The effect on the price of labour of gênerai manumission
In Mr. Hardinge's Report upon slavery in Zanzibar much dépends upon the probable number of slaves now lawfully held in ihe two islands. No exact information regarding the population is extant, and it may be thought that no results based on the rough estimâtes which bave to serve instead can be reliable. If it were sought to obtain exact results, Ihis would be true, but in the présent case little is aimed at beyond showing that the lowest estimate given in Mr. Hardinge's despatch exceeds by several times the highest number that can be made to accord with what is known of the conditions of the case. Further, it must be remembered that, in deducing small numbers from great ones, every error in the data is proporlionatcly diminished (i).
From a rough estimate, based on information given by Sir Lloyd Mathews, Mr. Hardinge concludes that about three-sevenths of ail the slaves now in the islands are lawfully held (p. 36, note). But this resuit must be wide of the truth because, as stated in the note just referred to, no death-rate bas been
(*) See the fool-note furthcr on.
Le Consul Smith au Comte de Kimberley.
Bilbao, le 26 mai 1895.
MlLORD,
En lisant la correspondance concernant Tesclavage à Zanzibar, récemment présentée au Parlement, j'ai remarqué dans les rapports de M. Hardinge certains points auxquels se rattachent d'importantes considérations que Fauteur semble avoir perdues de vue et qui, si Ton en tient compte, sont de nature à modifier considérablement ses conclusions. En raison des grands intérêts en jeu, je crois devoir soumettre ces considérations à Votre Seigneurie, tout en m'abstenant d'ouvrir un débat sur plusieurs autres conclusions de M. Hardinge auxquelles je ne puis souscrire, mais qui sont après tout affaire d'opinion. Je m'en tiendrai donc aux points qui me paraissent susceptibles de preuves. Il y en a trois :
1. Le nombre des esclaves légalement détenus en ce moment dans les îles.
2. Les conséquences qu aurait, au point de vue du Trésor, la réduction de la production des girofles.
3. Les conséquences d'un affranchissement général quant au prix de la main-d'œuvre.
Dans son rapport sur l'esclavage à Zanzibar, M. Hardinge attache une grande importance au nombre probable des esclaves légalement détenus aujourd'hui dans les deux îles. Il n'existe aucune statistique exacte de la population, et l'on pourrait croire que les résultats déduits d'évaluations approximatives qui doivent en tenir lieu ne peuvent inspirer confiance. Cela serait vrai si l'on avait pour but d'obtenir des chiffres précis. Mais dans le cas présent on ne cherche guère autre chose que de montrer que l'évaluation la plus basse donnée par M. Hardinge dépasse encore de beaucoup le chiffre le plus élevé que l'on peut admettre dans l'état actuel de la question. Il convient d'ailleurs de rappeler qu'on atténue dans une certaine mesure les chances d'erreur en concluant du plus au moins (t).
D'une évaluation approximative basée sur les données de Sir Lloyd Mathews, M. Hardinge conclut que les trois septièmes environ du nombre total des esclaves se trouvant actuellement dans les îles sont détenus légalement. Mais ce chiffre doit être fort éloigné de la vérité, car, ainsi que le constate la note
(*) Voir la note ci-dessous.
applied to the chiidren born in slavery since June 1873. Nor bas any rate of wastage been applied to those wbo, being in slavery before that date, had not yet attained the âge of parentage, and would, therefore, hâve suffered réduction in numbers before having any chiidren. The data on which Mr. Hardinge founds his calculations are to be found on p. 36 of the Parliamentary Print (« Africa No. 6, 1895 »).
He takes as the number nf survivors from Itie lime
before the Treaty of 1873 7,000
Since born in slavery 55,000
Surviving now.
He adds that there would be a second génération of slaves born in slavery, the chiidren of those born in slavery after June 1873, amounting to 1S,000 or 18,000, but does not include this number in the estimate. It will be seen that under this head there cannot at inost be more than a few score, because ail chiidren born after the fîrst January, 1890, are free, and at that date the eldest of the supposed parents could not bave been more than 16 Va y^^^ old.
With regard to the numbers which make the above total, I will not at présent criticize Sir L. Mathews' estimate that there are 7,000 slaves and freed slaves now living in the islands who were there before the Treaty. But with regard to the number since born, it may be observed that nothing approaching this number can now be surviving, because a very large death-rate bas steadily acted tirst on the parents and then on the chiidren. What was the rate of wastage for the whole body of slaves may be nearly found from the data given in Mr. Hardinge's despatch ; from the gênerai rate may be deduced a rate applicable to young people and chiidren; and it will then be easy, using the birth-rate suggested by Sir L. Mathews, to compute the probable number of chiidren born in slavery belween June 1873 and the Ist January, 1896, who are now surviving.
From p. 32 of the Parliamentary Paper it appears that Seyyid Barghash estimated the
susmentionnée, il n'a pas été tenu compte de la mortalité des enfants nés en esclavage depuis le mois de juin 1873. Il n'a pas été tenu compte non plus des déchets survenus parmi ceux qui, étant en esclavage avant cette date, n'avaient pas encore atteint l'âge de puberté et dont l'importance numérique se serait par conséquent trouvée réduite avant qu'ils eussent pu avoir des enfants. Les données qui servent de base aux calculs de M. Hardinge figurent à la page 36 du Document parlementaire « Africa n» 6, 1895 (^) ».
11 évalue le nombre des survivants de l'époque antérieure au traité de 1873 à 7,000
de ceux nés depuis en esclavage à . . . 55,000
Survivants actuels.
Il ajoute qu'il y aurait une seconde génération d'esclaves nés en esclavage, à savoir les enfants de ceux nés en esclavage après le mois de juin 1873, au nombre de 15,000 à 18,000, mais il ne fait pas entrer ce chiffre dans ses calculs. On verra que cette catégorie peut comprendre tout au plus quelques vingtaines d'individus, par la raison que tous les enfants nés après le 1^ janvier 1890 sont libres et qu'à cette date les plus âgés des parents supposés ne pouvaient avoir plus de 16 t/^ ans.
En ce qui concerne les chiffres composant le total ci-dessus, je ne veux point pour le moment critiquer l'évaluation de Sir L. Mathews suivant laquelle il y aurait actuellement dans les îles 7,000 esclaves et esclaves affranchis qui s'y trouvaient déjà antérieurement au traité. Quant aux esclaves nés depuis lors, je ferai observer qu'en aucun cas le nombre des survivants de cette catégorie ne peut être, à beaucoup près, aussi considérable, attendu qu'une mortalité intense a constamment sévi parmi les parents d'abord et parmi les enfants ensuite. La statistique des déchets pour la masse des esclaves peut être inférée d'une façon approximative des données contenues dans la dépêche de M. Hardinge ; de ce chiffre global on peut déduire un chiffre applicable aux jeunes gens et aux enfants; il sera facile alors, grâce à la moyenne suggérée par Sir L. Mathews pour les naissances, d'obtenir le nombre probable des enfants nés en esclavage entre le mois de juin 1873 et le 1^ janvier 1896 et actuellement encore en vie.
On verra à la page 32 du Document parlementaire (-) que Seyyid Barghash estimait la
(*) Documents relatifs à la répression de la traiu des esclaves, 1895, pp. 172 et 173. («) Idem, j). 162.
population of Zanzibar at 300,000, and that of Pemba at 100,000, of which two-thirds, or 266,000 were slaves. His esli mate agrées wilh thaï made by Sir Richard Burton in 1858, who rated the population (<) of Zanzibar at 300,000, and, with regard lo Pemba, said, « The population (â) is held to be half that of Zanzibar, but this appears a considérable exaggeraiion. » « The slaves (3) on Zanzibar Island areroughly estimated atlwothirds of the population; some traveliers increase the number to three-fourths. » Though Burton's estimate was made fifteen years before, I know of no reason why it should nol be looked on as corroboration of that made by Seyyid Barghash, and, indeed, Mr. Hardinge, under ail reserves, uses Barghash's estimate as a guide to the amount of the population and to the number of slaves in the islands at the signature of the Treaty in Junel873. Of the 266,000 slaves supposée! to hâve been then in the islands. Sir L. Âfathews estimâtes (p. 36) that there now only remain from 6,000 to 7,000 slaves and freed slaves. If in twenty-two years 266,000 slaves hâve been reduced to 7,000, tliere must hâve been an annual wastage through death, désertion, and kidnapping of 189 (*) in the 1,000, that is to say, that each year nearly one sixth of the existing slave population disappeared. This rate of wastage applies to the whole body of slaves, and, as I shall presently show, will require modification before it can be used to discover the probable number of surviving slave children, the problem which I will now discuss.
Sir L. Mathews, as I understand hîm, reckons (p. 36) that 35 children are born to every 100 slaves who attain the proper âge. As far as my judgment goes this is about true. It is clear that to obtain the number of births
(*) Burton's « Zanzibar ». vol. I, p. 342, g, v. for other estimâtes.
m Ibid., vol. II, p. 47.
(») Ibid., vol. I, p. 462.
(*) An error of 4,000 in the estimated number of survivors would make a différence of five and a-half in the rate of wastage; an error of 10,000 in the estimated original number of slaves would only make a diflference of one and a-half per 4,000. Very considérable changes in the data would therefore only slightly modify the results.
population de Zanzibar à 300,000 et celle de Pemba à 100,000, soit ensemble 400,000 habitants, dont les deux tiers, c'est-à-dire 266,000, étaient esclaves. Ces calculs concordent avec ceux faits en 1858 par Sir Richard Burton, qui évaluait la population (4) de Zanzibar à 300,000 habitants et disait, en parlant de Pemba : « La population (2) passe pour
atteindre la moitié de celle de Zanzibar,
mais ce chiffre paraît très exagéré. » « On évalue d'une façon approximative aux deux tiers de la population le nombre des esclaves(3)dans l'île de Zanzibar; quelques voyageurs portent ce chiffre aux trois quarts. » Bien que les calculs de Burton soient antérieurs de quinze ans, je ne puis m'em pécher d'y voir la confirmation de ceux de Seyyid Bargash, d'autant que M. Hardinge, tout en faisant ses réserves, se base sur ces derniers pour établir respectivement les chiffres de la population libre et «esclave dans les îles au moment de la signature du traité, c'est-à-dire en juin 1873. Des 266,000 esclaves censés présents à cette époque dans les îles, il n'en reste plus aujourd'hui, d'après les évaluations de Sir L. Mathews, que 6,000 à 7,000, y compris les esclaves libérés. Si, après 22 ans, le chiffre de 266,000 est tombé à 7,000, le déchet annuel résultant des décès, désertions ou enlèvements a dû être de 159 (*) pour mille, c'est-à-dire que chaque année environ un sixième de la population servile existante a disparu. Ce chiffre de déchets s'applique à l'ensemble de la population servile, et, comme je le montrerai tout à l'heure, il devra subir certaines modifications avant qu'il soit possible de l'utiliser pour établir le chiffre probable des enfants esclaves encore en vie, problème que je vais aborder maintenant.
