UI
Valeur des spiritueux importés de diverses provenances.
ANNÉE
Allemagne.
Hollande.
Note. — Il n'y a pas en d'importations de spiritaenx de traite en 18M.
The Native Races andLiquor Traffic Vmted Commutée to Colonial Office.
March 14, 1896.
To the Right Honourable Joseph Chamberlain, M. P., Her Majesty's Secretary of State for the Colonies.
The Humble Mémorial of the Président and Members of the Native Races and Liquor Traffic United Committee.
We désire to approach you with référence to the pressing need of more stringent measures being adopted for the prohibition or restriction of the liquor traffic on the West Coast of Africa. Whilst strongly in favour of total prohibition as being the best and wisest course in the interests of the natives of Africa, we are not unaware of the difficulties at présent lying in the way of législation so essential, we humbly submit, for the highest welfare of the people as well as for the permanent establishment of legitimate trade, which the importation of spirituous liquors tends to destroy. In thèse days of keen compétition and dépression of trade new markets are being eagerly sought, whereas those which hâve been opened to us for clolh and cotton and ail useful articles of civilization are too often being closed where the liquor traffic has pénétra ted. Wherever this state of things exists our British industries are being kept out of our Colonies and Protectorates by foreign manufactures, t. e., the foreign spirils made in Germany, Holland, the United States of America, etc. We would, therefore, strongly urge the imposition of a much higher duty in the interests of commerce as well as on moral grounds.
We venture to urge this opinion more strongly in view of the opening up of the varions countries by railways which will undoubtedly prove an inestimable boon in most respects to the natives, but which will at the same time provide increased facilities for the conveyance and supply of spirituous liquors.
We would call your attention to the variety of duties imposed in thèse Colonies, which appear to us anormalous and without any appa-
Le Comité' Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux au Colonial Office.
14 mars 1896.
A M. Joseph Chamberlain, membre du Parlement, Secrétaire d'État de Sa Majesté pour les Colonies.
Mémoire du Président et des Membres du Comité-Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux.
Nous désirons appeler votre attention sur la nécessité d'adopter sans retard des mesures plus sévères en vue de la prohibition ou de la restriction du trafic des spiritueux à la côte occidentale d'Afrique. Tout en inclinant fortement vers la prohibition complète comme étant la voie la meilleure et la plus sage à suivre dans l'intérêt des indigènes de l'Afrique, nous n'ignorons pas les difficultés que rencontrerait actuellement une mesure dont l'adoption est, à notre humble avis, essentielle, tant au point de vue des intérêts les plus élevés des populations que de l'établissement permanent d'un commerce légitime, que l'importation des spiritueux tend à détruire. En ces temps d'âpre concurrence et de dépression du trafic, alors que de nouveaux débouchés sont ardemment recherchés, ceux qui nous ont été ouverts pour les tissus, les cotons et autres articles utiles, sont trop souvent fermés dans les régions où le trafic des spiritueux a pénétré. Partout où cet état de choses existe, les industries anglaises sont exclues de nos colonies et protectorats, au profit des produits étrangers, c'est-à-dire des spiritueux fabriqués en Allemagne, en Hollande, aux États-Unis d'Amérique, etc. Nous croyons donc devoir recommander instamment une augmentatioh notable des droits, tant dans l'intérêt du commerce que dans celui de l'humanité.
Nous nous permettons d'insister d'autant plus vivement sur cette manière de voir que l'ouverture des différentes régions par l'établissement de chemins de fer, tout en assurant aux naturels des avantages inestimables à beaucoup d'égards, leur procurera en même temps de plus grandes facilités pour s'approvisionner de spiritueux.
Nous voudrions appeler votre attention sur la diversité des droits existants dans ces colonies ; elle nous semble anormale et sans
rent justification. The minimum duty imposed under the Brussels Act is 6 ^/^ d. per gallon, but in the various Crown Colonies and Protectorates on the West Coast this sum has been increased to sums varying from Is. to 3^. per gallon. In Great Britaih, it should be remembered, the duty is 10^. 6d. per gallon.
. We believe, and in this opinion we are sup- .portcd by experts, that even the highest of thèse dulies is inadéquate to restrict the traffic materially. We would, therefore, strongly urge that there should be a conslantly increasing duty, commencing at not less than is. per gallon and that the duty should be uniform in ail the Crown Colonies and Protectorates of the West Coast.
We désire respectfully to call your attention to a resolution which was passed at the 17th. Congress of the International Law Association held at Brussels in October, 1895, under the Presidency of Her Majesty's Attorney - General , Sir Richard Webster , Baron Lambermont, the Président of the Brussels Conférence, 1890-91, being présent : —
(c That this Conférence is of opinion that the supply of alcoholic liquors to the natives of Africa, as at présent carried on, is pernicious and calls for : Immédiate and effective restriction by entire prohibition, where possible, and elsewhere by the imposition of higher duties and licences. It therefore earnestly appeals to the several European Powers having possessions in Africa to take such individual and conjoint action as will secure enforcement and adéquate extension of the principle established in the Brussels General Act of 1890-91.»
For the more complète and effectuai carrying out of the Committee's objects we are aware that the co-operation of other powers having possessions in Africa, notably France and Germany, portions of whose territories intersect the Brilish territories, is désirable, and we therefore venture to impress the importance of joint action with those countries, having possessions in Africa, for the imposition of the higher duty recommended. We would point out that of the 17 Powers represented at the Brussels Conférence only seven bave possessions in Africa.
aucune justification apparente. Le droit miîiimumimposé en vertu de TActede Bruxelles est de 6 Vs P* P^f gallon, mais dans les différentes colonies de la Couronne et les protectorats de la côte occidentale, ce droit a été accru jusqu'à un taux variant de 1 sb. à 3 sh. le gallon. En Angleterre — il est bon de le rappeler — le droit est de 10 sb. 6 p. par gallon.
Nous croyons, et nous sommes confirmés dans cette opinion par des expeils, que même le plus élevé de ces droits est insuffisant pour restreindre effectivement le trafic. Aussi insistons nous pour qu*on établisse une taxe sans cesse croissante, partant d'un taux qui ne serait pas inférieur à 4 sh. par gallon, et que ce droit soit uniforme dans toutes les colonies de la Couronne et tous les protectorats de la côte occidentale.
Nous croyons aussi devoir vous signaler la résolution suivante, qui a été adoptée au dixseptième Congrès de l'Institut de droit international, tenu à Bruxelles en octobre 1895, sous la présidence de TAttorney général de Sa Majesté, Sir Richard Webster, et en présenc lî du Baron Lambermont, président de la Conférence de Bruxelles de 1890-1891 :
a La Conférence est d'avis que la livraison de boissons alcooliques aux naturels de l'Afrique, telle qu'elle a lieu actuellement, est pernicieuse et exige une restriction immédiate et effective par une prohibition complète, là où la chose est possible, et ailleurs par l'établissement de taxes et de droits de licence plus élevés. Elle adresse en conséquence un sérieux appel aux différentes Puissances européennes possessionnées en Afrique, pour qu'elles agissent individuellement et en commun, de manière à obtenir l'application et l'extension la plus complète possible du principe établi dans l'Acte général de Bruxelles de 1890-1891. »
Pour réaliser plus complètement et plus efficacement les idées du Comité, nous savons que la coopération d'autres Puissances ayant des possessions en Afrique, et notamment de la France et de l'Allemagne, dont les territoires coupent par endroits les territoires anglais, est désirable, et c'est pour ce motif que nous nous permettons d'insister sur l'importance d'une action commune avec les pays ayant des possessions en Afrique, en vue d'arriver à l'établissement du droit plus élevé que nous recommandons. Nous tenons à faire observer que des dix- sept Puissances représentées à la Conférence de Bruxelles, sept seulement sont possessionnées en Afrique.
Should ail efforts to obtain sucb co-operation prove unsuccessfui, a resuit wbicb we are far from anticipating, we would respectfuUy ask Her Hajesty's Govemment to take the initiative in tbe Britisb Crown Colonies and Proteclorates, and not to wait tiil tbe otber Powers are willîng to take similar action. Tbere is no reason to believe that the différence in tbe already oxisting duties, as between England and other Powers, has led to in- Greased smuggling into our territories.
We would remind you that in some cases, as shown by meetings, principally of natives, recently held in Lagos and Abeokuta, the appeal for prohibition and restriction cornes to Ihis country with pathetic éloquence from the natives tbemselves.
Actuated by an earnest désire botb for tbe welfare of the African race, and the extension of Britisb commerce, we bave no hésitation in approaching one who has shown so deep an interest in ail that concerns the well-being of Africa.
And your memorialists will ever pray, Signed on bebalf of the Committee, Westminster, Président.
Clarenge a. Roberts, Vice-Chainnan ofthe Executive Committee.
J. Grant Mills, Hon. Secretary.
Native Races and the Liquor Traffic United CA)mmittee to llolonidl Office.
Westminster, S. W., March 26, 1896.
Sir,
I bave the bonour, on bebalf of the Native Races and Liquor Traffic United Committee, to forward to you a copy of a statement just issued by them, in reply to a report of the Committee ofthe African Trade Section ofthe Liverpool Chamber of Commerce on trade in spirits with West Africa.
I am, etc.
(Rev.) J. Grant Mills, Honorary Secretary.
Si tous les efforts pour aboutir à cette coopération demeuraient infructueux, résultat que nous sommes loin de prévoir, nous demanderions respectueusement au Gouvernement de Sa Majesté de prendre l'initiative dans les colonies de la Couronne et les protectorats anglais, et de ne pas attendre jusqu'à ce que les autres Puissances soient disposées à adopter une semblable ligne de conduite. Il n'y a pas de raison de croire que la différence dans les droits actuellement existants, comme c'est le cas entre l'Angleterre et d'autres Puissances, ait eu pour conséquence un accroissement de la contrebande dans nos territoires.
Il ne faut pas oublier que dans certains cas, ainsi que l'attestent des réunions composées principalement d'indigènes et tenues récemment à Lagos et Abéokouta, l'appel à la prohibition et à la restriction nous est adressé avec une éloquence pathétique de la part des naturels eux-mêmes.
Désirant sincèrement le bien-être de la race africaine en même temps que l'extension du commerce britannique, nous n'hésitons pas à nous adresser au Ministre qui a témoigné d'un si profond intérêt pour tout ce qui concerne le bien de l'Afrique.
Les soussignés vous prient d'agréer, etc. Pour le Comité :
Westminster,
Président.
Clarenge A. Roberts,
Vice-Président du Comité exéctUif.
J. Grant Mills,
Secrétaire hon.
Le Comité- Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux au Colonial Office.
Westminster, S. W., 26 mars 1896.
Monsieur,
J'ai l'honneur, au nom du Comité-Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux, de vous transmettre le texte d'un exposé qui vient d'être publié par ce Comité, en réponse à un rapport du Comité de la Section commerciale africaine de la Chambre de commerce de Liverpool sur le commerce des spiritueux avec l'Afrique occidentale.
Je suis, etc.
(Rev.) J. Grant Mills,
Secrétaire honoraire.
EffCLOSURE.
Annexe.
StatemetH by the Native Races and Liqnor Traffie United ijommUtee in reply to a Rqwrt of the Cammitlee ofthe African Trade Section of the Liverpool Chamber of Commerce on Trade in Spirits with WeM Africa.
We, the Président and Members of ihe Native Races and Liquor TrafBc United Committee hâve the honour to submit a statement in reply to ihe Report of the Committee of the African Trade Section ofthe l-.iverpool Chamber of Commerce, endorsed by the Chamber, October 31st, 189S.
The Committee would be greatly rejoiced if they could unreservedly accept the very favourable view taken by the Chamber ofthe liquor trafiic on the West Coast of Africa. Wilhout wishing to discrédit the statement of officiai and other witnesses who hâve reported favourabiy as to the sobriety ofthe natives in places known to and visited by them, the Committee cannot admit that such statements invalidate the testimony of others, whose opportunities of obtaining information, and whose opinion formed on the spot, appear to the Committee to be of equal authority.
The Committee do not considcr that a comparison can be drawn between the quantity of liquor supplied to West Africa and that consumed in England. In view of the liquor traffic in Africa affecting some portions ofthe country much more than other portions, of the effect ofthe very inferior and mischievous quality ofthe spirits imported there, as described by natives themselves, ofthe différence in climate, in the physique ofthe natives and their moral weakness and incapacity to resist temptation, no real comparison can be drawn between the two countries.
The Committee beg leave to submit counter-statements as to the results and effects of the liquor traffic on the West Coast of Africa.
Lagos.
A former Governor of Lagos, Sir Alfred Moloney, K. C. H. G., stated (vide Elue Book, C. S363, November 1888), « This uncontrolled
Exposé présenté par le Comité- Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux en réponse à un rapport du Comité de la Section commerciale africaine de la Chambre de commerce de Liverpool sur le trafic des spiritueux avec l'Afrique occidentale.
Nous, Président et Membres du Comité-Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux, avons rhonneur de présenter Texposé suivant en réponse au rapport du Comité de la Section commerciale africaine de la Chambre de commerce de Liverpool, approuvé par la Chambre le 31 octobre 189».
Le Comité s'estimerait fort heureux de pouvoir accepter sans réserve les vues optimistes de la Chambre en ce qui concerne le trafic des spiritueux à la côte occidentale d'Afrique. Sans vouloir contester la valeur des témoins officiels et autres qui ont parlé avec éloge de la sobriété des naturels dans des endroits qu'ils connaissent et qu'ils ont visités, le Comité ne peut admettre que de pareilles assertions infirment le témoignage d'autres personnes, qui ont eu, elles aussi, l'occasion de se procurer des informations et dont l'opinion, formée sur les lieux, semble avoir le même poids à ses yeux.
Le Comité n'admet pas qu'on puisse faire une comparaison entre la quantité d'alcool fournie à l'Afrique occidentale et celle consommée en Angleterre. Si l'on considère que le trafic des spiritueux en Afrique affecte certaines parties du pays bien plus que d'autres, si l'on songe aux effets que produisent, suivant les dires des naturels eux-mêmes, les alcools de mauvaise qualité importés là-bas, si l'on tient compte de la différence du climat et du tempérament des indigènes, ainsi que de leur faiblesse morale et de leur impuissance à résiter à la tentation, aucune comparaison n'est possible entre les deux contrées.
Le Comité demande à pouvoir soumettre un contre-exposé concernant les résultats et les effets du trafic des spiritueux à la côte occidentale d'Afrique.
Lagos.
Un ancien gouverneur de Lagos, Sir Alfred Moloney, K. C. M. G., affirme (voir Blue Book, C. 5363, novembre 1888) que : « Ce
sale has, it îs too visible, a very degrading and degenerate effpct on the aborigènes ».
At a large meeting held in the Glover Mémorial Hall, Lagos, on the ISth Âugust 1895, the chairman, Hr. J. S. Legh, Barrister-at- Law, stated that : —
« The object of the meeting was to enter a vigorous protest against the drink traffic, which ^as ruining Africa. He referred to the enormous trade in spirits carried on at Ebute Metta on market days when the people flocked in from the surrounding countries, and which he had witoessed personnallyduringa sojourn in the place. He had become so much impressed with the prodigiousness of the trade, that he was induced to ask a local spirit dealer what was the average quantity of spirits daily sold, and was informed that if properly supplied, he (the spirit dealer) could dispose of five hundred cases of gin in a morning before noon on market days. d
The Rev. James Johnson, a native pastor of Lagos, at the same meeting quoted the language of a native Mahommedan trader who stated in reply to a question from the speaker on a market day : —
(( They (the people) désire nothing else; to refuse to sell it is to do no business. They do not care for cloths ; their canoës and caravans from the interior returning home take back with them chiefly gin and rum for which they hâve exchauged their produce. »
Mr. John P. Jackson said it was a signifia cant fact that of the 100,000/. or more worth of spirits imported annually into the Colony, the whole quantity was sold, and that while cotton and other goods remained in stock for many years, it was not probable that a case of gin or demijohn of rum could be found which was imported two years back. He stated that in the Popo country drinking spirits had become habituai with the whole population.
