui m’étaient offerts par le génie du climat où j’exerçais.

Une occasion s’élant présenté d’aller visiter les colonies anglaise et hollandaise de la Guiane , je sollicitai M. le gouverneur Jubelin à autoriser ce voyage en faveur de la médecine , comme il l’avait prescrit pour des progrès el des améliorations d’un autre genre (i). Satisfait dans cette demande , je n’eus plus en vue que de la justifier , et je me flatte que l’expérience prouvera que je n’étais pas mal inspire.

Le jour de mon arrivé à Démérary , j’obtins du gouverneur de cette colonie l’antorisation de voir et de m’informer de tout ce qui pourrait intéresser la chose médicale. Alors , mon très digne confrère , le docteur Melville , chef de l’hôpital militaire , déploya en ma faveur une urbanité et une courtoisie dont je conserve le plus agréable souvenir.

Quel fut mon étonnement , relativement à la

(1) MM. Soleau et Lagrange , le premier comme ingénieur, le second comme habitant sucrier, ont de cette mission rapporté des documents considérés comme une acqui»ition importante pour 1« Guiane,

question qui nous occupe -, quand oh uni soiu mes yeux u n chiff re de quatre cents dysentériques , ne comportant que quatre décès 1

Je dus me récrier 9 dire à mon collègue qu’il me mystifiait, ou qu’il était plus physiologiste que tous les médecins Français; car , nota bene . il ne pouvait ce jour la , m’entrer dans la tête qu’on arrivât à on tel résultat , par ce que je savais , ou croyais savoir de la médecine anglaise. Calmez vous , mon cher ami , me dit le bon docteur Melville , puisque vous devez passer quelques jours ici, vous aurez, rden doutez pas , l'occasion de nous 'voir faire ; et, si nos documents, qu’on ne saurait avoir improvisés pour vous abuser sur le résultat de notre pratique, vous semblent suspects , vous reviendrez de cette prévention au lit du malade.

Effective ment , dans l’espace de dix jours , ) ai vo entrer , guérir et sortir , plusieurs hommes très fortement atteints , offrant les signes les plus intenses de la colite ! Plu sieurs furent saignés, tous prirent l’ipéca , par la méthode d’Helvétius, reçurent l’huile de ricin ; et enfin , ces pilules d'ipéca , de calomel et d’opium , auxquelles on répugne tant chez nous à accorder des lettres de naturalisation !

Frappé de ce que je venais de voir à Démérary, je combattis pourtant encore longtemps Y évidence des faits ; tant une première éducation, une croyance dans laquelle on a été bercé pendant

longues années , exerce sur nous d’empire , nous re.icul (l.iiis les langes de la prévention !

Q ion remarque , en preuve de l'opposition qUe jedns l'aire à la formule anglaise, que je n’y ai point entièrement adhéré ; que la saignée ( i) du bras . je ne l’emploie que dans un petit nombre de cas : que l'huile de ricin , je ne l’ai jamais administrée; enlin . qu’en acceptant des anglais leur ipéca à la

brésilienne, et leurs pilules de calomel et d’opium, ■le u’ai pas renié les antiphlogistiques, puisque, au contraire, je commence presque toujours pâteux la médication.

On voit donc qu’une réticence invincible m’a empêché d’aller jusqu’au bout dans l’imitation de la pratique anglaise; je n’ai pu m'empêcher de la mitiger . (le l 'abâtardir; ai je bien ou mal lait? (.est a I expérience de ceux qui adopteront dans son entier la formule britannique à prononcer sur ce poi il.

P*an moi , \ ai eu à (raïler9 du îer janvier au 20 novembre 1 835 , cent neuf cas de dysenterie ou diarrhée , et n ai pas perdu un seul homme. Pour rencontrer un décès , je l’ai dit, il feu remonter

(i) Nos soi luis sont en filmerai moins forls, moins sanguins et

j.1 s <■*-,; vieil, mem ne veux ,|ue les ro dais anglais, de là l'indica-

"on moins fr.'c, .ente de leur ouvrir la veine, surtout dans tes

r. fiions cguaionalc dom l’iutl-aen. c est si profondément debititau,e „

au 29 octobre 1 ^54- Dans le mois Je décembre de Tannée i83q, ni jusqu’au i5 janvier de l’année ï856, il n’était encore mort personne; ce qui prouve, en ajoutant le chiffre des deux derniers mois de i85/| , de décembre 1806, et, de janvier (première quinzaine i856) , qu’environ cent cinquante malades n’ont pas Fourni un seul mort; donc, pendant quinze mois , et peut-être plus, puisque nous n’avons pas encore appris qu’un malade ait succombé, la tombe a été Fermée pour les dysentériques’

Je le demande, quelles sont les arguties théoriques auxquelles on puisse désormais recourir pour protester contre un modus Jqçiendi qui procure de tels résultats!

