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Tous les enfants nés après 1890 sont libres

3. Tout trafic d'esclaves est illégal ; en cas d'infraction constatée, les personnes coupables de vente ou d'achat de cette nature seront punies de la confiscation (c'est-à-dire de l'affranchissement) de tous leurs esclaves.

4. Les esclaves des personnes décédées sans enfants légitimes sont libres.

Par conséquent, si l'on édicté un nouveau décret confirmant tous les précédents et stipulant :

(a) Que tout esclave aura le droit de se racheter ou de racheter des membres de sa famille, à un taux déterminé, mettons 40 dollars;

(b) Qu'une compensation, calculée, par exemple, sur le prix de 20 dollars, sera payée à toute personne qui affranchira la totalité de ses esclaves avant une certaine date ; et enfin

(c) Qu'après une période de vingt ans la condition servile cessera d'exister, le nombre des esclaves annuellement libérés augmentera dans une proportion considérable, et l'importation de nouveaux esclaves destinés à remplacer les anciens étant interdite, avant peu d'années l'esclavage mourra de mort naturelle, sans qu'il ait fallu recourir à une mesure quelconque de nature à révolutionner l'État et à ruiner le pays.

Il est probable que certains arrangements s'imposeront en vue de l'assistance à donner aux enfants nés libres de parents esclaves. En

as it is hardly to be expected that their owners would consent to support them, knowing that they would get no return, in labour or otherwise, for the money expended. Thîs might be arranged by having ail such children registered, and an allowance of, say, 4 pice a-day, made to the owners of the parents, 80 long as the children remain with them and are unable to support themselves. This would not be a very heavy item of expenditure, as it is a remarkable and wellknown fact that comparatively few slaves hâve children.

It would further be advisabie to make the registration of ail slaves compulsory. This would cntail a large staff and ofBce in every district. No person would then be able to daim any one as his slave who was not registered as such, and might at any time be called upon to produce any particuiar slave. Ail deaths should be reporled to the rcgistrar, whose duty would be to verify them.

It is a noteworthy fact that the worst characters on the coast are, as a rule, either runaway or freed slaves.

I hâve, etc.

(8.) i. R. W. PiGOTT,

Acting Administrator.

P. S. — The Rev. H. K. Binns is Secretary of the Church Missionary Society, and, in the absence of Bishop Tucker, is in charge of ail the Church Missionary Society's work in the Protectorate.

The Rev. W. E. Taylor is missionary-încharge of the Church Missionary Society's work in Mombasa.

Miss Lockhart and Miss Grieve are also working for the Church Missionary Society in the town of Mombasa.

Mr. Smith is a missionary of the Church Missionary Society, but bas not had any actual expérience with slaves and their owners, his work having been at Frère Town, Rabai, and other Settlements, the inhabitants of which are, as a rule, freed or runaway slaves.

effet, on ne peut s'attendre à ce que les maîtres assument Tentretien de ces enfants alors qu'aucune indemnité en nature ou autre ne viendra compenser les dél>our8 faits pour eux. On pourrait régler ce point en faisant enregistrer tous les enfants et en payant une allocation déterminée, par exemple 4 pice par jour, aux propriétaires des parents, aussi longtemps que les enfants resteront à leur charge et se trouveront dans l'impossibilité de pourvoir à leur propre subsistance. La dépense qui en résulterait ne serait pas bien lourde, car il est à remarquer — et le fait est notoire — que le nombre des esclaves ayant des enfants est relativement restreint.

11 conviendrait en outre de rendre obligatoire l'enregistrement de tous les esclaves, ce qui exigerait la création d'un personnel nombreux et l'établissement d'un bureau dans chaque district. Personne alors ne serait recevable à réclamer comme lui appartenant un esclave non porté au rôle, et l'on pourrait être invité en tout temps à représenter aux autorités un esclave quelconque. Tous les décès devraient être déclarés au fonctionnaire chargé de la tenue du registre, et ce fonctionnaire aurait mission de les vérifier.

Fait digne de remarque, c'est parmi les esclaves fugitifs ou libérés de la côte que l'on rencontre en général les plus mauvais caractères.

J'ai, etc.

(«.) J. R. W. PiCOTT,

Administrateur gérant.

P. S. — Le révérend H. K. Binns est secrétaire de la Church Missionary Society et, en l'absence de l'évéque Tucker, c'est lui qui dirige l'œuvre de la Société dans le Protectorat.

Le Rév. W. E. Taylor est missionnaire directeur de l'œuvre de la Church Missionary Society à Mombasa, à laquelle se dévouent également Miss Lockhart et Miss Grieve.

M. Smith est missionnaire de la même Société, mais il ne connaît guère par expérience les esclaves et leurs maîtres : il n'a pas vécu au milieu d'eux et son activité s*est dépensée tout entière à Frere-Town, Rabai et autres établissements, dont les habitants sont généralement des esclaves fugitifs ou libérés.

Inclosure 2.

The Rev. H. K. Binns to Mr. Pigott.

Frère Town, July 30, 1895.

Dbah Mr. Pigott,

VVith regard to the question of the abolition of slavery, upon which you ask my opinion, 1 beg to say that I think it would be notbing short of a caiamity to suddenly abolish slavery in thèse parts; first, I believe it would raise the whole of the slave-owning population against the Government, and cause very serious troubles ; and,secondly,I believe il would mean a large proportion of the slaves themselves becoming absolutely destitute.

I believe the abolition of slavery may be effected by degrees, by registration, etc., as proposed by Mr. Hardinge, Her Britannic Majesty's Consul-General, and 1 consider this to be the most practical plan.

Believe me, etc.

l8.) Harry k. Binns.

Inclosure 3.

The Rev. W, E. Taylor to the Rev. H. K. Binns,

Mombasa, July 26, 1895.

Dbar Mr. Binns,

In answer to your letter, inclosing a copy of that of Mr. Pigott to the Bishop re the abolition of slavery in East Africa, inquiring whether, in the opinion ofthoseexperienced, it should be suddenly effected or otherwise.

In my humble opinion, it is plain that (1) slavery is wrong, and is moreover, illégal, and that (2) having no recognized standing as an institution in English law, it cannot be legally supported for an instant, nor, therefore, is it capable of graduai abolition by any government of British institution, but must, logically, be considered abolished de facto by

Le Rév. H. K. Binns à M. Pigott.

Frere-Town, le 30 juillet 1895.

Cher Monsieur Pigott,

Vous me demandez mon avis sur la question de Tabolition de Tesclavage. J'estime que cette mesure, brusquement appliquée ici, ne constituerait rien moins qu'une calamité: d'abord, elle soulèverait, selon moi, toute la masse des propriétaires d'esclaves contre le Gouvernement et causerait des troubles très graves; ensuite, pour un grand nombre d'esclaves mêmes, elle équivaudrait à la misère.

Dans mon opinion, pour arriver à l'abolition de l'esclavage, il conviendrait de procéder par degrés, en recourant à l'enregistrement, etc., ainsi que le propose M. Hardinge; consul général de S. M. Britannique. Je considère que c'est la marche la plus pratique à suivre.

Croyez-moi, etc.

(s.) Harry K. Binns.

Annexe 3.

Le Rév. W. E. Taylor au Rév. H. K. Binns. Mombasa, le 26 juillet 1895.

Cher Monsieur Binns,

La présente répond à la lettre par laquelle vous me transmettez en copie celle de M. Pigott à l'Évéque, relative à l'abolition de l'esclavage en Afrique orientale, et demandant si, dans l'opinion des personnes au courant de la question, cette mesure doit être immédiate ou non.

Voici mon humble avis : 1<^ L'esclavage est incontestablement un mal; de plus, il est contraire aux lois, i^ Il n'est pas reconnu comme institution dans la législation anglaise, et dès lors un gouvernement d'institution britannique ne pourrait légalement le maintenir un seul instant, ni par conséquent l'abolir par degrés : il doit logiquement être considéré

any supersession of Arab by British rule. But at the same time, it seems tbat (3) a public Proclamation to tbat effect would be, more or less, certainly dangerous, and especially at this unsettled juncture; and tbat (4) the libération of a number of settled slaves, unaccustomed to the proper use of freedora, with its responsibilities and privilèges, would tend to produce a demoralized and dangerous class of people, such as would be sure in the future to embarrass the good government and to mar the prosperity of this country. Therefore, I feel sure, uniess (5) suflScient measurcs are aiso taken to secure, on the one hand, the overawing of the ill-disposed until the crisis shall be well over, and, on the other, the éducation into the ways of freedom of the irresponsible population to be freed, as also that of the masters when they « find their occupation gone, » that the carrying out of the doctrine above stated, without the precautionary and educational incasures indicated, would be for the présent fraught with danger to public peace and safety, and even directly tend to evils comparable with those it is designed to combat.

Yours faithfully,

(8.) W. E. Taylor,

Missionary ofthe Church Missionary Society in Mombasa, elc.

Ikclosurb 4.

Miss Grieve to Mr. Pigott.

Mombasa, July31, 189S.

Dear Mr. Pigott,

In answer to your letter of to-day, 1 bave no hésitation in saying that I think the effect of any sudden action on the part ofthe authorities in abolishing slavcry would be that much suffering would be imposed on the freeborn women of the town, as they are utterly unused to hard work, more so indeed than average lady at home, from the enervating life they lead. I know of a case in point. A iree-bom lady is lefît by her husband with one slave woman while he is on a safari; » this woman ran away from her mistress, who, in conséquence, is oflen in difBculties for food

comme aboli de fait par la substitution de la| souveraineté britannique à la souveraineté arabe. 3<^ D'autre part, il semble qu'une proclamation dans ce sens offrirait des dangers plus ou moins grands, mais certains, spécialement à cette époque troublée. 4"^ La libération de nombreux esclaves habitués à l'existence servile et incapables de faire un usage convenable de la liberté, avec ses responsabilités et ses privilèges, ferait sui^ir au sein de la population une classe démoralisée et dangereuse qui entraverait bientôt la bonne marche du Gouvernement et détruirait la prospérité du pays. S*" J'en conclus qu'à moins de prendre des mesures suffisantes, d'une part, en vue de contenir les éléments de désordre jusqu'à ce que la crise soit passée, et d'autre part en vue de faire l'éducation de la popu* Jation irresponsable qu'il s'agit d'affranchir ainsi que celle des maîtres pour le jour où ils se verront <c expropriés », l'abolition de Fesclavage serait, dans le présent, grosse de périls pour la paix et la sécurité publiques, et conduirait même directement à des maux non moins redoutables que ceux qu'on se propose de combattre.

Votre dévoué,

(s.) W. E. Taylor, Missionnaire de la Church Missionary Society à Mombasa, etc.

Annexe 4.

Miss Grieve à M. Pigott.

Mombasa, le 81 juillet 1895.

Cher Monsieur Pigott,

En réponse à votre lettre de ce jour, je n'hésite pas à dire que, dans mon opinion, une action brusque et violente des autorités en vue d'abolir l'esclavage causerait de grandes souffrances aux femmes nées libres de la ville, que leur vie énervante a rendues complètement impropres à tout travail pénible, et qui sont, en effet, beaucoup inférieures sous ce rapport aux Anglaises de la classe moyenne. Je citerai à ce sujet un fait topique. Il s'agit d'une femme née libre que son mari, en allant au a Safari », avait laissée seule avec une esclave ; celle-ci s'enfuit, et depuis ce moment

tnd water, which she can only get by begging or bribing other slaves of her friends to get for her.

The effect on the slave-women themselves would be disastrous. For, though I am sure, some from Tamily ties, and some from genuine love to thcm, would stay with their mistresses, the majority would leave them, and uniess some great effort were exerted, îmmorality and sin would abound uniimited. Excuse me writing thus freely.

I do not think the sudden abolition would interfère with our work, for the girls could corne unehecked to us; though, on the other hand, thero certainly would be a feeling of resentment generated against the European.

Miss Wilde feels she has too lately corne to town to express an opinion; Miss Lockhart hopes to Write to you.

Trustîng that this grave question will be solved so as to secure justice and freedom without undue haste, believe me, etc.

{s.) Annie J. Grievb.

Inclosurb s.