Sir L. Mathews, si j'ai bien compris sa pensée, estime qu'il naît 35 enfants par 100 esclaves qui atteignent l'âge de puberté. Autant que je puis en juger, cette évaluation est exacte, ou peu s'en faut. Il est évident que
(*) Voir pour plus amples détails « Zanzibar », par Burton, vol. I, p. 342.
(«) ïbid., vol. II, p. 47.
(») IM., vol. I, p. 462.
(*) Une erreur de 1,000 dans le nombre des survivants donnerait une différence de 5 Vt dans la moyenne des déchets; une erreur de 10,000 dans révaluation primitive du nombre des esclaves donnerait seulement une différence de 4 */j pour mille. Il s'ensuit que même des changements notables dans les évaluations ne modifieraient que légèrement les résultats.
after Jnne 1873 this avcrage must not be applied directly to the whole body of slaves then held, for many had passed the reproductive âge, or, at least, had had their proportion of children. I should estimate that about half of the body of slaves might be reckoned as having their children yet to corne. That would make about 133,000 slaves below the reproductive âge in June 1873. Hr. Hardinge takes 5o,000 as a likely number of birlhs. Now, 5o,000 is 3o per cent, on 157,000, \vhich is ralher above my own estimate, but to avoid cven the appearance of partiality, I will adopt it for my computation.
Thèse 157,000 immature slaves were of ail âges, and would hâve been graduai ly growing up, so that their children would hâve been born at ail timcs between June 1873 and a future not very remote date when the last will hâve borne their children. It will be convenient to assume that ail their children will bave been born by June 1893, an assumption which sets as high as possible the number born in slavery. During the whole twenty-two years an inexorable death-rate lias been acting on both générations. Let us consider what death-rate it would be reasonable to adopt on the évidence before us, and then what would be its effect. We hâve seen that the annual gênerai rate of wastage of the slave population is about 159 per 1,000. But the rate of wastage of immature slaves is likely to be lower than that of the adult slaves, because although a grealer proportion would be kidnapped, and, where young children are in the case, a greater proportion would die, yet I présume that a smaller proportion would run away. I think I shall put the rate of wastage very low, if I takc it at three-fourths (t) of the gênerai rate, that is to say, at 119 per 1,000. This rate I propose to apply to ail immature slaves, both parents and children. The process is rough, but I do not think that it will introduce material error, and cerlainly not in the direction of under-eslimating the number of survivais. If a différent rate is to be used for parents and for children it will be necessary to dividethe parents inlo classes -— a process that could only be donc by a séries of guesses — and to guess two différent rates
{*) The lower this rate of wastage is put the higher will be the rate for adults.
pour obtenir le nombre dos naissances survenues depuis le mois de juin 1873, cette moyenne ne doit pas s'appliquer directement à la masse des esclaves détenus à cette époque, car beaucoup d'entre eux avaient dépassé l'âge viril ou du moins avaient eu les enfants que les calculs de proportion leur attribuaient. J'estime que pour la moitié environ des esclaves, les enfants étaient encore à naître. Cela ferait près de 133,000 esclaves au-dessous de Tûge de puberté en juin 1873. M. Hardinge évalue à 55,000 le nombre probable des naissances. Or, à raison de 35 «/o, 55,000 correspond à 157,000, chiffre quelque peu supérieur à mon évaluation, mais que j'adopterai néanmoins dans mon calcul, afin d'éviter jusqu'à l'apparence de la partialité.
Ces 157,000 esclaves au-dessous de l'âge de puberté étaient d'âges inégaux, et leur croissance aurait eu lieu graduellement, de sorte que leurs enfants seraient nés à des époques différentes entre le mois de juin 1873 et une date à venir — pas très éloignée — qui sera celle oii les derniers auront procréé leurs enfants. Il conviendra d'admettre que la série des naissances aura pris fin en juin 1895, et dans cette hypothèse, nous obtenons le nombre maximum des enfants nés en esclavage. Pendant tout le cours de ces vingt-deux années, une mortalité effrayante a sévi dans les deux générations. Examinons quel chiffre on peut raisonnablement adopter en l'occurrence pour les décès, et voyons ensuite quelles en seraient les conséquences. Nous avons vu que la proportion annuelle des déchets dans la population servile est d'environ 159 pour mille. Mais cette proportion est sans doute moindre chez les esclaves n'ayant pas atteint l'âge de puberté que chez les adultes, car bien qu'en règle générale les cas d'enlèvement et, lorsqu'il s'agit de jeunes enfants, de décès, soient plus fréquents chez les premiers, par contre les désertions y sont, je présume, moins nombreuses. Je crois donc être fort modéré en évaluant le chiffre des déchets pour cette catégorie aux trois quarts (^) du chiffre global, c'est-à-dire à 119 pour mille. Telle est la moyenne que je propose d'adopter pour tous les esclaves, tant parents qu'enfants au-dessous de l'âge de puberté en 1873. Ce n'est qu'une approximation, mais je ne pense pas qu'elle puisse donner lieu à erreur matérielle, ni à coup sûr à une estimation trop faible du
(*) Ce chiffre est en raison inverse de celui relatif aux adultes.
of wastage. It seenis, therefore, best to take a reasonable rate of wastage and apply it uniformly, a metbod which gives the incidenlal advantage of great simplicity of calculation.
We hâve now the materiaJs for solving the problem, which may be stated thus: In June 4873 there were 157,000 immature slaves in the Islands of Zanzibar and Pemba. Each 100 slaves that grew up had 35 children. An annual rate of wastage of 119 per 1,000 eonstantly acted on both générations, and ail children born after the Ist January, 1890, were born free. How many of the children born in slavery afler June 1873, now survive? By the formula for geometrical progression, I find that the number of children alive in June 1895, is 3,842. Deducting one-quarter for the children born during the Ave and a-half years which hâve elapsed since the Ist January, 1890 — for tliough the Decree freeing thèse was in their own interest not pressed on the public notice it is certainly in force — we find that there now survive of the children born in slavery since June 1873 only
To sum up : on p. 36, it is estimated that there are now in the islands 6,000 to 7,000 slaves and freed slaves imported before June
We may rate the number of slaves at.
Sorviving children born in slavery since theTreaty 2,882
Children of the preceding born in slavery, say 400
Total.
(*) In order lo show how liltle my arguments are affected, even by considérable changes in the data, 1 may point out that a différence of 1,000 in the number of possible parents (157,000), only makes a différence of nineteen in the final resuit. With the same object I hâve calculated the numbers of survi-
nombre des survivants. Si Ton adopte une moyenne différente pour les parents et les enfants, il sera nécessaire de classer les premiers en catégories — ce qui ne peut se faire qu'en recourant à une série de conjectures — et de supposer deux chiffres différents pour le calcul des déchets. Il semble par conséquent que le nn'eux serait de prendre pour les déchets une moyenne modérée et de l'appliquer d'une manière uniforme, méthode qui présente en outre l'avantage de simplifier beaucoup le calcul.
Telles sont les données qui permettent de résoudre le problème; celui-ci, dès lors, peut se poser dans les termes suivants : En j uin 1873, il y avait dans les îles de Zanzibar et de Pemba 157,000 esclaves au-dessous de l'âge de puberté ; 100 esclaves devenus adultes procréaient 3o enfants; un déchet annuel de 119 pour mille se produisait d'une manière constante dans les deux générations, et tous les enfants nés après le l*** janvier 1890 naissaient libres : cela étant, quel est le nombre des enfants nés en esclavage postérieurement au mois de juin 1873 et actuellement survivants? En appliquant à ce problème la progression géométrique, je trouve que le nombre des enfants en vie au mois de juin 1895 est de 3,842. Déduisant un quart pour les enfants nés pendant les 5 Va années écoulées depuis le 1*' janvier 1890 — car le décret qui les affranchit, bien que n'ayant pas été porté officiellement à la connaissance du public dans l'intérêt même des enfants, n'en est pas moins parfaitement en vigueur — nous trouvons que sur le nombre des enfants nés en esclavage depuis le mois de juin 1873, 2,882 seulement sont encore en vie.
Résumons-nous. Sir L. Mathews estime qu'il reste actuellement dans les iles de 6,000 à 7,000 esclaves et esclaves libérés importés antérieurement au mois de juin 1873.
Nous évaluons donc le nombre des esclaves à 6,000
Celui des enfants survivants nés en esclavage depuis le traité à 2,882
Les enfants des précédents nés en esclavage à 100
Total. . . 8,982 («)
(^) Afin de montrer combien mes arguments sont concluants et résistent même à des changements considérables dans les évaluations, je ferai remarquer qu'une diflFérence de 1,000 dans le nombre des parents possibles (157,000) ne donné qu'une dififérence de 19 dans le résultat final. Dans le même ordre
— lie —
A further déduction must be made from tbis total in order to find the number lawfuUy held. By Article 4 of Scyyid Ali's Decree of the Ist Augu8t, 1890, it is laid down that slaves may only be inherited by lawful chiidren, and that if the owner leaves none such the slaves become ipso facto free on the death of the owner. Since by Mahommedan law women do not inherit slaves fexcept their own attendants?), we may read « sons » for « chiidren » in the paragraph. This law has been in force for nearly a quarter of the whole time since the signature of the Treaty, so that a proportion of the above-mentioned 9,000 slaves must hâve become free. What that proportion may be I will not attempt to guess, but it is clear that it must by now be sometbing considérable. I dot not know what became of the late Sultan's slaves. If the présent Sultan inherited them, he is bound to liberate them by the promise made on his accession, to carry out ail former Decrees against slavery, and so would bave no claim to compensation uniess on our liberality.
I daim to hâve shown from the data given in Mr. Hardinge's despatches that there must now be considerably under 9,000 lawfully held slaves in the islands. If Sir L. Hathews' estimate (p. 32) be accepted, that there are now 140,000 slaves in the islands, it results that one slave out of fifteen,or aboul 6^3 percent., are lawfully held. This proportion agrées with that given on p. 19, an estimate reached by a
vers (in the same way as above) in iwo extrême cases : 1. Assuming tliat there were 900,000 slaves lawfully held in June 4873, of which 10,000 survive at ihe présent time, 1,000 being freed slaves; and, 2. Assuming that there were 300,000 slaves lawfully held in June 1873, of which 10,000 survive now, 1,000 being freed slaves. In Case 1 there would now be 3,390 surviving chiidren born in slavery, making a total of 1S,390 lawfully-held slaves. In Case 2 there would now be 3,836 surviving chiidren born in slavery, making a total of 12,836 lawfully-held slaves. From both totals must be made a déduction for inheritance by others than sons. Thus it is seen that, using the most extravagant estimâtes, there cannot be now lawfully held in the islands as many as one-third of the number mentioned on p. 41 as an intentionally low figure.