Mr. Samuel, who spoke in Yoruba, said that the statements aiready made of the evil effects of the gin traffic were overwhelmingly convincing. He related his expérience of the pernicious effects of the traffic as observed in the Oyo district of the interior.
commerce sans contrôle produit, — d'une manière trop frappante pour le nier, — la dégradation et la dégénérescence chez les aborigènes. i>
A une assemblée nombreuse tenue au Glover Mémorial Hall, à Lagos, le 15 août 1895, le président, M. J. S. Legh, avocat, déclara que :
« Le but de la réunion était d'émettre une vigoureuse protestation contre le trafic des boissons, qui ruinait TAfriquo. H parla de rénorme commerce de spiritueux auquel on se livrait à Ebute Metta les jours de marché, lorsque les populations affluaient des régions environnantes, ainsi qu'il Tavait constaté luimême durant son séjour en cet endroit. l\ avait été à tel point impressionné par l'intensité du trafic, qu'il fut amené à demander à un débitant de spiritueux de la localité quelle était la quantité moyenne d'alcools vendue journellement ; ce dernier lui apprit qu'il pouvait, si ses approvisionnements étaient suffisants, écouler cinq cents caisses d'eaude-vie en une matinée les jours de marché. »
Le Hev. James Johnson, pasteur indigène de Lagos, à la même réunion, cita les paroles d'un commerçant indigène musulman, en réponse à une question qu'il lui posait un jour de marché : —
(( Les naturels ne veulent rien d'autre; refuser de leur vendre des spiritueux, c'est refuser de faire des affaires. Ils ne se soucient pas des vêtements; leurs canots et leurs caravanes de l'intérieur emportent au retour principalement de l'eau-de-vie et du rhum, boissons contre lesquelles ils ont échangé leurs propres produits. »
M. John P. Jackson dit que c'était un fait significatif que de voir la quantité de spiritueux importés annuellement dans la colonie pour une valeur de 100,000 £ ou plus, entièrement vendue et, tandis que le coton et les autres marchandises restaient en magasin pendant bien des années, il n*était guère probable qu'une caisse de gin ou une dame-jeanne de rhum pût être retrouvée deux ans après la date de l'importation. U affirma que dans le pays des Popos, l'usage des boissons alcooliques s'était répandu parmi la population entière.
M. Samuel, qui parla en Yorouba, soutint que les rapports déjà faits concernant les effets pernicieux du trafic de l'eau-de-vie étaient de nature à donner la conviction la plus absolue à cet égard. Il en fit connaître les conséquences désastreuses, telles qu'il les avait constatées lui-même dans l'Oyo, district de l'intérieur.
Cbief Taiwo said that ihe aboriginal élément were fully conscious of tbe evils resulting from the iraiSSc, and were really alarmed and horror-stricken. The Rev. Mr. Johnson, in alluding to one of thc eifects of the drink traflic, had said that not more than twenty men of his (Chief Taiwo's) âge could be found in (be Colony. Mr. Johnson had overstated tbe number. There were only three of his contemporaries now living. Hc had formerly engaged in the traffic, but seeing the evils resulting from it had abandoned it. That thc matter lay now in the hands of the rising génération, his earthly work being near(y ended, but it was a great evil and one and ail should unité in checking a trade which was spoiling the country. — « LagosWeckly Record. »
The comments of ihe « Lagos Weekiy Record » upon the above meeting are as follows : —
tt There can be no doubt that native opinion is unanimous in its condemnation of tbe pernicious trade which is so much en évidence in Africa, and the enthusiastic acclaim with which the resolutions for its suppression were carried on Thursday tcstifies to tbe attitude of public sentiment in the matter. Of course, it is only lefl to us to utter a protest; but that protest as on Thursday will aiways be loud and strong, as expressive of a deep and thorougb conviction in the matter. »
SiERnA Leo.nr.
The Bishop of Sierra Leone introduced a deputation to this Committee in June, 1894, and spoke strongly in favour of tbe prohibition of the liquor traffic.
At a meeting held in the Wilberforce Hall, in 1887, Mr. W. C. Betts, one of the principal liquor traders in Sierra Leone, in moving a resolution condemning the traflSc, said : —
« I am myself a large dealer in spirituous liquors; I bave on the road now thousands of gallons of rum, and several thousands of demijohns of gin, bound for tbe Northern River Countries, where I carry on the greater part of my business. The liquor traffic destroys body and soûl together; such slaves bave they become to the white man^s rum and gin. Rum and gin are their incessant
Le chef Taiwo déclara que Télément abori^ gène se rendait parfaitement compte dés maiit résultant du trafic des spiritueux et en était réellement alarmé et frappé d'horreur; que le Rév. M. Johnson, en faisant allusion à l'un des effets de ce commerce, avait dit qu'on ne pouvait trouver dans la colonie plus de vingt hommes de son âge, mais qu'il en avait exagéré le nombre, car il n'y avait plus que trois de ses contemporains encore en vie. Lui-même s'était précédemment engagé dans le trafic, mais voyant les maux qui en résultaient, il l'avait abandonné. C'était maintenant à la nouvelle génération à s'occuper de cette question, car sa mission ici-bas était presque terminée; mais c'était un grand mal et tous devaient s'unir pour enrayer un trafic qui ruinait le pays. — «Journal hebdomadaire de Lagos. »
Voici les commentaires du « Journal hebdomadaire de Lagos » sur la réunion précitée :
c( Il ne peut y avoir de doute que l'opinion des naturels ne soit unanime à condamner le pernicieux commerce qui exerce une action si prépondérante en Afrique, et l'approbation enthousiaste avec laquelle les résolutions en faveur de sa suppression ont été adoptées mardi, témoigne du sentiment public en cette matière. Évidemment, notre rôle doit se borner à émettre une protestation: mais une protestation comme celle de mardi aura toujours un grand retentissement comme étant l'exprès* sion d'une profonde et entière conviction. »
Sierra-Leone.
L'évéque de Sierra-Leone, présentant une deputation à notre Comité en juin 1894, se prononça énergiquement en faveur de la prohibition du trafic des spiritueux.
A une assemblée tenue dans la salle Wilber*^ force, en 1887, M. W. C. Betts, l'un des principauxnégociants enspiritueux à Sierra-Leone, proposa une résolution condamnant le trafic, et s'exprima en ces termes :
a Je suis moi-même grand négociant en spiritueux ; j'ai actuellement en cours de route des milliers de gallons de rhum, et quelques milliers de dames-jeannes d'eau-devie, destinés aux contrées des « North River a, centre principal de mon commerce. Le trafic des spiritueux ruine à la fois le corps et l'esprit, à tel point que les naturels sont devenus les esclaves du rhum et de l'eau-de-vie des
demand and cry. The traflSc bas so debased them thàt everywhere they neglect their own comfort. »
Abeokuta.
An equally enthusiastic meeting in support of Ihe same object was held in the interior, at Abeokuta, on the 3rd of September 1895. Resolutions were carried condemning the traffic.
The first resolution was as follows : — « That tbis meeting, recognising that the traffic in spirits, t.e., gin, rum, and olher poisonous liquor, introduced into Western Equatorial Africa, as elsewhere in Africa, is working immense harm, physically, morally, and spiritual ly, amongst every section of its communities, and further recognising that the time bas corne when a décisive blow should be dealt against the traffic, pledges itself to support evei7 effort that may be made in Africa or Europe to suppress it. »
Whilst the following is a copy of the second resolution : —
« That this meeting having heard of the rapid strides which are being made in the traffic in spirits, and of the great and alarming eviis which are being wrought amongst men, women, and children, in the interior district of the Yoruba country, calls upon every true-hearted African trader to abandon a trade so destructive of the best interests of bis country, and thus set an example ofdevo* tion and zeal which shail be at once a pledge of earnestness, of courage, and of détermination, and an appeal to Christendom which cannot be ignored. »
The Chairman read to the meeting thefollowingletter, written in their own names and on behalf of ail the Egba authorities of Abeokuta, by the two Chiefs whose signatures are attached to it : —
« Olorogun House, Abeokuta, September 2, 1898.
» To Rev. J. B. Wood and ail Minisiers and Christians in Abeokuta.
» AU the Egba Chiefs sainte you very much, and they thank those kind friends in Lagos who convened a public meeting, and
blancs. Ces boissons sont l'objet de leur part d'une demande incessante , et Tusage qu'ils en font les a tellement avilis que partout ils négligent leur propre bien-être. »
ÂBÉOKOUTA.
Une réunion, tout aussi enthousiaste que celle de Lagos, eut lieu dans Tintérieur, à Abéokouta, le 3 septembre 189S. Des résolutions furent adoptées condamnant le trafic.
La première élait conçue en ces termes : « L'assemblée, reconnaissant que le trafic des spiritueux, c'est-à-dire de l'eau-de-vie, du rhum et des autres boissons nocives, introduit en Afrique, et notamment dans l'Afrique équatoriale de l'ouest, produit des effets désastreux au point de vue physique, moral et intellectuel, dans chaque groupe et communauté qui y sont établis, et qu'il est temps de porter un coup décisif au trafic dont il s^agit, s'engage à appuyer tout effort qui pourrait être fait en Afrique ou en Europe pour le supprimer. »
Voici le texte de la seconde résolution :
« L'assemblée ayant appris le développement rapide qu'a pris le trafic des spiritueux, et les maux considérables et alarmants qu'il a provoqués chez les hommes, les femmes et les enfants dans le district intérieur du pays de Yorouba, en appelle à tout trafiquant africain de cœur pour qu'il abandonne un commerce aussi destructif des intérêts les plus respectables de son pays, et donne ainsi un exemple de dévouement et de zèle qui sera à la fois un gage de sincérité, de courage, de détermination, et un appel au christianisme qui ne pourra rester ignoré ».
Le président lut à l'assemblée la lettre suivante, écrite en leur propre nom et au nom de toutes les autorités Ëgbas d'Abéokouta, par les deux chefs qui y ont apposé leurs signatures :
ce Olorogoun House, Abéokouta, 2 septembre 1895.
» Au Rév. J.'B. Wood et à tous les ministres et chrétiens à Abéokouta.
» Tous les chefs Egbas vous saluent très cordialement et remercient leurs bons amis de Lagos qui ont convoqué une assemblée
thoste in other places, who are working for the entire destruction of the traflîc in gin, rum, and other poisonous liquors in ail our West African countrics. Tlie Egba Chiefs rejoice much, are very pleased on account of the détermination arrived at, wliich will be the saving of ail our people, and they pray heartily that God will bc with you and roake you successful in suppressing the trafllic. The Egba Chiefs do not think it désirable to afiix tbeir signatures to the Nemorial, but they are in entire accord with it. They, therefore, request that their names and marks which were attached to the Mémorial may be moved front it. The Egba Chiefs cordially assent to what is being done.
» We are yours,
)) AU the authorities of Âbeokuta,
» By authority of the Egba Government,
» (s.) Shorunke, Jaguna,
Ogundeyi, Mogaji. »
The third resolution was in thèse terms : —
« That this meeting bas heard from the letter received from the ruling Chiefs of Abeokuta with great interest and deep thankfulness that the views of thèse Chiefs, regarding the desirableness of putting a stop to the sale of rum and gin in this country, are in such close accord with its own views, that it is thereby encouraged to go forward in the use of such suitable means as circumstances call for, with the object of affording to the commu- 9ity at large the opportunity to express its views as to the necessity for steps being taken to bring to an end within Egba territory, the tratfic in thèse articles. »
The United Committee hâve received two important memorials from Abeokuta, one from the Native Church Council, and the other from the Young Men's Christian Association. The former mémorial concludes with thèse words : —
a From what 1 know of the feelings of the people hère— not of the Christians only, but of those of the Chiefs and people generally— I bave no hésitation in saying that they are so well aware of the disastrous conséquences of rum and gin drinking, that they would be delighted to hear that your Committee had been completely successful in the work they had set themselves to do. »
Whiist in the latterwe read : —
ce We do confess that England bas done
publique, ainsi que tous ceux qui travaillent à l'entière destruction du trafic de l'eau-de-vie, du rhum et des autres liqueurs nocives dans nos contrées de l'Afrique occidentale. Lés chefs Egbas accueillent avec beaucoup de satisfaction une détermination qui aura pour leur peuple le caractère d'une mesure de salut; ils prient du fond du cœur pour que Dieu soit avec vous et vous fasse réussir dans la suppression de ce trafic. Les chefs Egbas ne désirent pas apposer leurs signatures au bas du mémoire, mais ils sont en parfait accord avec celui-ci. Ils demandent, par conséquent, que leurs noms et sceaux en soienteffacés. Les chefs Egbas donnent leur assentiment le plus cordial h ce qui est fait.
» Nous sommes tout ù vous,
» Toutes les autorités d'Abéokouta, » Par ordre du Gouvernement Egba, » {s.) Shorounké, Jagouna, Ogoundeyi, Mogaji. »
La troisième résolution était rédigée de la manière suivante :
(c L'assemblée a appris par la lettre des chefs souverains d'Abéokouta, qu'elle a reçue avec un grand intérêt et une profonde gratitude, que les vues de ces chefs, concernant l'opportunité de mettre un terme à la vente du rhum et du genièvre dans ce. pays, sont en accord parfait avec les siennes propres. Elle y trouve un encouragement à poursuivre l'emploi de tels moyens que les circonstances pourront exiger, en vue de permettre à la communauté de donner toute publicité à ses sentiments, quant à la nécessité des mesures à prendre pour mettre fin sur le territoire Egba au trafic de ces articles. »
Le Comité-Uni a reçu deux mémoires importants d'Abéokouta, l'un émanant du Conseil de l'Église indigène, et Fautre de l'Association chrétienne des jeunes gens. Le premier mémoire conclut en ces termes :
« D'après ce que je sais des sentiments des gens d'ici — non seulement des chrétiens, mais des chefs et du peuple en générai — je n'hésite pas à dire qu'ils connaissent si bien les conséquences désastreuses de l'absorption du rhum et de Teau-de-vie, qu'ils seraient heureux d'apprendre que votre Comité eût réussi complètement dans l'œuvre entreprise. )>
Dans le second nous lisons :
ce Nous reconnaissons que l'Angleterre a fait
— iU —
Africa an inconoeivable good in putting a stop to tbe Transatlantic slave trade; but the cvii of tbe trade in question is by for more than that of tbe slave trade. Th«re is but little doubt that if those mercbants who engage in tbe rum and gin trade were in Africa to see bow they bave brutalised the poor Africans, and wbat wbolesale destructions, both temporal and spiritual, tbey bave occasioned, howover lucrative it may bave been, they would bave wasbed their hands free from the blood of their neighbours. )>
Niger Coast Protectorats.
In tbe Niger Coast Protectorate the revenue collected in 1892-93 was 96,692/. Is. 2d. In 1893-94 it rose to 169,217/. 19«. Orf. In 1894- 95 it dropped to 117,423/. is, id., owing to the disturbances on the Brass Coast. The officiai trade returns published by the Foreign Office relating to the liquor traffic are as follows : —
Gin and Geneva duty Rum duty ....
This shows that tbe revenue from spirits alone was 77 per cent, of tbe wbole amount received in 1894-98.
In Captain LuganPs a Rise of our East African Empire, » Vol. 1, pages 212 to 215, he
ce In our Oil River Protectorate (Old Calabar), a revenue of 87,695/., for 1891-92, was raised by customs levied on imports alone. Outof this large sum 68,740/. were realised by the duties on arms, powder, and spirits, and this does not include aie, béer, porter, claret, ammunition, cartridges, etc., for Europeans.
» The total value of the spirits which was allowed to be imported into this British Protectorate, exclusive of ail wine, aie, and béer, which amount to 5,011/., is 125,116/., representing 1,350,751 gallons of gin and rum, besides other spirits; of thèse 21,735/. worth is oxported from Great Britain. »
un bien inestimable k l'Afrique en mettant un terme au commerce transatlantique des esclaves; mais les maux causés par le trafic des spiritueux sont bien plus considérables que ceux occasionnés par la traite. Il n'est pas douteux que si les marchands engagés dans le commerce du rhum et de l'eau-de-vie pouvaient constater par eux-mêmes à quel point ils ont abruti les pauvres Africains, et quels ravages, tant au point de vue physique que moral, ils leur ont causés, ils préféreraient garder leurs mains pures du sang de leur prochain, quelque lucratif que soit pour eux ce commerce. »
Protectorat de u Côte du Niger.