Miss Lockhart to Mr. Pigott.

Hombasa, August 1 , 1893.

Dear Mr. Pigott,

I am afraid that my opinion on the question of the abolition of domestic slavery must be a very one-sided one, as I hâve not really studied it ail round, and hâve only noticed the resuit of this sadly degrading system on the women of the town ; but while one longs for the whole System to be utterly abolished, one can*t help thinking that if they suddenly get their freedom, it will mean to the majority of thèse slave-girls liberty just to follow their own evil tendencies, for the masters and mistresses, who certainly hâve some control

sa maîtresse se trouva fréquemment embarrassée pour avoir des vivres et de l'eau; elle ne put s'en procurer que par l'entremise d'esclaves empruntées à ses amies ou gagnées par elle à prix d'argent.

Au point de vue des femmes esclaves mêmes, l'abolition immédiate serait désastreuse. Certes, plusieurs resteraient chez leurs maîtresses, les unes à raison de leur parenté, les autres par pure affection; mais la plupart voudraient les quitter, et à moins d'un grand effort en vue de prévenir ce malheur, l'immoralité et la licence ne connaîtraient pas de bornes. Pardounez-moi de vous parler avec tant de franchise.

Je ne pense pas que l'abolition immédiate soit de nature à entraver notre œuvre, car lus jeunes filles pourront venir librement chez nous ; toutefois, il n'y a pas à se dissimuler qu'elle fera naître un sentiment d'irritation contre l'Européen.

Miss Wilde estime que son arrivée dans cette ville est trop récente pour qu'elle se permette d'exprimer une opinion ; Miss Lockhart espère vous écrire.

Dans la confiance que cette grave question recevra une solution propre à sauvegarder la liberté et la justice, et excluant toute précipitation dangereuse, je vous prie de me croire, etc., etc.

(s.) Annie J. Gribve.

Annexe 5.

Miss Lockhart à M. Pigott.

Mombasa, le l*' août 4895.

Cher Monsieur Pigott,

Je crains que mes idées sur la question de l'abolition de l'esclavage domestique ne soient fort incomplètes. En effet, je n'ai pas étudié le problème sous ses divers aspects, mais seulement au point de vue de l'action que cette dégradante institution exerce sur les femmes de la ville. Cependant, tout en faisant des vœux pour l'abolition radicale du régime existant dans son ensemble, je ne puis m'empêcher de redouter que la majorité des filles esclaves, mises subitement en possession de la liberté, ne voient dans celle-ci que

over Ihem now, of course would ',have none then.

If there is graduai abolition of slavery, surely we Christians may hopefully pray that there may be the graduai learning as to how to use that liberty, for thèse women are teachable. If the Government with immédiate freedom, means to « mother » and house the slave-girls, give them work to do and force them to do it, then I should bope for abolition to-day.

I bave not spoken much on the subject with the mistresses, but the few who bave mentionned it to me bave just said in a helpless sort of way, « If you take away our slaves, who is going to do our work? » and, poor things, they are unfitted for any hard physical exertion, but tbis, too, it seems to me, will be righted gradually, for as they and their husbands get to know more of the spirit of the Gospel of Christ, and feel the power of it in their lives, they will bave more liberty, which will not only make them more fitted for pbysical exertion, but will make them long that ail under them may bave the same liberty.

Believe me, etc.

(8.) Haggib J. Logkhart.

Inclosurb 6.

Mr. Smith to Mr. Pigott.

Rabai,August 1,1898.

Dbar Mr. Pigott,

In reply to your letter re the abolition of the status of slavery, I take it for granted that it means the abolition of the status of slavery in the 10-mile limit of the territory at présent under tbe fiag of the Habommedan Sultan of Zanzibar.

If tbis Js so, I do not see bow tbe immédiate émancipation of slaves could be effected, seeing that slavery is legalized by tbe Koran.

la liberté de suivre leurs mauvais penchants; car les maitres et maîtresses, qui ont incontestablement aujourd'hui une certaine autorité sur elles, n'en auront plus aucune sous le régime nouveau.

Si Ton se décide pour l'abolition graduelle de l'esclavage, nous pouvons, nous, chrétiens, avoir la confiance que peu à peu ces femmes apprendront à faire un bon usage de la liberté, car il est possible de faire leur éducation. Si le Gouvernement, en prononçant la libération immédiate, entendait se charger de l'entretien des filles esclaves, leur procurer du travail et même le leur imposer, j'appellerais de tous mes vœux l'abolition aujourd'hui même.

Je n'ai guère abordé ce sujet dans mes entreliens avec les maîtresses d'esclaves, mais celles — en petit nombre — qui y ont feit allusion, ne m'ont dit que ces mots, prononcés avec l'accent du désespoir : « Si vous nous ôtez nos esclaves, qui fera notre ouvrage? » et, pauvres créatures, elles sont incapables de tout effort physique tant soit peu pénible. Cependant, là aussi, une amélioration ne tardera pas, je pense, à se manifester graduellement, car, à mesure qu'elles-mêmes et leurs maris connaîtront mieux l'esprit de l'Évangile du Christ et en ressentiront l'influence dans le cours de la vie, ils se sentiront plus aptes aux travaux corporels et plus désireux de voir tous leurs inférieurs aussi libres qu'eux-mêmes.

Croyez-moi, etc.

(s.) Maggie J. Lockhart.

Annexe 6.

M. Smith à M. Pigott.

Rabai, le l** août 1895.

Cher Monsieur Pigott,

J'ai l'honneur de répondre à votre lettre concernant l'abolition du statut de l'esclavage. Je suppose qu'il s'agit de l'abolition dudit statut dans le rayon de 10 milles qui constitue la limite du territoire sur lequel flotte actuellement le drapeau du Sultan mahométan de Zanzibar.

S'il en est ainsi, je ne vois pas comment l'émancipation immédiate pourrait s'opérer, l'esclavage étant une institution sanctionnée par le Coran.

One can only hope that the oflScers of the Britîsh Protectorate will enforce and strengtben the ruies re the rédemption and registration, etc., of slaves, laid down by the Executive of the late Impérial British East Àfrica Company ; the missionary body in the meanwhile, by preaching and practice, instilling into master and slave the eniightening principles of Christianity.

But if, on the other hand, the British Government hâve sovereign rights in this territory, then it is my humble opinion that it 18 their duty at ail costs to act at once, by freeing the slaves, compensating the masters, and providing both protection and a means of an honest livelihood for the released slaves, and I think that at the end of, say, fifteen or twenty years, you would find the slave in a far better condition than if his rédemption had spread over that period. He must be already very low down in the scale of civilization, when he is content to call his présent state <c a happy lot ! » Ail honour to the people who lift him up.

Yours sincerely,

(s.) A. G. Smith.

Inclosure 7.

Mr. MacLennan to Mr. A. Hardinge.

British East Africa Protectorate, Lamu, August 16, 1895.

SlR,

In accordance v^ith yourrequest, I hâve the honour to submit the following remarks on the subject of the présent position of slavery in the Lamu district, and the impetus which its existence may possibly give to slave-trading in the interior. Thèse observations are made after an expérience of two years as the Impérial British East Africa Company's District Superintendent at this place.

It is my opinion that very few, if any, slaves bave been imported into the Islands of

Tout ce qu'on peut espérer dans ce cas, c'est que les fonctionnaires du Protectorat britannique tiendront la main à l'obsen'atîon stricte et rigoureuse des règlements concernant le rachat des esclaves, leur enregistrement, etc., édictés par le pouvoir exécutif de l'ancienne Compagnie Impériale britannique de l'Afrique orientale. En même temps, les missionnaires, par la prédication et l'exemple, inculqueraient aux esclaves comme aux maîtres les principes élevés du christianisme.

Mais si, au contraire, c'est le Gouvernement britannique qui exerce les droits de souveraineté sur ce territoire, son devoir, à mon humble avis, est d'agir immédiatement, coûte que coûte; il doit affranchir les esclaves, indemniser les maîtres et assurer aux esclaves libérés, en même temps qu'une protection eflScace, d'honnêtes moyens d'existence. Je crois qu'après 1 S ou 30 ans de ce régime, la condition de l'esclave libéré serait beaucoup meilleure que si son affranchissement avait été ajourné pendant la même période de temps. 11 faut qu'il se trouve encore aux degrés les plus inférieurs de la civilisation pour regarder son sort actuel comme « un sort heureux ». Honneur au peuple qui opérera son relèvement !

Sincèrement à vous.

(s.) A. G. SlITH.

Annexe 7.

M. Mac Lennan à M. A. Hardinge. •

Protectorat britannique de l'Afrique orientale, Lamu, le 16 août 1895.

Monsieur,

Conformément à votre désir, j'ai l'honneur de vous soumettre quelques considérations sur l'état présent de l'esclavage dans le district de Lamu et sur l'impulsion que son existence pourrait donner à la traite dans l'intérieur. Elles sont le fruit d'observations que j'ai faites pendant les deux années de mon séjour dans cette ville en qualité de surintendant de district de la Compagnie impériale britannique de l'Est africain.

Je suis d'avis que, si des esclaves ont été importés dans les îles de Lamu, Manda, Patta,

Lamu, Manda, Patta, Faza, and Suju (which embraced the district under my charge) since the promulgation of the Slavery Decree of His Highness Seyyid Ali-bin-Sald, dated the Ist August, 4890. The conclusion is arrived at after considération of the following facts:—

1. That the Decree referred to bas been thoroughly published throughout the late Impérial British East Africa Company's territory, more particularly in the districts in close proximity to the coast, and that ils terms are well-understood by the owners and their slaves. In some cases where slaves came from remote quarters to seek redress under the provisions therein contained, proofwas afiforded of how conversant they were with the terms of the Decree.

3. That the Decree in question has reduced the value of slaves to a minimum in conséquence of the risk of their sale, transfer, or mortgage being discovered, and the infliction of the conséquent penalties on the parties concerned in thèse transactions. It is therefore not worth the risk of forfeilure of their other slaves and property to engage in such unremunerative opérations.

3. Good and industrious slaves are always on friendly terms with their masters, who invariably treat them as membersof their own family, and it is quite possible that such slaves might assist their masters in obtaining fresh ones, or, at any rate, they might not inform against them ; but the bad and indolent slaves (and there are many of them in this' district) who are most iroublesome to their masters would, in the event of any transactions in slaves in which their masters were concerned coming to their knowledge, take the first opportunity of acquainting the authorities of what was taking place, with the view of obtaining their own freedom.

4. Since the pacification of the Witu district, the tribes of the interior in this neighbourhood bave been enabled to move about from place to place with the greatest freedom. The Wapokomo from the Tana River corne daily to Witu and Lamu, as also do the Waboni, a nomadic tribe of hunters occupying the country to the north of Witu, and behind Wangeh and Dodori on the mainland opposite the Islands of Faza and Suju. The Gallas of Witu visit their fellow tribesmen, the Watoleh Gallas, from the neighbourhood of Port

Faza et Suju (qui formaient le district sous ma juridiction) depuis la promulgation du décret de Sa Hautesse Seyyid Ali-Bin-Saîd du l*' août 1890, concernant Tesclavage, ils sont en très petit nombre. Cette conclusion est basée sur les faits suivants :

1. Le décret dont il s'agit a reçu la plus grande publicité dans tout le territoire de l'ancienne Compagnie impériale britannique de l'Afrique orientale, plus particulièrement dans le district situé dans le voisinage immédiat de la côte, et les maîtres comme les esclaves en ont parfaitement saisi la portée. Plus d'une fois des esclaves, venus des régions éloignées pour réclamer justice en vertu de cet Acte, ont prouvé par leur langage combien ils étaient au courant de ses dispositions.

2. Depuis la publication du décret, la valeur des esclaves est tombée à un taux très bas par suite des risques attachés aux opérations de vente, de transfert et de remise en garantie, et des pénalités infligées, en cas d'infraction, aux parties en cause. Les indigènes ont compris que pour faire des opérations aussi peu lucratives, ce n'était pas la peine de s'exposer à la confiscation totale de leurs esclaves et de leurs biens.