Nous devons effectuer sur ce total une nouvelle défalcation à l'effet de trouver le nombre des esclaves détenus légalement. Aux termes de l'article 4 du décret de Seyyid Ali du l^*" août 1890, les esclaves ne peuvent passer par héritage qu'aux enfants légitimes, et lorsque le propriétaire ne laisse pas d'enfants légitimes les esclaves deviennent ipso fado libres à sa mort. La loi musulmane excluant les femmes du droit d'hériter des esclaves (sauf lorsqu'ils sont leurs propres serviteurs?), nous pouvons dans l'article, précité substituer le mot <( fils » à celui d' « enfants ». Cette loi est restée en vigueur pendant environ le quart de toute la période de temps écoulée depuis la signature du traité, et dès lors, sur les 9,000 esclaves prémentionnés, un certain nombre ont dû recouvrer leur liberté. Je ne veux pas me livrer à des conjectures sur ce point, mais il est clair que ce nombre doit être assez considérable à l'heure qu'il est. J'ignore ce que sont devenus les esclaves du Sultan défunt; s'ils sont passés par héritage aux mains du Sultan actuel, celui-ci est tenu de les libérer en vertu de l'engagement pris par lui à son avènement d'exécuter tous les décrets antérieurs contre l'esclavage. Il n'aurait donc pas droit à une compensation et ne pourrait compter que sur notre générosité.
Je crois avoir montré, en me basant sur les données fournies par M. Hardinge dans ses dépêches, que le nombre des esclaves légalement détenus en ce moment dans les îles doit être fort inférieur à 9,000. En admettant, avec Sir L. Mathews, qu'il existe aujourd'hui à Zanzibar et à Pemba 140,000 esclaves, on arrive ù ce résultat qu'un esclave sur IS, soit environ 6 Va pour cent, sont détenus
d'idées, j*ai calculé, d'après la méthode ci-dessus, le nombre des survivants dans deux cas dififérents : lo En évaluant le nombre des esclaves légalement détenus en juin 1873 au chiffre de 200,000, dont 10,000 actuellement survivants et 1,000 libérés; et ^o en évaluant ce nombre à 300,000 dont 10,000 encore en vie et 1,000 libérés. Dans le premier cas, il y aurait encore en vie 3,390 enfants nés en esclavage, formant un total de 12,390 esclaves légalement détenus. Dans le second, ces enfants seraient au nombre de 3,836 formant un total de 12,836 esclaves légalement détenus. Il convient de déduire des deux totaux le nombre des esclaves passés par héritage à d'autres qu'aux fils. On voit donc que suivant les évaluations même les plus exagérées, il est impossible que les esclaves légalement détenus actuellement dans les lies atteignent le tiers du nombre relevé page 41 (Documents relatifs à la répression de la traite des esclaves, 1895, p. 184) comme un chiffre très bas.
différent road, which, by ihe lapse of time, would now need slight modification. As regards actual number, I do not think that Itiere can now be either as many as 9,000 lawfullyheld slaves, nor yet in ail as many as 140,000 slaves in the islands. For if the rate of wastage is as high as implied by the data given in the despatch, the présence of such a nurober of slaves would argue an annual importation of about 17,000 slaves, which is clearly far above the truth. Again, if there were in Seyyid Barghash's time as many as 134,000 free men in the islands, and there has since been little change (p. 32) in the numbers of the free population, there can hardly now be as many as 140,000 slaves out of a total of 209,000. I am well aware that the figures with which I hâve worked are only guesses at truth, and that calculations cannot take the place of direct counting, however rough. But the data are from men who hâve no bias in favour of abolition; and the calculations which ail work downwards, deriving small numbers from great ones, hâve the necessary tendency of correspondingly reducing every error in the results. If there is doubt as to the material accurac^y of my déductions, I would beg your Lordship to be so good as to show this despatch to one accustomed to actuarial computations.
Secondly, with regard to the efiect on the revenue of a reduced clove crop. Sir Lloyd Mathews estimâtes that if slavery were abolished in Zanzibar Islands the State would suffer a loss of two-thirds of the revenue derived firom cloves, or nearly one-third of the total revenue. I venture to submit that there are peculiarities in the clove trade which make it almost certain that a réduction in the supply would at once raîse the price, so that the State would lose little or no revenue by the change. I do not believe that abolition would restrict the price of labour in the measure that is believed, but I will show that even if it did, there would be no loss to the public purse under the head of revenue from cloves. To expiai n my position, I will refer your Lordship to Sir G. PortaFs Trade Report, No. 982, p. 13 : « Cloves supply little more than a luxury ; the demand for them is limited and diminishing rather than increasing. »
légalement. Cette proportion concorde avec celle — émanant d'une autre source — qui figure à la page 19 (i) et qui, remontant à une époque déjà éloignée, aurait besoin d'être légèrement modifiée. Quant au chift're actuel, je ne crois pas qu'il puisse y avoir de nos jours 9,000 esclaves légalement détenus, ni en tout 140,000 esclaves dans les îles. En effet, si le chiffre des déchets était aussi élevé que le font supposer les données contenues dans la dépêche, la présence d'un aussi grand nombre d'esclaves accuserait une importation annuelle d'environ 17,000 esclaves, ce qui est évidemment au-dessus de la vérité. D'un autre côté, en supposant qu'il y eût, à l'époque de Seyyid Barghash, 134,000 individus libres dans les îles — et le chiffre de la population libre n'a guère varié depuis (p. 32)^2) __ ji est difficile d'admettre que sur un total de 209,000 habitants il existe aujourd'hui 140,000 esclaves. Les chiffres que j'invoque sont, il est vrai, purement conjecturaux, et de simples évaluations ne peuvent remplacer un calcul direct, quoique approximatif. Hais les données émanent d'hommes non prévenus en faveur de l'abolition, et les évaluations, qui toutes se font d'après une progression descendante, tendent nécessairement à réduire d'une manière correspondante toute erreur dans les résultats. Si un doute pouvait exister quant à l'exactitude de mes déductions, je prierais Votre Seigneurie de vouloir bien soumettre ma dépêche à une personne habituée à ces sortes de calculs.
J'aborde maintenant le second point, relatif aux conséquences qu'aurait pour le Trésor la réduction de la production des girofles. Sir Lloyd Mathews estime que l'abolition de l'esclavage dans les îles de Zanzibar causerait à l'État un préjudice des deux tiers des recettes provenant des girofles, soit environ un tiers du revenu total. Je ferai observer à ce sujet que le commerce des girofles présente des particularités qui permettent de dire, avec une quasi-certitude, que la réduction de la production amènerait une hausse immédiate des prix, de sorte que le nouvel état de choses n'entraînerait pour l'État qu'un préjudice insignifiant ou nul. Je ne crois pas que l'abolition détermine dans le prix de la maind'œuvre la dépression que l'on semble craindre; mais cette dépression se produisît-elle, je montrerai que le Trésor ne subirait aucune perte du chef des revenus des girofles. Afin de bien marquer mon point de vue, je ren-
(*) Documents relatifs à la répression de la traite des esclaves, 1895, pp. 133 et 133.
(«} Idem, p. 162.
On p. 9 : <c The cloves grown in Zanzibar and Pemba amount to aboutfour-fifths of the crop
of the whole world A few years ago
the price of cloves used to range from 7 to {0 dollars per frasila, and the export duty taken was 30 per cent, ad valorem. The price now does nol exceed 2 ^/g to 2 3/^ dollars per frasila, and the export duty has been reduced to 25 per cent. Thèse figures need no comment. The market is overstocked with cloves. »
Mr. Vice-Consul Cave, in the Trade Report for 1893 (No. 1382), writes to the same effect. He says that « the price of cloves in March 4894 was as 2 V4 to 2 Va dollars per frasila, nor can this be virondered at, for not only does the demand seem to be diminishing rather than increasing, but the London market is overstocked to such an extent that there is reason to believe that it can supply ail the markets of the world for a period of twelve months, and, in addition to this, there is said to be a large quantity of cloves in Zanzibar at the présent moment »
It is thus seen that Zanzibar and Pemba produce 80 per cent, of the total supply of the world. It would not be possible, even if cloves were worth their weight in gold, to bring young trees to bear crops in less than five or six years. So that, if the supply from thèse islands were largely reduced, there can be no doubt that the price would greatly rise. If I mistake not, it is the rise of price conséquent on the destruction of trees by the hurricane of 1872, that is largely responsible for the présent low prices; for seeing the high priées that ruled in the following years, every one hastened to plant clove trees, with the resuit that the supply now exceeds the demand. In the years 1878 to 1879, the price of cloves went as high as 9 dollars the frasila, but in the year 1883, when the young trees in Zanzibar had come well into bearing, the price went down to 3 dol. 30 c.
There are points about the supply of cloves which call to mind the supply of diamonds. Both commodities are luxuries ; both are supplied from small areas; both fell in price from over-supply. The supply of diamonds
voie Votre Seigneurie au rapport commercial de Sir G. Portai, rapport portant le n*" 982 ; on y lit à la page 13 : « Les girofles ne constituent guère qu'un article de luxe ; la demande de ce produit est limitée et diminue plutôt qu'elle n'augmente; » et à la page 9 : « Les girofles de Zanzibar et de Pemba donnent environ les quatre cinquièmes de la production du monde entier 11 y a
quelques années, le prix des girofles variait généralement de 7 à 10 dollars par frasila, et le droit prélevé à l'exportation était de 30 pour cent ad valorem. Aujourd'hui le prix n'excède pas 2 ^/^ à 2 3/^ dollars par frasila, et les droits de sortie ont été réduits à 28 pour cent. Ces chiffres se passent de commentaires : le marché est encombré de girofles.
H. le Vice-Consul Cave, dans son rapport pour 1893 (n» 1382), s'exprime dans le même sens et dit : « Le prix des girofles en mars 1894 variait entre 2 ^4 et 2 ^/^ dollars par frasila ; ce fait n'a rien qui doive étonner, car non seulement la demande semble décroître au lieu d'augmenter, mais le marché de Londres est tellement encombré qull suffirait selon toute vraisemblance aux besoins du monde entier pendant une période de 12 mois, et de plus on assure qu'il reste encore un stock considérable de girofles à Zanzibar »
On voit par ce qui précède, que Zanzibar et Pemba entrent pour un chifl'rede80 pour cent dans la production totale du monde. Il ne serait point possible, quand les girofles vaudraient leur poids d'or, d'obtenir des jeunes arbustes qu'ils portent des fruits en moins de cinq ou six ans. Si l'on réduisait considérablement la production des îles, il n'est point douteux qu'il n'en résultât une hausse importante des prix. Si je ne me trompe, c'est en grande partie à la hausse qui suivit la destruction des arbustes pendant l'ouragan de 1872 qu'il faut attribuer les bas prix actuels. En effet, tenté par l'élévation des prix payés les années suivantes, chacun s'empressa de planter des girofliers, si bien qu'aujourd'hui l'offre dépasse la demande. De 1878 à 1879, le prix des girofles monta jusque 9 dollars par frasila, mais en 1883, époque où, à Zanzibar, les jeunes arbustes commencèrent à bien produire, il tomba à 3 dollars 30 c.