Dans le Protectorat de la Côte du Niger les recettes perçues en 1892-93 s'élevaient à 96,692 x 7 s. 2 p. En 1893-94, elles montèrent à 169,217 i: 19 s. 0 p. En 1894-95, elles tombèrent à 117,423 ^Is. 1 p., par suite des troubles à la Côte de Brass. Les statistiques commerciales officielles publiées par le Foreign Office concernant le trafic des spiritueux sont les suivantes :
Droit sur l'eau-de-vie et le
genièvre 61,416 9 0
Droit sur le rhum . . . 29,782 11 3
On voit par là que les droits prélevés sur les spiritueux seulement constituaient les 77 pour cent du revenu total perçu en 1894-95.
Dans l'ouvrage du capitaine Lugard :
ce Développement de notre Empire de TEst Africain », vol. I*', pages 212 à 215, l'auteur s'exprime ainsi :
a Dans notre Protectorat de « l'Oil River » (Vieux-Caiabar), un revenu de 87,695 £, pour 1891-92, fut obtenu grâce à des droits perçus sur les importations seulement. De cette somme considérable, 68,740 ^ furent fournies par les droits sur les armes, la poudre et les spiritueux, non compris l'aie, la bière, le porter, le clairet, les munitions, les cartouches, etc., pour Européens.
» La valeur totale des spiritueux qu'on a admis à l'importation dans ce protectorat anglais, à l'exclusion du vin, de l'aie et de la bière, valant ensemble 5,011 £, est de 125,116 £, représentant 1,350,751 galions d'eau-de-vie et de rhum, sans compter d'autres spiritueux ; la part de la Grande-Bretagne dans ces importations s'éleva à 21,735 £. »
The Committee submitted thèse figures to Sir Claude Macdonald, who called them in question without offering any proof of their inaccuracy. As Captain Lugard was abroad at the time, the Committee compared his figures ^ith those of the Consular Report of the trade of the Oil Hivers Prolectorate, No. 1144. Foreign Office, Annual Séries, 1892, and found ihat they were, if inaccurate, understated rather than exaggerated.
Captain Lugard estimated thatoutof a revenue of 87,695/. the sum of 68,740/. was derived from duty on arms, powder, and spirits ; the actual figures are :—
Ji s.
Brandy 49 6
Gin and Geneva . . . 34,276 4
Gunpowder 5,298 4
Guns 4,520 6
Lead 386 13
Liqueurs 464 1
Rum 23,631 7
Spirits (notenumerated) . 0 13
Whisky 124 11
This list excludes aie, béer, porter and wines, and such liquors as are imported for the Personal consumption of the Consul- General and his staff.
On his return Captain Lugard, in reply to Sir Claude's letter to the Committee, pointed out not merely the literal accuracy of his figures, but the important fact that thereturns of the year in question did not afford an accurate presentment of the real extent of the tratfic, since in the preceding year an abnormal amount of liquor had bcen imported prior to the imposition of the duties (instituted on the proclamation of the i^rotectorate and notified some months prior to imposition). The cases containing this liquor were stated by eyewitnesses to bave been stocked in the open, since the warehouses were unable to afford sufficient accommodation. In the year following the import, therefore, was less than would bave been expected since this enhanced stock had to be worked off, and it was to this year that Captain Lugard's figures referred, The very great increase in the subséquent year proves the accuracy of thèse remarks. On Captain Lugard's return, Sir Qaude opened a correspondence with him
Le Comité soumit ces chiffres à Sir Claude Macdonald, qui les contesta sans présenter aucune preuve de leur inexactitude. Comme le capitaine Lugard n'était pas dans le pays à ce moment, le Comité compara ses chiffres avec ceux du rapport consulaire sur le commerce dans le protectorat des Oil Hivers, n"» 1144, Foreign Office, série annuelle, 1892, et trouva que l'inexactitude consistait en ce qu'ils avaient été atténués plutôt qu'exagérés.
Le capitaine Lugard estimait que sur un revenu de 87,695 x, 68,740 jf provenaient du droit sur les armes, la poudre et les spiritueux ; les chiffres exacts sont :
Eau-de-vie 49 6 0
Gin et genièvre 34,276 4 0
Poudre à fusil 5,298 4 2
Fusils 4,520 6 6
Plomb 386 13 6
Liqueurs 464 1 0
Rhum 23,631 7 0
Spiritueux (non dénommés). 0 13 0
Whisky 124 11 0
Cette liste ne comprend pas Taie, la bière, le porter et les vins, ni les liqueurs importées pour la consommation personnelle du consul général et de ses agents.
A son retour, le capitaine Lugard, en réponse à la lettre de Sir Claude au Comité, mit en lumière non seulement l'exactitude absolue de ses chiffres, mais encore ce fait important, que les statistiques de Tannée en question n'apportaient pas de renseignements précis sur l'étendue réelle du trafic, puisque durant l'année précédente une quantité anormale de spiritueux avait été importée antérieurement à l'application des tarifs (inaugurés lors de la proclamation du Protectorat et notifiés quelques mois avant la mise en application). Des témoins oculaires attestaient que les caisses contenant ces spiritueux avaient été empilées à ciel ouvert, les entrepôts ne présentant pas l'emplacement nécessaire.
L'année suivante, l'importation fut naturellement moins importante qu'on aurait pu s'y attendre, car on devait se débarrasser de ce stock excessif, et c'était précisément à cette année que se rapportaient les chiffres du capitaine Lugard. La très grande augmentation qui se produisit l'année suivante pouve l'exac-
personally (copies of wbich are in the Cornmittee's possession), but attempted no réfutation of the statements contained in bis book.
Sir Claude Hacdonald bimself offers strong testimony as to the disadvantages of the trade, wben hesays that : —
<K Could the liquor traffic be eotirely and immediately donc away, and a sufficient revenue be obtained from other sources, I, for one, would bc very glad. »
Surely thèse are not words that a responsible administrator would use of a hanniess traffic.
The House of Gommons, on Âpril 24th, 1888, unanimously adopted the following résolution :—
ce That this House, having regard to the disastrous physical and moral effects of the liquor traffic among unciviiised races, as well as the injury it inflicts on legitimate commerce, doth cordially support the Impérial and Colonial Government in their endeavour to suppress the traffic in spirituous liquors in ail native territories under their influence andcontrol. »
The German Reichstag on Hay 14th, 1889, passed the following resolution by an overwhelming majority: —
« That the Reichstag résolve to request the Fédéral Government again to (ake into considération whether and how the trade in spirits in the German colonies can be effectually opposL*<l,eitherby prohibition or limitation. »
The Harquess of Salisbury, Lord Knutsford, the late Earl of Carnarvon, and Baron de Worms, speaking officially in their places in Parliament, and speaking presumably from information obtained from officiai sources, hâve condemned the traffic. The Archbishop of Canterbury, the late i^ord Âberdare, the Earl of Meath, Sir George Baden-Powell, and others, hâve in their places in Parliament condemned the traffic in equally strong terms.
With référence to the alleged extravagant statements of the opponents of the liquor traffic, the Commiltee bave never stated that there is wholesale dégradation of the natives
titude de ces remarques. Au retour du capitaine Lugard, Sir Claude eut avec lui une correspondance personnelle (des copies de ces lettres sont entre les mains du Comité), mais n'essaya pas de réfuter les affirmations contenues dans son livre.
Sir Claude Nacdonald lui-même offre un témoignage des plus probants quant aux inconvénients de ce commerce, quand il dit :
« Si le trafic des spiritueux pouvait être supprimé entièrement et immédiatement, et qu'un revenu suffisant pût être obtenu d'autres sources, j'en serais, pour ma part, très satisfait. »
Certes ce ne sont pas là des paroles qu'un administrateur responsable emploierait à propos d'un trafic inoffensif.
Le 24 avril 1888, la Chambre des communes adopta à l'unanimité la résolution suivante :
« La Chambre, considérant les désastreuses conséquences physiques et morales du trafic des spiritueux parmi les races non civilisées, ainsi que les torts qu'il cause au commerce légitime, appuie sincèrement le Gouvernement impérial et le Gouvernement colonial dans leurs efforts pour faire disparaître le trafic des boissons alcooliqnns dans tous les pays indigènes placés sous leur influence et leur contrôle. »
Le 14 mai 18S9, le Reichstag allemand adopta la résolution suivante à une énorme majorité :
<c Le Reichstag décide de demander de nouveau au Gouvernement fédéral de prendre en considération la question de savoir si et comment le commerce des spiritueux dans les colonies allemandes peut être enrayé d'une manière efficace, soit en le prohibant, soit en le limitant. »
Le marquis de Salisbury, lord Knutsford, feu le comte de Carnarvon et le baron de Worms, parlant à la tribune du Parlement, et probablement d'après des informations obtenues de sources officielles, ont condamné ce trafic. L'archevêque de Canterbury, feu le comte Aberdare, le comte de Meath, Sir George Baden-Powell el d'autres membres du Parlement l'ont fait en termes non moins énergiques.
Quant aux allégations prétendument exagérées des adversaires du trafic des spiritueux, le Comité n'a jamais affirmé qu'il y eût dégradation complète chez les naturels dans
in every part of Afirica reached by spirits. Were sucb the case, it would be too late in the day for any remedy to be applied. The Committee believe thaï « prévention is better than cure, » they know from past expérience that whole tribes havc eilher been utterly demoralized or destroyed,e.jjr., the Hottentots, Maoris, and North American Indians, by the traffic in spirits. Their object is to prevent the répétition and further extension among the uncivilised and heathen races of the world of this grave scandai to our boasted civilisation and Christianity. To wait tiil such efforts on tbrir part were uselcss would be criminal.
The African Seclional Committee of the Manchester Chamber of Commerce passed unanimously the following resolution on the motion of Mr. Hutton, Chairman, seeonded by Mr. Keymer, Vice-Chairman, the resolution being confirmed by the Board on February 8th, 1893 : —
a That in the opinion of this Committee, it is most désirable that every effort should be made to check the growth of the spirit trade in our African Colonies, either by levying bigher import duties, or by other means; but that at the same time any sudden and large rise in duties is to be deprecated as likcly to cause irritation in the minds of the natives, with a conséquent stoppage of trade, and aiso tending to divert trade generaily to those portions of Africa which are not under British ruie. And this Committee is of opinion that the object desired will be best obtained by small and graduai changes in the tariff; and it is hereby resolved that the Board be requested to address Her Majesty's Government to this effect, and to suggest the necessily of obtaining the co-operation of other European Powers in this matter. »
At the end of January 1896 a pétition against the liquor traffic in West Africa arrived in this country. Abeokuta presented 8,307 names, Ibadan and district 2,318, and Ugos 1,482.
Five firms — four German and one Swiss — on the Gold Coast hâve recently petitioned the English and German Governments to raise considerably the duties on alcoholic liquors.
chaque partie de TAfrique atteinte par les spiritueux. S'il en était ainsi, il serait trop tard pour appliquer n'importe quel remède. Le Comité estime que a prévenir vaut mieux que guérir »; il sait par l'expérience du passé que des tribus entières ont été tout à fait démoralisées ou détruites par le trafic des spiritueux, par exemple les Hottentots, les Maoris et les Indiens de l'Amérique du Nord. Son but est d'empêcher la répétition et l'extension, parmi les races non civilisées et païennes du monde, de ce véritable scandale pour noure civilisation si vantée et pour le christianisme. Attendre jusqu'à ce que ses efforts soient devenus inutiles serait criminel.
Le Comité de la Section africaine de la Chambre de commerce de Manchester adopta à l'unanimité la résolution suivante, sur la proposition de M. Hutton, président, assisté par M. Keymer, vice-président :
c( Le Comité est d'avis que l'on doit faire les efforts les plus sérieux pour entraver le développement du commerce des spiritueux dans nos colonies africaines, soit en établissant des droits d'importation plus élevés, soit par d'autres moyens; d'autre part, toute augmentation brusque et importante des droits doit être repoussée comme étant de nature à irriter les naturels, à provoquer ainsi un arrêt dans le commerce et à attirer celui-ci vers les parties de l'Afrique qui ne sont pas sous la domination anglaise. Il pense que le meilleur moyen d'atteindre le but souhaité serait de modifier légèrement et graduellement les tarifs; il décide par conséquent qu'il demandera à la Chambre de s'adresser, à cet effet, au Gouvernement de Sa Majesté et de lui suggérer la nécessité d'obtenir la coopération d'autres Puissances curopéeanes en cette matière. »
Cette résolution fut approuvée par la Chambre le 8 février 1893.
A la fin de janvier 1896, une pétition contre le trafic des boissons alcooliques dans l'Afrique occidentale parvint en Angleterre. Elle était signée de 8,207 noms d'Abéokouta, de 2,318 d'Ibadan et du district, et de 1,482 de Lagos.
Cinq firmes — quatre allemandes et une suisse — de la Côte d'Or ont récemment adressé des pétitions aux gouvernements anglais et allemand en faveur d'une augmentation considérable des droits sur les spiritueux.
The German Goverment bas just forbidden a practice which bas held hitherto in the CamerooDs, Togoland, and the German possessions in South West Africa, of giving the native workmen a bottle of brandy every Saturday with their week's ^ages, either in part payment of or in addition to their wages.
The late Mr. Joseph Thomson, after describing the horrors of the liquor traffic with the natives on the Kru Coast, said : —
ce Let us for a moment lay aside questions o{ Christian morality, and ask ourselves if this trade in spirits can be a paying one . . . Looked at superficialiy, there seems to be no possibiiity of doubting that to raise a paying trade rapidly there is absolutely nothing like spirits . . . But let us ask, ' Is it a trade which wiil continue to grow? Will it pay in the long run ? Will commerce thrive and branch out ? Will the country flourish under such ' a System ?'To thèse questions I answcr emphatically, No ! A thousand times no ! A trade which commences with gin will continue with gin and will end with gin . . . Industry and thrift cannot be found in such Company, and with the absence of thèse there can be no development of the minerai and vegetable riches of the country ... In thèse facts lies the secret of the astoundingly small progress our West Coast settlements hâve made through ail the long period they hâve been in our hands. »
The Committee fcel, as ce The Times » has well expressed it, March 4th, 1895, that the prohibition of spirituous drinks :
(c Is not a tempérance fad nor a mère philanthropie counsel of perfection. It is the sober décision of unromantic men of business, from one end of Africa to the other, that an essential preliminary to successful administration is to prevent the sale or supply of spirits to the native. This being so, the time seems to hâve come in which the spirit trade with natives should be placed in the same category as the trade in slaves. »
They would also commend to the notice of the Chamber the following extract from an article in ce The Times » of February lOth, 1896, under the heading ce The Colonies. »
ce In connection with ail schemes of industrial or productive development the labour
LeGouvernement allemand vient d'interdire une pratique qu*il maintenait jusqu'à présent au Cameroun, au Togoland et dans les possessions allemandes de l'Afrique occidentale du sud, et qui consistait à donner aux ouvriers noirs une bouteille d'eau- de-vie chaque samedi avec leurs gages de la semaine, soit comme partie, soit comme supplément du salaire.
Feu M. Joseph Thomson, après avoir décrit les horreurs du trafic des boissons alcooliques avec les naturels de la Côte de Krou, s'exprime ainsi :
ce Mettons, pour un instant, de côté les questions de moralité chrétienne et deman^ dons-nous si ce commerce de spiritueux est fructueux.... Si Ton considère la chose superficiellement, il ne semble pas douteux que, pour créer rapidement un commerce rémunérateur, il n'y ait pas d'autre moyen que de vendre des boissons alcooliques... Mais, demandons-nous ceci : ce Est-ce un trafic qui continuera à se développer? Sera-t-il toujours rémunérateur? Le commerce prospérera-t-il et se développera-t-il ? Le pays fleurira-t-il avec un tel système? » A ces questions je réponds catégoriquement : Non! Mille fois non! Un trafic qui commence par le gin continuera par le gin et se terminera par le gin... L'industrie et la prospérité ne peuvent se rencontrer en une telle compagnie et, à leur défaut, il ne peut y avoir aucun développement des richesses minérales et végétales de la contrée... Tel est le secret du peu de progrès qu'ont réalisé nos établissements de la côte occidentale durant la longue période de notre domination. »
Le Comité estime, comme le Times l'a si bien dit le 4 mars 189o, que la prohibition des boissons alcooliques ce n'est pas une simple satisfaction donnée au sentimentalisme ou à la philanthropie; elle répond au sentiment d'hommes d'afiaires essentiellement pratiques, qui d'une extrémité de l'Afrique à l'autre, jugent avec raison que pour obtenir une administration prospère, il faut empêcher la vente ou la livraison de spiritueux aux indigènes. Dès lors, le moment semble venu de ranger ce trafic dans la même catégorie que le commerce des esclaves ».