3. Les bons esclaves, ceux qui travaillent bien, ont toujours d'excellents rapports avec leurs maîtres, qui les traitent invariablement en membres de leur propre famille. Que de tels sujets consentent à faciliter aux propriétaires l'acquisition d'esclaves nouveaux, la chose n'a rien d'impossible; en tous cas, ils ne les dénonceront pas. Mais il n'en est pas de même des mauvais éléments, des esclaves paresseux, qui sont nombreux dans ce district. Ceux-là donnent beaucoup de mal à leurs maîtres, et pour peu qu'ils les sachent compromis dans une transaction d'esclaves, ils saisiront la première occasion d'en informer les autorités, afin d'obtenir leur libération.

4. Depuis la pacification du district de Witu, les tribus de l'intérieur répandues dans notre voisinage peuvent se mouvoir avec la plus grande liberté d'un lieu à l'autre. Les Wapokomo, établis sur le Tana, viennent tous les jours à Witu et à Lamu, de môme que les Waboni, tribu nomade composée de chasseurs et occupant la contrée au nord de Witu et derrière Wangeh et Bodori sur le continent, en face des îles Faza et Suju. Les Gallas de Witu visitent leurs frères Gallas de Watoleh, établis dans le voisinage de Port

Duntord, and vice versa. The coast freemen and slaves proceed into the interior to collect rubber and otber produce. Communication witb the varions tribes bas in tbis manner been considerably accelerated, and the know- Icdge of the varions Edicts in connection v^ith slavery will become still better known and understood. As an instance of tbis, a Witu Galla was able to trace from information received from a Watoleh Galla that bis sister» wbo bad been stolen about five or six years previously, was now living with an Arab residing in the Island of Tula, near Kismayu. On inquiry tbis proved to be correct, and it appeared that shortly after purchasing ber the Arab freed ber in présence of witnesses, presumably because be became aware of the Slavery Decree of 1890, and feared its conséquences. She will therefore be returned to ber parents.

5. The Lamu slave-owners formerly obtained the majority of their slaves at Kilv^a, but ihe sea being now so efficiently patrolled by Her Majesty*s sbips, together with the necessity for ail passengers travelling by dhows or otber native crafît baving their name and description entered in the native passenger manifest, as required by the Brussels Act, renders it almost impossible for any more to be brought hère in tbis manner. Theoverland journey from Kilwa is equaily difiicult, owing to the risk of the movements of any slavedealing party becoming known to the oflScials at the varions coast towns passed eii route. Otber slaves were obtained from the Wanyika, Wakamba, and Wagiriama tribes, and if any attempt were now made to enslave them at the coast, the matter, for various reasons, would very soon be discovered; among others, the fact of their not being able to speak Ki-Swahili fluently would arouse suspicion, and they would not be long in learning from their fellow slaves of the means to be adopled in order to obtain their frecdom.

6. There is now little or no collusion among the Arabs and Swahilis in regard to slavery, and any person bold enough to risk the chance of obtaining fresh slaves in face of the obstacles enumerated above would, in the event of bis success, be in danger of his

Durnford, et vice versa. Hommes libres et esclaves de la côte se rendent dans l'intérieur pour récoller le caoutchouc et d'autres produits. Il en résulte que les communications avec les différentes tribus sont devenues beaucoup plus rapides et que les édits concernant l'esclavage sont de mieux en mieux connus et compris. Voici un exemple à l'appui de ce que j'avance. Un Galla de Witu, dont la sœur avait été enlevée environ cinq ou six ans auparavant, apprit d'un Galla de Watoleh qu'elle vivait avec un Arabe résidant dans l'île de Tula, près de Kismayu. Après enquête, le fait fut reconnu exact, et l'Arabe, peu après l'avoir achetée, l'affranchit en présence de témoins, sans doute parce qu'il avait eu connaissance du décret de 1890 et qu'il en redoutait les conséquences. La jeune fille sera par conséquent renvoyée à ses parents.

5. Autrefois les propriétaires d'esclaves de Lamu tiraient la majeure partie de leurs sujets de Kilwa ; mais l'active surveillance exercée aujourd'hui sur mer par les navires de Sa Majesté et l'obligation pour tous les passagers à bord des dhows et autres bâtiments arabes do faire inscrire leur nom et leur signalement sur le manifeste des passagers noirs, conformément à l'Acte de Bruxelles, rendent pour ainsi dire impossible l'introduction d'éléments nouveaux par cette voie. Quant à faire venir des nègres de Kilwa par voie de terre, l'entreprise offre les mêmes difficultés, parce qu'elle expose aux mêmes risques : les mouvements d'une caravane d'esclaves ne sauraient échapper à la vigilance des agents établis dans les différentes villes de la côte par où elle doit passer. On se procurait aussi des esclaves chez les Wanyika, les Wakamba et les Wagiriama, mais pour des raisons d'ordre divers, je crois que sous le régime actuel toute tentative de ramener à la côte des esclaves enlevés à ces tribus serait bientôt connue ; d'ailleurs ces gens ne parlent pas couramment le Ki-Swahili, et cette circonstance suffirait déjà pour éveiller les soupçons ; d'autre part, ils apprendraient assez promptement de leurs compagnons d'esclavage les moyens de se faire mettre en liberté.

6. Il n'existe plus guère ou même plus du tout de connivence entre Arabes et Swahilis en ce qui concerne l'esclavage, et quiconque serait assez entreprenant pour braver, les obstacles énumérés ci-dessus, afin de se procurer de nouveaux esclaves, risquerait encore, en

action being brought to the notice of the authorities by other natives with whom he might not be on friendly terms.

7. In addition to tbe foregoing reasons, there is ample local évidence of the decrease in the number of slaves in this district, and that no fresh ones bave been recently imported. Tbe cocoa-nut plantations, which are getting over-grown, and rapidly going out of cuitivation, owing to the scarcity of slaves to work Ihem, are numerous, while tbe value of plantations generally, for the same reason, has depreciated within the last eight or nine years to half of their former value, e.g., a plantation which would realize 1,000 dollars about eight or nine years ago will now realize not more than 500 dollars, and sometimes il is difficult to get a purchaser at ail.

This decrease is accounted for by the fact that prior to the subjugation of the Witu rebels a large number of coast slaves was stolen from their ov^ners by thèse rebels and sold to the Somals, while many others fled from tbe coast and joined the rebels in order to évade justice, and such of them as were not sold to the Somals bave since then been freed by Mr. Rogers.

The following is an analysis of the slaves freed upto date in the IslandsofLamu, Manda, Patta, Faza, and Suju since the 29th March, 1891, being the date on which the first freedom paper was granted by the Company in this district : —

Freed bj Order of Administrator or Court.

Purcbased

tbeir own free-

dom.

Worked

off tbeir own ûreedom.

Freed

by

Owncrs.

Freed in eonnqoeDee of

Owners dying with out

leaving UvrolChilInn.

Ai

While I understand Mr. Rogers recently freed over 800 slaves in the WituProlectorate, thus making a total of about 1,100. It will thus bc obvious that the slaves are rapidly decreasing in number.

As regards the slaves owned at présent by the inhabitants of the coast-line, their status has been materially improved; ihey are no

cas de succès, de se voir dénoncer aux auto^ rites par des indigènes avec qui il ne serait pas en bons termes.

7. Indépendamment de ce qui précède, des faits multiples, constatés sur place, démontrent que le nombre des esclaves dans ce district est en décroissance et qu'il n'a pas été importé d'éléments nouveaux en ces derniers temps. Les plantations de noix de coco, qui se couvrent d'herbes et seront bientôt en friche à cause de l'insuffisance de la maind'œuvre servile, sont nombreuses, et leur valeur, par suite de ce triste état de choses, a baissé de moitié pendant ces huit ou neuf dernières années. Ainsi, telle plantation qui, il y a huit ou neuf ans, valait 1,000 dollars, n'en vaudra plus aujourd'hui que 500, si tant est qu'elle trouve acquéreur.

La diminution dont il s'agit s'explique par ce fait qu'antérieurement à la répression de l'émeute de Witu, les rebelles volèrent et vendirent aux Somalis un grand nombre d'esclaves de la côte, que d'autres s'enfuirent du littoral pour rejoindre les rebelles et échapper ainsi à l'action de la justice, et que ceux qui n'avaient pas été vendus aux Somalis furent libérés depuis par M. Rogers.

Le tableau suivant indique le nombre des esclaves libérés dans les îles de Lamu, Manda, Patta, Faza et Suju, depuis le 29 mars 1891, date du premier certificat d'aflfranchissement octroyé par la Compagnie dans ce district, jusqu'à ce jour.

Libérés par ordre

de

ladmmis-

trateur

ou du

tribunal.

Rachetés

par eoi-mémes.

Libérés par leur travail.

Libérés par leurs maîtres.

Libérés comme ayant

appartenu k des maîtres

morts

sans enfants

légitimes.

En ajoutant à ce chiffre les 800 sujets récemment libérés, à ce qu'on m'assure, par M. Rogers dans le Protectorat de Witu, nous obtenons un total de 1,100 environ. On voit donc que le nombre des esclaves diminue rapidement.

Quant aux esclaves actuellement détenus par les habitants du littoral, leur sort s'est notablement amélioré; ils n'ont plus peur de

longer in fear of their masters, and when they consider themselves aggrieved in any way, they show no hésitation in lodging complaints against them in order to obtain redress, and their évidence has been accepted in cases tried by the Company's oflicials. Thèse facilities acqujred by the slaves must of necessity hâve a déterrent effect on any inclination on the part of the owner to treat harshly any of his slaves.

The Company's native officiais in this district were very carefully selected, and f hâve frequently observed their keen désire to obtain the freedom of any slave who became entitled to it in virtue of the varions Edicts in force. Ât the same time, I hâve every reason to believe that they would not risk the loss of their position and property by conniving at slave-trading in any form whatsoever.

In the whole circumstances above referred to, I am of opinion that, as regards this district, the fact of the existence of siavery in its présent form does not in any way conduce to the prosecution of the Slave Trade in the interior.

Having described the position of siavery in this district, I now corne to the question of émancipation. From what I hâve v^ritten above, it will be seen that siavery as it nov^ exists is merely siavery in name, and that it is in no way associated with the cruelties pictured by the anti-slavery enthusiasts. Any scheme for immédiate émancipation would, in my opinion, lead to results which I cannot think are aimed at by the abolitionnists. Besides bringing absolute ruin on owners, it is very questionable what benefits would accrue to the slave. Seing a slave ail his live, he would find himself in a position which he was quite incapable of appreciating or controUing when suddenly thrown out into the world on his own resources. Slaves, are, as rule, a very improvident class of people, and spend whatever they hâve at once, without any thought for the future. This does not matter so much when they hâve a master behind them who, when they are ill, or unable to find employment, is bound to supply them with food and clothing; but the position would be différent when they obtained their freedom, and it is easy to imagine the distress which would exist. As regards the owner, he is a .man who has never been taught any work ; he has been brought up to look upon his slaves as much his property as his planta-

leurs maîtres, et lorsqu'ils se jugent lésés par eux ils n'hésitent pas à porter plainte pour obtenir justice. En plus d'une circonstance, les agents de la Compagnie ont eu à connaître de leurs réclamations et en ont admis le bien fondé. Les facilités ainsi accordées aux esclaves doivent nécessairement avoir pour effet d'enlever aux maîtres toute velléité de les maltraiter.

Les agents indigènes au service de la Compagnie dans ce district ont fait l'objet d'un choix très rigoureux. J'ai souvent constaté chez eux un ardent désir de voir libérer les esclaves qui acquéraient un titre à cette faveur en vertu des édits existants. Au surplus, j'ai tout lieu de croire qu'ils ne voudraient pas s'exposer à perdre leur position et leurs biens en contribuant à faciliter la traite sous une forme quelconque.

De l'ensemble des observations qui précèdent, je conclus qu'en ce qui concerne ce district, le fait de l'existence de l'esclavage, dans sa forme actuelle, ne contribue en aucune façon au maintien de la traite à l'intérieur.