La production des girofles présente certaines particularités qui lui sont communes avec celle des diamants. Les deux produits, en effet, constituent des articles de luxe, tous deux n'ont qu'un champ d'exploitation res-
has been niade remunerative ; why should not the cause v^bich, under Mr. Cecil Rhodes' guîdance, raised the priée of diamonds, hâve a similar eflfect upon the price of cloves ? Indeed, Mr. Rhodes has remarked that the con- Irol of ihe clove crop by the Zanzibar Government might be made to increase the revenue and the gênerai prosperity in the way that control of the output of the Kimberley mines had increased the profits of diamond mining. It would not bave been easy to carry out the idea, but it is obvions that if from any cause the supply from the islands be checked, the price of cloves must rise. Although then, ^x hypothesi, the owners of land might suffer, the revenue under this head is unlikely to do
The third point on which I wish to speak is the prophesied rise of wages for daily labour. A slave at présent has to give a large part of bis receipts to bis master. If he v^ere freed, he would be able to kecp ail that he earned, and thus, without asking more, would be receiving a greatly increased wage. Few could do no work. Mr. Rodd (p. 17) says of town slaves: « Those not actually employed in the famiiy circle of the master engage in any employment which otiers. » A much stronger testimony against the alleged lethargy of slaves is given by those who ought to know them best, in the strong objections made to the Article in Seyyid's Ali's Uecree, which allowed slaves the privilège of self-redemption. Slave-owners would hardly bave been so seriously disturbed by the grant of a privilège which they thought slaves would but seldom use.
I hope I bave shown to your Lordship's satisfaction that at the most, taking Mr. Hardînge's figures, there cannot be more than OyOOO slaves now lawfully held in Zanzibar and Pemba, and that, therefore, adopting General Mathew's numbers, fourteen-fifteentbs of the whole body of slaves are illegaly in slavery. As a minor resuit it appears that if
treint, tous deux ont diminué de valeur par surproduction. L'extraction des diamants est devenue une industrie rémunératrice grâce aux mesures prises sous la direction de H. Cecil Rhodes; pourquoi les mêmes causes, agissant sur la production des girofles, n'auraient-elles point les mêmes effets? M. Khode»^ n'a-t-il pas dit d'ailleurs que la réglementa-^ tion par le Gouvernement de Zanzibar de la production des girofles ferait augmenter les revenus et la prospérité générale du Sultanat, tout comme le système de réglementa-^ tion appliqué aux mines de Kimberley a augmenté les bénéfices de l'exploitation diamanlaire? Sans doute, l'idée n'est pas facile à réaliser, mais il est évident qu'une cause quelconque venant enrayer la production des îles, une hausse du prix des girofles devrait s'ensuivre. Les propriétaires de cultures en souffriraient peut-être, mais il est peu probable que le revenu du Sultan s'en trouvât amoindri.
Le troisième point dont je désire vous entretenir concerne la hausse annoncée du taux des salaires destinés à rémunérer le travail journalier. Aujourd'hui l'esclave doit donner une grande partie de ce qu'il reçoit à son maître. S'il était affranchi, il pourrait garder tout ce qu'il gagne et ainsi, sans demander rien de plus, il recevrait un salaire beaucoup plus élevé. Peu d'esclaves refuseraient le travail. M. Rodd (p. 17)(i) dit, en parlant des esclaves des villes : a Ceux qui ne sont pas actuellement employés dans la famille du maître s'engagent dans quelque autre service qui se présente. » Si l'on veut une preuve plus sérieuse encore de Terreur dans laquelle on verse en représentant l'esclave comme un être indolent, on la trouvera dans les objections graves faites par ceux qui doivent connaître le mieux la population servile, à l'article du décret de Seyyid Ali accordant aux esclaves le droit de se racheter. Les propriétaires d'esclaves ne se seraient certainement pas émus à ce point de la concession de ce privilège s'ils avaient pensé que les intéressés n'en feraient que rarement usage.
J'espère avoir montré à la satisfaction de Votre Seigneurie qu'il y a lieu d'admettre, en prenant pour base les chiffres de M. Hardinge, que le nombre des esclaves légalement détenus actuellement à Zanzibar et ù Pemba ne peut en aucun cas être supérieur à 9,000, et qu'en conséquence, si l'on adopte les évaluations du général Mathews, les quatorze quin-
(*) Documents relatits à la répression de la traite des esclaves, 1895, p. 127.
compensation is to be given, tbe sum of 480,000 dollars, or 86,000/., would sufBce to compensate the owners at the higher of the rates (p. 41) menlioned by Hr. Hardinge. I bope that [ bave proved that a réduction in tbe clove crope would involve little or no loss to the revenue, but probably a gain, and tbat there is as yet no reason tôt anticipate tbat abolition would enable tbose who are now working as slaves to demand for daily work two or tbree times their présent wage.
I bave, etc.
(s.) C. S. Smith.
zièmes de la masse des esclaves sont illégalement détenus. Quant à la question plutôt secondaire des compensations à accorder éventuellement aux propriétaires d^esclaves, il semble qu^une somme de 480,000 dollars, soit 86,000 i*, suffirait pour indemniser ces derniers en tenant compte des cbiffres les plus élevés (p. 41) (^) indiqués par M. Hardinge. Je crois avoir établi également qu'une réduction de la production des girofles n'entraînerait qu'une perte insignifiante ou nulle pour le Trésor, qu'elle donnerait probablement même des bénéfices, et qu'en ce qui concerne la question des salaires, rien ne fait prévoir jusqu'à présent que l'abolition mette les travailleurs serviles d'aujourd'hui en situation d'exiger le double ou le triple de leurs gages actuels. J'ai l'honneur, etc.
(s.) C. S. Smith.
Mr. A, Hardinge to the Earl of Kimberley,
Zanzibar, May 11, 1898.
My Lord,
Therc are two considérations in connection with tbe abolition of slavery on which I bave omitled to lay stress in my earlier despatches on the subject, but which should, I think, not be lost sight of by Parliament when the settlement of the question is finally decided on.
The first is the circumstance that the longer abolition is delayed the botter will Zanzibar be able to face it when it cornes about by natural causes. During the four years which hâve elapsed since the establishment of the Prolectorate, our revenue bas risen, under Sound English management, from 9 to 14 Iakhs of rupees per annum, and there seems no reason why this rate of progress should not be maintained for some yeai-s to corne, as fresh sources of income are created. The growth of our trade and the graduai development of the mainland Protectorales, ought, under ordinary circumstances, so to increase our wealth as to make the ultimate loss of the greater part of our revenue from cloves and any temporary paralysis of local commerce much less serions than would be the case if abolition came about at once, while our solvency is still mainly dépendent on our agriculture, and before there had been time to
M. A. Hardinge au (jomU de Kimberley.
Zanzibar, le 11 mai 1898.
MlLORD,
Dans mes dépêches précédentes relatives à l'abolition de l'esclavage, je me suis abstenu d'insister spécialement sur deux points qui se rattachent à cette question et que le Parlement ne devra pas perdre de vue, lorsqu'il s'agira de régler définitivement la matière.
Je veux montrer tout d'abord que plus nous reculerons la date de l'abolition, plus le Sultanat se trouvera à même de faire face à cette mesure lorsque les circonstances elles-mêmes l'imposeront. Depuis quatre ans qu'existe le Protectorat britannique, nos recettes, grâce à la sage administration de l'Angleterre, se sont accrues annuellement dans une proportion de 9 à 14 Iakhs de roupies, et il y a tout lieu de penser que cette situation favorable se maintiendra pendant plusieurs années encore, d'autant plus qu'on a créé de nouvelles sources de revenus. L'extension de notre commerce et le développement graduel de nos protectorats sur le continent doit, dans des conditions normales, augmenter notre prospérité dans une mesure telle que la perte de la majeure partie des revenus fournis par les girofles et la stagnation momentanée du commerce local seraient pour nous des calamités moins graves que
(•) Documents relatifs à la répression de la traite des esclaves, 1895, p. 484.
provîde by other means against the dangers of financial disaster. I mention this point because the argument is sometimes used that abolition must come in time, and that its opponents are merely delaying its assumed inévitable evils.
The second point on which I would lay stress is the moral aspect of the slavery question. Undoubtedly if the maintenance of slavery, even if only for a few years longer, entailed real suifering or hardship on the slave population ([ am not now discussing the Slave Trade, v^hich can, I think, as far as thèse islands are concerned, be put a stop to by the measures recommended in my despatch of the 26th February last, but Mahommedan domestic slavery), no fiscal considérations could justify it. It would be our duty to say, ce Perish the revenue; the prosperily oftheExchequer cannot rest on the misery of the governcd. » The testimony of every European résident in Zanzibar would, however, I believe, be that the slave population is, on the whole, contented, and materially a good deal better off in relation to its wants than the labouring classes in most countriesof Europe, 80 that the necessity of immédiate abolition is only urgent from a moral point of view if the theoretical injustice and inequality of the System of slavery, an injustice not felt by the slaves themselves, since it is in accordance with their own religions and social conceptions, is to outweigh every other interest.
I trust your Lordship will excuse my again retuming to this subject. Its importance in relation to the future of this country naturally causes it to be constantly présent to my mind, and 1 am anxious that before a décision is adopted, which may prove of the most vital moment to Zanzibar, every side and aspect of the problem should bave been fully and impartially weighed.
I bave, etc.
(s.) Arthur H. Hardinge.
l'abolition immédiate, dans un moment où l'agriculture constitue encore la base de notre crédit, et alors que nous n'avons pas eu le temps de pourvoir aux moyens de prévenir un désastre financier. Je ne relèverais pas ce point, si je n'entendais dire parfois que l'abolition doit venir à bref délai, et qu'en cherchant à ajourner cette mesure, ses adversaires ne font qu'ajourner les maux qu'elle doit fatalement entraîner d'après eux.