Etonné d’une solution si heureuse , M. l’Inspecteur général de notre service n’a pas hésité à en instruire les officiers de santé qui exercent dans les colonies. Dans l’empressement qu’il a bien voulu mettre à propager une Formule, à laquelle il attache lui M. Keraudren , de grandes espérances y il ne pouvait malheureusement pas encore l’accompagner des développements dont nous sommes venu plus tard la soutenir et l’étayer.

Espérons, aujourd’hui, que cette méthode, qui se présente sous un aspect plus didactique et plus rationnel, sera mieux comprise et partant mieux accueillie.

Cest à regret que je fais ressortir ici le peu d’iden lité qui existe entre la lettre (i) que m'écrivait à Cayenne M. Cornuel, médecin en chef à la Guadeloupe, et la réponse que plus lard il fait au ministre, qui lui avait demandé son avis et les résultats de son expérience touchant ma manière de traiter la dysenterie. Certes, j’estime que c’est en conscience qu’un homme aussi honorable et aussi instruit que celui que je viens de citer , a formuléetla lettre qu’il m adressait et le rapport fait au ministre (2). Mais dans !e compte officiel qu’il reud de ma formule, je veux parler de la formule anglaise, n’a-t-il paseonfondu les résultats heureux qu il m annonçait, et qu’il avait lui-même obtenus avec les déceptions où d'autres seraient arrivés?

Il est vrai que mon honorable ami, M. Cornuel, dans la lettre que je cite comme étant en faveur de la prescription anglaise, s’exprime de manière à donner à entendre qu’il faut en user avec discernement et précaution; mais, avec cet avertissement, dont on ne saurait contester l’esprit judicieux, et une critique aussi vive et aussi sérieuse (5) que celle qu’il fait plus tard du meme

(1) Voir à la page 5 1 .

(u) Voir à la page

(3) Est-ce à nous qui avons, y compris noire clienlelie , traité plus de deux cents malades avec succès et sans aucun epiphéno. mène thérapeutique qu'au viendra parler en conscience des inconva'-

moyen, il y a, ce me semble, une distance infinie, s’il n’y a pas une opposition formelle, un eon» traste frappant.

Ne faussons pas, du reste, les conséquences qui découlent, du compte-rendu de M. Cornue!, ce me lecin, éiiiiueiumeuî distingué, n a pas manqué de s’apercevoir que notre formule représente un puissant modificateur de la vitalité intestinale j et qu’elle doit être essayée dans la plupart des dysenteries chroniques.

Hans la lettre que m’écrivait M le niede • fin en chef de la Guadeloupe , et dins le rapport qu'il adresse plus lard au ministre , se rencontrent , selon moi , deux erreurs (i) ; je m’explique.

Dans sa lettre M. Cornneî dit que les dysenteries qu’il observe à la Basse-Terre, ne sont que des inflammations pures et simples du gros intestin et de la Jin de F iléon. On a déjà vu que

ïiirnls graves et nombreux qui suivent ÎYmp'oi ries pilules d ipéca , de calomel et d opium 1 Si mes collègues de Cayenne , qM ont guéri auüaiiî île dvst niei iques que moi par î.» méthode critiquée, avaî< nt sous les yeux Se | aragia<die où elle est fortement mis»* en question , ils « n epro. vendent certes j h. s rl’imp «tience et d irritation que moi, qu’une lionne et sim ère arniiié ramènera toujours a Monsieur Co'=» ouel , s’ii trouve Sa tîYVuse aussi légitime que l'attaque.