Je viens d'exposer l'état de la question de l'esclavage dans mon ancien ressort : j'aborde maintenant le problème de l'émancipation. Il résulte de ce que j'ai écrit plus haut, que l'esclavage, tel qu'il existe de nos jours, n'a de l'esclavage que le nom, et qu'il serait injuste de le rendre responsable des cruautés dépeintes par les enthousiastes de l'idée antiesclavagiste. Dans mon opinion, toute formule d'émancipation immédiate conduirait à des résultats que les abolitionnistes ne peuvent certainement désirer. Outre qu'elle causerait la ruine complète des propriétaires, on peut se demander quel bienfait elle apporterait à l'esclave. Après une vie passée tout entière dans la servitude, il se trouverait aux prises avec une situation à laquelle rien ne l'aurait préparé et dont il n'aurait pu se rendre compte jusqu'au moment où il se verrait brusquement abandonné à ses propres forces. Les esclaves sont, en général, fort imprévoyants et dépensent en une fois tout ce qu'ils ont, sans aucun souci du lendemain. Le mal n'est pas bien grand aussi longtemps qu'ils ont derrière eux le maître, qui leur doit des secours en cas de maladie ou de chômage, mais la situation serait toute différente s'ils obtenaient leur mise en liberté, et Ton s'imagine aisément la misère à laquelle on les laisserait exposés. Quant au propriétaire, il

lions and donkeys, and to regard ail work, with the exception of trading, tailoring, and clérical work as bringing absolute disgrâce upon himself and bis family ; in fact, he wouid no longer be considered a free man if he did any work now performed by slaves. He would, therefore, find himself in a very helpless position in the event of the immédiate freedom af ail his slaves, because, being a very thriftless class of people, they bave no money to pay for hired labour. A scheme for compensation wouid, I believe, not be so welcome to owners as one under which they would be allowed to enjoy possession of their présent slaves for a period of (say) three to five years. In the latter case, they would find themselves in a situation with which they were accustomed to deal, and give them time to gradually prépare themselves for the difBculties which total abolition would bring about. My expérience ieads me to the opinion that immédiate émancipation would create a worse situation than that which the best friends of the cause of abolition are at présent endeavouring to remedy.

1 hâve, etc.

Inclosurr 8.

{8.) Don MagLennan.

Captain Rogers io Mr, A . Hardinge.

British East Africa Protectorate, Lamu, August 28, 1895.

Sir,

In accordance with your verbal instructions, 1 hâve the honour to submit the following observations on the status of slavery in the Lamu and Witu districts : —

Seyyid Alfs Decree of August 1890.

This Proclamation bas been rigidly adhered to and enforced, and bas resulted in putting an effectuai check on the importation and exportation of slaves, as well as being the means of considérable improvement of their status.

n'a jamais appris aucun métier ; élevé dans les idées et selon les traditions locales, il regarde ses esclaves comme lui appartenant au même titre que sa culture et ses ânes, et toute occupation autre que le commerce, la couture et le service du culte, est à ses yeux déshonorante pour lui et pour sa famille. En réalité, il cesserait de passer pour un homme libre s*il vaquait à quelque ouvrage de la nature de ceux actuellement accomplis par les esclaves. Aussi, le jour où Ton prononcerait la libération immédiate de tous ses esclaves, sa situation serait vraiment désespérée, car, étant de sa nature fort peu économe, il n'aurait pas les moyens de prendre un personnel à gages. L'affranchissement moyennant indemnité serait, je crois, moins bien venu chez lui qu'un système qui lui permettrait de rester en possession de ses esclaves actuels pendant une période déterminée, de trois à cinq ans, par exemple. Ce système équivaudrait au maintien provisoire d'un état de choses auquel il est habitué et lui donnerait le temps de se préparer de longue main aux diflScultés que lui réserve Tabolition totale. L'expérience que j'ai acquise en cette matière me porte à penser que l'émancipation imm(^diate aurait pour conséquence une situation pire que celle à laquelle les meilleurs amis de la cause abolitionniste s'efforcent en ce moment de porter remède.

J'ai, etc.

(s,) Don Mac Lbnnan.

Annexe 8.

Le Capitaine Rogers à M. A. Hardinge,

Protectorat britannique de l'Afrique orientale, Lamu, le 28 août 1895.

Monsieur,

Conformément à vos instructions verbales, j'ai l'honneur de vous soumettre les observations suivantes sur le statut de l'esclavage dans les districts de Lamu et de Witu.

Déa^et de Seyyid Ali du mois d'août 4890.

Cet édit a rencontré ici une adhésion pleine et entière, et l'application rigoureuse qui* en a été faite a eu pour résultat d'enrayer efficacement l'importation et l'exportation des esclaves, et d'améliorer notablement la condition

Formerly, owners punished and imprisoned their slaves tbemselves, the slaves having virtually DO appeal, as, according to the lav^, the évidence of a slave was of no value; but now the word of a slave is accepted with equal weight as that of a free man, and justice is within the reach of ail, and the many injustices slaves were subjected to bave been put a stop to.

The sale, mortgage, and transfer of slaves bave been absolutely forbidden, and the few times such transactions bave been attempted tbey bave invariably corne to the notice of the autborities, and the persons implicated punished, and ail their slaves granted their freedom.

Cases of cruelty and harsh treatment are aiso now happily of rare occurrence, only some two or three such cases having corne to my notice during a period extending over five years, during which time 1 bave been intimately connected with ail classes, and in daily intercourse with them.

The foregoing remarks apply to the coastline between Kipini and Port Durnford, including the islands over which perfect control and supervision bave been maintained, but do not include the tract of country inhabited by Somalis, who are known to make periodical raids on the Gallas, carrying oif numbers of women and children into slavery. This tribe bave hitberto been too powerful for the local Administration to deal with, owing to their very large numbers and migratory habits.

Abolition of Slavery.

In my opinion, the immédiate abolition of slavery would be prématuré. As the wbole of the labour class in this district is entirely composed of slaves, their immédiate freedom would mean total ruin to their owners, who are pecuniarily in the worst circumstances, and unable to pay for hîred labour. Tbey are, morcover, absolutely unable to work for tbemselves, owing to the accident of birth in being born « free », and educated from their earliest childhood to look upon ail labour, with the exception of trading, sewing, and clérical duties, as the greatest dégradation upon tbemselves and their families.

de ces derniers. Autrefois, les propriétaires punissaient et emprisonnaient eux-mêmes leurs esclaves, qui étaient virtuellement privés du droit d'appel, leur témoignage étant de nulle valeur aux yeux de la loi : aujourd'hui, la parole d'un esclave a autant de poids que celle d'un homme libre; la justice est devenue accessible à tous et les nombreux abus dont le nègre était victime ont pris fin.

La vente, la remise en garantie et le transfert des esclaves sont formellement interdits; dans les rares occasions où des transactions de cette nature ont pu se produire, les autorités en ont invariablement eu connaissance; les coupables ont été châtiés et tous leurs esclaves aflfranchis.

Les cas de cruauté et de mauvais traitements sont heureusement devenus rares aussi ; on ne m'en a signalé que deux ou trois pendant la période de plus de cinq ans que j'ai passée ici en relations étroites et journalières avec toutes les classes de la population.

Les remarques qui précèdent s'appliquent à la partie du littoral comprise entre Kipini et Port Durnford, y compris les iles, sur laquelle l'autorité et la surveillance brilan^ niques continuent à s'exercer intégralement ; elles ne visent pas la région habitée par les Somalis, qui se livrent, comme on sait, à des razzias périodiques chez les Gallas et emmènent chaque fois un grand nombre de femmes et d'enfants en esclavage. Cette tribu, composée de populations nomades et très denses, est encore trop puissante pour que l'administration n'ait pas à compter avec elle.

AhoUiion de V esclavage.

Dans mon opinion, l'abolition immédiate de l'esclavage serait prématurée. La population ouvrière de ce district étant exclusivement composée d'esclaves, l'émancipation immédiate aurait pour conséquence la ruine totale des maîtres. Ceux-ci, en effet, se trouvent, au point de vue financier, dans une situation des plus précaires, qui exclut pour eux toute possibilité d'engager la main-d'œuvre salariée; ils sont, de plus, absolument incapables de travailler pour eux-mêmes, car le hasard a voulu qu'ils naquissent « libres », et on les a habitués dès leur enfance à considérer comme la plus honteuse dégradation pour eux et pour leur famille toute occupation autre que le commerce, la couture et le service du culte.

The rigid enforcement of Seyyid Ali's Uecree having effectually put an end to the importation of slaves, and practically put them on a level legally with a free man, together with the large numbers who hâve obtaincd their freedom thereunder during the last five years, lead mo to the opinion that another such period would bring about almostthe entire abolition of slavery in thèse parts, as, to my own knowledge, people who possessed fifly to sixty slaves five years ago hâve now not half that number, owing to désertion and the large numbers freed. For the reasons above-mentioned, I consider that it would be advisabie to postpone any total émancipation for a period of tive years. This would prove no hardship to the owners, as it would give them time to devise means for providing for themselves, and not being entirely dépendent on slave labour.

11 hâve heard it quoted that émancipation to slaves would lead to an increase of crime and immoraiity, the men becoming thieves and loafers, and the women prostitutes. Hy expérience proves the contrary, and cases in point are the freed slave Settlements at Pangani and Witu, where some 1,100 are now living, and employed in cultivating, and no complaints hâve been made against them. So far as the émancipation of women increasing immoraiity, to my mind it is the contrary, as a woman, when free, would be in a position to marry a man of her own choice, instead of, as at présent, being at an early âge seduced by her master, with whom would ihen remain the sélection of a husband at his pleasure.

In conclusion, so far as my expérience goes, abolition of slavery, within the lime above stated, will be bénéficiai in every way to the country without pressing unduly on the owners, who will by expérience gradually realize their position, and hâve to work for their own maintenance, and the présent class distinctions between free men and slaves will be entirely removed to their mutual advan* tage.

I hâve, etc.

s.) A. S. ROGERS.

Nous venons de voir que Tapplication rigoureuse du décret de Seyyid Ali a mis efficacement un terme à l'importation des esclaves et que cette mesure les a places en fait, vis-à-vis de la loi, sur le même pied que les hommes libres; que, d*autre part, un grand nombre d'esclaves lui doivent leur liberté depuis cinq ans. Je conclus de ce double fait qu'une nouvelle période de même durée nous mènerait à l'abolition presque entière de l'esclavage dans ces contrées. En effet, je sais de science personnelle que des indigènes qui, il y a cinq ans, avaient de cinquante à soixante esclaves, n'en ont plus que la moitié aujourd'hui; les autres se sont enfuis ou ont été libérés. Pour les raisons prémentionnées, j'estime qu'il serait prudent d'ajourner l'émancipation totale pendant une période de cinq ans. On épar^ gnerait ainsi de graves embarras aux maîtres et on leur donnerait le temps de se créer des ressources nouvelles qui leur permissent de vivre sans dépendre entièrement du travail servile.

J'ai entendu soutenir que l'émancipation provoquerait une recrudescence de crimes et d'immoralité, en favorisant chez les hommes des habitudes de vagabondage et de vol et chez les femmes la prostitution. Les faits à ma connaissance me mettent à même d'afiîrmer le contraire, et je citerai notamment les colonies d'esclaves libérés de Pangani et de Witu, où près de 1,100 individus travaillent aux cultures sans avoir jamais donné lieu à aucune plainte* D'ailleurs, en ce qui concerne spécialement le second point, on conviendra que la femme, lorsqu'elle est libre, peut épouser l'homme de son choix, tandis qu'à présent, séduite de bonne heure par son maître, elle doit se résigner au choix que lui impose ce dernier.

Pour conclure, je dirai qu'autant que je puis en juger d'après mon expérience, l'abolition de l'esclavage dans le délai prémentionné n'aura que des conséquences bienfaisantes pour ce pays : sans soumettre les propriétaires à des exigences injustes, elle les obligera à se rendre insensiblement compte de leur situation ; ils devront travailler pour subvenir à leur besoins, et les distinctions de classes qui existent aujourd'hui entre individus libres et esclaves disparaîtront entièrement à leur avantage commun.

{$.) A. S. ROGBRS.

Mr. A. Hardinge ta the Marquess of Salisbury. Zanzibar, January 10, 1896.