Le second point sur lequel je voudrais m'arrêter un instant concerne le côté moral de la question de l'esclavage. (Je parle ici de l'esclavage domestique musulman, et non de la traite des esclaves. Quant à celle-ci, en tant qu'elle se pratique dans les îles, la répression peut en être assurée par les mesures préconisées dans ma dépêche du 26 février dernier.) Il est hors de doute que si l'esclavage entraînait pour la population servile des souffrances ou des maux réels, son maintien, même pendant quelques années seulement, ne pourrait se justifier par aucune considération fiscale. Notre mot d'ordre alors devrait être : « Périssent les revenus publics ! La prospérité du Trésor ne peut reposer sur l'oppression d'un peuple. » Mais tous les Européens résidant à Zanzibar devront convenir, je pense, que la population servile est, en général, contente de son sort et bien plus heureuse en ce qui touche à la satisfaction des besoins matériels que les classes laborieuses dans la plupart des pays d'Europe. Donc, l'abolition immédiate ne s'impose qu'à un point de vue purement moral, s'il est vrai que l'injustice et l'inégalité théoriques consacrées par l'institution de l'esclavage, et dont les esclaves eux-mêmes ne se rendent pas compte, puisqu'elles concordent avec leurs conceptions religieuses et sociales, doivent L'emporter sur tout autre intérêt.
J'ai la confiance que Votre Seigneurie voudra m'excuser d'avoir de nouveau abordé ce sujet. En raison de l'intérêt supérieur qu'elle présente pour l'avenir de ce pays, la question de l'esclavage est l'objet de mes préoccupations constantes, et comme la décision à prendre peut avoir pour Zanzibar une importance capitale, j'ai voulu examiner le problème sous toutes ses faces et en étudier avec impartialité les différents aspects.
J'ai l'honneur, etc.
[8.) Arthur H. Hardinge.
Mr. Fox to the Earl of Kimberlqf.
Westminster, June 8, 1898.
My Lord,
As tbe Chancellor of the Exchequer, in a récent speech in the House of Gommons, definitely admitted, on behalf of tho Government, tbat the suppression of slavery in the Islands of Zanzibar and Pemba had now to be carried out, Ihe following suggestions may perhaps prove useful to Ihose who may at the présent time hâve under considération how this may most easily be accomplished : —
In the first place, it may be borne in mind that it has long since been most conclusively proved by our slavery and Slave Trade expériences in the West Indies and elsewhere to be extremely difficult to introduce frce-paid labour where slavery slill is in opération ; that the two Systems of labour are entirely incompatible, and are impossible to exist alongside each other.
In the second place, it is generally recognized that where British rule is established, and where liberty and justice are properly administered by British otScials, no difBculty under ordinary cîrcumstances is experienced in sccuring an adéquate supply of labour; that native labour is as a rule greatly attracted to such places, which are under the protection of the British flag.
In the Islands of Zanzibar and Pemba the diiiiculties attendant upon the introduction of free labour and the abolition of the légal status of slavery are, however, greatly simplified by the fact that the revenues of the planters and the Government are mainly dépendent upon the cultivation of cloves, an agricultural product of which thèse two islands may be said to possess an almostentire monopoly, as the quantity of cloves produced in other parts of the world is very limited, and there are spécial reasons why for some years to come Ihese islands will be in a position to retain the practiral control of thiscrop.
It has been computed by leading produce brokers in Mincing Lane that the total requirements for cloves by ail the markets of the world are limited to about 90,000 baies (of 440 Ibs. each), or say, 13,600,000 Ibs. per annum.
Thèse authorities also déclare that the demand for cloves is not affected by the price,
M. Fox an Comte de Kimberley.
Westminster, le 8 juin 1898.
MlLORD,
Le Chancelier de l'Échiquier ayant, dans un récent discours à la Chambre des Communes, déclaré au nom du Gouvernement que Theure était enfin venue de supprimer Tesclavage dans les îles de Zanzibar et de Pemba, je crois devoir présenter à mon tour quelques considérations dont les hommes chargés en ce moment d'étudier les moyens les plus propres à réaliser convenablement cette réforme pourront sans doute tirer parti.
En premier lieu, il importe de ne pas perdre de vue que ce que nous savons par expérience de l'esclavage et de la traite aux Indes occidentales et ailleurs a démontré depuis longtemps, et de la manière la plus concluante, que l'introduction du travail libre, là oîi l'esclavage subsiste encore en fait, se heurte à des difficultés extrêmes ; que les deux systèmes de travail sont absolument incompatibles et ne peuvent coexister.
En second lieu, il est généralement reconnu que dans les territoires placés sous la souveraineté de l'Angleterre, où la liberté et la justice se trouvent sous la sauvegarde de fonctionnaires britanniques, on n'a d'ordinaire aucune peine à se procurer la main-d'œuvre nécessaire: qu'en règle générale, le travail indigène se porte en masse vers les régions où flotte le drapeau britannique.
Mais dans les îles de Zanzibar et de Pemba, les difficultés inhérentes à l'introduction du travail libre et à l'abolition du statut légal de l'esclavage se trouveront considérablement simplifiées par ce fait que les revenus des planteurs et du Gouvernement y dépendent en majeure partie de la culture des girofles. On peut dire que les deux îles possèdent en quelque sorte le monopole de ce produit; les autres contrées du monde n'en fournissent qu'une quantité fort restreinte, et l'on a de bonnes raisons de croire qu'avant peu d'années les îles seront à même de régler en fait la production.
Des courtiers très influents de Mincing Lane ont calculé que la demande totale de girofles pour le marché universel n'atteint qu'environ 90,000 balles de 140 liv. chacune, soit 12,600,000 liv. par an.
Les mêmes personnes déclarent que, contrairement à ce qu'on observe dans la plupart
as is the case wîth most other commercial commodities ; that the same quantity wîll be sold if the price is 6d. or Sd. per Ib.
But owing to an undue amount of labour having during the past few yeara been concentrated in the production of cloves in thèse .two islands, the supply has greatly increased, so that last year the quantity exported exceeded 125,000 baies, or 17,500,000 Ibs. In conséquence of the supply being so much in excess of the demand, the price of cloves has fallen from, in 1889, 8 i/^d. per Ib. for the best quality, to, in 1894, 3 ^j^d. per Ib. for thesame quality.
If the quantity exported from the Islands of Zanzibar and Pemba were reduced by one ihird or to about two-thirds of the présent output, the Hincing Lane brokers are of opinion that the priées would probably be raised to double the présent rates, and thus the revenues or profits realized by the Government of Zanzibar and owners of the plantations would be greatly enhanced.
Owing to the abnormally low price of cloves and the exccssîvely large quantity produced, it would appear that the présent time would prove an exceptionally favourable opportunity for the application of the provisions of the Indian Act of 1843 by which the légal status of slavery was abolished in India, and it is the opinion of leading authorities who hâve had much expérience in Zanzibar Ihatits application there would not dislocate the labour queistion in thèse two islands any more than it did in India, and that as soon as slavery is abolished abundant supply offree labour from the neighbouring coast and the interior of the Continent, as well as perbaps from India, would be attracted, so that the cultivation of other crops besides cloves could thus be largely extended, and the revenues of the island would be greatly increased.
It is suggcsted thatsimultaneously with the abolition of the légal status of slavery and the introduction of payment of wages in cash, the Zanzibar Government should compensate the planters by paying oflfall existing loans and mortgages advanced to them by the Banians and local native bankersat heavy .rates for interest and other charges varying from 25 per cent, to 50 per cent, per annum by new loans at 6 per cent, per annum, that thèse loans should be advanced by Government through the agency of a land mortgage bank under the
des autres branches commerciales, la demande de cet article est indépendante des fluctuations du prix; que le cours soit de 6 p. ou de 3 p. par liv., la vente n*en est pas affectée.
Mais par suite du nombre extraordinaire de bras employés pendant ces dernières années à la culture des girofles dans les deux îles, la production s'est trouvée considérablement accrue, et, en 1894, l'exportation a atteint un chiffre supérieur à 125,000 balles, soit 17,500,000 liv. L'offre dépassant dans une si forte mesure la demande, le prix des meilleures sortes de girofles, de 8 ^/^ p. qu'il était en 1889, est tombé à 3 1/4 p. par livre en 1894.
D'après les courtiers de Mincing Lane, si l'exportation des îles de Zanzibar et de Pemba était réduite d'un tiers ou ramenée aux deux tiers environ de la production actuelle, les prix monteraient selon toute vraisemblance au double de ce qu'ils sont aujourd'hui, et les revenus et bénéfices réalisés par le Gouvernement de Zanzibar et les propriétaires de cultures suivraient un mouvement correspondant.
La dépression anormale du prix des girofles et la surabondance de la production semblent deux circonstances exceptionnellement favorables pour essayer en ce moment l'application de l'Acte indien de 1843, abolissant le statut de l'esclavage aux Indes. Dans l'opinion de plusieurs personnes, à qui leur expérience des choses de Zanzibar donne une grande autorité, l'application de cet Acte ^ Zanzibar et à Pemba n*y causerait aucune perturbation dans la question du travail, pas plus qu'elle n'en a causé aux Indes; elles sont d'avis qu'aussitôt l'esclavage aboli, la main-d'œuvre libre affluera en masse dans les deux îles de la côte voisine et de l'intérieur du continent, et peut-être même de l'Inde. On pourrait ainsi, sans négliger la culture des girofles, donner plus d'extension à d'autres cultures encore, et les revenus de l'île s'en trouve^ raient considérablement augmentés.
En même temps qu'il décréterait l'abolition du statut légal de l'esclavage et le payement des salaires en espèces, le Gouvernement de Zanzibar pourrait indemniser les planteurs en soldant toutes les avances hypothécaires et autres, faites à ces derniers à des intérêts onéreux et moyennant d'autres charges variante de 25 à 50 Vo Tan par les Banians et les banquiers indigènes locaux; il les remplacerait par d'autres prêts à 6 Vo l'an, dont il ferait l'avance par l'intermédiaire d'une banque ^de crédit foncier sous le contrôle et la surveil-
control and supervision of oflBcials résident in various parts of tbe islands, tbe Government should stipulate that a certain proportionate share of Ihe crops should be set aside for the payment of the labourers' wages, the said sbare of crops to be handed over to the officiais of tbe bank, wbo shall seil the same to local mercbants at current market prices. Tbe bank to advance tbrougb its officiais the rcquisite cash for payment of labourera' wages. Simultaneousiy wilh the abolition of tlie légal status of slavery the Government should introduce improved means of carriage of agricullural produce to ports of shipment so that tbe employment of natives as porters may be iargely done away with ; also improved methods of cullivation, such as, for exampie, tbe cultivating of the soil by small Indîan ploughs in the place of hand hoeing. By reducing the costs in connection with the interest charges now paid to the native bankers, as well as those of cultivation and transport by improved impiements and appliances, it is estimated that thèse diminished costs and charges will Iargely compensate and serve to balance any enhanced costs involved in the change from slave to free labour.
There are no statistics available in England showing the amount of indebtedness of the Arab planters, but it is believed the sum of 250,000/. to be avanced by tbe Government at 6 per cent, would probably prove sufficient to free most of the planters from their more oppressive liabilities, and this capital might beadvanced to the Zanzibar Government by the British Government at 3 per cent, per annum.