Le Comité désirerait également recommander à l'attention de la Chambre l'extrait suivant d'un article paru dans le Times du 10 février 1896, sous ce titre : ce Les colonies ».
ce C'est dans ses rapports avec les divers plans de développement industriel ou agricole que
question becomes important. The nalive population of Rbodesia is probabiy not far short of two millions, and the problem of the labour supply of the country îs simply a pro- 'blem of inducing (lioso natives by wise and humane administration to join in the development of the country. Mr. Rhodes bas already displayed in the Cape Colony an aptitude for dealing with this difficulty. A continuons supply of native labour appears to dépend largely upon assured protection, fair wages, and an absolute prohibition of intoxicating drink. Thèse conditions it will be the business of the Chartered Company to maintain. Under such conditions it bas been found at Kimberley, in Basutoland, and elsewhere, that the native acquires without difficulty a taste for the comforts of civilisation, clothing and house furniture become necessaries of his existence, and with the taste comes slowly but inevitably the impulse to gratify it by labour. »
Whilst the commercial view is by no means the only one in wbich the Commitlee regard this question, yet they fcel very strongly, if for no other reason, that this traffic should be prohibited amongst the uncivilised and heatben races of the world in the interests of legitimate commerce, which is absolutely vital to the maintenance of the British Empire.
Westminster, Président,
Clarence a. Roaerts, Vice-Chairman ofthe Executive Committee.
J. Grant Mills, Hon, Secretary.
Colonial Office to tfie Native Races and Liquor Traffic United Committee.
Sir,
April 17, 1896.
I am directed by Mr. Secretary Chamberlain to inform you that be has received from the Duke of Westminster the mémorial of the Native Races and Liquor Traffic United Committee, dated the 14th of Harch, on the subject of the desirability of restricting the liquor traffic on the West Coast of Africa.
la question du travail devient importante. La population indigène de la Rbodesia n'est probablement pas de beaucoup inférieure à deux millions d*âmes, et le problème de la main-d'œuvre consiste simplement à amener les naturels, par une administration sage et humaine, à participer au développement du pays. M. Rhodes a déjà montré dans la Colonie du Cap comment on résoud celte difficulté. Le recrutement continu de la main-d'œuvre indigène semble dépendre principalement d'une protection assurée, de bons gages et de la prohibition absolue de boissons enivrantes. Ces conditions, la Compagnie à Charte aura pour tâche de les maintenir intactes. Quand elles existent, l'indigène, ainsi qu'on l'a constaté à Kimberley, dans le Basoutoland et ailleurs, acquiert sans difficulté du goût pour les produits de la civilisation; les vêtements et les meubles deviennent des objets indispensables à son existence, et avec le goût se manifeste lentement, mais inévitablement, la tendance à le satisfaire par le travail. »
Bien que le point de vue commercial ne soit en aucune manière le seul d'après lequel le Comité envisage la question, C43pendant il est convaincu que, même à défaut d'autre raison, ce trafic devrait être prohibé parmi les races non civilisées et païennes, dans l'intérêt du commerce légitime absolument indispensable au maintien de notre Empire britannique.
Westminster, Président.
Clarence A. Roberts, Vice- Président du Comité exécutif.
J. Grant Mills, Secrétaire honoraire.
Le Colonial Office au Comité- Uni des races indigènes et du trafic des sjmitueux.
17 avril 1896.
Monsieur,
Je suis chargé par M. le Secrétaire Chamberlain de vous informer qu'il a reçu du duc de Westminster le mémoire du Comité-Uni des races indigènes et du trafic des spiritueux, daté du 14 mars, au sujet de l'opportunité de la restriction du trafic des spiritueux à la côte occidentale d'Afrique.
— uo —
Mr. Chamberlain desires me to transmit to you a copy of a letter which bas been recently addressed to the Chambers of Commerce of London, Liverpool, Manchester, and Glasgow, and aiso a copy of the mémorandum referred to tberein, from which the Cômmittee will learn what action is being taken by Mr. Chamberlain with regard to tbis matter.
I am to add that Her Majesty's Government are quite ready to agrée to the imposition of higher duties, but that no satisfactory settlement such as the Cômmittee désire is possible, unless the French and German Governments are aIso willing to increase the duties in their possessions to the same extent. Her Majesty's Government are in communication with the French and German Governments with the view of inducing them to join in raising the duties, but no agreement bas yet been arrived at.
I am, etc.
John Bramston.
Aborigines Protection Society to Cobmial Office.
Aborigines Protection Society, Westminster, April 21, 1896.
Sir,
I hâve the honour, on behalf of the Cômmittee of the Aborigines Protection Society, to ask that it may be favoured, if convenient, with a copy of the letter addressed last month, with accompanying documents, by the Secretary of State for the Colonies to Chambers of Commerce on the subject of the liquor trade in West Africa. Unless Mr. Secretary Chamberlain objects, our Cômmittee will probably be glad to be permitted to submit for bis considération a few remarks thereon.
I hâve, etc.
H. R. Fox BOURNB, Secretary.
M. Chamberlain désire que je vous transmette la copie d'une lettre qui a été récemment adressée aux chambres de commerce de l^ndres, Liverpool, Manchester et Glasgow, ainsi que la copie du mémorandum auquel il est fait allusion dans cette dernière; ces documents apprendront au Comité quelle est la ligne de conduite que M. Chamberlain se propose d'adopter en cette matière.
Je dois ajouter que le Gouvernement de Sa Majesté est tout disposé à admettre la nécessité d'imposer des droits plus élevés, mais qu'il n'est pas possible de donner entière satisfaction au Comité, si les gouvernements français et allemand ne consentent à augmenter les droits dans leurs possessions, dans la même mesure. Le Gouvernement de Sa Majesté est en négociations avec ces deux gouvernements dans le but de les amener à se joindre à lui en vue de l'élévation des droits, mais jusqu'à présent aucune entente n'a pu s'établir.
Je suis, etc.
John Bramston.
La Société pour la protection des aborigènes au Colonial Office.
Société pour la protection des aborigènes, Westmmster, 21 avril 1896.
Monsieur,
J'ai l'honneur, au nom du Comité de la Société pour la protection des aborigènes, de vous demander de bien vouloir communiquer à celui-ci, si c'est possible, une copie de la lettre adressée le mois dernier, avec les documents annexés, par le Secrétaire d'État pour les.Colonies aux Chambres de commerce, concernant le trafic des spiritueux dans l'Afrique occidentale. Si M. le Secrétaire Chamberlain n'y voit pas d'inconvénient, notre Comité s'estimera heureux de pouvoir lui soumettre quelques remarques à ce sujet.
J'ai, etc.
H. R. Fox BODRNE.
Secrétaire.
Aborigines Protection Society to Colonial Office.
Âborigines Protection Society, Westminster, Âpril 27, 1896.
SlR,
1 hâve the honour on behalf of the Committee of the Âborigines Protection Society, and with référence to my lelter of 26th October, 1895, to fîirther address you on thesubject of the Liquor Traffic in West Âfrica.
In that letter, and in a similar letter of the same date addressed to the Secretary of State for Foreign Affairs, the attention of Her Majesty's Government was called to the Convention of 24th February, 1894,between Great Britain and Germany, which fixed the duty on trade spirits imported into the portion of the Gold Coast Colony east of the River Volta at 9 3/^ d. per old wine gallon, with an équivalent impost in Togoland, and our Committee ventured to urge that, as the Convention is open to revision, subject to six months' notice, after Ist May, 1896, an effort should be made to effect an arrangement with the German Government for simultaneously raisîng the duty in both districts.
I am now respectfullyto repeatthat request, and aiso to ask that Her Majesty's Government will make représentations to the French Government with a view of obtaining, if practicabie, an încrease of the spirit duty in Dahomey, where it at présent averages only about 8 d. per impérial gallon.
Our Committee is not aware that the trade of Lagos is found to suffer materially, if at ail, from the fact that, while the duty is there 2^. a gallon, it is so much less in Dahomey. But, as fears are entertained on the subject by some merchants, and as, in any case, it is to the interest of the natives of West Africa that the supply of spirits to them should be discouraged in French, and aIso in German, as well as in British, territory, our Committee hopes that Her Majesty's Government will use its influence to secure as large an increase of the duty as possible ail along the coast.
La Société pour la protection des aborigènes au Colonial Office.
Société pour la protection des aborigènes, Westminster, 27 avril 1896.
Monsieur,
J'ai l'honneur, au nom du Comité de la Société pour la protection des aborigènes, et en me référant à ma lettre du 26 octobre 1895, de m'adresser encore à vous au sujet du trafic des boissons alcooliques dans l'Afrique occidentale.
Dans cette lettre, et dans une lettre analogue de la même date, adressée au Secrétaire d'Etat pour les Affaires Étrangères, l'attention du Gouvernement de Sa Majesté a été appelée sur la convention du 24 février 1894, entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, quia fixé le droit sur les spiritueux importés dans la partie de la Colonie de la Côte d'Or à l'est de la rivière Volta, à 9 3/^ p. par a old wine gallon », avec un droit équivalent dans le Togoland. Cette convention pouvant être revisée à dater du 1^ mai 1896, moyennant préavis de six mois, notre Comité s'est permis de proposer qu'une tentative fût faite en vue d'aboutir à une entente avec le Gouvernement allemand pour élever simultanément les droits dans les deux districts.
Je suis chargé aujourd'hui de renouveler respectueusement cette requête, et de demander en outre que le Gouvernement de Sa Majesté fasse des représentations au Gouvernement français dans le but d'obtenir, si c'est possible, une augmentation du droit sur les spiritueux dans le Dahomey, où actuellement il n'atteint en moyenne que 8 p. par gallon impérial
Notre Comité ignore si le commerce de Lagos souffre directement ou indirectement du fait que le droit qu'on y perçoit est de 2s. par gallon, tandis qu'il est beaucoup moins élevé dans le Dahomey. Hais comme certains marchands nourrissent des craintes à ce sujet et comme, en tout cas, il est dans l'intérêt des indigènes de l'Afrique occidentale que les envois de spiritueux qui leur sont destinés ne soient pas plus encouragés dans les territoires français et allemands que dans ceux qui relèvent de l'Angleterre, notre Comité espère que le Gouvernement de Sa Majesté emploiera son influence pour obtenir une augmentation du droit aussi importante que possible sur toute l'étendue de la côte.
— Uî —
In the Frencb and German possessions referred to il is underslood that the trade in spirits is at présent comparatively small, however large it may be in comparison with that in other commodilics; and it is submitted that the présent time may be favourable for attempting an arrangement for combined action as regards the districts between the Gold Coast and Lagos, which would be in itself on every ground désirable and an important step towards international co-operation in the more comprehensive and more drastic reform which, it is hoped, it will be possible ultimately to bring about
I bave, etc.
H. R. Fox BOURNB.
Colonial O/fice ioAborigines Protection Society.
April 38, 1896.
Sir,
I am directed by Mr. Secretary Chamberlain to acknowledge the receipt of your letter of the 21st of April, and to transmit to you a copy of the letter which he recently caused to be addressed to certain Chambers of Commerce on the subject of the Liquor TrafBc in West Africa, and also a copy of the mémorandum which was enclosed with it.
3. Mr. Chamberlain desires me to state, with référence to the last sentence of your letter, that he bas no objection to your submitting for bis considération any remarks which your Committee may désire to make upon thèse papers.
I am, etc.
John Brahston.
Colonial Office to Foreign Office.
May 4, 1896.
Sir,
I am directed by Mr. Secretary Chamberlain to acknowledge the receipt of your letter of the 7th of April, transmitting a Despatcb from Her Majesty's Ambassador at Berlin, in which is enclosed a précis of the debate in the
Dans les possessions françaises et anglais^ auxquelles il est fait allusion, le commerce des spiritueux est à présent relativement restreint, quelque important qu'il puisse être d'ailleurs par rapport au commerce des autres marchandises ; et il est à supposer que le moment actuel serait bien choisi pour essayer d'arriver à un arrangement en faveur d une action commune dans les districts situés entre la Côte d'Or et Lagos. Cette entente, désirable en elle-même à tous les points de vue, constituerait un pas important dans la voie de la coopération internationale en vue d'uqe réforme que nous espérons la plus vaste et la plus eflScace possible.
J'ai, etc.
H. R. Fox BOURNE.
Le Colonial Office à la Société pour la protection des aborigènes.
38 avril 1896.
Monsieur,
Je suis chargé par M. le Secrétaire Chamberlain de vous accuser la réception de votre lettre du 31 avril et de vous transmettre une copie de la lettre qu'il a fait récemment adresser à certaines chambres de commerce au sujet du trafic des spiritueux dans l'Afrique occidentale, ainsi qu'une copie du mémorandum qui y était annexé.
3. M. Chamberlain désire que je vous,fasse savoir, à propos de la dernière phrase de votre communication, qu'il ne voit pas d'objection à ce que vous lui soumettiez, pour son information, les remarques que votre Comité désirerait faire au sujet de ces documents.
Je suis, etc.
John Branston.
Le Colonial Office au Foreign Office.
4 mai 1896.
Monsieur,
Je suis chargé par M. le Secrétaire Chamberlain de vous accuser la réception de votre lettre du 7 avril, transmettant une dépêche de l'ambassadeur de Sa Majesté à Berlin, à laquelle est annexé un résumé des débats du
Reich^tag on tbe Colonial Estimâtes for the year 1896-97.
2. Mr. Chamberlain observes that, in speaking of the liquor traffic in West Africa, Dr. Kayser made the following slatement :
c( We are ready to do everything by international agreement, to limit the importation of spirils . . . We could only acccpt an international agreement, if German goods ¥rere treated in ail foreign territories and colonies on exactiy the same footing as native produce, and when ail differential treatment of goods of German origin is abolished. »
3. There is no differential treatment of goods of German origin (nor, indeed, of the goods ofany nation) in the British West African Colonies, and 1 am to suggest for the considération of the Harquess of Salisbury, that the German Government should be reminded of this in connexion with the negotiations which are at présent being conducted with the French and German Governments with the view of inducing them to join with Her Hajesty^s Government in raising the duties on spirits in their West African possessions.
4. 1 am to take this opportunity of inquiring, with référence to the first paragraph of the letter from this Department of the 13th of April and previous correspondence, what progress bas been made in thèse negotiations. Much will bave been gained, if the French and German Governments can be induced to raise the spirit duties, in Dahomey and Togoland alone, to 3s. a gallon. In that case the spirit duties in the portion of the Gold Coast Colony to the east of the Volta, in Lagos, in the Niger Coast Protcctorate, and in the territories of the Royal Niger Company where the importation of spirits is still permitted, could be raised by this country to the same level ; and, as the spirit duties in Sierra Leone, in Libéria, on the Ivory Coast, and in the portion of the Gold Coast to the west of the Volta, bave already attained that level, there would be a very large stretch of coast, extending from the northern boundary of Sierra Leone to the southern boundary of the Niger Coast Protectorate, along the whole of which the duty on spirits would not be less than 3s. a gallon.
Reichstag, sur les projets budgétaires pour l'année 1896-1897, concernant les colonies.
2. M. Chamberlain remarque qu'en parlant du trafic des spiritueux dans l'Afrique occidentale, le D** Kayser a fait la déclaration suivante :
a Nous sommes prêts à conclure n'importe quel arrangement international, afin de limiter l'importation des spiritueux Nous ne
pourrions accepter . un arrangement international que si les marchandises allemandes étaient traitées dans toutes les possessions et colonies étrangères exactement sur le môme pied que les produits indigènes, et si tout traitement différentiel des marchandises d'origine allemande était aboli. »
S. Il n'y a pas de traitement différentiel pour les marchandises d'origine allemande (pas plus d'ailleurs que pour les autres) dans les colonies anglaises de l'Afrique occidentale, et je suis chargé d'attirer l'attention du marquis de Salisbury sur la nécessité de rappeler ce fait au Gouvernement impérial, au cours des négociations poursuivies en ce moment avec les gouvernements français et allemand , en vue d'une entente avec le Gouvernement de Sa l^lajesté pour l'augmentation des droits sur les spiritueux dans leurs possessions respectives.