(3) je le ledis encore : je professe pour îe caractère et le talent de M, Cornue! la 5 li s liante estime, mais est-ce a dire que les faits cl ma conviction doivent céder à ce sentiment? — Amiens pialo f tnagië arnica ventas .

fêla m’avait surpris , peu habitué que je suis à rencontrer cette bénignité , celle unité de lésion , ^ans les dysenteries équatoriales. Je ne veux point entrer dans une longue discussion, mais pour rétablir les laits selon mon observation et celle de plusieurs de mes confrères , je Liai parler ici i\l. Calelie de la Martinique.

« Il est digne de remarque , que sur trente « dysentériques admis dans notre hôpital peu- <% danf le mois de janvier ( 18 >6), vingt trois ont « offert la complication de Y hépatite , dont dix- « sept ont été traités avec succès. Les hépatites “ tCguës sans complications , se sont terminées « par résolution. Les saignées générales et loea» les , réitérées selon les cas ; et vers la fin, quel- « quefois un sinapisme ou un vésicatoire sur l'hy- « poeondre droit , ont opéré la guérison de « telle maladie. INous réemployons ordinaire® «« ment ce moyen , que lorsque la fièvre a été « détruite par les émissions sanguines , et que « I inflammation du fuie est moindre (pie celle « produite par le vésicatoire. Le septième indiv vidu qui a succombé , était aussi atteint de la u gastro-colite , mais compliquée de péritonite. » De quel prix n'e^i point une pareille observa® lion , et. quel pmd^ ne doune-l -elle pas à l'opinion que j'ai depuis longtemps émise sur la complication lie/ j a tique de nos dysenteries de Cayenne î ici cinq autopsies sont venues confirmer cette importante remarque ; le malheur est grand ,

( èé )

mais quelle lumière pour l’avenir; quel argu ment en laveur du calomel appliqué au traitement de la dysenterie des pays chauds ! (i)

Ainsi donc , à trente lieues de la Guadeloupe

la dysenterie peut, je veux bien qu’il n’en soit pas toujours ainsi, s’accompagner de pareilles complications , tandis qu’à la Basse-Terre , cette maladie est simple comme en Europe ; bien que ce soit là le point des Antilles où la dysenterie soit le plus à redouter , bien que là , elle ait toujours frappé des coups plus terribles et plus nombreux qu’ailleurs (2)!

(1) Si j’avais eu à traiter les malades dont \ aile M. Catelîe, j’eusse employé tous les remèdes qu’il a mis en usage ; mais j'y aurais , dès le premier instant , ajouté le calomel à l’intérieur et l’onguent mercuriel en frictions sur l’hypocondre droit. Que nous nous somme# tous bien trouvés d’une pareille pratique à la Guiane.

(a) Faisons encore parler M. Cornuel, et nous commenterons ensuite ses propositions.

« Après ces affections, la dysenterie est la maladie qui s’est montrée lapins fréquente. Sa terminaison a été moins heureuse, sur iio/j dysentériques admis , 70 ont succombé ; il est vrai que nous n'avons pu faire entrer en compte, faute de renseignements précis, les convalescents que nous avons renvoyés en France et qui sont morts, soit pendant la traversée, soit dans les hôpitaux de Brest après leur arrivée; les documents que nous présentons ne sont donc point rigoureusement exacts. Mais ces résultats quelque peu avantageux qu’ils puissent paraître, sont pourtant beaucoup plus satisfaisants que ceux obtenus dans les années précédentes ( suit le tableau comparatif). U est possible ( et nous sommes porté à le croire) que l’usage des eaux de pluies, substitué pour les troupes à celui des eaux de rivière , ait été en partie la cause de cette amélioration. »

Ainsi donc, la mortalité de la dysenterie à été moins élevé en

Il esl donc prouvé que , non loin de la Guadeloupe et de même qu’à Cayenne, la dysenterie

qu’i n i 832, iS33, 1834. M. Cornuel sp-garde bien de s’attribuer ce succès et bien qu’il coïncide exactement avec son arrivée à la Guadeloupe il en fait tous les honneurs à l'eau de pluie substituée pour les troupes, à celle de rivière. Il esl vrai que ce pourrait être là une source de succès hygiéniques ^ mais alors la garnison aurait dû mieux se porter et fournir moins de malades. Malheureusement pour les conséquences qu’en tire M. Cornuel , il en est tout autrement , faisons parler le chiffre de ses dysentériques :

En iS3 j = i 1 1 1 ; en 1 833=io34; en 1 834 — *679; en 1 835 = 1 1 04 morts : ç)ü 1 5i 1 1 1 70

Puisqu’aujourd’hui , moins que jamais , on n’admet pas d’effet sans cause qu’on nous permette d’en chercher une un peu plus probable» quelle que soit la part qu’on nous fasse dans celle investigation.

