‹ Documents relatifs à la méthode éclectique employée contre la dysenterieChapitre 4 sur 11 · DOC U MENS · texte numérisé non relu

DOC U MENS

EXTRAIT

d’un RAPPORT SUR LES MALADIES DF, CAYENNE (l).

( 3e trimestre , 1 833 ).

Tout n’ëtait pas caprice et futilité clans les divisions scholastiques établies par les anciens au sujet de certaines maladies, c’est ainsi que dans la dysenterie nous nous croyons obligés de reconnaître des formes sanguine , séreuse , bilieuse , etc. Quels que soient les succès du traitement antiphlogistique , force nous est de reconnaître son insuffisance contre les formes de dysenterie que, dans le pays , on appelle flux bilieux. Au début de notre pratique , nous ne faisions attention aux déjections que pour en apprécier le nom* breet l’abondance , faisant peu de cas de leur nature spéciale ; cependant en recherchant les particularités qui * dans certaines circonstances , s’opposent au succès, nous nous aperçûmes que,

i ) Journal hebdomadaire , ipr vol. i83/>.

lorsque les déjections alvines étaient entièrement bilieuses , nos moyens ordinaires restaient prèsque toujours impuissants, et nous en vînmes à faire des vœux pour que la matière medicale trouvât des moyens propres à diminuer telle ou telle sécrétion, comme elle en possède pour les activer, jNle voir dans ce débordement de bile corrosive qu’un appel fait an foie par le colon enflammé, c’est encore méconnaître ce que nous appelons le génie des maladies; dire qu’il y a alors hépatocolile , ne nous satisfait pas entièrement (i). Cette opinion nous la basons sur certains succès avérés de l’empirisme. En effet , beaucoup de capitaines ayant fait la traite, nous jurent sur l’honneur avoir arrêté des épidémies entières de flux bilieux , par l’administration d’un mélange d’huile d’olive et de sel de Giauber. Les résultats mieux connus qu’on retire de l’ipéeacuanha administré à la Brésilienne est un fait analogue qui milite encore en faveur de cette observation.

Cependant , malgré la conviction que nous avons acquise aujourd’hui de l’insuffisance des sangsues placées à l’hypoeondre droit, en ceinture et à l’anus, des vésicatoires multipliés, de l’opium extrêmement dilué , soit qu’on donne la

(i) Je me suis depuis lors sensiblement rapproche de celte manière de voir ; dans la suite de ce me'moire ou s’apercevra d’autres conversions encore. — « L'homme absurde est celui qui ne change jamais, » (Barthélemy).

préférence à l'extrait gommeux ou à la morphine, des pommades opiacées , des lavements mucilagineux , anodins et amylacés , des boissons prises chaudes , des fomentations émolientes , etc. ; nous n’osons pas nous fiera d’autres agents thérapeutiques , tant nous sommes esclaves des prin¬

cipes de la médecine rationnelle (1) !

JNous terminerons ce que nous avions à dire de la dysenterie bilieuse en mentionnant que la saigné générale, faite dans le but de diminuer la

fonction sécrétoire du foie et de combattre la phlegmasie de cet organe, s’il faut en admettre la coïncidence avec celle du colon , n’a eu pour résultat que de hâter l’affaiblissement des malades • les sangsues couvrant les régions qu’occupe l’énorme glande abdominale, les vésicatoires appliqués aux lombes et à l’hypocondre droit , n’ont amené aucun changement favorable dans la situation des sujets.

Quant aux autres formes de l’inflammation du colon , nous en triomphons d’une manière remarquable. Nous reviendrons sur ce sujet.

(i) Nous verrons, dans un prochain article, que, depuis celle époque, M. Ségond s’est considérablement enhardi dans la voie de l’empirisme.

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