Mt Lord,

I bave tbe bonour to report that I proceeded on tbe Ist instant to Pemba to inspect Her Majesty's Vice-Consulato at Cbaki-Cbaki, and inquire into tbe gênerai state of aflairs in tbeisland.

I am glad to be able to inform your Lordsbip tbat Mr. 0*Sullivan appe^rs to bave entirely won tbe confidence and regard of the natives of Pemba of ail classes. Wben be first arrived tbere, nearly a year ago, tbe establisbment of tbe Vice-Consulate was naturally viewed by tbem witb a good deal of suspicion and disiike. It was tbought to be tbe prélude to fresb roeasures against slavery, whicb, in tbe présent impoverished condition of tbe Pemba Ârabs, would bave been a most serions blow to tbem, and, in gênerai, of European interférence witb their cberisbed customs and traditions. Gradually, bowever, as Mr. (ySullivan made no attempt to interfère witb tbeir slaves, exccpl in cases of gross abuses in whicb they themselvcs recognîzed tbat interférence was legitimate, as be dealt far more justly than the local authorities, many of whom are tbe mère belpless instruments of the Indian usurers, witb cases between the latter and tbe Ârabs, and as they realized tbat it was bis wish to cultivate good relations witb them, their attitude became mucb more friendly, and it was clear to me, from what I saw wben in Pemba, that be was not only respected in virtue of bis office, but liked and trusted for bis own sake throughout tbe island. The tact that, as a doctor, hc bas been able to cure many persons may partly account for tbis; but it is also, I believe, largely due to tbeir appréciation of bis tact and courtesy, and of a genuine sympathy witb tbeir difficulties of whicb they cannot help being conscious.

Mr. O'Sullivan wiil in due course furnish a

M. A . Hardinge au Mof^uis de Salûbury. Zanzibar, le 10 janvier 1896.

MlLORD,

J'ai l'honneur de vous faire savoir que je me suis rendu le 1^ de ce mois à Pemba, à l'effet d'inspecter le Vice-Consulat de Sa Majesté à Cbaki-Cbaki et de me rendre compte de la situation générale de cette île.

Je suis heureux de pouvoir informer Votre Seigneurie que M. O'Suilivan me paraît avoir acquis l'entière confiance et le respect de toutes les classes de la population de Pemba. Lors de son arrivée dans le pays, il y a un an environ, l'établissement d'un vice-consulat avait rencontré, comme il fallait s'y attendre, des suspicions et des répugnances nombreuses de la part des indigènes. Ils y voyaient le prélude, non seulement de nouvelles mesures contre l'esclavage, mesures qui, dans l'étit actuel d'appauvrissement des Arabes de Pemba leur auraient occasionné un préjudice sérieux, mais encore d'une immixtion européenne dans les coutumes et traditions auxquelles ils sont sincèrement attachés. Peu à peu cependant, comme M. O'Suilivan évitait de s'occuper de leurs esclaves, sauf dans les cas d'abus flagrants pour lesquels ils reconnaissaient eux-mêmes la légitimité d'une intervention, et que dans les contestations entre Arabes et usuriers indiens il procédait avec beaucoup plus de justice que les autorités locales, dont plusieurs n'étaient que les instruments serviles de ces derniers, comme d'autre part ils avaient acquis la conviction que son désir était d'entretenir avec eux de bonnes relations, leur attitude devint beaucoup plus amicale. Ainsi que j'ai pu le constater pendant mon séjour dans l'île, notre agent n'était pas seulement respecté à cause de ses fonctions, mais partout il était aimé et inspirait la confiance à raison de ses qualités personnelles. Ce résultat, M. O'Suilivan le doit en partie à cette circonstance qu'étant médecin il a eu l'occasion de guérir plusieurs personnes; mais je crois qu'il faut l'attribuer surtout au tact et à la courtoisie dont il a fait preuve et que les indigènes ont su apprécier, ainsi qu'à la réelle sympathie qu'il a montrée pour les difficultés de leur situation et dont ils n'ont pu s'empêcher de se rendre compte.

M. O'Suilivan rédigera en temps utile un

detailed report on the political and economical condition ofhis district, and it would be beyond my province to anticipate the criticisms which he is necessarily far more qualiKed than myself to make on it; but it may not be out of place for me to touch in the meantime upon one or two questions affecling its welfaré.

The most important of thèse is the question of slavery. Mr. O'SulHvan assures me that since his arrivai in Pemba (he cannot, of course, speak of the state of things before it), the importation of raw slaves from the mainland has practically ceased. I am inclined to thînk that this is irue as regards any importation on a large scale, as against that of slaves in small numbers hère and there in canoës. It is certain that the decrease of the slave population is keenly fait by the Pemba Ardbs. I rode some 80 miles throughout the northern and central districts (the most fertile ones) of the island, staying at the country houses of some of the principal Arab planters, and almost everywherc I noticed that the clove plantations were either overgrown with grass and weeds, and gradually going to rack and ruin, or, where this was not the case, that the crop was only partially picked. Everywherc I received the same reply, that there were no slaves enough to pick the cloves or weed the ground around the trces. Some had died, others had run away, and under the existing law could not be replaced. Several cases were brought before me in which a proprietor, who a few years ago had some 200 slaves, numbered barely 50 now.

I endeavoured once or twice to impress upon the Arabs with whom I stayed the expediency of devising some measures to meet this state of affairs, either by inducing the Government to procure them free coolie labour, or by introducing other forms of cultivation, pointing out to them that even if there was no scarcity of labour, the supply of cloves to the world was in excess of the demand for them, and consequently that they would bring in less and less every year. Formerly Pemba produced in large quantilies rice, cereals, and, I believe, sugar, for which

rapport détaillé sur la situation politique et économique de son district. Il ne ni'appartient donc pas d'anticiper sur les considérations qu'il présentera à ce sujet avec beaucoup plus de compétence d'ailleurs que je ne pourrais le faire. Je ne crois cependant pas inutile de m'arréter quelques instants sur un ou deux points qui intéressent la prospérité de cette contrée.

La question la plus importante est celle de l'esclavage. M. O'Sullivan m'assure que depuis son arrivée à Pemba (il ne peut, en effet, parler de ce qui existait antérieurement), l'importation du continent d'esclaves nouvellement capturés a cessé de se pratiquer. Je suis porté à croire qu'il en est ainsi non seulement pour les importations se faisant sur une grande échelle, mais encore pour celles qui s'effectuaient de temps à autre au moyen de canots transportant un petit nombre d'esclaves. II n'est pas douteux que les Arabes de l'île ne se ressentent vivement de la diminution de la population servile. J'ai parcouru près de 80 milles dans les districts du nord et du centre, les plus remarquables par leur fertilité, m'arrêtant dans les maisons de quelques-uns des principaux planteurs arabes, et presque partout j'ai pu constater que les plantations de girofliers, ou bien étaient envahies par les mauvaises herbes et tombaient insensiblement dans l'abandon, ou bien que les récoites n'étaient faites qu'en partie. Partout j'ai reçu la même réponse, à savoir que les esclaves étaient trop peu nombreux pour cueillir les girofles et pour défricher le terrain autour des arbres. Les uns étaient morts, les autres s'étaient enfuis, et ils n'avaient, sous le régime de la loi en vigueur, pu être remplacés. On m'a cité plusieurs cas de propriétaires qui, il y a quelques années, possédaient 200 esclaves et qui n'en avaient plus aujourd'hui que 50 à peine.

J'ai essayé dans une ou deux circonstances de faire comprendre aux Arabes chez lesquels je me suis arrêté, l'opportunité de rechercher les mesures à prendre pour remédier à cet état de choses, soit en amenant le Gouvernement à leur procurer de^ travailleurs libres coolies, soit en introduisant d'autres modes de culture. Je leur ai fait remarquer également que, même dans le cas où la main-d'œuvre serait suffisante, leurs revenus n'en diminueraient pas moins chaque année, la production des girofles dépassant de beaucoup les besoins de la consommation. Pemba produisait aupa-

tbe soil would seem to be well fitted; and in il3 southern districts theoil palm is abundant, tboogh tbe Arabs bave not yet learnt to utilîze tbe oil as a source of revenue; but tbe failure of tbe clove crop in tbe year 1872 in Zanzibar, afler tbe famous burricane, wbicb did not affect tbe sister island, baving sent up tlie price, and kept it bigb till Zanzibar was enabled to recover from tbe eifects of tbe disaster, tbe Pemba landowners abandoned ail otber forms of cultivation for tbe more îmmediately lucrative one of cloves, and at présent it is scarcely an exaggeration to say tbat tbe wbole island is a vast clove forest, wbicb, witb tbe over-production of cloves on tbe one band, and tbe decrease of labourers on tbe otber, is of very little profit to its possessors. This year, for example, tbe price of cloves bas fallen to 2 dollars tbe frasilab (ofSSIbs.).

Unfortunately it is not in tbe nature of tbe Arabs to pull tbemselves togetber, and adapt tbemselves to new circumstances and nev^ necessities. Crusbed by tbe burden of debt to tbe Indian usurers, under wbicb tbey are daily sinking deeper and deeper, witb no means of obtaining tbe ready money wbicb tbey would require to pay for free labour, or to make new agricultural experiments save by contracting fresb loans at a still more ruinons rate of interest, distrustful and ignorant of any metbods except tbose wbicb tbey bave inberited, and to wbicb tbey cling witb blind conservatism, tbey fall back upon tbe consolations of fatalism, or upon tbe bope, as one of tbem expressed it to me, tbat God, wbo in bis wisdom bad permitted tbe Englisb Government to deprive tbem of land and slaves, would cause it in His mercy, to devise some means for preserving tbem from absolute ruin. As for devising sucb means tbemselves, sucb a tbought never occurs to tbem, tbat is tbe business of tbe Government. You, tbey say, are tbe rulers. You bave cbosen for your own reasons to take our slaves away, and prevent our getting new ones, it is for you, and not for us, to provide a remedy for tbe wrongs you bave intlicted on us.

Mr. O'SuUivan is of opinion tbat if tbe Arabs were given compensation in casb for tbe loss of tbeir slaves, and enabled, witb tbe

ravant de grandes quantités de riz, de céréales et, si je ne me trompe, de sucre, pour lequel le sol paraît très favorable; dans les districts du sud, rhuile de palme se trouve en abondance, quoique les Arabes n'aient pas appris jusqu'à présent à en tirer parti. Mais la récolte des girofles ayant manqué à Zanzibar en 1872 à la suite du terrible ouragan de cette année, auquel l'île voisine écbappa, les prix baussè^ rcnt et se maintinrent à un taux élevé jusqu'à ce que le Sultanat eut pu réparer les conséquences du désastre qui Pavait frappé. Les propriétaires de Pemba abandonnèrent aussitôt toutes les autres cultures pour celle des girolles, d'un rendement beaucoup plus lucratif. On peut dire sans exagération qu'aujourd'bui File entière n'est qu'une vaste forêt de girofliers qui, par suite de la surproduction, d'une part, et de la diminution de la maind'œuvre, de l'autre, ne donne plus qu'un très faible bénéfice aux exploitants. Cette année, par exemple, le prix des girofles est tombé à 2 dollars la frasilab (de 35 livres).

Malbeureusement, il n'est pas dans le caractère des Arabes de concentrer leurs efforts, ou de se plier aux circonstances et aux nécessités du moment. Écrasés sous le poids de leurs dettes vis-à-vis des usuriers indiens, ils tombent de jour en jour dans une misère plus profonde; n'ayant aucun moyen de se procurer l'argent nécessaire pour payer le travail libre ou pour entreprendre de nouveaux essais de culture, à moins de contracter de nouvelles dettes à un taux plus ruineux encore, méfiants et ignorants de toute métbode autre que celle à laquelle ils ont toujours été babitués et y restant attacbés avec une obstination aveugle, ils cbercbent un refuge dans le fatalisme ou dans l'espoir, comme me le disait l'un d'eux, que Dieu, qui dans sa sagesse a permis aux Anglais de leur enlever leurs terres et leurs esclaves, leur fournira, dans sa miséricorde, les moyens de se préserver d'une ruine complète. Quant à recbercber ces moyens eux-mêmes, jamais ils n'y songeront : c'est affiaire au Gouvernement. Vous êtes les maîtres, disent-ils. Vous avez jugé convenable de nous enlever nos esclaves et de nous empêcber de nous en procurer d'autres, c'est à vous et non à nous qu'il appartient de trouver un remède aux maux que vous nous avez causés.