Monsieur Cornuel passe à Cayenne, en mars ou avril 1 835 , alors que j etais en pleine croyance d’une méthode dont on connaît maintenant l’avantage. D’en faire part à mon honorable confrère, de l’engager à en tenter l’essai à la Guadeloupe fut un soin dont je m’acquittai d’une manière peut- être importune , tant l’humanité me criait de propager une chose précieuse, tant je désirais voir M. Cornuéî obtenir des succès dans le poste élevé ou ses talents l’ont appelé de bonne heure. Certes je ne fais pas l’injure grossière à un homme qui m’a précédé dans la carrière et quiy a obtenu d'honorables succès de lui avoir tracé son plan de conduite médicale ; mais je le demande en conscience au lecteur , ne suis-je pas autorisé à revendiquer en faveur de la méthode que j’ai adoptée, une fraction des résultats obtenus par M . Cornuel !

Qu’on le remarque encore, c’est dans l’année i835, que’notre confrère m’écrit qu’il a obtenu de grands avantages par le moyen indiqué. Il dit textuellement : lorsque la réaction n’existe plus sur le système circulatoire, votre traitement fait mèrveilhs, je vous remercié de mé ! avoir fait connaître.

Dans son compte rendu au Ministre, il convient que £4 tràitèrriériç

se complique fréquemment <!e gastrite et d’ hépatite* Voyons maintenant s’il n’y a de lésion 'vitale s de modification de la sensibilité, qti'alors que la maladie qui nous occupe, alïccle une marelle de long cours.

Je ne prétends pas dire absolument , que M. îe docteur Cornuel soutienne celte dernière thèse ; mais je tiens, moi , à prouver que sons la forme aiguë ÿ tout aussi bien que sous la chronique , la dysenterie dans une foule de» cas, présente une lésion vitale ou fonctionnelle plus redoutable que l'altération de libsu®

dont on a fait un fréquent usage, doit è re e.«s »% e dans 'a plupart d s dj ssenteries chroniques . Dans îe raj>j orl où je puise maintenant il s’exprime ainsi.

« Un seul ras de dysenterie aiguë a été morte! en 1 835 . îiesl rare en effet qu’au homme, ntieiiü pour la première fois de dysenterie, entre à limitai dans un état grave : presque toujours il e i sort guéri au bout de peu de temps , et par la médication la plus simple , c est» â-di.e par l'emploi îles èm dlients et des opiacés. »

Convenons qu'il e.'t douloureux de soir ain*'! dégénérer des ras de dysenteries, Lén gués à l état aigu , en une colite, qui, sous la lome de !a chronicité, ou si l’ont veut de rechutes nées de causes incessantes, mette en défaut les niêtlio les usitées aujourd’hui !

Pour dore une discussion dans laquelle la science et l’humanité sont seule* intéressées, disons, pu’squc îa dy«entei ie chruniqu. ou récidivée est la seule qui su t à redouter à la Ou ide'oupe , «• i que mon traitement, d'après M, Cornue! lui-même, convient dans cette o eurrence ( oi'j il a beaucoup été employé), que je suis en q -eî que so te sa fitiu: à le fa re entrer en ligne de coin, le dam les succès oh en s en 8 835. Qu’en outre, i! mérite d'être j lus ou moins adopté à la Guadeloupe, comme il l'est de, uis dix-huit mois, sans réserve et pei*t-ètre pour jamais, à la Guiaue française.

Nous pouvons , sans faire un Smp grand abus de analogie, considérer la fièvre dysentérique pernicieuse, connue une colite compliquée d'une îes on vitale, aulreinent dit nerveuse , car celle modification pathologique, nous ne saurions, nous, la considérer connue aussi immatérielle , que les slhaîiens. Or , quels sont les moyens ci y remédier y si ce n est avec la quininccilesopiacés , e! que sont ce s médicaments, s’ils résout essentiellement ttervinsl L’emploi efficace d’une paiedle médication , et I insuccès qu’auraient ici les sangsues, comme premier moyen , font, je l’espère, suffisamment saillir la lésion jonclionelle sur celle dite anatomique .