4. Je suis également chargé de m'informer, en me référant au premier paragraphe de la lettre de ce Département du 13 avril et à la correspondance antérieure, de Pétat actuel de ces négociations. On aura fait un grand pas, si lesgouvernements français et allemand peuvent être amenés à augmenter les droits sur les spiritueux, dans le Dahomey et le Togoland seulement, jusqu'à 3 s. le gallon. Dans ce cas, les droits sur les spiritueux dans la partie de la colonie de la Côte d'Or située à l'est de la rivière Volta, à Lagos, dans le Protectorat de la Côte du Niger et dans les territoires de la Compagnie royale du Niger où l'importation des spiritueux est encore permise, pourraient être élevés par notre pays au même taux ; et comme les droits sur les spiritueux dans les territoires de Sierra-Leone et de Libéria, sur la Côte d'Ivoire, et dans la partie de la Côte d'Or à l'ouest de la rivière Volta, ont déjà atteint ce chiffre, il en résulterait que sur une étendue considérable de côte, s'étendant depuis la limite septentrionale de Sierra-Leone jusqu'à la limite méridionale du protectorat de la Côte du Niger, les droits sur les spiritueux ne seraient pas inférieurs à 3 s. le gallon.
— iU —
o. The original enclosures in your letter now under acknowledgment are returned
herewith.
I am, etc.
John Branston.
Manchester Chamber of Commerce lo Colonial Office.
Cliamber of Commerce, Manchester, May 26/1896.
Siit,
The contents of tlie letter addressed to me from your department on March lOth vtiih référence to the spirit trade in British West Africa hâve been carefully considered by the Âfrican Sectional Committee of the Chamber and by the Board of Directors, and I am instrucled, in compliance wilh Mr. Chamberlain's désire, to forward to you the following ^ observations thereupon.
Attention has been particuiarly given to the five suggestions set forth in the latter portion of the letter now under reply. Thèse I now proceed to recapitulate, adding, in cach case, the views of this Chamber.
Suggestion No. i.
ce It has been proposed Ihat the total maximum importations in each Colony should be fixed from time to time by the Government accord ing to the necessities of trade, and that licences for the distribution of this total quantity, say for one twentieth each, should be put up to auction and conceded to the highest bidder. Ail the merchants of the place would hâve an opportunity of competing for one or more of thèse licens^, and, having obtained thcm, would then arrange the suppiy of liquor within fixed limits so as to assist their trade to the greatest advantage. At the same time it would not be the interest of anyone to push the sale of liquor as such, but he would oniy use it so far as it was necessary, as a part of his gênerai trade. »
The Chami>er is impressed by the fact that
i(. Je vous retourne ci-joint les annexes originales accompagnant la lettre dont je vous accuse aujourd'hui la réception.
Je suis, etc.
John Bramston.
La Chambre de commerce de Manchester au Colonial Office.
Chambre de commerce, Manchester, 26 mai 1896.
Monsieur,
Le contenu de la lettre qui m*a été adressée par votre Département, le 10 mars dernier, à propos du commerce des spiritueux dans l'Afrique occidentale anglaise a été soigneusement étudié par le Comité de la Section africaine de la Chambre et par le Conseil des directeurs, et je suis chargé, conformément au désir de M. Chamberlain, de vous communiquer les observations suivantes, suggérées par ce document.
Une attention particulière a été accordée aux cinq propositions énoncées dans la dernière partie de la lettre à laquelle nous répondons en ce moment. Je dois donc récapituler celles-ci» en ajoutant, dans chaque cas, la manière de voir de notre Chambre.
Proposition n" 4,
(( On a proposé que le chiffre maximum des importations dans chaque colonie soit fixé périodiquement par le Gouvernement selon les nécessités du commerce, et que des licences pour la vente de cette quantité totale — chaque licence portant par exemple sur un vingtième — soient mises aux enchères et octroyées au plus haut enchérisseur. Tous les marchands de la place seraient admis à concourir pour l'obtention d'une ou de plusieurs de ces licences, et pourraient, après les avoir obtenues, régler le débit des boissons spiritueuses dans des limites déterminées au mieux des intérêts de leur commerce. Aucun d'eux n'aurait intérêt à exagérer la vente des boissons alcooliques comme telle; ils la considéreraient comme un élément de leur commerce général et n'y recoureraient que pour autant que de besoin. »
La Chambre hésite à se rallier à cette pro-
. in many parts of West Africa the natives are accustomed to buy miscellaneous goods together with spirits. It is tberefore of opinion that this proposai is objectionable because of the opportunity it would give tothe wealthier marchants of outbidding their weaker competitors for the licences, and so securing valuable trading monopolies. Further, the objections i¥hich apply to the « Tied House » System in the United Kingdom are aiso applicable to this suggestion.
Suggestion i\o. 2.
« ft bas been proposed by Mr. John Holt, of Liverpool, that the trade should, in every case, be made a Government monopoly. The Government in this case would bave power to arrange the total quantity imported, the amount of duty, and the quality. In every case it would be guided by the gênerai inlerest of the Colony, and, the élément of individual profit being eliminated, the trade would not be pushed to the détriment of the native population. »
The Chamberisof opinion that, failingany increase of duties under international agreement, this suggestion is well worthy of considération, provided the Government take in hand merely the importation of spirits, leaving their distribution to the merchants; but that the Government should be the sole importer of spirits, and that every merchant should be entitled to purchase thein at a price to be fixed by the local autliorilies, so as to interfère as littte as possible with legitimate commerce and at the same time to check the extension of this trade. Further, that some System of Government brands should be adopted, which would serve as a guaranteeof quality and would at the same time prevent, as fur as possible, illegitimate importation.
Suggealion No. 5.
c< It bas been urged from many quarters .that the duties should be considcrably raised, both as likely to bring about a limitation of the consumption and also to produce a larger revenue to the Government from a smaller importation of liquor. »
position parce qu'en beaucoup d'endroits de l'Afrique occidentale, les naturels sont accoutumés à acheter diverses marchandises en même temps que des spiritueux. Elle estime par conséquent que cette proposition rencontre des objections sérieuses; elle donnerait en effet aux grands négociants le moyen de surenchérir sur leurs concurrents plus faibles pour obtenir les licences et pour arriver ainsi à de puissants monopoles commerciaux. De plus, les objections qui s'appliquentau système protectionniste dans le Royaume-Uni peuvent être faites également à cette proposition.
Proposition n"* i.
« M. John Holt, <le Liverpool, voudrait que la vente des spiritueux fût partout érigée en monopole du Gouvernement. Celui-ci aurait le pouvoir de déterminer la quantité totale et la qualité des spiritueux admis k Timportalion, ainsi que le montant du droit. 11 se guiderait dans chaque cas sur Tintérêt général de la colonie, et, le facteur des intérêts individuels étant ainsi éliminé, le commerce des spiritueux ne se développerait pas au détriment de la population indigène. »
La Chambre pense que, à défaut d'une augmentation des droits en vertu d'un arrangement international, celte proposition mériterait d'être prise en considération, pourvu que le Gouvernement ne se chargeât que de l'importati'on des spiritueux, en en laissant la distribution aux marchands; mais alors le Gouvernement serait seul autorisé à importer ces boissons, et chaque marchand aurait le droit de les acheter à un prix à fixer par les autorités locales, et ce de manière à gêner le moins possible le commerce légitime et à enrayer en même temps l'extension du trafic des spiritueux. De plus, il faudrait qu'on adoptât un système de marques officielles qui pût à la fois garantir la qualité et empêcher, autant que possible, l'importation illégale.
Proposition n* 3.
a On a soutenu de divers côtés que les droits devraient être considérablement élevés en vue d'arriver d'une part â une limitation de la consommation et d'assurer de l'autre au Trésor des recettes «plus considérables pour une importation de boissons alcooliques moindre. »
Tbe Chamber is of opinion that, if practicable, this is the best course to adopt. It is most désirable that every effort should be made to check the growth of the spirit trade in our African Colonies, either by levying higher import duties or by other means; but at the same time any sudden and great rise in duties is to bc deprecated as likely to cause irritation in the minds of the natives with a conséquent stoppage of trade, and as tending also to divert trade generally to those portions of Africa which are not under British rule. The object dcsired will be best obtained by small and graduai changes in the tariff, in which the co-operation of other European Powers should be soughl. The Chamber desires to reiterate the opinion expressed in a letter addressed to Mr. Chamberlain on September 30th last, that the duties should be ultimately raised to a minimum ofSs, a gallon. It quite recognises that it may be impossible to get the consent of other Powers to the raising of the duties to so high a rate as Ss.^ but if even a certain advance toward it could be secured it would be a step in the right direction.
The following objections to this course are mentioncd in the letter now under reply as havîng been made in some quarters : —
« That the resuit of any considérable increase of duty would be to stimulate the production of the native spirits which are even now responsible for much drunkenness among the natives.
» That such an increase would lead to illicit distillation. »
With regard to thèse objections the Chamber is of opinion that it is impossible to avoid such incidental stimulus as the adoption of this plan might giveto the production of native spirits, but if the altérations in the rate of duty are made by small degrees the stimulus will not, it is thought, be really appréciable.
On the subject of co-operalion of foreign Governments the letter observes : —
« It is not unlikely, however, that foreign Governments may be unwilling, as they were at the time of the Brussels Conférence, to make any considérable increase of duty. In
La Chambre est d'avis que tel est le meilleur système à adopter, s'il est praticable. U est fort à désirer que tous les efforts soient tentés pour entraver le développement du corn* merce des spiritueux dans nos colonies afri» caines, soit en établissant des droits d'entrée plus élevés, soit par d'autres moyens ; mais en même temps, toute augmentation subite et considérable des droits doit être rejetée comme étant de nature à irriter les indigènes, et, par voie de conséquence, à amener un arrêt du commerce et à l'attirer vers les parties de l'Afrique qui ne sont pas soumises à la domination anglaise. On atteindra le mieux le but poursuivi grâce à des modifications légères et graduelles du tarif; il faudrait rechercher à cet effet la coopération des autres Puissances européennes. La Chambre désire réitérer l'opinion exprimée dans une lettre adressée à M. Chamberlain le 30 septembre dernier, d'après laquelle les droits devraient être élevés finalement à un minimum de 5 s. par gallon. Elle reconnaît qu il serait peut-être impossible d'obtenir le consentement des autres Puissances à une augmentation portant les droits à un chiffre aussi élevé, mais si au moins on pouvait arriver à se rapprocher dans une certaine mesure de ce chiffre, on aurait fait un pas dans la bonne direction.
La lettre à laquelle nous répondons mentionne les objections suivantes qui ont été faites par certaines personnes au système précité, à savoir :
(c Qu'une augmentation de droit considérable aura pour conséquence de stimuler la production des spiritueux indigènes auxquels on peut attribuer bon nombre de cas d'ivresse parmi les naturels.
» Qu'une telle augmentation conduirait à rétablissement de distilleries clandestines.. »
Quant à ces objections, la Chambre est d'avis que l'adoption de ce système aurait éventuellement pour conséquence de stimuler la production locale des spiritueux ; mais si les modifications au taux du tarif sont faites graduellement, cette conséquence ne semble pas devoir se manifester d'une façon très appréciable.
Au sujet de la coopération de gouvernements étrangers, la lettre ajoute :
(c 11 est à prévoir, toutefois, que les gouvernements étrangers se montreraient, comme ils l'ont fait à l'époque de la Conférence de Bruxelles, peu disposés à augmenter les droits
this case it bas been argued, and I observe thaï the Liverpool €hamber of Commerce share the opinion, that, if we were to act independently, not only the liquor trade, but the gênerai Irade, which is slatcd lo be closelyconnected with it, would goto foreigners; that is to say, that the natives would insist upon being supplied with liquor at a moderate priée, and, if ihey were unable to obtain it in the English possessions, they would go outside for it, and would then purchase their gênerai stock where they oblained their liquor. »
The Chamber is of opinion that, failing co- Gfperation on the part of foreign Governments, and in the event of suggestion No. â proving impracticable, the highest duty consistent with leaving trade in its présent channels should be gradually imposed in each British colony. The amount of the duty should always be lefl to the discrétion of the Colonial Office.
Suggestion No. 4.
« A further proposai has been made to increase the cost of licences for sale which are now issued at very varying rates in the différent West African Possessions. Thèse licences, which cost 5/. in the Gold Coast, are charged 75/. in the case of retail licences issued for Freetown, in the Colony of Sierra Leone. »
The Chamber is of opinion that retail licences might be increased with good etfect, and that the great discrepancies in the cost of licences in différent colonies should be removed. There is the same objection to raising the wholesale licences to any great extent as there is to proposai No. 1, viz., it would enable the wealthy merchants to acquire valuable monopolies.
Suggestion No. 5.
« It has been suggested that the Governments Df the Colonies should take some steps to see that the liquor imported is genuine spirit and not adulterated with deleterious materials, This matter was considered at the
dans une proportion sensible. On a prétendu: à ce propos, et je remarque que la Chambre de commerce de Liverpool partage cette opinion, que si nous agissions isolément, non: seulement le commerce des boissons alcooliques irait aux étrangers, mais encore le commerce en général, qui est, comme on Ta constaté, intimement lié à celui-ci. ' En d'autres termes, les indigènes insisteront pour obtenir des boissons alcooliques à un prix modéré et, s*ils ne réussissent pas à se les procurer dans les possessions anglaises, ils iront les chercher au dehors et achèteront toutes leurs autres marchandises là oh ils pourront obtenir leurs spiritueux. »
La Chambre est d'avis que si la coopération des gouvernements étrangers ne pouvait être obtenue, et si d'autre part la proposition n** 2 était impraticable, il faudrait imposer graduellement dans chaque colonie anglaise le droit maximum conciliable avec la nécessité de maintenir le commerce dans ses voies actuelles. La fixation du droit devrait toujours être laissée à la discrétion du Colonial Office.
Proposition ii' 4.
« On a proposé aussi d'augmenter le prix des licvences pour la vente qui sont accordées aujourd'hui à des taux très différents dans les diverses possessions de l'Afrique occidentale. Ces licences, qui coûtent 5 jC à la Côte d'Or, se paient 75 £ pour la vente au détail à Freetown, dans la colonie de Sierra-Leone. »
La Chambre est d'avis que l'augmentation du prix des licences pour la vente au détail produirait le meilleur effet, et que les grandes différences qui existent ;\ cet égard dans les colonies devraient disparaître. On peut faire à l'augmentation quelque peu considérable du prix des licences pour la vente en gros les mêmes objections qu'à la proposition n"* I , c'est-à-dire que cette augmentation permettrait aux grands négociants d'acquérir de puissants monopoles.
Proposition u» 5.
c< On a suggéré l'idée que les gouvernements des colonies devraient prendre quelques mesures pour s'assurer que les boissons importées sont des spiritueux purs et ne renferment pas de matières délétères.
BniBsels Conférence, and I am to refer you to theProtocol8No.16andNo.19in the accompanying Parliamentary Paper, which contain the discussions upon the subject. The Germans appear to hâve provisions in the case of Togoland which enabie them (o confiscate ail Irquors containingmatterinjuriousto health.»
The Chamber is of opinion thaï any reasonable régulations ivhich would ensure the importing of a good quality of spirit ought to be adopted by the différent Colonial Covemments as soon as possible.
I am to add that the Chamber desires to express its thanks to Mr. Chamberlain for the opportunity afforded to it of considering the various suggestions placed before him upon this very important question of public policy in the West African possessions of Her Hajesty.
I hâve, etc.
Eluah Helm, Secretary.
Liverpool Chamber of Commerce to Colonial Office.
TUADE IX SPIRITS WITH WeST AkRICA.
Liverpool, May 30, 1896.
SlR,
The Committee of the African trade section of this Chamber bave carefully considered the letter from your Department on the above subject, dated lOth Harch last, and the Mémorandum transmitted therewith. In compliance with your request for Iheir observations and suggestions on thesubjectsofboth, they direct me to hand you the following report, which refers to your letter, section by section, and to some points in the mémorandum. I am rcspectfully to ask that both you and Her Majesty's Government will give their most careful considération to the report.