M. O'SuUivan estime que si les Arabes recevaient une compensation en espèces pour leurs esclaves et étaient mis ainsi en mesure

ready-money thus placed in their possession, to pay for coolie labour, they would probably avaii themselves of it, in préférence to drifting with folded hands into beggary ; but it wili be necessary tbat the Government should initiale the experiment, and convince thein of its feasibility, and this I am glad to say it is about to do. Sir Lloyd Hathews bas just purchased from the heirsofthe late M. Cottoni the estate at Ras Tundawa, known as « French Farm », and it is bis intention, not only to make this acquisition the port of Chaki-Chaki, a place now inaccessible excepl at high-water, and the seat of the Customs and Shipping Departments for the island, but also to endeavour to cultivate with coolie labour the clove and cocoa-nut plantations which abound on it. If the experiment should prove a success, and some four or tive of the larger and more independent Arab planters should imitate it, their example will influence others; and if with this is combined : —

1. The payment of rent in money, kind, or labour, by every slave claiming his freedom, for the but or plot of ground occupied by him, to the Arab on whose estate it is situated;

3. Réduction or abolition of the clove tax, and the institution in its place of a registration tax to be paid by ail freed slaves, so as to check and control any fresh importations ;

3. Restrictions on émigration, so as to prevent an influx of iazy and criminally disposed freed slaves into the town of Zanzibar; and,

4. Some form of paid corvée, similar to the présent Egyptian Nile corvée during the clove harvest, which, considering that the freed slave does not pay a penny in taxation to the Government, and is far better o£f in proportion to his wants than the European peasant or workman , would not be a bardship ; and

5. The disallowing of interest on bond or mortgage deeds at a rate of above 13 per cent, per annum ; we may, I hope, enable a respectable proportion of the landed proprietors of Pemba, and for that matter of Zanzibar also, to tide over the crisis when it cornes.

de payer la main-d'œuvre coolie, ils profite* raient de ce moyen plutôt que de courir au devant de la misère. Mais il faut que le Gou^ vernement prenne l'initiative de cette expérience et les persuade que celle-ci est possible. Je suis heureux de pouvoir dire que cette expérience est déjà sur le point de se faire. Sir Lloyd Hathews vient en effet d'acquérir des héritiers de feu M. Cottoni le domaine de Ras Tur.dawa, connu sous le nom de (c Ferme française »; il a l'intention d'y rattacher le port de Chaki-Chaki, actuellement inaccessible, si ce n'est à marée haute, et d'y établir le siège des services douaniers et maritimes de l'île ; il se propose également d'essayer, avec le concours de travailleurs coolies, la culture des girofles et des cocotiers qui s'y rencontrent en abondance. Si l'expérience réussit et si quatre ou cinq des planteurs arabes les plus considérables et les plus indépendants imitent son exemple, les autres ne manqueront pas de le suivre à leur tour. Je suppose que nous introduisions en même temps les mesures suivantes :

1. Payement d'une rente en argent, en nature ou en travail par tout esclave réclamant sa liberté, à l'Arabe sur la propriété duquel il occupe une hutte ou une parcelle de terre;

2. Réduction ou abolition de la taxe sur les girofles, qui serait remplacée par un droit d'enregistrement à payer par tout esclave libéré, de manière à arrêter ainsi et à contrôler toute importation nouvelle.

3. Restrictions à apporter à l'émigration, afin de prévenir un afflux dans la ville de Zanzibar d'esclaves libérés enclins à la paresse ou au crime.

4. Établissement d'une sorte de corvée rétribuée, analogue à celle qui existe actuellement dans la vallée du Nil, pendant la récolte des girofles. Cette corvée, si l'on considère que l'esclave libéré ne paie aucune taxe au Gouvernement et se trouve quant à ses besoins dans une situation beaucoup meilleure que le cultivateur ou l'ouvrier européen, ne constituerait pas pour lui une charge très pénible.

5. Défense de stipuler un intérêt annuel de plus de 12 pour cent sur les dettes hypothécaires ou autres.

Nous pourrions dans ce cas, je l'espère, aider un nombre relativement considérable de propriétaires fonciers de Pemba, et même de Zanzibar, à traverser la crise quand elle écla^ tera.

iSi -

Before leaving the subject of slavery, I oughi perhaps to mention that Mr. O'Sullivan's advent bas proved bénéficiai to tbe slaves in two ways : (1) the knowledge is being gradually diffused throughout the island that any cruelty or harshness by the masters will be inquired into and redressed by him, and many slaves hâve aiready successfully applied to him for protection ; (2) a certain number of Indians owned slaves in défiance of the law; thèse, as soon as the Vice-ConsuFs arrivai was announced, were ail set free. As I had the honour to report to your Lordship's predecessor, the slave's lot in Pemba is barder, and the customary indulgences fev^er than in Zanzibar. This is, I think, largely due to the fact that it is much more difficult for a slave to escape from Pemba; on the mainland, for example, where the facilities for escape across the 10-mile land frontier are numerous, the slaves are better off than in Zanzibar, indeed, the Arabs now complain that in the neighbourhood of Mombasa they wili labour for three hours and then strike w'ork for the rest of the day, and if any attempt is niade to punish them, wili run away to the bush, or to Fulladoyo and Makongeni. In Pemba they work in harvest time from eight to nine hours, but in what, to a European, seems rather a leisurely fashion. The slave-driver whom 1 hâve read of in the speeches of imaginative orators as « standing over the wretched slaves wilh a whip of hippopotamus bide » bas, I need hardly say, no real existence in thèse islands; the part assigned to him would indeed be a somewhat difficult and exhausting one in a clove plantation, as, in order to wield bis instrument of torture with eflfect, he would hâve to be constantly climbing from tree to tree. What really happens is this: when the slaves arrive in the particular cover to be picked, a certain number are assigned by an older slave, who is made responsible for them, to each tree, they then swarm up the trees, which are from 20 to 40 feet high, or climb from branch to branch, usually without ladders (though I bave seen a sort of rough scaffolding built round the trees to assist climbers), each provided with a smail basket made of leaves or matting, into which they throw the cloves as they pick them. As each basket fills, a fresh one is passed up to the picker seated on bis branch till the tree bas been denuded of its fruit, At 4 o'clock, when work ceases, the

Avant de quitter ce sujet, je. crois devoir faire remarquer que Tarrivëe de M. O'Sullivan a été utile aux esclaves sous un double rapport : 1"* on n'a pas tardé à savoir dans l'île entière que toute cruauté ou toute rigueur exercée par le maître ferait de la part de notre agent l'objet d'une enquête suivie de réparation; aussi, plusieurs esclaves se sont-ils déjà adressés à lui avec succès en vue d'obtenir sa protection; S"" un certain nombre d'Indiens possédaient des esclaves en violation dé la loi ; ceux-ci, dès que l'arrivée de notre vice-consul fut annoncée, furent tous remis en liberté. Comme j'ai déjà eu l'honneur d'en informer le prédécesseur de Votre Seigneurie, le sort des esclaves à Pemba est plus pénible qu'à Zanzibar et les adoucissements apportés par la coutume y sont moindres. Cela tient en grande partie, je crois, à ce que l'esclave s'échappe beaucoup plus difficilement de la première que de la seconde de ces îles. Sur le continent, d'autre part, où une frontière longue de plus de 10 milles donne des facilités nombreuses aux fugitifs, les esclaves sont encore mieux traités qu'à Zanzibar. Les Arabes se plaignent actuellement que, dans le voisinage de Mombasa, leurs esclaves prétendent ne travailler que trois heures et abandonner la besogne pendant le restant du jour. Si l'on essaie de les punir, ils se sauvent dans le bois ou à Fulladoyo et Hakongeni. A Pemba, par contre, les esclaves travaillent de huit à neuf heures, mais leur travail semblerait plutôt un délassement à un ouvrier européen. Le surveillant, que certains orateurs nous montrent dirigeant ces malheureux armé d'un fouet eh lanière d'hippopotame, n'existe, j'ai à peine besoin de le dire, que dans leur imagination ; sa mission serait d'ailleurs assez difficile et pénible dans une plantation de girofliers, car il lui faudrait grimper d'arbre en arbre pour pouvoir manier son instrument de torture. Voici comment les choses se passent dans la réalité. Quand les esclaves arrivent dans une culture où la récolte doit avoir lieu, un esclave plus âgé désigne pour chacun des arbres de la plantation un groupe d'individus, dont il est responsable. Les esclaves grimpent aux arbres, qui ont de 20 à 40 pieds de haut, soit en s'aidant des bras et des jambes, soit en s'accrochant aux branches, d'habitude sans se servir d'échelles, quoique j'aie vu parfois des espèces d'échafaudages à l'usage des travailleurs. Chacun de ceux-ci est muni d'un petit panier d'osier dans lequel il recueille les giro-

contents of ail thèse baskets aro carried to an opcn space or yard in front of tbe planteras house, where thc women slaves may bo seen up to sunsety squatting on the ground, and separating the clove stems — ihcmselves an article of industry — from the cloves, ^hich are then plaoed on mats to dry for three days in tiie sun before being taken in sacks into the towns to be sold to the Indian traders. If a slave idles away his time, and does not pick sufficient cloves, he is no doubt liable on his rcturn to be beaten, or deprived of his weekiy hoiiday, but the idea of his working under the lash is a conception derived from West Indian or American taies of slavery, and bas no basis of fact as far as the Âfrican clove plantations are concerned. I should add that Mr. O'SuUivan does not believe that the Pemba freed slaves vtrould willingly or systematically work for wages. Their wants are so fcw, and the country is so naturally fertile — the plough is unknovirn there, the only agricultural implement in use being a sort of hoe with which they scratch the surface of the ground before sowing, yet every tropical product grows abundantly — that they would prefer to produce in thcir own little plots just enough sweet potato and « mohogo » for thcir daily sustenance, than to toil for wages in excess of their needs. He bas sometimes tried himself to gel them to work for him in building, housc improvements, etc., but the gênerai reply is that they do not care about earning money, they hâve enough to eat, and that is ail they want.

I am aware that many compétent authorities do not share this opinion, and that Bishop Tucker, in a récent lelter to Sir John Kennaway, which bas been quoted and conimented on in the « Anti-Slavery Reporter, » has expressed the conviction, derived from his own observation in portions of his diocèse in which slavery does not prevail, that the emancipated African will work, but I am

fles au fur et à mesure. Ijorsque le panier est rempli, on lui en passe un autre, et ainsi de suite jiisqu*à ce que Tarbre soit dépouillé de ses fruits. A 4 heures, le travail est terminé ; le contenu des paniers est transporté dans un espace découvert ou dans une cour en face de rhabitation du planteur et, jusqu^au coucher du soleil, les femmes, accroupies à terre, séparent les tiges — qui constituent un produit distinct — des fruits que l'on étale ensuite sur des nattes où ils sèchent pendant trois jours au soleil; au bout de ce temps, on les transporte en sacs à la ville pour être vendus aux négociants indiens. Si un esclave, par paresse, ne recueille pas une quantité suflBsante de girofles pendant ses heures de travail, il s*expose à son retour à une correction ou à la perte de son jour hebdomadaire de repos; mais s'imaginer qu'il travaille sous le fouet, c'est une idée qui n'a pu naître que dans la lecture des récits sur Tesclavago aux Indes ou en Amérique; elle ne repose, en ce qui concerne les cultures de girofliers en Afrique, sur aucune base sérieuse. J'ajouterai toutefois que, dans Topinion de H. O'Sullivan, les esclaves libérés de Pemba ne travailleraient pas volontairement et d'une manière régulière moyennant salaire. Leurs besoins sont très minimes et le pays est d'une extrême fertilité; la charrue y est inconnue ; le seul instrument aratoire en usage est une espèce de houe qui sert à gratter le sol avant de l'ensemencer; malgré cela, les différentes plantes tropicales y poussent vigoureusement. Dans ces conditions, les esclaves préféreront retirer de leur petit coin de terre ce qu'il leur faut de patates douces et de sorgho pour leur nourriture quotidienne plutôt que de se fatiguer à produire au delà de leurs besoins pour gagner un salaire. Notre agent a cherché parfois à les faire travailler pour son compte, soit à des constructions, soit à des améliorations intérieures, etc., mais ils lui ont donné généralement pour réponse qu'ils ne cherchaient pas à amasser de l'argent, qu'ils avaient suffisamment pour vivre et qu'ils ne désiraient pas davantage.