Poursuivons : Quand la dysenterie est épidémique , quand elle apparaît sous les conditions du typhus , n offre-t-elle pas un génie particu- J je? , qui rend plus insutlisaule cpie toute autre la méthode purement débilitante? Bientôt , lassés de celte derniere , ne voit -on pas les médecins appelés a comhatlre le fléau , essayer des purgai ifs H de l ’opium à fortes doses, c’est à-dire comme premier moyen , et , en général , obtenir parcelle dernère prescription des résultats plus favornlilesi Qu ont-ils ics en vue , si ce nVst «le modifier la vitalité intestinale, car on lie prétendrait pas, je pense . en faisant usage de pareils remèdes, agir 3 al lonneücmeut sur des tissus purement et simplement enflammes : Non , fa lésion fonctionelle

est le li ou hl e de 1 organisme , que le médecin

instruit et pénétrant s’attache à combattre. Celui qui attendrait le cadavre pour juger du caractère vrai et essentiel de la maladie , ne l’observerait , et ne la comprendrait qu a moitié. Dailleuis , le cadavre lui* même peut u offrir que des traces légères et insuffisantes pour expliquer la mort , ce qui arrive fréquemment en temps d’épidémie.

S’il n’y a pas identité d’altération vitale ou fonctionnelle entre la fièvre dysentérique perni¬

cieuse, la colite épidémique ou typhoïde et ceilaines nuances de la dysenterie équatoriale , il faut cependant convenir que dans cette derniere se présentent des éléments morbides au très que ceux qui se formulent sous l’aspect d’une intlaimna- ( ion pure et vierge de la fin de l iléon et du gi os Intestin. Ici le système nerveux, ici I appareil biliaire, exaltés tous deux par l’influence dffin climat brûlant et saturé d’électricité, viennent ajouter à l’inflammation de a muqueuse du gros intestin. En sus de Fintervention incontestable de

Ces système et appareil organiques figurent encore l’estomac et l’intestin grêle, sous des influences qui viennent augmenter cette espèce de solidarité qui existe entre eux et le colon, celte .sympathie devenue plusvive sous 1 .influence de modificateurs nouveaux et d’une énergie remarquable. De là, l’alliage fréquent de leur phlegmasie ou de leur état morbide fonctionnel avec le même mode d’altération siégeant dans la muqueuse dit gros intestin •

S’il en est; ainsi, el l’expériencè ne l’a du reste que trop démontré, par l’insuffisance de toute méthode absolue, on conviendra qu’on ne saurait, dans une foule de circonstances, se vouer aux sangsues comme seul et unique moyen. Faites de ces animaux la base de voire traitement quand vous avez affaire à une pure inflammation du colon, et vous réussirez la plupart du temps. Mais lors même que la phlegmasie du gros intestin se montre exemple de toute complication étrangère à cet organe, il peut arriver que cette plilegmasie soit, si Ton peut ainsi s’exprimer, saturée par l’élément nerveux, et que l’opium s’en montre le meilleur remède; cela ne s’est ii pas vu dans la dysenterie ipédique el typhoïde? Je dirai que sans avoir eu affaire à ees dernières nuancés de la coûte, nous avons à Cayenne, feu Victor Prus et moi, jugulé plus d’une dysenterie parce procédé thérapeutique.

Je crois qu’en voilà assez pour prouver que dans la dysenterie aiguë, ion l aussi bien que dans la chronique, Y élément nerveux ou vital, doit être pris en grande considération. J’avancerai même ici qu’on est mieux autorisé à tenir compte de cette circonstance dans l’état récent que dans celui de vieille date; attendu que dans le premier la mort, arrivant quelquefois en moins de deux à trois jours, ne laisse que de légères traces organiques; tandis que dans le second, l’altération dé tissu sé montre indélébile et paraît, dans la

plupart des cas, avoir amené l'extinction de la vie.