1. Extent of spirit trade. — The extent of the liquor trade is sufficiently shown by the
» Cette question a été examinée à la Conférence de Bruxelles, et je ne puis que vous renvoyer aux Protocoles n» 16 et n* 19 des documents parlementaires de l'époque, qui contiennent les discussions relatives à cet objet. Il paraît que dans le Togoland il existe des règlements qui permettent aux autorités allemandes de confisquer toutes les boissons alcooliques contenant des matières nuisibles à la santé. »
La Chambre est d'avis que toutes les dispositions raisonnables qui assureraient l'importation de spiritueux de bonne qualité devraient être adoptées le plus promptement possible par les différents gouvernements coloniaux.
Je me permets d'ajouter que la Chambre désire exprimer ses remerciements à M. Chamberlain pour lui avoir fourni l'occasion d'étu* dier les diverses propositions qui ont été soumises au Secrétaire d'État sur cette importante question de politique générale dans les possessions de Sa Majesté dans l'Afrique occi-* dentale.
J'ai rhonneur, etc.
Eluah Helm, Secrétaire.
La Chambre de commerce de Liverpool au Colonial Office.
Comnercb des spiritueux dans l'Afrique occidentale.
Liverpool, 30 mai 1896.
Monsieur,
Le Comité de la Section du commerce africain de cette Chambrc'a examiné soigneusement la lettre de votre Déparlement en date du 10 mars dernier, et le mémoire y annexé. Satisfaisant à la demande que vous nous avez faite de présenter des. observations et des propositions au sujet de ces deux documents, le Comité me charge de vous communiquer le rapport suivant, qui répond k votre lettre, paragraphe par paragraphe, ainsi qu'à certains points du mémoire. J'ai l'honneur de vous prier respectueusement, ainsi que le Gouvernement de Sa Majesté, de vouloir bien examiner ce rapport avec la plus grande atten^ tion.
1. Étendue du commerce des spiritueux. — L'étendue du commerce des boissons alcoo-
slalistics published by the Colonial Governmenls.
' 2. Prosperity of West Aftican Colonies. — The gênerai prosperity and ivelfare of the British West African Colonies do not appear to suffer materially from the trade, judging by the progress of the colonies wherc not retarded by other causes, the annual statistics, and the évidence of the officiai and trading classes. The Committee hâve given ail the information they possess on thèse points, and if the Government needs further évidence, a more extended inquiry than that already instituted by the Secretary for the Colonies should beauthorised.as already recommended by the Committee of the African Trade Section of the Chamber (see page 10, report on trade in spirits, W. A.).
3. The mémorandum. — An important omission has been made from the mémorandum, viz., a table which should appear on page 116 (^) and which should show the proportionate value of trade in spirits to the value of olher merchandise imported into the territories administered by the Royal Niger Company. The value of the imports and exports at thèse territories is given in the Statistical Abstract, Colonial and Olher Possessions, U. K., No. 33, page 331. It is remarked, on page 74 of the mémorandum, that the Royal Niger Company did not import any trade spirits in 1894. This was owing to the fact tbat their imports of such in 1893 were unusually large. Attention is drawn to thèse points (1) because it is claimed for the Company that they restrict the trade in spirits in their territories, which is only in part true, and (3), to prevent misunderstanding as to the rcal attitude of the Royal Niger Company towards that trade in comparison with others. The Royal Niger Company compete, as far as possible, in the pagan countries of the Delta with traders from the Niger Coast Protectorate ; but they hâve agreed, or been bound, not to introduce spirits amongst the Mussulman populations of the Central Soudan, who, however, in gênerai, are said not to consume spirits.
K*) This table has now been supplied.
liques est suffisamment mise en lumière par les statistiques qu'ont publiées les gouvernements coloniaux.
3. Prospérité des colonies de l'Afrique occidentale. — Il ne semble pas que la prospérité générale et le bien-être des colonies anglaises de l'Afrique occidentale ait à souffrir sensiblement dudit commerce, si Ton en juge par le progrès de ces colonies là où il n'a pas été retardé par d'autres causes, et si Ton en croit les statistiques annuelles et les témoignages des fonctionnaires et des commerçants. Le Comité a fourni toutes les informations qu'il possédait ù cet égard. Si le Gouvernement avait besoin de renseignements complémentaires, il devrait autoriser une enquête plus étendue que celle qui a déjà été ordonnée par le Secrétaire d'Etat pour les colonies, conformément aux conclusions du Comité de la Section du commerce africain de la Chambre (voir rapport sur le commerce des spiritueux).
3. Le mémoire. — Un document important a été omis dans le mémoire, à savoir une table qui eût dû figurer à la page 116 (t) et qui eût montré la valeur proportionnelle du commerce des spiritueux et la valeur des autres marchandises importées dans les territoires administrés par la Compagnie royale du Niger. La valeur des importations et exportations dans ces territoires figure au a Statistical Abstract », Possessions coloniales et autres, U. K., n* 32, page 331. On fait remarquer, à la page 74 du mémoire, que la Compagnie royale du Niger n'a pas importé de spiritueux de traite en 1894. Ce fait est dû à ce que les importations de spiritueux avaient été exceptionnellement considérables en 1893. Il convient d'attirer l'attention sur ces points : 1*» parce qu'on invoque parfois en faveur de la Compagnie les restrictions qu'elle impose au commerce des spiritueux dans ses territoires, » ce qui n'est vrai qu'en partie, et 3" pour empêcher les malentendus concernant l'altitude réelle de la Compagnie royale du Niger à l'égard de ce commerce par rapport aux' autres. La Compagnie royale du Niger fait la concurrence, autant qu'elle le peut, dans les régions païennes du Delta aux traficants du protectorat de la Côte du Niger; mais elle a consenti ou s'est engagée à ne pas introduire de spiritueux parmi les populations musulmanes du Soudan central, qui passent en général pour ne pas consommer de spiritueux.
(*) Cette table y a été ajoutée depuis.
Mémorandum, pages 70 and sqq. — The remarks on thèse pages of the mémorandum are convincing on the point tbat one system of gallonage and compilation of returns should be adopted in ail the West African Colonies, otherwisecomparisonsmay be madc on somewhat mistaken grounds or only at great loss of time. The impérial gallon should be subslituted for the old wine gallon, whcre the latter is in use, and the Committee undersland that steps are being taken aiready in this direction by the Législature of the Gold Coast Colony.
Mémorandum, pages 80, and 82. — The mémorandum hère records that « Tlie BrUish Dulies (previous to 1893) being about five limes as high as the German, il was found that the Quittah trade was being attracled to Togoland, and that the Colony (Gold Coast) was being injured by smuggling. » This has been pointed out by Mr. Hesketh Bell and by the Committee, and is the very effect which low I'>ench duties at Porto Novo (French Dahomey) as compared with high British duties at Lagos, are likely to hâve upon the trade and colony of Lagos* Thèse duties, which are at présent about Gd. per gallon at Porto Novo, against is. per gallon as lately advanced at Lagos, should be assimilated. The trade on the Eastern side of the Niger Coast Protectorate and the administration of the Protectorate will be similarly, though in a less degree, atfected by the différence between the duty levied in the Protectorate, where it is now is. per gallon, and at the Cameroons where it is about 9 V^d. per galion (see Report of Committee, page 49). Attention may be drawn hère to the following remarks of the British Minister at the Brussels Conférence on such a position of affairs, viz., u the évident resuit ofunequal application would be to create a contraband trade ruinons io those administrations who conscientiously levy the duty. yi
Mémorandum, A.L Appendix. — The tables in this Appendix bear out the statement of the Committee that as the Colonies become oldcr, and as civilization progresses, the proporlionate value of trade spirits to the total value of other imports decreases, and allowing for slight discrepancies arising from the différent Systems of gallonage and compilation of returns, the statements in the mémorandum agrée with those in the report of the Committee.
Mémoire, pages 70 et suivantes. -* Les: remarques contenues dans ces pages du mémoire prouvent la nécessité d'adopter un système unique de mesure et de statistique dans toutes les colonies de l'Afrique occidentale, ce qui évitera des comparaisons reposant sur des bases plus ou moins erronées ou de nature à faire perdre beaucoup de temps. Le gallon impérial devrait être substitué à Told wine gallon, là où celui-ci est en usage, et le Comité sait que des projets en ce sens sont déposés déjà à la Législature de la colonie de la Côte d'Or.
Mémoire, pages 80 et 82. — Le mémoire rappelle ici que <c les droits anglais (antérieurement à 1892) étant environ cinq fois plus élevés que les droits allemands, le commerce de Quitta se trouva détourné au profit du Togoland, et la contrebande s'exerç4i au détiiment de cette colonie (Côte d'Or). » Ce fait a été signalé par M. Hesketh Bell et par le Comité, et les droits peu élevés établis à Porto-Novo (Dahomey français), si on les compare aux droits plus élevés établis à Lagos, semblent devoir exercer le même <^ffct sur le commerce de la colonie anglaise. Ces droits, qui s'élèvent à présent à 6 p. environ par ;;allon à Porto-Novo» tandis qu'ils ont été pori< s récemment à 3 s. à Lagos, devraient être ramenés au même taux. Le commerce dans la partie orientale du Protectorat de la Côte du Niger et l'administration du Protectorat seront aflfectés d'une manière analogue, quoiqu'à un degré moindre, par la différence entre le droit prélevé dans le Protectorat, où il est maintenant de 2 s. le gallon, et au Cameroun, où il est d'environ 9 ^/^ p. le gallon (voir Rapport du Comité, page 49). On croit devoir à ce propos appeler l'attention sur la remarque suivante, faite par le Ministre d'Angleterre à la Conférence de Bruxelles :
« Le résultat évident de l'application inégale des droits serait de créer un commerce de con* trebande ruineux pour les administrations qui j)rélèvent consciencieusement le droit. »
Mémoire, A. L Appendice. — Les tableaux de cet appendice justifient l'affirmation du Comité d'après laquelle, à mesure que les colonies deviennent plus anciennes et que la civilisation progresse, l'importance proportionnelle du commerce des spiritueux, par rapport à la valeur totale des autres importations, diminue. D'autre part, si l'on tient compte que certaines différences légères proviennent des différences qui existent dans les systèmes de mesure et de statistique, on verra que les chiffres du mémoire concordent avec ceux du rapport du Comité.
4. Revenue from duty on spirits. — The Commiltee agrée wilh Ihe Secretary for the Colonies in the abstract statemcnt thaï spirituous iiquor, « ifconsumed in excessive quantities by the native population (individually) must be most prejudicial to their health and welfare^
. and in the long run detrimcntal io the interests of commerce »; but it is submitted by the Commitlee ihat Ihc number of consumers must be approxîmalely ascerlained before the term excessive, as applied to any quanlity, can be justly used. Evidence on the point of individual consumplion differs very materially, the statements of traders and British officiais being at variance with tbose of Bishop Tugwell. it is necessary to repeat that mer-
^chants hâve a greater inlerest in the material prosperily of West Africa and the welfare of its population than'missionaries. Traders do not want to kill their customers, as that would destroy their trade.
The Brussels Conférence and Act. — The représentatives of the Powcrs at the Brussels . Conférence could notgenerally hâve seen any serious cause for alarm in the conditions of the spirit trade with West Africa, or they would assurediy hâve fixed a higher minimum duty than 15 francs per hectolitre (20gallons) of 50 degrees centigrade, or, in other words, about 6d. per gallon on spirits 10 degrees underproof (Sykes').
5. At this point, and referring also to paragraph 5, the Committee must express their surprise that the British Pienipotentiaries at the Conférence should be said to hâve proposed the imposition ofa duty of 10«. per gallon without consultation with merchants trading with West Africa; but they Ihink there must be some mistake in this statement, as they notice that Lord Vivian proposed 50 francs per hectolitre at 50 degrees centigrade, or about is. per gallon (see Protocols, page 35), which was reduced by the Conférence to the 6d. per gallon already named.They also notice his Lordship's sound remarks on same page with regard to the « natives of the coast, » to the effect that, ce the Conférence, whilst desiring to limit abuses^ must necessarily consider the existence ofthat want[\\z., of strong liquors], and the right of trade to supply it within reasonable limits. »
Articles XCL, XCIIL, XCIV., Brussels Act, — Thèse Articles are for ail practical
4. Revenu provenant du droit sur les spiritueux. — Le Comité admet en principe, avec le Secrétaire d'État pour les Colonies, que les boissons alcooliques, « si elles sont consommées en quantités excessives par les populations indigènes (individuellement) doivent être très préjudiciables à leur santé et leur bienêtre, et à la longue nuire aux intérêts du conimerce »; mais le Comité fait observer que le nombre des consommateurs doit être déterminé approximativement avant que le terme « excessives » puisse être employé sans exagération comme applicable dans Tespèce. Les témoignages au sujet de la consommation individuelle diffèrent beaucoup, les allégations des commerçants et des fonctionnairi's anglais étant en désaccord avec celles de révéque Tugwell. Il importe de répéter que les marchands ont un plus grand intérêt dans la prospérité matérielle de l'Afrique occidentale et dans le bien être de sa population que les missionnaires. Les commerçants n'ont aucune raison de tuer leurs acheteurs, car ils détruiraient leur commerce.
La Conférence et l'Acte de Bruxelles, — Les Représentants des Puissances à la Conférence de Bruxelles n'ont pu voir une cause sérieuse d'inquiétude dans les conditions du commerce des spiritueuxavecl'Afriqueoccidentale, sinon ils auraient certainement fixé un droit minimum plus élevé que 15 francs par hectolitre (20 gallons) à SO^ C, ou, en d'autres termes, environ 6 p. par gallon sur des spiritueux à 10** au-dessous du « proof » (Sykes).
5. A ce point de vue, et en se référant également au paragraphe 5, le Comité ne peut se dispenser d'exprimer la surprise qu'il a éproi^vée en apprenant que les Plénipotentiaires anglais à la Conférence avaient proposé d'imposer un droit de 10 s. le gallon sans consulter les marchands en relations d'affaires avec l'Afrique occidentale; mais il pense qu'il doit y avoir une erreur dans ce chiffre, puisque Lord Vivian a proposé 50 francs par hectolitre à 50® C, ou environ 2 s. le gallon (voir Protocoles), chiffre qui fut réduit par la Conférence aux 6 p. précités. Il note également ces sages remarques faites par Sa Seigneurie concernant les « indigènes de ta côte » : « La Conférence, tout en désirant limir ter les abus, doit nécessairement tenir compte de l'existence de ce besoin [de liqueurs fortes] et du droit du commerce d*y satisfaire dans des limites raisonnables ».
Articles XCl, XClll, XCIV de l'Acte de Bruxelles. — Ces articles sont sans utilité
purposes useless. Low spirtt dutics prevail on many parts of the coast, and spirits are carried from niost points into the zone defined in Article XC. Unless the Powers ail act a with loyal concuirence », the entry of alcoholic liquors into the zone cannot be materially restricted. The inland frontiers o( the foreign Protectorales are too ili defined and unprotected for the Powers lo détermine the limits of zones of prohibition, and tlie Powers are unable, except in very limited areas, to prohibit the distillation of liquors, or the making of fermented liquors, or to impose the excise duty mutually agreed upon. In great tracts of country adjacent to the foreign colonies, there is not even a foreign résident, much less a staff of excise ofiicers.
Article XCIL — The sixth year after the passing of the General Act having expired, a fresh conférence should be held, to consider the results of the action taken in that period in regard to the spirit tarifTs, and to bring, if possible, the foreign duties up to the comparatively high level of duties reached in the British Colonies and Protectorales.
Duties in Possessions on the West Coasl. — In connection with the last paragraph referring to Article XCII. of the Brussels Act, and with mémorandum, table D 2, page 106, it must be said that the inferences to be drawn from the table will be misleading, unless the allowances to be made in the case of certain foreign duties for underproof be indicated. At the Ivory Coast, and the Cameroons, a large allowance is made for underproof. Apart from this matter, it will be noted from the tables that the duties at Porluguese and French Guinea are very low compared with those at Sierra Leone, wherc the allowance for underproof, which served before to approximate the several duties, was abolished on the ist January last. The position of Lagos in relation to French Dahomey and of the Niger Coast Protectorate, in relation to the Cameroons and the territories of the Royal Niger Company, bas been commented upon aU ready.
aucune dans la pratique. Des droits peu élevés sur les spiritueux se rencontrent généralement en plusieurs points de la côte, et les boissons alcooliques sont importées de la plupart de ces points dans la zone déterminée à Farticle XC. A moins que les Puissances n'agissent toutes « avec une concurrence loyale », l'entrée des boissons alcooliques dans ladite zone ne peut pas être matériellement entravée. Les frontières intérieures des protectorats étrangers sont trop mal définies et trop mal protégées pour permettre aux Puissances de fixer les limites de zones de prohibition, et celles-ci sont incapables de de défendre, sauf dans des régions très restreintes, la distillation de boissons alcooliques ou la fabrication de liqueurs fermeatées, ou d'imposer un droit d'accise établi de commun accord. Il existe de vastes territoires adjacents aux colonies étrangères où il n'y a pas même de résident; encore moins y rencontre-ton un corps de fonctionnaires des accises.