Je sais que plusieurs autorités compétentes ne partagent pas cette manière de voir. L'évêque Tucker, dans une lettre récente à Sir John Kennaway, citée et commentée dans r « Anti-Slavery Reporter », a, suivant les observations qu'il a faites personnellement dans certaines parties de son diocèse où l'esclavage a cessé d'exister, exprimé l'opinion que l'Africain émancipé s'adonnerait au travail. Mais je

inclined to think that the Bishop^s expérience of Ihe more vigorous races of the up-country districts, in which a certain amountof indus* try is requisite for the production of food, would not be borne out were he to study the negro in the Islands of Pemba and Zanzibar, where asoîl of extraordinary fertilily, calling for scarcely any effort on the part of the cultivator, is combined with a relaxing hot-house climate, very unfavourable to human energy and activity. It must be borne in niind, moreover, that in many African régions in which siavery, in the sensé of a legally defined status and institution is unknown, forced labour is imposed on the inferior classes by the despotic power of the barbarie native Ruler. Such a System exists, for instance, in Uganda, where the people are compelled to a build for the King and Chiefs, » and appear to be as completely ai their mercy as any « slaves » in Moslem countries (^).

In the earlier part of this despatch I referred to the indebtedness of the Ârabs to the Indian usurers, and this is, I think, a question almost as important as that of slavery itself. I believe that there is scarcely a landowner in Pemba who is not in the hands of thèse usurers, of whom the principal is a Banian living at Chaki-Chaki, and known as Buddhu ; and I regret to state that the Wali Suleimanbin-Mubarak, who is himself, I am informed, under heavy pecuniary obligations, both to this Buddhu and to another Indian moneylender named Isaji Nurbhai, allows them to behave towards their unfortunate debtors in a most oppressive and extortionate manner.

A case came before me in which an old Arab who had backed an absconding debtor*s bill for â,000 dollars, was compelled, on failing to pay the whole sum when it fell due (he still owed 900 dollars) to sign a promissory note for a fresh sum for 1,400 dollars, of which he had not received a penny himself, and to give up to Buddhu the receipts

(I) When the Mganda Chief Mbogo was living in Zanzibar I was constantly obliged to check bis cruel Ireatment of the domestic servants who had accompanied him from Uganda, and whom he called his slaves. He always spoke of them as « Watumva», and could not be made to comprehend that therc was any différence between Zanzibar and Uganda slavery.

suis porté à croire que l'expérience faite par M. Tucker avec les races beaucoup plus vigoureuses des districts de Tintérieur où la production des objets de consommation exige une certaine somme de travail, ne se confirmerait pas s'il devait la répéter avec les nègres des îles de Pemba et de Zanzibar, dont le soi est d'une fertilité extraordinaire et n'exige guère d'effort du cultivateur, tandis que la chaleur débilitante du climat exerce une action particulièrement déprimante sur son activité et son énergie. 11 ne faut pas perdre de vue, d'ailleurs, que dans plusieurs régions de l'Afrique où l'esclavage est inconnu comme institution sanctionnée par la loi, le travail forcé est imposé aux classes inférieures par le pouvoir despotique des potentats indigènes. Tel est le système en vigueur dans l'Ouganda, où le peuple est tenu de bâtir pour le roi et les chefs et semble se trouver aussi complètement abandonné à leur merci que n'importe quel esclave dans les pays musulmans (i).

J'ai fait allusion, au commencement de celte dépêche, à la situation endettée dans laquelle se trouvent les Arabes vis-à-vis des usuriers indiens. C'est là, à mon sens, une question presque aussi importante que celle de l'esclavage elle-même. Je crois qu'il existe à peine un propriétaire à Pemba qui ne soit dans les mains de ces individus, dont le plus important est un Banian établi à Chaki-Chaki et connu sous le nom de Buddhu. Je dois constater à regret que le Vali Suleiman-bin- Mubarak, qui est lui-même, ainsi que je l'ai appris, fortement endetté vis-à-vis de Buddhu et d'un autre prêteur indien nommé Isaji Nurbhai, leur permet de pressurer leurs malheureux débiteurs de la manière la plus arbitraire.

J'ai eu à m'occuper un jour du cas d'un vieil Arabe qui avait endossé une traitede2,000 dollars pour un débiteur défaillant et qui, ne pouvant payer à l'échéance la totalité de la somme (il devait encore 900 dollai*s), se vit obligé de signer une promesse à concurrence d'une nouvelle somme de 1 ,400 dollars ; il n'en avait pas touché un penny et il avait

(*) A Tépoque où Mbogo, chef Mganda, vivait à Zanzibar, je me voyais à chaque instant obligé d'intervenir à raison des mauvais traitements dont avaient à souffrir ses serviteurs qui l'avaient accompagné de rOuganda et qu'il appelait ses esclaves. Il les traitait de «Waturava», et ne pouvait parvenir à comprendre qu'il y eût une diflFérence quelconque entre l'esclavage à Zanzibar et l'esclavage dans l'Ouganda.

for the sums already paid by him, which the money-lendor, of course, promptly destroyed.

In another instance, an Arab trader who had pledged his plantation to Buddhu was not allowed to realize the money by selling it when the time expired, but was kept by the Wali, at the instance of the Banian, for four months in prison with his legs in irons, in the hope that a large sum might bc wrung from his relations, or that he inight be induced to sign a new promissory note, and it was only in conséquence of repeated représentations by Mr. O'Sullivan that he was released on the day before my arrivai at Chaki-Chaki.

Thèse promissory notes or fictitious receipts for sums never in reality paid to them, are the means by which the usurers évade the Mahommedan prohibition of the taking of interest; and though Buddhu pretended to me that he never took more than 20 per cent, per annum, an examination into some of his transactions proved that he rarely obtained less than 60, and in one of them, in which he had secured the support of the authorities, was charging 150 per cent.

1 accordingly called him up before me, and, in the présence of the Wali of Chaki- Chaki and of the principal Arabs of the place, warned him that claims of a grossly inéquitable nature would not be supportée! or allowed ; that he would not be permitted to seize in payment of a debt more than theactual security stipulated in a mortgagc deed — he has apparently in past times obtained exécution against the whole of the mortgager's estate on some such ground as that the value of the security had depreciated — and that [ would not sanction the imprisonment of debtors at his instance, or at that of other usurers, where there was no question of their being guilty of any criminal or fraudulent transaction.

Thèse Indîan usurers are the middlemen through whom the Arabs sell their cloves, somelimes receiving from them in return, instead of money, comparatively worlhless merchandise, which the Indians hâve bought for the local market and hâve not been able to retail. They form a mutually self-supporting ring, one Hindi or Banian, who has a business at Chaki-Chaki, acting as agent for olhers who live in other towns, and who, in their turn, act as his men of business there,

dû remettre, en outre, à Buddhu, les reçus des sommes déjà payées que ce dernier s'empressa de détruire.

Dans une autre circonstance, un négociant arabe avait donné sa plantation en garantie à ce même Buddhu, mais n'avait pu se procurer à l'échéance l'argent nécessaire par la vente de sa propriété. Sur la réclamation du Banian, le Vali le fit emprisonner et mettre aux fers, dans l'espoir d'obtenir une forte somme dé sa famille, ou de l'amener à signer de nouvelles promesses. Ce ne fut qu'à la suite des représentations successives de H. O'Sullivan que le malheureux fut relâché, la veille du jour où j'arrivai à Chaki-Chaki.

Ces promesses ou reçus fictifs pour des sommes qui, en réalité, n'ont jamais été touchées, constituent pour les usuriers un moyen de tourner les lois mahométanes prohibitives de l'intérêt. Quoique Buddhu m'eût soutenu que jamais il ne prenait plus de 20 pour cent par an, l'examen de quelques-unes des opérations auxquelles il se livrait me prouva que rarement cet intérêt était inférieur à 60 pour cent et s'était même élevé à 150 pour cent dans un cas où il s'était assuré le concours des autorités.

Je le fis en conséquence comparaître devant moi, et en présence du Vali de Chaki- Chaki et des principaux Arabes de l'endroit je l'avertis que des réclamations aussi manifestement contraires à l'équité ne seraient ni admises ni tolérées; qu'il ne lui serait pas permis de saisir en payement au delà de la garantie stipulée dans l'acte hypothécaire au moment de sa passation (il avait, paraît-il, obtenu autrefois l'exécution de son débiteur pour la totalité de la propriété donnée en gage, sous prétexte que la valeur en était dépréciée); enfin, que je ne sanctionnerais ni en sa faveur ni en faveur des autres usuriers l'emprisonnement de débiteurs auxquels on ne pourrait reprocher ni délits ni fraudes dans les transactions.

Ces usuriers indiens sont les intermédiaires auxquels s'adressent les Arabes pour la vente de leurs récoltes de girolles et dont ils reçoivent parfois en échange, au lieu d'argent, des marchandises comparativement sans valeur, achetées pour le marché local et qui n'ont pu être débitées. Ils forment une mutualité indépendante, hindoue ou banian, possédant un établissement à Chaki-Chaki et opérant comme représentants de négociants établis dans d'autres villes où ils sont représentés à leur tour

and thus constitute a coinbination against which the Ârab planters, improvident, and hopelessly unbusinesslike, find it impossible to struggle. Their places of business are to be found not only in the two or three larger towns, but throughout the country districts, where many of them, I am assured, combine with the keeping of a shop, and the advance of loans on interest, the sale of cheap and poisonous spirits to the natives, and the purchase from slaves, under the rose, of stolen cloves and other plantation produce at reduced prices.

The acquisition of the Ras Tundawa estate, and the improvements which will follow in its train, will, I trust, draw the attention of the Zanzibar Government more closely than before to the needs of Pemba, which has hitherto been a good deal neglected, and I bave submitted to Sir Lloyd Mathews a variety of small altérations which are required, and which are now under bis considération. The restoration of the ruinons old fort and prison of Chaki-Chaki, the clearing and paving of its présent dirty streets, and the removal of the shark market, with its stench and offal heaps frora its centre, the building of a décent road from the head of the creek to the town — now approached only by a path, impracticable in wet weather, up a Bteep and slippery hill — about to be taken in hand without further delay, to the great advantage of the public health and convenience.

I bave, etc.

(8.) ARTHUR H. HaRDINGE.

par ces derniers. Les planteurs arabes, imprévoyants et absolument inexp/îrimentés en affaires, sont hors d'état de lutter contre un pareil groupement d'intérêts. Le champ d'activité des membres de cette association ne se rencontre pas seulement dans les deux ou trois villes les plus importantes, mais dans tous les districts du pays; plusieurs d'entre eux, j'en suis convaincu, en même temps qu'ils tiennent magasin et prêtent à intérêt, se livrent à la vente, aux indigènes, de spiritueux frelatés à bon marché, ou bien ils achètent en secret aux esclaves et à vil prix des girofles et autres produits volés.

L'acquisition de la propriété de Ras Tundawa et les améliorations qui s'ensuivront auront, je l'espère, pour conséquence d'attirer l'attention du Gouvernement de Zanzibar, plus que par le passé, sur les besoins de Pemba qui, jusqu'à ce jour, ont été en grande partie négligés. Sir Lloyd Mathews étudie en ce moment une série de réformes accessoires et d'un caractère urgent que je lui ai soumises, telles que la restauration de l'ancien fort en ruines et de la prison de Chaki-Chaki, l'assainissement et le pavage des rues fangeuses, le déplacement du marché aux peaux encombré d'amas de détritus puants, la construction d'une route convenable de la pointe du golfe à la ville, à laquelle on arrive actuellement par un sentier grimpant une colline escarpée et impraticable en temps de pluie, travaux qui devraient être exécutés sans plus de retard pour le plus grand avantage de la santé et de l'utilité publiques.