Nous en avons assez dit pour conclure qu'on ne saurai! traiter la dysenterie d'une manière uniforme eî banale; pour, en un mot, ramènera celle pensée que la lésion vitale ou nerveuse, ainsi que descomplieaîions d’un antre genre, plus ou moins éloignées du siège primitif du mal, commandent un éclectisme éclairé dans la direction de celte grave maladie.

S’il fallait opter entre les méthodes plus ou moirn usitées pour combattre la dysenterie, je répondrais ;

Qu’en Europe et en temps ordinaire, c’tst-à dire hors les épidémies qui naissent des accumulations d’hommes ou de certaines conditions de i’nimosplière, j'aurais recours à la méthode antiphlogistique.

Que dans les régions inter tropicales, au contraire, j’embrasserais la médecine évacuante et considérée comme plus ou moins empirique, attendu qu'une expérience on ne peut plus .soutenue et on ne peut plus générale, de la part des Anglais, a lait prévaloir de beaucoup les résultats de leur pratique sur ceux que nous obtenons nous-» mêmes.

En vain, nous voudrions leur contester le succès de leurs méthodes curatives, la statistique est là, dans les deux Indes, pour en démontrer J’exçelieuce* De loin, nous sommes dans une croyance

contraire, en dcborqrumt clans leurs possessions lointaines notre logique médicale et notre philantropie s alarment; mais bientôt, ramenés par les faits, nous adoptons comme eux le calomel et l’opium; deux médicaments que les désordres habituels du genre nerveux e î de Y appareil biliaire ne pouvaient manquer de mettre à i ordre du jour, de naturaliser dans ces contrées.

Voyez Victor’ Jacquemonl, cet intéressant voyageur, dont on ne peut lire la relation sans se passionner pour son aimable naturel, pour son nob.e c aractère; il a commence |>ar se récrier contre

la méthode médicale anglaise. U dit que là , dans 1 Inde, e est un usage universel que de s'empoisonner avec du mercure (r), comme faisait

(i) ï.e mercure , scion n-oi , est loin d’être un poison pour les Euiopeens (ta tempet tttticuf b lieu si jui sont habiter les dirn *1$ inier*= tro, iranx , os1, au contraire, pour eux une précieuse panare’e. Voie» ce que je trouve dans mon compte rendu pour Se second semestre «834

Le tempérament bilieux doit être considère' comme ainsi contraire à l'arc' iuiatempiil définitif | ays chauds, que celui qui s’approche de la pléthore sanguine s y montre reïract -i e «tans les premiers lemps, Kn effet, le tempérament bi ie. x n- fait «pie s’exaspérer sous un ciel sird ni ; tandis (|ue le sanguin , au contraire, après l elfervt s eut e et les commotion-- vioVntcs qu'il peut présenter au début , s’appauvrit sucer -rivement et tinit par s’éteindre. De là, le dan «>r que «ourent à leur arrivée sous 1rs no; iques les jeunes gens doues d’une ri< hc constitution sangu' ne; de là aussi ce'ui qui p us tard, menai e , d’une manière non moins redoutable , les sujets d'une idio yucrusic hépatique. Pour ce* derniers , le meilleur préservatif que je connaisse, est un

Louis XIV et toute la cour , avec tlç la casse et tlu jalap. Cependant , il nous apprend plus bas , que dans cet empiredelaitysenlerie , duclioléra , des maladies du l'oie, et des plus épouvantables fièvres qui soient au monde , les officiers anglais , qui passent la moitié du temps à boire les vins les plus spiritueux d'Espagne et de Portugal, ne

oielange de calomel et d’aloès , dont ils doivent faire usage toutes les fois que , selon f expression vulgaire, ils se sentent gênés par la bile. La tendance ictérique qu’ils présentent alors disparaît comme par enchantement, et le calme le plus parfait ne se fait pas attendre. Que de personnes à qui, par cette précaution, j’ai évité les maladies qu’elles faisaient chaque été; que de femmes chez qui j’ai instantanément dissipe une teinte trop bilieuse !

Ma pensée est que si Jaquemont eut , dans de sages limites , déféré à l’usage des Anglais dans l’Inde, de prendre, de temps à autre, un peu de calomel , la maladie du foie qui chez lui s’est développée à Pouna , alors qu’il fatiguait beaucoup , par des explorations sous un soleil de feu , et par des études opiniâtres, ne fût pas venu arrêter ce savant voyageur dans la brillante carrieic qui lui était resersec.