Article XCII. — Six ans après la ratification de l'Acte général, une nouvelle Conférence devrait se réunir pour étudier les résultats des mesures prises durant cette période concernant les tarifs des >piritueux, et pour augmenter, si possible, les droits étrangers jusqu'au niveau relativement élevé des droits atteints dans les colonies et protectorats anglais.
Droits d^entrée dans les possessions de la côte occidentale. — En ce qui concerne le dernier paragraphe se rapportant à l'article XCII de l'Acte de Bruxelles, et le Mémoire, tableau D 2, page 106, il y a lieu d'observer que les conclusions tirées de ce tableau manqueront d'exactitude, si l'on n'indique pas les réductions à faire pour certains droits étrangers sur les boissons au-dessous du « proof ». A la Côte d'Ivoire et au Cameroun, on fait une réduction importante pour les spiritueux de cette catégorie. De plus, ou verra par les tableaux que les droits dans la Guinée portugaise et française sont très minimes en comparaison de ceux de Sierra- Leone, où la réduction pour les boissons audessous du «proof», qui servait autrefois à évaluer approximativement les différents droits, fut abolie le 1** janvier dernier. La situation de Lagos par rapport au Dahomey français et celle du Protectorat de la Côte du Niger, par rapport au Cameroun et aux territoires de la Compagnie royale du Niger, a été examinée déjà.
6, 7, 8 and 9. — The gênerai Irade of Ihe Gambia bas diminished as well as its spirit trade, owing to various causes, one amongst them being the limitation of theBritish spbere of influence by French acquîsilion. Tbe gênerai trade of Sierra Leone lacks expansion ft*om the same cause. In botb the proportionàte value of trade spirits to the value of other imports is reduced, for reasons given on pagesSO and sqq. of the Committee's Report. At the Gold Coast and Lagos the spirit trade bas increased — the population traded ivith being rude, and having at the outset few wants — togelber witb the rubber and other tradcs; but in ail the Colonies the proportionàte value of trade spirits imported to the value of other imports has decreased, because the civilised comrounities are growing. As thèse communitics consist principally of natives, there seems to be no ground for the outcry as to the dégradation and destruction of the negro race. (Sec Report Brussels Conférence, page 29.) Other causes than the spirit trade, which the Committee need not discuss, hâve induced dégradation, and led to much loss of life.
10 and H. — The remarks in paragraph H on the subject named in paragraph 10 are carefully noted by the Committcc. The Committee bave lookcd in vain in the statements made by Bishop Tugwell for the facts as to drunkenness and its eflects which bave corne under bis person^l observation. In the absence of such facts, they conclude that the Bishop of Equatorial Africa expresses bis fears rather than bis actual expériences. As to tbe expériences of Captains Lugard and Binger, botb bave seen little of the British West African Colonies. The former undertook a mission in the Mohammedan countries of the Niger, where, exccpt by some of the great chiefs, spirits are not oflered to guests or drunk. The latter travelled from Sénégal to the French Ivory Coast, through countries where foreign spirits are almost unobtainable. On the other hand, tbe authorities quoted by the Committee, such as Sir Brandford Gritfith, Sir Claude Macdonald, Mr. Hodgson, and Mr. Hesketh Bell, ail dwelt in the British Colonies and
6, 7, 8 e/ 9. — Le commerce général de la Gambie a diminué aussi bien que son commerce de spiritueux, et cela pour diverses causes, dont Tune est la réduction de la sphère d'influence britannique par suite d'acquisitions françaises. Le commerce général de Sierra-l..eone manque d'expansion à raison du môme fait. Dans ces deux régions, la proportion de la valeur du commerce des spiritueux comparée à celle des autres importations a diminué, pour les raisons indiquées aux pages SO et suiv. du rapport du Comité. A la Côte d'Or et à Lagos, il est vrai, le commerce des spiritueux s'est accru, — la population avec laquelle se fait le commerce étant grossière et ayant au début peu de besoins, — en même temps que le commerce du caoutchouc et d'autres articles s'y est développé ; mais dans toutes les colonies, la proportion de la valeur du commerce des spiritueux importés et de celle des autres importations a diminué, parce que les communautés civilisées sont en voie de développement. Comme ces communautés se composent principalement d'indigènes, il semble ne pas y avoir de motifs pour parler de démoralisation et de destruction de la race noire. (Voir rapport de la Conférence de Bruxelles.) D'autres causes, que le Comité n'a pas à discuter ici, ont, en dehors du commerce (les spiritueux, amené cette démoralisation et occasionné la mort d'un grand nombre d'individus.
10 ef 11. — Le Comité a soigneusement pris note des remarques faites au paragraphe 11 au sujet du paragraphe 10. Il a cherché en vain dans les allégations de l'évéque Tugwell les faits d'ivrognerie que ce dernier aurait eu l'occasion d'observer et les conséquences qui en découlent; il doit en conclure que l'évéque de l'Afrique équatoriale exprime ses craintes plutôt qu'il ne donne le résultat de ses récentes observations. Quant aux témoignages des capitaines Lugard et Binger, tous deux ont vu peu de chose des colonies anglaises de l'Afrique occidentale. Le premier a entrepris une mission dans les régions mahométanes du Niger, où, sauf chez quelques grands chefs, on ne consomme pas de spiritueux et l'on n'en oflre pas à ses hôtes. Le second a voyagé du Sénégal à la Côte d'Ivoire, à travers des pays où il est presque impossible de se procurer des spiritueux étrangers. Mais il en est autrement des autorités citées par le Comité, telles que Sir Brandford Griffith, Sir Claude Macdonald, M. Hodgson et M. Hesketh
Protectorates.and theirstatements are supporled by those of many respectable traders. The présent Govemor of the Gold Coast testifies that be bas witnessed iittle drunkenness in the course of long journeys through tbat colony and its hinterlands^
12. — Tbe statistics used by the Committee Avere obtained from the Colonial Office and Colonial Governments. The corrections that hâve to be made in the returns from some colonies, on acconnt of différent Systems of galionage, etc., do not al ter the conclusions arrived at by the Committee, after a careful study of the statistics of the trade. It is a fact that the spirits imported are very widely distributed amongst enormous populations, and the cost of foreign spirits prevents their extensive use by the poorer natives, whose purchasing power is small. The drunkenness of this class is doubtiess largely the resuit of imbibing native fermented liquors. As to the spirits imported, they are not falsified or adulterated, as conjectured by Lord Vivian (Brussels Conférence, page 73). They are generally, as stated by the German Plenipotentiary, Mr. Gohring, on behalf of the German Government, « absolutely pure, and fret from any injurions ingrédient. » Mr. Gohring further stated, « That the production ofalcohol (in Germany) takes place on a large scale and in accordance with ail the latest improvements, and that the export is in the hands ofmerchants tvho, by their integrity and high position, areraised above theaccusation of dishonest practices. »
13. — it is true that most of the spirits imported into West Africa are made by foreign manufacturers, whose compétition with British manufacturers is the more successful because of the advantage they enjoy under foreign export bounty Systems. Nevertheless, thèse spirits are largely imported into the colonies by Britisb merchants, wbo bave to compete in trade with one another and with foreign rivais in the Britisb colonies. Thèse British merchants assert on the one hand that they cannot transact business with tbe natives unless they are able to ofier them cheap spirits against a portion of the native produce, and on the other hand that, unless the spirit duties
Bell ; tous ces hommes sont allés dans les colonies et les protectorats anglais, et leurs témoignages sont confirmés par ceux de beaucoup de commerçants respectables. Le gouverneur actuel de la Côte d'Or atteste qu'il a vu peu d'ivrognes dans le cours des longs voyages qu*il a faits à travers cette colonie et les régions comprises dans son hinterland.
12. — Les statistiques consultées par le Comité ont été obtenues du Colonial Office et des gouvernements coloniaux. Les corrections qui doivent être faites dans les tableaux officiels de certaines colonies, à cause des différents systèmes de mesure, etc., ne modifient pas les conclusions auxquelles il est arrivé, après une étude attentive des statistiques commerciales. C'est un fait établi que les spiritueux importés sont distribués parmi les populations très denses de l'intérieur et que le prix des spiritueux étrangers ne permet pas aux indigènes pauvres, dont les moyens d'achat sont restreints, de s'en procurer de grandes quantités. Il est hors de doute que r'ivrognerie dans cette classe de la population est principalement le résultat de l'absorption de liqueurs fermentées indigènes. Quant aux spiritueux importés, ils ne sont ni falsifiés ni adultérés, comme l'a supposé l^rd Vivian (Conférence de Bruxelles), ils sont généralement, comme l'a affirmé, au nom de son Gouvernement, le plénipotentiaire allemand, M. Gohring, absolument purs, et exempts de substances nuisibles. M. Gohring déclara de plus, que la production de l'cUcool (en Allemagne) a lieu sur une large échelle et en suivant les derniers progrès de l'industrie, et que l'exportation de ce produit se trouve entre les mains de marchands que leur honnêteté et leur haute position mettent à l'abri de toute accusation de pratiques inavouables.
13. — Il est vrai que la plupart des spiritueux importés dans l'Afrique occidentale sont fabriqués par des industriels étrangers, dont la concurrence avec les industriels anglais a d'autant plus de succès qu'ils jouissent de l'avantage que leur fournit le système des primes d'exportation. Quoi qu'il en soit, ces spiritueux sont importés en assez grandes quantités dans les colonies par des marchands anglais, qui dans les colonies anglaises ont à lutter non seulement entre eux, mais encore avec leurs rivaux étrangers. Ces marchands anglais prétendent qu'il leur est impossible de faire des affaires avec les indigènes, s^ils ne peuvent leur offrir des spiritueux à bon
levied in the foreign colonies are assimilated wilh the British duties, much of their olber (rade will eventually be divcrted to the foreign colonies, wUh a corresponding loss to British commerce and revenue. The place of manufacture oftbe spirits, although an important factor, is secondary to the necessity for their supply.
14. — The récent altérations in duty will undoubtedly be followi^d by change in direction of trade, uniess the foreign Powers are prevailed upon to assimiiate their duties to those levied in the British colonies. The effect of the récent altérations should be very carefully watched.
15. — The duties levied should be in due proportion to the power of payment of the porsons laxed. The uncivilised natives of Africa cannot afford to buy high-priced goods.
16. Table C. I. — The returns under C. I., which are new to the Committee, aresimilar in many respects to those under A. I. Appendix. They show, like the latter, a grealer or less proportion of trade in spirits to Ihetrade in other merchandisc, according as the countries are less or more civilised. In French Guinea the proportion is about one-eighth of the whole, and at the Ivory Coast about oneeighth, against one-seventh at the Gold Coast. In Togoland and Dahomey the proportion is one-third, against less than one-fifth at Lagos, and at the Camcroons, one sixth, against onefourth in the Niger Coast Protectorate.
17. — The Committee do not object to a limitation of the traffic in spirits which can be secured wilhout injury to other legitimate trade. They say to other legitimate trade, since they hold that the spirit trade, when conducted in a proper manner, is as legitimate in West Africa as it is in Great Britain. Ail trade with Africa is now being conducted under great difficulty and at small profit, as the récent important failures indicate. The fall in the price of native produce is one of the causes of this difficulty, the keen compétition amongst merchanls is another, and the rapid advauce
marché en échange d'une partie de leurs produits. Ils ajoutent qu'ù moins que les droits sur les spiritueux prélevés dans les colonies étrangères ne soient assimilés aux droits anglais, une grande partie de leur commerce sera éventuellement attirée vers les colonies étrangères, ce qui entraînera une perte correspondante pour le commerce et les revenus britanniques. Le lieu de fabrication des spiritueux est un facteur assurément important, mais néanmoins secondaire, étant donnée la nécessité de se les procurer.
14. — Les récentes modifications du taux des droits seront incontestablement suivies d*un changement dans la direction du commerce, à moins qu'on ne puisse amener les Puissances étrangères à assimiler leurs droits d'entrée à ceux qu'on prélève dans les colonies anglaises. Il y a lieu d'étudier soigneusement TefTet des modifications dont il s'agit.
15. — Les droits prélevés devraient être proportionnés exactement aux ressources des personnes sur qui ils retombent. Les indigènes non civilisés de l'Afrique ne sont pas en état d'acheter des marchandises coûteuses.
16. Tableau C. /. — Les chiffres officiels du tableau C. L, qui sont nouveaux pour le Comité, ressemblent à beaucoup d'égards à ceux qui figurent sous le litt. A. L de l'appendice. Ils montrent, comme ces derniers, que la proportion entre le commerce des spiritueux et celui des autres marchandises est plus ou moins grande, suivant le degré de civilisation des populations en cause. Dans la Guinée française, la proportion est d'environ un huitième du total, et à là Côte d'Ivoire également un huitième, tandis qu'elle est d'un septième à la Côte d'Or. Dans le Togoland et le Dahomey, la proportion est dun tiers; elle est de moins d'un cinquième ù Lagos, et au Cameroun d'un sixième, tandis qu'elle est d'un quart dans le Protectorat de la Côte du Niger.
17. — Le Comité n'a pas d'objections à faire ù un système de restriction du trafic des spiritueux qui ne léserait pas les autres opérations légitimes. Il dit « les autres opérations légitimes », parce qu'il estime que le commerce des spiritueux, lorsqu'on s'y livre honnêtement, est aussi légitime dans l'Afrique occidentale qu'il l'est en Grande-Bretagne. Toutes les transactions avec l'Afrique comportent actuellement de grandes difficultés et ne laissent qu'un petit profit, comme le prouvent les faillites récentes. Labaissement du prix des produits indigènes est une des causes de ces
of tfae spirit duttes is a third cause. It will be seen that by the fall in the price of produce, and by the advance in the price of spirits, even the gains of the natives are reduced, and the struggle for profitable barter is intensified.
(I.) The Committee do not approve of tbis suggestion, ivhicb would create monopolies in favour of the large and wealthy traders, and would be ruinous to the small traders, upon whose exertions as a body, no less than upon the efforts of the large capitalist, the dcvelopment of the resources of the colonies dépend.
(II.) The Committee protest strongly against monopolies of every sort. The élément of individual profit being eiiminated, trade would languish everywhere. The small nessof the trade done in the territories of the Royal Niger Company, as compared with the large trade of the Niger Coast Protectorate and Lagos, is an instance of what a monopoly effects compared with free trade.
(III.) High duties, if universa! on the coast, would limit the trade, and probably not advance much the Government revenues. High duties, in British colonies only, will drive the trade, and, with it, the revenue, to the foreign settlements.
18. — Foregoing expressions of opinion furnish a comment upon this observation.
19 atid 20. — High duties on the coast would doublless slimulate the production of native fermented drinks, which are made everywhere, and from which much drunkenness arises, even in the Eastern Soudan, amor.gst Mohammedans, as lately recorded by Slatin Pasha. The désire for spirits probably bas its origin in the taste already acquired for native fermented drinks, and where the désire is inordinate, distilled spirit may gratify that taste more effectually than the native drinks. The science of distillation, if not already much known or practised, would speedily be fostered by those whose interests would be better served in that way than by paying high duties on imported spirits.
21. — The latter part of answer to 17 (IH.) bears on this point.
difficultés, l'âpreté de la concurrence parmi les marchands en est une autre, et la progression rapide des droits sur les spiritueux en est une troisième. On comprendra aisément que rabaissement du prix des produits et l'augmentation du prix des spiritueux doivent avoir pour effet de réduire les gains des indigènes eux-mêmes et de rendre plus intense la concurrence commerciale.