It may be said that if you diminish to the extent you propose the présent production of cloves and reduce the cost of cultivation and transport of crops, and attract labour from the neighbouring coast by offering wages, the supply of labour in thèse islands will prove greatly in excessof thedemand; but in reply to this argument, it should be borne in mind there are many other crops besides cloves whicb may with great advantage be cultivated, such as, for example, that of the cocoa-nut and its product copra, which might be greatly increased ; also those of rice and other grains, cassava, ground-nuts, etc.
I bave, etc.
{s.) Francis Wh. Fox.
lance de fonctionnaires résidant dans les différentes parties des îles; il stipulerait qu'une certaine quantité des récoltes serait réservée pour assurer le payement des salaires agricoles et remise entre les mains des agents de la banque, qui la vendraient aux négociants locaux au cours du marché. La banque devrait ensuite, par Tentrcmise de ses agents, avancer les sommes nécessaires au payement des salaires.
Simultanément avec Tabolition du statut légal de l'esclavage, le Gouvernement créerait des moyens de transport perfectionnés pour amener les produits agricoles aux ports d'embarquement, de manière à supprimer en grande partie le portage indigène ; il introduirait de même des procédés de culture plus rationnels, en remplaçant, par exemple, les houes à main par de petites charrues indiennes. En réduisant respectivement par des combinaisons et des méthodes nouvelles les dépenses résultant du payement de gros intérêts aux banquiers indigènes et des modes actuels de culture et de transport, on calcule que les économies réalisées de cette manière balanceraient et compenseraient même largement le surcroît de dépenses qu'entraînerait la transformation du travail servile en travail libre.
Il n'existe pas, en Angleterre, de statistique établissant exactement le passif des planteurs arabes, mais on croit que si le Gouvernement leur faisait une avance de 280,000 jT à 6 V«f cette somme pourrait suffire à libérer la plupart d'entre eux de leurs engagements les plus onéreux; ce capital serait avancé au Gouvernement de Zanzibar par le Gouvernement britannique au taux de 3 Vo Tan.
On objectera peut-être qu'en adoptant un ensemble de dispositions tendant à réduire dans la mesure proposée la production actuelle des ^rofles, à réduire en même temps les frais de culture et de transport des produits agricoles et à attirer la main-d'œuvre de la côte voisine par Toffire de salaires, le nombre des bras dans les îles sera de beaucoup supérieur à la demande : à cela on peut répondre qu'il existe là-bas, indépendamment des girofles, quantité de produits qu'il serait possible d'exploiter avec grand avantage, tels, par exemple, que les noix de coco et leur dérivé le copra, dont on pourrait augmenter notablement la production ; il en est de même du riz et d'autres céréales, la cassave, la pistache de terre, etc.
J'ai l'honneur, etc.
(8.) Francis Wh Fox.
Mr. A. Bardinge to the Marquer ofSalisbury. Mombasa, July 6, 1895.
Mt Lord,
I hâve tbe bonour to transmit herewith an extract of the instructions which I bave addressed to Mr. Jenner, wbo was appointed by the Earl of Kimberley to take charge of Kisraayu and the adjacent district under the new Administration, and wbo leaves hère to-morrow for bis post.
I hâve, etc.
(s.) Arthur H. Hardinge.
Inclosurb.
Afr. A. Hardinge to Mr. Jenner.
Mombasa, July 5, 1895.
(Extract.)
As it is désirable that the formai transfer of the territory administered by the Impérial British East Africa Company to Her Majesty*s Government should be accomplished as soon as possible along the wholecoast, you will proceed by the steam-ship « Purulie », which leaves Mombasa on the 7th instant, to Kisroayu and publicly announce in the baraza the change of Government and the fact that you are provisionally appointed to take charge of the district. A letter from His Highness the Sultan to his Représentative at Kismayu is inclosed herewith, and should be duly delivered to him on your arrivai. You will aiso hand to Mr. Craufurd the accompanying letter fix)m the late Company's Administrator at Mombasa, which will be his authority for handing over charge to you.
In effecting the actual transfer you will be careful to foUow as closely as possible the formalities and language employed by myself at Mombasa in the baraza which was held hère and at which you were présent. You will make it clear that no change bas taken place or is contemplated in the Sultan's position as Sovereign of the 10-mile radius round Kismayu
M. A. Hardinge au Marquis de Salisbury. Mombasa, le 6 juillet 1895.
MlLORD,
J'ai l'honneur de transmettre ci-joint un extrait des instructions que j'ai adressées à M. Jenner, chargé par le comte de Kimberley du Gouvernement de Kismayu et du district adjacent placés sous la nouvelle administration, et qui part demain d'ici pour rejoindre son poste.
J'ai l'honneur, etc.
(s.) Arthur H. Hardinge.
Annexe.
M. A. Hardinge à M. Jenner.
Mombasa, le 5 juillet 1895.
(Extrait.)
Comme il est désirable que le transfert régulier au Gouvernement de Sa Majesté du territoire administré par la Compagnie impériale britannique de l'Est africain s'effectue aussitôt que possible sur toute l'étendue de la côte, vous vous rendrez à Kismayu par le vapeur « Purulie », qui part de Mombasa le 7 courant, et y annoncerez dans la baraza le changement de Gouvernement et votre nomination provisoire à l'administration de ce district. Vous trouverez ci-joint une lettre de Sa Hautesse le Sultan à son Représentant à Kismayu, à qui vous la présenterez en arrivant. Vous remettrez à M. Craufurd la lettre également ci-annexée de l'administrateur de l'ancienne Compagnie à Mombasa, l'autorisant à vous transférer ses pouvoirs.
Vous aurez soin à cette occasion de vous conformer aussi ponctuellement que possible au langage et aux règles observés par moimême dans la baraza qui a eu lieu ici et à laquelle vous avez assisté. Vous expliquerez qu'aucun changement n'est intervenu ni projeté dans la position du Sultan comme souverain du territoire compris dans un rayon
and of the adjacent islands; that the Habommedan religion. and law, both \vritten and. customary, will be maintained as heretofore.
As regards law, however, you will remember that slavery bas been formai ly abolished by a Decrce of Seyyid Barghash, though I am ipformed that the Impérial Britisb East Africa Company hâve hitberto not strictiy enforced Ibis enactment, and hâve, on grounds of e;cpediency» which it is not nov^ necessary to discuss, not only tolerated the existence of «lavery in the town, but even occasionally returned to their Somali owners runaway slaves who had taken refuge Ibère. You will discontinue this practice, and as regards domestic slaves in Kismayu itself, you will in in any case which cornes before you ofiicially or judicially act on the Unes of the Indian Act of 1843, which abolishes the légal status of slavery.
de 10 milles autour de Kismayu et des îles adjacentes; que la religion musulmane et le droit, tant écrit que coutumier, sont maintenus comme par le passé.
En ce qui concerne la loi civile, vous rappellerez toutefois que l'esclavage a été formellementaboli par un décret de Seyyid Barghash. La Compagnie impériale britannique de TEst africain n'a jamais strictement exécuté ce décret, et pour des raisons d'opportunité qu'il est inutile de discuter à présent, elle a non seulement toléré l'existence de l'esclavage dans la ville, mais renvoyé en plus d'une circonstance à leurs maîtres Somali des esclaves réfugiés ici. Ces pratiques devront prendre fîn, et dans toutes les affaires administratives ou judiciaires qui vous, seront soumises concernant (les esclaves domestiques de Kismayu même, vous conformerez votre conduite aux dispositions de l'Acte indien de 1843, abolissant le statut légal de l'esclavage.
Mr. A . Bardinge to the Marquess of Salisbury.
Zanzibar, August S, 1895.
Ht Lord,
I bave the honour to transmit herewith a copy of a letter from Sir L. Hathews on the suggestions made by Mr. Fox, of the Aborigines' Protection Society, respecting the abolition of slavery in thèse islands,
. Although, as your Lordship will observe. Sir L. Hathews doubts whether Hr. Fox's scheme will solve the problem, on the ground mainly that if the Government succeeded the Indians as mortgagee it would only acquire as security land which it could not, without slaves, itself cultivate at a profit (for this is bis strongest argument), I should not be disposed to dismiss as entirely unpractical the proposai which he makes to advance money at greatly reduced interest by a Government land mortgage bank to the Arab landed proprietor, provided it could be combined with the supply of coolie or other- reliable paid Jabour. On this lalter question I am now oollecting, with a view to communication with Calcutta, certain particulars with which, în Sir G. Portal's time, the Government of
M. il. Hardinge au Marquis de Salisbury. Zanzibar, le 2 août 189S.
HiLORD,
J'ai l'honneur de transmettre ci-joint copie d'une lettre de Sir L. Hathews relative aux vues exposées par H. Fox, membre de la Société pour la protection des aborigènes, au sujet de l'abolition de l'esclavage dans ces îles.
Ainsi que Votre Seigneurie voudra bien le remarquer. Sir L. Hathews doute que le projet de H. Fox soit de nature à résoudre le problème, principalement — et il insiste d'une manière toute spéciale sur ce point — parce qu'en se substituant aux créanciers indiens, le Gouvernement n'acquerrait comme gages que des terres qu'il ne pourrait, sans esclaves, cultiver lui-même avec profit. Néanmoins, je n'entends pas, quant à moi, repousser comme dénuée de toute portée pratique la proposition de H. Fox tendante à faire aux propriétaires arabes, par l'intermédiaire d'une banque de crédit foncier sous le contrôle de l'État, des avances d'argent à intérêt très réduit» à la condition que cette mesure puisse se combiner avec une disposition prévoyant l'importation de coolies ou d'autres travailleurs payés
— 1ÎJ7 —
India wished (o be furnished. I welcome, inoreover, any suggestion emanating from t^c philanthropie bodies interested in thèse matters whieh implies a récognition that the native land-owner has claims to considération, and that bis protection against ruin, as a conséquence of the législation imposed by them, is a legitimate object of solicitude. I do so not only on the grounds of justice and of our moral obligations to the native races we govern, and on whom we enforce our social conceptions, but because I believe that the changes involved in the destruction of the whole Mahommedan system of slavery and serfdom can only be effected without danger i(. we convince the free population that we are honestly anxious to secure them against injury accruing from it. And I think that the scheme for the rédemption of mortgages and for advances by a Government bank, which Mr. Fox suggests, even though it might not dispose of ail the difficulties of the question, would be an earnest of our désire to act equitably, which would grcatly facilitate their solution.