On ne saurait croire combien de préjugés régnent en médecine touchant l’hygiene de la zone torride, citons— en un.

Un médecin d’Europe dit au client qui s’en va habiter les tropiques :

« Gardez-vous bien de suivre le régime incendiaire des Colons; ces hommes se brûlent les entrailles et se calcinent le sang, d’où l’extinction prématurée de leur existence ». C’est là, il faut en convenir, un excellent précepte , si l’on parle des premiers temps du séjour ; c’est un conseil de mort et de suicide, si on l’applique à une époque plus reculée , alors que l’Européen s’est acclimaté. En elfet , la condition de son existence se retrouve désormais dans l’usage d’un vin généreux et d’aliments d’assez haut goût. Se refuser maintenant à la pratique locale , c’est tomber dans la débilité la plus profonde et l’hypocondrie; c’est souvent arriver à la mort par la voie la plus triste et la plus hideuse , quelquefois aussi la plus rapide.

succombent que dans la proportion d'un tiers sur cent. , .

Quelle conséquence en tirer , si ce n’esl qu,e ces aimables gentlemen qui , d’après notre trop regrettable Jacquemont, se croient les êtres les plus brillants de la création , doivent être fréquemment malades, et, presque toujours heureusement traités.

Il est vraiment digne de remarque , que dans les colonies en général , les français se portant mieux que les anglais , et que , cependant , iis y meurent en plus grand nombre (1). La cause, il ne faut pas aller loin la chercher; nos compatriotes enfreignent moins fréquemment et surtout moins grossièrement les lois de l’hygiène., que ne le comportent les habitudes anglaises ; mais, le traitement qu’on leur fait subir, trop essentiellement débilitant , et par trop méticuleux, quand il s'agit de moyens corroboratifs et évancuants, ne leur permet pas de guérir aussi souvent, ni aussi promptement que les anglais, dont la manière nous paraît à tort plus brutale qu’héroïque.

Nous voilà un peu loin de notre route, ce sera nous en rapprocher que de faire parler encore une fois notre malheureux Jacquemont.

« Me voici de nouveaux surnies jambes, ou plu- « lot sur mon fauteuil , après avoirété cinq jours « dans mon lit, très fort entre le ziste et le zeste ,

(0 Jetez un coup d’œil sur la statistique de l’hôpital de Démérary, page \ i .

i< d’une attaque violente et soudaine de dyscnte- « rie , vernie eomme un coup de pistolet et partie « de meme, hier , à la suite d'une terrible qunn- «« lité de hlue pells , calomel, rhubarbe, opium, «c magnésie, crème de tartre, huile de ricin, « ipeeacuauha , etc., etc., et d’un lavement de «c nomme arabique, qui me paraît avoir tranche' u la question. » >

Jiicqucinont , on le voit bien, ne suit pas Tordre thérapeutique en énumérant les ingrédients par lesquels il a été traitée On a commencé par Tîpéca à dose vomitive , puis , il a pris l'huile de ricin, et ensuite des pilules d ipéca , de calomel et d'opium , auxquels médicaments uni succède la crème de tartre ; la magnésie A et

One ressort-il de cet observation? que Jacquemont était sous le coup d'une dysenterie très grave , qui a promptement été jugulée par des moyens dont il redoutait Tin fluence h son arrivée , et que plus tard, sans doute convaincu par ce qu’il avait vu , il n a pas fait difficulté d’accepter. Pensc-l-on maintenais! que par la méthode auti phlogislique ou eût obtenu un résultat plus brillant et pins prompt ; qu’elle eut , comme ici , dispensé d une convalescence â marche Sente et ermie , à recSiutes imminentes, lais, il faut en finir, car , aller au-delà , sans suivre une ligne plus droite que celle que je me suis tracée; serait fatiguer el peuUêlreaussi égarer

ie lecteur, Arrivonsdonc à quelques propositions qui, résument en pende mots notre opinion, et qui, par la suite , développées d’une manière rég ulière et didactique , formeront le cadre d un mémoire plus complet, peut-être d’un traité ex-professo.

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