(I). Le Comité n'approuve pas la proposition de créer des monopoles en faveur de commerçants importants et riches; on ruinerait ainsi les petits négociants, dont les efforts réunis ne contribuent pas moins que ceux des grands capitalistes au développement des ressources des colonies.
(II). Le Comité proteste énergiquement contre toute espèce de monopoles. L'élément de profit individuel étant éliminé, le commerce languirait partout. Le peu de développement du commerce dans les territoires de la Compagnie Royale du Niger, comparé au commerce important qui se fait dans le Protectorat de la Côte du Niger et à Lagos, est un exemple de ce que produit un monopole vis-à-vis du commerce libre.
(III). Des droits élevés, établis partout à la côte, limiteraient les transactions sans trop augmenter probablement les revenus du Gouvernement. Établis dans les colonies anglaises seulement, ils détourneront le commerce et. avec lui, les revenus, au profit des colonies étrangères.
18. — Les opinions exprimées précédemment viennent à Tappui de cette observation.
19 et 20. — Des droits élevés perçus à la côte stimuleraienl incontestablement la production des boissons fermentées, fabriquées partout dans le pays. Comme l'a déclaré récemment Slatin Pacha, elles engendrent très souvent l'ivrognerie parmi des Mahométans, même dans le Soudan oriental. Le besoin de spiritueux a probablement son origine dans le goût des naturels pour les boissons fermentées indigènes; là où ce besoin est immodéré, les spiritueux distillés sont mieux à même de satisfaire ce goût. Le procédé de la distillation, quoique peu connu ou peu pratiqué jusqu'à ce jour, ne tarderait pas à se répandre parmi les indigènes qui préféreraient y recourir que de payer des droits très élevés pour des spiritueux importés.
21. — La dernière partie de la réponse au 17 (III.) porte sur ce point.
22. — This opinion is confirmed by expe* rience, and by the observation of Lord Vivian ai the Brussels Conférence (sec paragraph 3).
24. IV. — The licensing Systems of the différent colonies should be examined and compared and more uniformity adopted.
25, 26 and 27. — The Committee hâve aiready recommended that spirits should be purchascd in the colonies and sent to England for analysis (see Report, page SI, 4). As to the purity of German (Hamburg) spirit, see paragraph 12. The other source of suppiy is Rotterdam.
In conclusion, the Committee bave considered it désirable to print this, their second Report on the subject of the spirit trade with West Africa, and in order that their observations and suggestions may be the better understood, they bave appended to the same a copy of the letter from the Colonial Office to which this second Report is their reply.
Thomas H. Barker, Sea^etary.
Foreifjn Office to Colonial Office,
Foreign Office, June S, 1896.
SlR,
I am directed by the Secretary of State for Foreign Affairs to transmit to you, to be laid before the Secretary of State for the Colonies, the accompanying copy of a Despatch on the subject of the duty on spirits in West Africa.
I am, etc.
H. Percy Anderson.
Enclosure.
Berlin, May 31, 1896.
Hy LoRn,
I hâve the honour to enclose herewith copy of a note, which, in accordance with the instructions conveyed to Her Majesly's Am-
22. — Cette opinion est confirmée par l'expérience et par l'observation de Lord Vivian à la Conférence de Bruxelles. (Voir paragraphe 3.)
24. IV, — Les systèmes de licences des différentes colonies devraient être examinés et comparés et Ton devrait y mettre plus d'uniformité.
241, 26 et 27. — Le Comité a déjà recommandé que des spiritueux fussent achetés dans les colonies et envoyés en Angleterre pour y être analysés (voir Rapport, page 51, 4). Quanta la pureté de l'alcool allemand (Hambourg), voir paragraphe 12. L'autre source d'approvisionnement est Rotterdam.
Comme conclusion, le Comité a cru qu'il était désirable d'imprimer ce second rapport concernant le commerce des spiritueux avec l'Afrique occidentale, et afin que ses observations et propositions fussent mieux comprises, il a annexé à celui-ci une copie de la lettre du Colonial Office, à laquelle la présente fait suite.
J'ai l'honneur, etc.
Thomas H. Barker, Secrétaire.
Le Foreign Office au Colonial Office.
Foreign Office, 5 juin 1896.
Monsieur,
Je suis chargé par le Secrétaire d'État pour les Affaires Étrangères de vous transmettre, avec prière de la communiquer au Secrétaire d'État pour les Colonies, la copie d'une dépêche au sujet du droit d'entrée sur les spiritueux dans l'Afrique occidentale.
Je suis, etc.
H. Pekcy Anderson.
Berlin, 31 mai 1896.
MlLORI),
J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint la copie d'une note que, conformément aux instructions transmises à l'Ambassadeur de Sa >
bassador in your Lordship's Despatch, No. 80, Africa, of tbe 18th instant, 1 addressed yesterday to Baron Von Marachall, with re^pird to the proposed simultaneous raisîng of the ispirit duties on the West African Littoral.
I bave, etc.
Martin Gosselin.
Berlin, May 30, 1896.
MoNSiRUR LE Baron,
In accordance with instructions which I bave received from the Harquess of Salisbury I bave tbe honour to inform your Excellency that HerMajesty*s Government, impressed with the importance of furtber action in regard to the liquor traffic in West Africa, bave recently raised the import duties in the countries under their control in which a comparatively low duty bas hitherto been imposed.
The duty now raised in British territories amounts to 3«. a galion, in Sierra Leone and in the portion of the Gold Coast west of the Voita, 9 ^Ud, a gallon, in the castern portion of that Colony, "is. a gallon in Lagos, the Niger Protectorate, and tbe Gambia Colony.
Her Majesty's Government are aware that the feeling on the subject which exists in Great Britain is fully shared in Germany, and they hope that the Impérial Government will be ready to give the co-operaiion which is necessary for an effective control over importation of spirits.
I a m furlher to observe that Mr. Chamberlain's attention has been called to the statement made by Dr. Kayscr on the 13th of March last during the discussion of the Colonial estimâtes for 1896-97 in the Reichstag to the effect that the Impérial Government « are » ready to do cvcrything possible by interna- )) tional agreement to limit the importation » of spirits. We could only accept an inter- » national agreement if German goods were » treated in ail foreign territories and colo- » nies on exactiy the same footing as native » produce, and when ail differential treat- » ment of goods of German origin is abo- » lished ».
Majesté par la dëpôehe de Votre Seigneurie, n* 80, Afrique, du 18 courant, j*ai adressée hier au baron de Marscbafl, au sujet de la proposition d'augmentation simultanée des droits sur les spiritueux, le long de la côte occidentale d'Afrique.
J'ai l'honneur, etc.
Martin Gosselin.
Berlin, 30 mai 1896.
Monsieur le Baron,
Conformément aux instructions que j'ai reçues du Marquis de Salisbury, j'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que leGouvernementde Sa Majesté, comprenant l'importance des mesures à prendre au sujet du trafic des spiritueux dans l'Afrique occidentale, a récemment élevé les droits d'importation dans les régions qui sont sous son contrôle et dans lesquelles un droit, comparativement peu élevé jusqu'à présent, a été imposé.
Le droit, tel qu'il est établi actuellement dans les territoires anglais, s'élève à 3 s. le gallon à Sierra-Leone et d ns la partie de la Côte d'Or à l'ouest de la Volta, à 9 3/^ p. le gallon dans la partie orientale de cette colonie, à 3 s. le gallon à Lagos, dans le protectorat du Niger et dans la colonie de Gambie.
Le Gouvernement de Sa Majesté n'ignore pas que le sentiment professé en Angleterre à cet égard est complètement partagé en Allemagne, et il espère que le Gouvernement Impérial se montrera disposé à accorder la coopération nécessaire à l'établissement d'un contrôle effectif sur l'importation des spiritueux.
Je dois faire observer de plus que l'attention de M. Chamberlain a été appelée sur la déclaration faite au R<Mchstag par le D''Kayser, le 13 mars dernier, au cours de la discussion du budget des Colonies pour 1896-97 etd'après laquelle le Gouvernement Impérial « est prêt à conclure n'importe quel arrangement international pour limiter l'importation des spiritueux, mais ne pourrait accepter un arrangement international que si les marchandises allemandes étaient traitées dans toutes les colonies et possessions étrangères exactement sur le même pied que les produits indigènes et si tout traitement différentiel des marchandises allemandes était aboli. »
With regard to this statement I am desired by Lord Salisbury to point out that there is no differential trealment of goods of German orîgtn (nor indeed of goods of any nation) in the British West African colonies.
If the Impérial Government would consent to raise the spirit duties in Togoland to the équivalent of 3s. a gallon, the duties in the portion of the Gold Coast east of the Volta, in Lagos, in the Niger Coast Protectorate, and in the territories of the Royal Niger Company where the importation of spirits is still permilted, could be raised by Her Majesly's Government to the same level, and as the duties in Sierra Leone, in Libéria, on the Ivory Coast, and in the portion of the Gold Coast to the west of the Volta, hâve already attained that rate, there would be a very large stretch of coast, exlending from the northern boundary of Sierra Leone to the southern boundary of the Niger Coast Protectorate, along the whole of which the duty on spirits would not be less than 3^. a gallon.
Under thèse circumstances, I am desired by Lord Salisbury to ask your Excellency whetber the Impérial Government would be prepared so to raise the duties in the territories under their control as to bring them up to the level of those which hâve been imposed by Her Majesty's Government.
I avail, etc.
Martin Gosselin.
His Excellenqf Baron Von MarschalL
Glasgow Chamber of Commerce to Colonial Office.
Wkst African Liquor Traffic.
Glasgow, June 9, 1896.
Sir,
As acknowledged at the time, this Chamber had the honour to receive from the Hon. Sir R. H. Meade, Permanent Secretary of State for the Colonies, a letter of date lOth iMarch last, containing an epitome of a com-
A propos de cette déclaration, je suis chargé par Lord Salisbury d'insister sur ce fait qu'il n'y a pas de traitement différentiel pour les marchandises d'origine allemande (ni pour les marchandises d'aucune aulre nation) dans les colonies anglaises de l'Afrique occidentale.
Si le Gouvernement Impérial voulait consentir à élever les droits d'entrée sur les spiritueux dans le Togoland jusqu'au taux de 3 s. le gallon, les droits dans la partie de la Côte d'Or à l'est de la Volta, à Lagos, dans le Protectorat de la Côte du Niger et dans ceux des territoires de la Compagnie Royale du Niger où l'importation des spiritueux est encore permise, pourraient être élevés par le Gouvernement de Sa Majesté au même niveau, et comme les droits à Sierra-Leone, dans la République de Libéria, sur la Côte d'Ivoire, et dans la partie de la Côte d'Or à l'ouest de la Volta, ont déjà atteint ce chiffre, on obtiendrait ce résultat que sur une très grande étendue de côte, depuis la limite septentrionale de Sierra-Leone jusqu'à l'extrémité méridio^ nale du Protectorat de la Côte du Niger, le droit sur les spiritueux ne serait pas inférieur à 3 s. le gallon.
Lord Salisbury me charge, en conséquence, de demander à Votre Excellence si le Gouvernement Impérial serait disposé à élever les droits dans les territoires placés sous sa dépendance, de façon à les porter au même taux que ceux qui ont été établis par le Gouverne^ ment de Sa Majesté.
J'ai l'honneur, etc.
Martin Gosselin.
A Son Excellence le Baron de MarschalL
La Chambre de commerce de Glasgow au Colonial Office.
Le trafic df^ spiritueux dans l'Afrique occidentale.
Glasgow, 9 juin 1896.
Monsieur,
La Chambre de commerce a eu l'honneur de recevoir de l'honorable Sir R. H. Meade, Secrétaire d'État permanent pour les Colonies, une lettre datée du 10 mars dernier, lettre dont elle a accusé réception en son temps et conte-^
prehensive mémorandum prepared by your Department of the most récent information in its possession and statistics respecting the liquor trade in West Africa with other papers, and requesting the obsen^ations and suggestions thereon, and such information and advice as the Chamber might after fuli considération be able to afford.
With this view the Directors of the Chamber remitted the communication to their Committee on Foreign Affairs, who hâve had several meetings on the subject, and bave given it their most careful and attentive considération, reporling to the directors, by whose authority 1 now beg leave to reply that the Chamber desires to express sympathy with Her Majesly's Colonial Office in its efforts to grapplc with the difficulties connccted with the régulation of the liquor traffic on the West Coast of Africa, and rcspectfully to offer the following suggestions, viz. : —
(1.) That the Britlsh Government should continue to use its best efforts to maintain and make more effective the existing international régulations for the trade in question.
(!2.) That the Government should further exercise strict control over the liquor traffic in their own territories and Protectorates, endeavouring in so far as may be practicable to limit the quantity to be imported, and to supervise the quality, prohibiting the importation of deleterious spirit or spirit containing matter injurious to heallli ; and
.3 ) Further that Her Majesty's Government should impose such a duty, if possible in concert with the other Powers interested, as will be restrictive in its effect and as uniform in amount as varying circumstances may permit.
The Foreign Affairs Committee of the Directors are authorised to say that it is the opinion of représentatives of the African trade in Glasgow that the trade in spirits with the Brilish West African Colonies is now an unimportant one to the distillers in this country, and that littlc or no profit to the British trader accrues from the trade per se^ and that the only reason for British traders dealing in spirits is that it is necessary to enable them as gênerai traders to compete on equal terms
nant,en même temps que d'autres documents, le résumé d'un mémoire complet rédigé par votre Département à l'aide des informations et des statistiques les plus récentes en sa possession concernant le commerce des spiritueux dans l'Afrique occidentale. Cette lettre demandait que la Chambre lui présentât des observations et des propositions à ce sujet, et lui communiquât les renseignements et avis qu'elle pourrait fournir après une étude approfondie.
A cet effet, les directeurs de la Chambre remirent la communication précitée entre les mains de leur Comité des Affaires Étrangères, qui s'occupa dans diverses réunions de la question, et la soumit à un examen des plus minutieux. Ce Comité présenta son rapport aux directeurs, qui m'ont charge de vous exprimer les sympathies de la Chambre de commerce pour les efforts du Colonial Office dans la lutte qu'il a entreprise en vue de résoudre les difficultés inhérentes à la limitation du trafic des spiritueux à la côte occidentale d'Afrique, et de vous présenter respectueusement les propositions suivantes :
(1) Le Gouvernement britannique continuerait à faire les efforts les plus sérieux pour maintenir et rendre plus (-ificace l'exécution des règlements internationaux existants, concernant le trafic en question.
(â) Le Gouvernement exercerait un contrôle des plus stricts sur le trafic des spiritueux dans ses propres territoires et protectorats en essayant dans la mesure du possible de limiter la quantité importée, d'en surveiller la qualité et de prohiber l'importation d'alcools dangereux ou contenant des matières nuisibles à la santé; et
(3) Enfin, le Gouvernement de Sa Majesté imposerait, autant que possible d'accord avec les autres Puissances intéressées, un droit, qui serait aussi restrictif dans ses effets et uniforme dans son chiffre que la diversité des circonstances le permettrait.
Le Comité Directeur des Affaires Étrangères est autorisé à dire que dans l'opinion des représentants du commerce africain à Glasgow le trafic des spiritueux avec les colonies anglaises de l'Afrique occidentale est actuellement sans importance pour les distillateurs de ce pays, et que le commerçant anglais ne recueille que peu ou pas de profit de ce trafic comme tel, mais que la seule raison qui l'oblige à s'y livrer est que ce trafic lui est nécessaire pour lui permettre, au point
with traders of other nations who include spirits as an item of their stock.
I bave, etc.
Donald Graham, Vice-President.
Fareign Office to Colonial Office.
Foreign Office, June 16, 1896.
SlR,
With référence to your letter of 4th ultimo, 1 am directed by the Secretary of State for Foreign Affairs to transmit to you, to be laid before the Secretary of State for the Colonies, the accompanying copy of a Despatch, respecting the proposed simultaneous raising of the duties on spirits in the West African possessions of Great Britain, Germany, and France.
1 bave, etc.
H. Përcy Anderson.
Enclosurb.
Paris, June 9, 1896.
Mt Lord,
1 bave the honour to transmit herewith to your Lordship copy of a note which, in accordance with the instructions contained in your .Lordship's Despatch of the 18th May, I havc addressed to Monsieur Hanotaux respecting the proposed simultaneous raising of the duties on spirits in the West African possessions of Great Britain, Germany and France.
I bave, etc.