I One circumstance worth noting, which rather complicates the dealing with native mortgages, is that, as the Mahommedan law prohibits, as usury, the giving or taking of interests on loans, the interest is not specified in the mortgage deeds. An Arab who borrows 100/. from an Indian wili be entered in the Kadi's books as having received from him not the reai amount actually borrowed, but a fietitious amount made up of that sum plus the interest which he has privately bound himself to pay, and which sometimes goes to 30 or even 80 per cent. ; and in the absence of any documentary évidence it may be difiicult, if the Indian chooses to be dishonest, and to represent himself as having charged a much smaller interest than he has really done, to distinguish between the latter and the actual amount of the loan. Thus, a receipt for 100/. lent on a mortgage may really mean that the mortgager has actually received 7S/., or even less, according to the interest informally agreed on between himself and the mortgagee.
pouvant inspirer confiance. Je m'occupe précisément de recueillir sur cette question, pour les transmettre à Calcutta, quelques renseignements demandés par le Gouvernement de rinde à Tépoque où 3ir G. Portai était encore ici. Mes sympathies sont d'ailleurs acquises à toute proposition des sociétés philanthropiques intéressées reconnaissant implicitement que le propriétaire arabe a droit à des égards et que la nécessité de le protéger contre la ruine pouvant résulter pour lui de la législation établie à leur intervention est un objet qui se recommande légitimement h notre solliritude. Je n'ai pas seulement en vue ce qu'exigent de nous l'équité et nos obligations morales envers les races indigènes que nous gouvernons et auxquelles nous imposons nos conceptions sociales, j'estime, en outre, que les changements qu'entraînerait la destruction de tout le système d'esclavage et de servage musulman ne s'accompliront sans danger que si nous réussissons à convaincre la population libre de notre sincère désir d'empêcher qu'elle n'ait à en soufi'rir. Dans cet ordre d'idées, le projet de M. Fox tendant au rachat des hypothèques moyennant un système d'ayances par l'entremise d'une banque d'État, sans être de nature à lever entièrement les difficultés, fournirait déjà une preuve des plus sérieuses de notre volonté d'agir suivant les règles de l'équité, et, à ce titre, il rendrait la solution beaucoup plus facile.
. Une circonstance digne d'être notée et qui complique jusqu'à un certain point la question des hypothèques indigènes, c'est que la loi musulmane interdisant comme usuraires tous prêts ou emprunts à intérêt, le taux de l'intérêt ne se trouve pas spécifié dans les titres. Lorsqu'un Arabe emprunte à un Indien 100 je, il est porté au registre du Cadi comme ayant reçu, non le montant réel de l'emprunt, mais une somme fictive composée de ce montant augmenté de l'intérêt tacitement consenti et qui parfois s'élève à 20 et même à SO <^/o. En l'absence de preuve écrite, lorsque l'Indien est de mauvaise foi et prétend n'avoir réclamé qu'un intérêt beaucoup inférieur à celui réellemefnt exigé, il est parfois difficile de savoir au juste à quoi s'en teiiir. Ainsi, un titre hypothécaire de 100 «a^ peut ne porter en réalité que sur un prêt effectif de 75 £ ou même moins, suivant l'intérêt illégalement convenu entre les parties.
The Zanzibar Gavernment ia fully alive to thé importance of improved means of communication and cultivation, but it must not be forgotten that the Construction and maintenance of roads in a rocky coral island, covered with a dense tropical végétation, is attended with considérable expense, and that the adoption ofbetter agriculturai implements and appliances, though it can be initiated on Government lands, must dépend in the main on the inhabitants themselves, ail classes of whom are, in such matters, somewhat indolent and improvident, as well as distrustful of novelties.
I hâve, etc.
{s.) Arthur H. Hardinge.
Inglosure.
Sir L. Mathews to Mr. A. Hardinge.
August 2, 1895.
I hardly know what to say about Mr. Fox's suggestions. To me it seems that a change of mortgagees, and émancipation at the same time, would bring about gênerai bankruptcy. The gain received in paying less interest would be sunk by having to pay heavily for labour. As regards octroi duty on produce, this is notallowed by theTreaties; cloves and chillies are only dutiable. Taxing other produce, and aiso making charges over and above those allowed by Treaties on dutiable goods could not be enforced on subjects of the various Treaty Powers. With no Treaties Mr. Fox's suggestions might be attempted by Her Majesty's Government alone, but I am of the opinion that the owners of the soil would soon become bankrupt, and the plantations fall to the mortgagee. The Government being the mortgagee would in turn be unable to work the plantations under the same conditions.
Le Gouvernement de Zanzibar est profondément pénétré de Timportance d'avoir des moyens de communication et des procédés de culture perfectionnés, mais on ne doit pas perdre de vue que la construction et Tentretien de routes, dans une île formée par un banc corallifère et couverte d'une épaisse végétation tropicale, exigent des dépenses considérables, et qu'en ce qui concerne de meilleurs procédés de culture, si le Gouvernement peut prendre l'initiative en cette matière sur ses terres, l'adoption en dépend néanmoins en majeure partie des habitants euxmêmes, qui sont tous, sans distinction de classes, un peu apathiques et imprévoyants sous ce rapport et pleins de préventions contre les innovations.
J'ai l'honneur, etc.
(s.) Arthur H. Hardinge.
Annexe.
Sir L. Mathews à M. A. Hardinge,
3 août 1895.
J'hésite à me prononcer au sujet des propositions de M. Fox; mais il me semble qu'une mesure portant à la fois changement du créancier hypothécaire et émancipation amènerait une banqueroute générale. Les économies h résulter d'une réduction d'intérêt seraient absorbées par la nécessité de payer des salaires élevés. Quant à établir des droits d'octroi sur les denrées, ce serait contraire aux traités; seuls, les girofles et les poivres peuvent être taxés. En frappant d'autres produits et en ajoutant ainsi de nouvelles charges à celles prévues par les traités pour les articles sujets aux droits, le Gouvernement prendrait une mesure qui ne pourrait s'appliquer aux ressortissants des diverses puissances contractantes. S'il n'était pas lié par des traités, le Gouvernement de Sa Majesté pourrait, en ce qui le concerne, tenter une expérience sur la base des suggestions de M. Fox; quant aux propriétaires du sol, je suis d'avis qu'ils ne tarderaient pas à faire faillite et que les plantations resteraient au créancier hypothécaire. Le créancier, en l'occurrence, étant le Gouvernement, il serait à son tour dans l'impossibilité de cultiver dans les mêmes conditions.
Even if octroi duties were allowed, in the case of copra, the priée would be so increased that we could not produce it for export in compétition wilh otber countries.
The natives, I ara afraid, would require a great deal of bringing up to the new ideas, and their way of living from hand to mouth would cause much trouble and loss to the planters in not getting labour when required. New labour can only be introduced by degrees. A radical and sweeping change must mean disorganization for years and bankruptcy.
Yours, etc.
(«.) L. W. Hathews.
En admettant même la légalité des droits d'octroi, les prix, pour le copra par exemple, monteraient à tel point que notre exportation ne pourrait plus soutenir la concurrence étrangère.
Je crains fort que l'éducation des indigènes ne soit lente à faire avant de les familiariser avec les idées nouvelles; de plus, habitués à vivre au jour le jour, s'ils ne répondent pas à l'appel des planteurs en quête de bras, il en résultera pour ces derniers de grands embarras et des pertes non moins grandes. Quant i\ la main-d'œuvre étrangère, on ne peut l'introduire que par degrés : un changement radical sous ce rapport aurait pour conséquence une longue période de désorganisation et même la banqueroute.
Votre, etc.
{8.) L. W. Mathkws.
Mr. A. Hardinge to theMarquess ofSalisbury,
Zanzibar, August 29, 1898.
(Extract.)
I bave tbe honour to transmit herewith copies of Reports from Mr. Pigott and Hr. HacLennan, who until lately represented the Impérial British East Africa Company at Hombasa and Lamu respectively, on the question of the abolition of slavery, and the relation of the existing System of slavery to the Slave Trade. Hr. Pigott dwells chiefly on the first, Hr. HacLennan on the second aspect of the problem. I had hoped to send at the same time a Report from Captain Rogers, but that ofBcer bas been so busily employed in connection with the military opérations in the Takaungu and Gazi districts during the last two months, that he bas not had time to prépare one. I regret this ail the more, as 1 understand that Captain Rogers is claimed as an advocate for total abolition, whereas tbis is certainly not the impression I bave derived from my own conversations with him. I trust, however, to be in a position shortly to forward a despatch from him on the subject.
I would venture to call your Lordship's spécial attention to the views expressed by the
M. A. Hardinge au Marquis de Salisbury, Zanzibar, le 39 août 1895.
(Extrait.)
J'ai l'honneur de transmettre ci-joint en copie des rapports émanant de HH. Pigott et Hac Lennan, qui représentèrent jusqu'en ces derniers temps la Compagnie impériale britannique de l'Est africain respectivement à Hombasa et à Lamu, et relatifs à la question de l'abolition de l'esclavage et aux rapports existant entre le système d'esclavage actuel et la traite des esclaves. H. Pigott s'occupe plus spécialement du premier point, H. Hac Lennan du second. J'avais espéré pouvoir vous envoyer en même temps un rapport du capitaine Rogers, mais les travaux absorbants que lui ont imposés les opérations militaires de ces deux derniers mois dans les districts de Takaungu et de Gazi n'ont pas permis à cet officier de le préparer. Je regrette d'autant plus cette circonstance que le capitaine Rogers passe, à ce qu'on m'assure, pour être partisan de l'abolition totale, ce dont je ne me serais certainement pas douté apr^ les conversations que j'ai eues avec lui. Je compte néanmoins être en mesure de vous faire parvenir bientôt ce rapport.
Je me permets d'appeler tout particulièrement l'attention de Votre Seigneurie sur les
clergy.and mission ladies of Hombasa as lo the dangers of wholesale and hasty abolition, and to suggcst that they afibrd serious materiais for reflection to the enihusiasfs of the abolitionisl cause.
The missionaries are, by the very obligations of their calling, idealists. in the noblest sensé of the term, men whose whole life is a protest against the sacritice of principle to expediency, and nn effort lo educate the backward races of mankind to high conceptions of religion and moral ily. The Churcb Missiouary Sociily, moreover, the opinions of Avhose clergy in East Âfrica Mr. Pigott quotos, is more than any other missionary body associated with the evangelical part of the Anglican Church, to which the great anti-slavery leaders, such as Wilberforce, Zachary, Macaulay, etc., ail belonged, and which hus always been specially conspicuous, as ihe sueers of its enemies at Exeter Hall.bear witness, by its zeal for the philanthropie movemenls of the âge. When, therefore, they tind men, and not men only but Engiish niission ladies, trained in thèse traditions and ideals, depFeo^ting quite as much on moral as on materialgrounds any rough or hasty dealing with the difticult problem of Moslem domestic slavery, we may surely pause to ask ourselves whether there may not be anoiher side to the question..
I would, at the same time, call your Lordship's attention to the vievv expressed by Mr. MacLennan as to the connection between slayery and the Slave Trade. The common argument of the abolitipnists is that cven if domestic slavery is as harmiess as the friends of the Arabs contend, it is neverlheless directly responsible for the continuance of the Slave Trade, as to the horrors of which there are not two opinions. Mr. MacLennan I think shows conclusively that, as far as his part of the coast is concerned, no stimulus is given by the moribund slavery existing there to the Slave Trade, and that in Lamu and Witu proper, where the country, uniike that between Lamu and the German frontier, has been thoroughly subjugated and pacitied by a séries of military expéditions, the opération of existing laws is hastening by rapid strides the disappearence of the slave population.
idées exprimées par le clergé et les dames missionnaires dé Mombasa, quant aux dangers d'une. abolition générale et prématurée; elles fournissent ample matière à réflexion pour les enthousiastes de la cause abolilionniste.
Par le caractère même <le leur vocation, les missionnaires sont des idéalistes dans la plus noble acception du mot; leur vie entière est une protestation contre les maximes de ceux qui sacrifient les principes aux convenances : elle se résume dans un généreux effort en vub d'initier les races inférieures de rhunfianité aux conceptions élevées de la religion et de la morale. De plus, la Church Missionary Society, qui possède en Afrique orientale un clergé dont M. Pigott partage les idées, se rattache plus que toute autre association similaire à cette fraction évangéliquè' de- l*Église anglicane qui comptait dans son sein les plus grands apôtres de l'anti- esclavagisme, les Wilbcrforce, les Zachary, les Macaulay, etc., et qui s'est toujours signalée par son zèle pour les œuvres philanthropiques de notre temps, comnie en témoignent les i^ailleries de ses ennemis à Exeter Hall. Or, lorsque des hommes, et même des femmes missionnaires, élevés dans ces traditions et formés à cet idéal, déconseillent, tant au point de vue moral qu'au point de vue matériel, toute solution violente ou h&tive du problème de Teselavage domestique musulman, on est en droit de se demander si ce problème ne présente pas quelque autre aspect.
Je désire également attirer l'attention de Votre Seigneurie sur l'opinion exprimée par M. Mac Lennan touchant les rapports existant entre l'esclavage et la traite. Le grand argument des abolitionnistes, c'est que l'esclavage domestique, fût-il aussi anodin que le prétendent les amis des Arabes, n'en est pas moins directement responsable du maintien de la traite, dont tout le monde réprouve les horreurs. M. Mac Lennan démontre d'une manière concluante, suivant moi, que, dans les limites de son district côticr, l'esclavage, qui se meurt d'ailleurs dans cette contrée, ne fournit aucun aliment à la traite, et qu'à Lamu et à Witu en particulier, où le pays, à la différence de ce qui a eu lieu dans le territoire compris entre Lamu et la frontière allemande, a été complètement subjugué et pacifié à la suite d'une série d'expéditions militaires, la disparition de la population servi le fait des progrès rapides grâce à Taction des lois en vigueur.
P. S. — Sînce writing^this despatch I hâve receivod the Report to which I referred above from Captain Rogers, a copy of which I hâve the honourto transmit herewith. Your Lordship will observe that though he is in favour of the ultimate abolition of slavery, and does not believe, so far as his expérience goes, that it would tend to increase vice and laziness among the freed slaves, he considers that any fresh measure in that direction at the présent moment would be prématuré.
September 1, 4895.
Inclosurc i.
Mr, Pigott to Mr. A. Hardinge.
Hombasa, August 1, 1895.
Sir,
1 hâve the honour to report on the question of the abolition of slavery in the British Protectorate in East Africa.
It is unnecessary for me to make any remarks on the State of slavery, as this has already been fully dcalt with in your despatch to the Earl of Kimberley, dated the 36th February last.
There can be no doubt that it is désirable that the status of slavery should be done away with, but the question is,' how can it best be done so as to inflict the minimum amount of hardship on ail the parties concerned, especially on the slaves themselves and their owners?
It is difficult to State, with any degree of accuracy, the number of slaves within the dominions of His Highness the Sultan on the mainland and adjacent islands, not including Zanzibar and Pemba, but it is probable that they amount to fully 70 per cent, of the total native population, which is estimated atahout J00,000; of thèse we may therefore consider that there are about 60.000 free people and 440,000 slaves.
Expérience has taugbt us that if a large number of slaves are liberated at one lime they are apt to break loose, loot shops and shambas, and commit ail sorts of excesses. If, therefore, it is decided to abolîsh slavery
P. S. — Cette dépêche était écrite lorsque m'est parvenu le rapport prémentionné du capitaine Rogers. Je vous en transmets ci* joint copie. Comme Votre Seigneurie le remarquera, tout en se prononçant pour Tabolition définitive de l'esclavage et sans croire qu'elle puisse avoir pour effet — autant que son expérience lui permet d'en juger — d'encourager le vire et la paresse chez les esclaves affranchis, il estime que toute nouvelle mesure en ce sens serait en ce moment prématurée.
1" septembre 4895.
Annexe 4.
M. Pigott à M. À. Hardinge.
Mombasa, i^ août 4895.
J'ai l'honneur de faire rapport sur la question de l'abolition de l'esclavage dans le Protectorat britannique de l'Afrique orientale.
Je crois inutile de m'occuper du statut de l'esclavage, sur lequel votre dépêche au comte de Kimberley du 26 février dernier contient des aperçus très complets.
Il serait certes désirable de mettre un terme à cette institution, mais il s'agit de savoir quel est le meilleur moyen d'amener sa disparition en réduisant au minimum les maux qui pourraient en résulter pour toutes les parties intéressées, notamment pour les esclaves eux-mêmes et pour leurs maîtres.
Il est difficile d'établir avec quelque précision le nombre des esclaves que comptent, en dehors de Zanzibar et de Pemba, les possessions continentales de Sa Hautesse le Sultan et les îles adjacentes, mais il doit atteindre au moins 70 <»/o de l'ensemble de la population indigène, évaluée à S00,000 habitants environ. Ce chiffre peut donc, approximativement, se décomposer en 60,000 individus libres et 440,000 esclaves.
L'expérience nous apprend que, lorsqu'un grand nombre d'esclaves sont libérés à la fois, on s'expose à les voir s'affranchir de tout lien, piller les boutiques et les shambas, et commettre toutes sortes d'excès. Si donc on décide
àt once, it will be necessary to hâve an armed force suiScient to cope with and put dovfu any disturbance which may arise in the territory aifected.
Expérience also shows us that slaves will hot, as a ru le, work uniess compelled to do so. The freed people will therefore be driven to stealing when they begin to feel the pangs ofhunger, and, uniess foreign labour is imported, it is probable that mostof the shambas will go out of cullîvation, and much distress will be fclt by the poorer population, especially those of the towns wbo dépend on the locally grown grain for food, rice being beyond their means.
Further, it will be necessary to make provision for freed slaves who, either from their âge or from other causes, are unable to support themselves. Thèse are now provided for by their owners, and it is probable that a similar provision will bave to be made for many slave-owners who at présent hold a few slaves and live on their earnings. Thèse slaves are sent out to work every day. They earn from 3 annas to 4 rupee, half of which they pay to their owners, keeping the balance for themselves. The owners would, as a rule, be unable to make a living out of the compensation which might be granted lo them, and, being unable to do any work themselves, would be thrown on the State, or starve.
It is not necessary hère to consider ihe conséquences of setting free the thousands of young women and girls who hâve been employed as domcstic slaves or concubines, and who are unaccustomed to working for themselves. The rcsult can better be imagined than described.
I bave the honour to inclose copies of letters rcceived from members of the Church Missionary Society, whose expérience and work among the slaves and their owners on the coast, and especially in Mombasa, render their opinion of great value. The question as to what is the most satisfactory way to deal with the matter is a most diflScult one. To every proposai which bas been made as yet thcre are some grave objections, but almost, if no quite, ail those who bave studied the question, and who are really acquainted with the people (i.e., the slaves and their owners), agrée that it would be inadvisable.
Tabolition immédiate, il faudra disposer d'une force armée suffisante pour les tenir en respect et réprimer les troubles qui s'élèveraient dans le territoire dont il s'agit.
L'expérience nous montre également qu'en règle générale les esclaves ne consentent à travailler que contraints et forcés. Par conséquent, une fois affranchis, dès que la faim se fera sentir, ils n'hésiteront pas à se livrer au vol ; d'un autre côté, à moins qu'on n'importe la main-d'œuvre de l'étranger, la plupart des shambas resteront sans culture, une grande misère s'abattra sur les classes pauvres, spécialement dans les villes, oh l'homme du peuple est réduit à se nourrir des céréales du pays, le riz étant au-dessus de ses moyens.
En outre, il faudra pourvoir aux besoins des esclaves libérés qui, par le fait de l'âge ou pour d'autres causes, sont incapables de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance et vivent des libéralités de leurs maîtres. Des mesures analogues devront sans doute être prises en faveur de nombreux propriétaires qui ont actuellement quelques esclaves dont le gain constitue leur unique ressource. Tous les jours ces esclaves sont envoyés au travail; ils gagnent de 3 annas à i roupie, dont la moitié revient au maître, la différence étant pour eux. En règle générale, il serait impossible aux propriétaires de se suffire au moyen de l'indemnité qui pourrait leur être allouée, et, incapables de travailler eux-mêmes, ils tomberaient à charge de l'État, à moins qu'ils ne meurent de faim.
Je n'insisterai pas ici sur les conséquences qu'entraînerait l'affranchissement de milliers de jeunes femmes et de jeunes filles employées jusqu'à présent en qualité d'esclaves domestiques ou de concubines, et non habituées à travailler pour elles-mêmes. Ces choses se devinent mieux qu'on ne les dépeint.
J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint en copie des lettres reçues de différents membres de la Church Missionary Society, dont l'opinion a une grande valeur en raison de l'expérience qu'ils ont acquise et de l'œuvre accomplie par eux au milieu des esclaves et de leurs propriétaires sur la côte, spécialement à Mombasa. La question de savoir quelle est la meilleure règle à suivre en vue de résoudre le problème de l'esclavage est des plus difficiles. Les différentes propositions faites jusqu'à ce jour prêtent à de graves objections, mais, en général, tous ceux qui ont étudié la question et connaissent réellement le peuple (c'est-à-dire
if not actually fatal, to make any sudden change în the existing state of things.
With regard to the application of the Indian Act oftbe 7th April, 1843, if the meaning is fully explained to the slaves, it will amount to the immédiate abolition of slavery. If, on the other hand, its meaning is not made clear, it will, as some of the other slavery Decrees hâve done, remain a dead letter.
There is very little doubt that if this Act were applied, or any other means introduced for the immédiate suppression of slavery, there would be a wholesale émigration of Arabs and Swahilis to the mainland opposite Zanzibar.
The existîng local Decrees provide that —
1. There shall be no new slaves introduced into the dominions of His Highness the Sultan.