(s.) Arthur H. Hardingk.

Mr. A. Hardinge to theMarquessofSiUisbury.

Zanzibar, January 17, 1896.

My Lord,

I bave the honour to transmit herewith a Mémorandum which has been drawn up by Mr. Vice-Consul HacLennan, on the législation of the last ten years against slavery and tbe Slave Trade, in the British Protectorates in East Africa.

M. A. Hardinge au Marquis de Salisbury. Zanzibar, 17 janvier 1896.

HlLORD,

J'ai l'honneur de transmettre ci-joint à Votre Seigneurie un mémorandum rédigé par H. le Vice-Consul Mac Lennan, au sujet des mesures législatives prises au cours des dix dernières années contre l'esclavage et la traite dans le Protectorat britannique de l'Est Africain.

Inglosube.

Mémorandum as ta Measures adopted in the Zanzibar and East Africa Protectorates towards effecting the abolition ofSlavery.

Previous to 1888 several législative measures were introduced for the suppression of the Slave Trade, and the more important ones are —

1. Treaty, dated the Sth June, 1873, entered inlo between Her Majesty and the then Sultan of Zanzibar, SeyyidBarghash, in vi^hich His Highness agreed that, fromthe date of the Treaty, « the export of slaves from the coast of the mainland of Africa, whether destined for transport from one part of the Sultan's dominions to another, or for conveyance to foreign paris, shall entirely cease. » He further engaged that ail public markets in his dominions for the buying and selling of imported slaves should be closed.

2. Treaty, dated the 14lh July, 1875, supplementary to the one above referred to, stipulating that the présence on board of a vessel of domestic slaves in attendance on their masters, or of slaves bonâfide employed in the navigation of the vessel, is permitted, provided that such slaves are not detained on board against their will ; and that ail vessels carrying slaves other than those referred to shall be deemed guilty of carrying on the Slave Trade, and may be seized by Her Majesty's ships and condemned by the compétent authority.

3. Proclamation, dated the 15th January, 1876, issued by Seyyid Barghash, declaring the abolition, of slavery throughout his dominions in Benadir and the district of Kismayu.

4. Proclamation, dated the 18th April, 1876, issued by Seyyid Barghash, declaring the bringing down of slaves from Nyasa and other parts of the interior, and their subséquent sale to dealers who take them to Pemba, to be contrary to his orders and the terms of the Treaty with Great Britain, and forbidding the fitting out and arrivai of slave caravans from the interior; any slaves so arriving to be confiscated.

5. Proclamation, dated the 18th April, 1876, by Seyyid Barghash, forbidding the conveyance of slaves from Kilwa to Pemba; and ordaining that any persons found disobeying his order should be imprisoned and their slaves confiscated.

Mémoramlum concernant les mesures adoptées dans les Protectorats de Zanzibar et de l'Est Africain pour l'abolition de l'esclavage.

Antérieurement à 1885, diverses mesures législatives ont été prises pour l'abolition de la traite des esclaves. Les plus importantes sont :

1. Le traité du 5 juin 1873, entre Sa Majesté et le Sultan de Zanzibar, Seyyid Barghash, aux termes duquel Sa Hautesse consent à faire cesser complètement, à partir de la date du traité, l'exportation des esclaves de la côte du continent africain, soit pour être transportés d'une partie du Sultanat dans une autre, soit pour être conduits vers des pays étrangers. Elle s'engage également à faire fermer dans ses territoires tous les marchés publics pour la vente ou l'achat d'esclaves importés.

2. Le traité du 14 juillet 1875, complémentaire au précédent et stipulant que la présence à bord d'un navire d'esclaves domestiques au service de leurs maîtres, ou d'esclaves employés de bonne foi à la manœuvre du navire sera autorisée, pourvu que ces esclaves ne soient pas retenus à bord contre leur gré; ce traité stipule en outre que tout bâtiment transportant des esclaves autres que ceux ci-dessus mentionnés sera considéré comme coupable de se livrer à la traite des esclaves et pourra être saisi par les navires de Sa Majesté et condamné par l'autorité compétente.

3. La proclamation de Seyyid Barghash du 15 janvier 1876, décrétant l'abolition de l'esclavage dans ses possessions de Benadir et le district de Kismayu.

4. La proclamation de Seyyid Barghash du 18 avril 1876, déclarant : que l'importation d'esclaves du Nyassa et d'autres contrées de l'intérieur, ainsi que leur vente à des marchands pour être conduits à Pemba, est contraire aux stipulations du traité avec la Grande- Bretagne; qu'il est interdit d'organiser et d'amener de l'intérieur des caravanes d'esclaves; que tout esclave arrivant dans ces conditions sera confisqué.

5. La proclamation de Soyyid Barghash du 18 avril 1876, interdisant le transport des esclaves de Kilwa à Pemba et ordonnant que toute personne contrevenant à cette défense soit emprisonnée et les esclaves lui appartenant confisqués.

As regards Proclamation No. 3 above referred to it should be explained that it was never enforced ai Kismayu until Her Hajesty's Government assumed the administration of tbe British East Africa Protectorate in July last, when Mr. Jenner, Her Majesty's Sub- Commissioner for the Province of Jubaland, was instructed to décline to recognize the status of slavery in Kismayu aixd the adjacent district. As a matter of fact he had little occasion to apply thèse instructions, but a case arose in Septembcr last in which he dismissed a claim based on tlie status of slavery on the ground that since Seyyid Barghash's Decree that status was no longer légal.

On the most important measures introdueed since 1885 the following may be enumerated.

Proclamation (No. 1 in Appendix annexed hereto), dated the 9th December, 1888, issued by Her Majesty's Agent and Consul-General, Zanzibar, forbidding the making of contracts with owners for the hire of their slaves.

Proclamation (No. 2 in Appendix), dated the 30lh September, 1889, issued by the Sultan of Zanzibar, Seyyid Khalifa, granting in iavour of the Governments of England and Germany perpétuai right of search of ail dhows belonging to his subjects in Zanzibar territorial waters, and decreeing that ail slaves brought into the Zanzibar dominions after the Ist Novcmber, 1889, are free.

Public Notification (No. 3 in Appendix), dated the 20th September, 1889, issued by the Acting British Agent and Consul-General, intimating, for the information of ail British subjects, that the right of search above referred to applies to ail dhows, boats, and canoës belonging to them.

Proclamation (No. 4 in Appendix) issued by His Highness Seyyid Ali, on the ISth May, 1890, forbidding the landing of slaves in shambas, or places in Pemba near thesea.

The Impérial British East Africa Company which, under a Royal Charter from Her Hajesly, administered, for a period of seven years, the territories now comprised in the British East Africa Protectorate, issued a Proclamation (No. 5 in Appendix) notifying that natives belonging to certain tribes in the interior

Il est à remarquer, en ce qui concerne la proclamation mentionnée sous le n^ 3, que celle-ci n'a jamais été appliquée à Kismayu jusqu'au jour où le Gouvernement de Sa Majesté a assumé l'administration du Protectorat britannique de l'Est Africain, c'est-à-dire en juillet dernier, époque à laquelle M. Jenner, sous-commissaire de Sa Majesté pour la province de Jubaland, reçut pour instructions de refuser toute reconnaissance au statut légal de l'esclavage à Kismayu et dans le district adjacent. En réalité, H. Jenner n'eut guère l'occasion d'appliquer ces instructions; toutefois, en septembre dernier, il eut à rejeter une réclamation fondée sur le statut de l'esclavage, pour le motif que depuis le décret de Seyyid Barghash ce statut n'avait plus de force légale.

Parmi les mesures les plus importantes prises depuis 1885, il convient de citer les suivantes :

Proclamation (n® 1 ci-annexé) de l'Agent et Consul général de Sa Majesté à Zanzibar du 9 décembre 1888, défendant de faire des o ntrats avec les propriétaires pour l'engagement de leurs esclaves.

Proclamation (n« 2 ci-annexé) du Sultan de Zanzibar, Seyyid Khalifa, en date du 20 septembre 1889, accordant aux Gouvernements anglais et allemand un droit perpétuel de visite dans les eaux territoriales de Zanzibar sur tous les navires appartenant à ses sujets et décrétant que tout esclave introduit dans les possessions du Sultanat après le 1®' novembre 1889 sera libre.

Notification (n* 3 ci-annexé) du 20 septembre 1889 de l'Agent et Consul général britannique, informant tous les sujets anglais que le droit de visite susmentionné s'appliquera aux dhows, bateaux et canots leur appartenant.

Proclamation (n® 4 ci-annexé) émanée de Sa Hautesse Seyyid Ali, du IS mai 1890, défendant de débarquer des esclaves à Pemba dans les shambas ou établissements avoisinant la mer.

L' « Impérial British East Africa Company » qui, en vertu de la charte royale octroyée par Sa Majesté, administra pendant une période de sept ans les territoires compris actuellement dans le Protectorat britannique de l'Est Africain, lança une proclamation (n» 5 ciannexé), aux termes de laquelle les indigènes

and under their protection could not be held in slavery.

For some years previous to the advent of the Company large numbers of slaves had fled from tbeir owners at the coast towns to the various Mission stations in the interior, while others established themselves in strong settlements at Fuladoyo and Makongeni, about 60 miles inland froni Malindi. Thèse were difiiculties with which Mr. Mackenzie, the first Âdministrator of the Company, found himself compelied todeal immediately on his arrivai, because the owners threatened to combine in an attack upon the Mission stations in order to recapture their slaves.

As regards the slaves harboured at the Mission stations, Mr. Mackenzie arranged with the owners tliat, on payment of the sum of S5 dollars, they would grant them their freedom. The position, however, as regards those at Fuladoyo and Hakongeni was somewhat différent, as they were sufficiently strong to resist any attempt on the part of their owners to take them, but in order to put a stop to the friction which was constantly taking place between thèse slaves and their owners an arrangement was ultimately arrived at by Mr. Mackenzie under which any slave desirous of obtaining employment and undertaking to pay bis master 15 dollars would, on payment of that sum, obtain bis freedom ; Mr. Mackenzie at the same time undertaking that any slaves running away from their master, after the date of this arrangement (2nd March) would, if necessary, be arresfed by the Company's police and returned to their owners. A considérable number of slaves obtained their freedom under thèse arrangements.

On the Ist August, 1890, the Sultan of Zanzibar, Seyyid Ali, issued a Proclamation (No. 6 in Appendix) prohibiting from that date the exchange, sale, purchase, or traffic of whatsoever nature in domestic slaves or otherwise. It was discovered, however, that the immédiate enforcement of ail the clauses of this Decree was inopportune, and His Highness therefore issued the Proclamations (7 and 8 in Appendix).

The Sultanate of Witu continued to be recognized as a separate State in conformity with the Anglo-German Treaty of 1890, after

appartenant à certaines tribus de l'intérieur placées sous sa protection, ne pourraient être gardés en état de servitude.

Quelques années avant Tarrivée de la Compagnie, un grand nombre d'esclaves des villes de la cûte s'étaient sauvés de chez leurs maîtres pour se réfugier dans les différentes stations de missionnaires à l'intérieur, d'autres s'étaient établis dans de fortes positions à Fuladoyo et à Makongeni, localités située^ dans l'intérieur, à 60 milles environ de Malindi. M. Mackenzie, le premier administrateur de la Compagnie, eut à s'occuper dès son arrivée des difficultés créées par cet état de choses : les propriétaires, en effet, menaçaient de combiner une attaque sur les stations de la mission afin de rentrer en possession de leurs esclaves.

En ce qui concerne les esclaves recueillis dans ces stations, M. Mackenzie convint avec les propriétaires que, moyennant payement de la somme de 2S dollars, ils leur accorderaient la liberté. La situation était cependant quelque peu différente pour ceux qui s'étaient retirés à Fuladoyo et Makongeni, car ils étaient suffisamment forts pour pouvoir résister à toute tentative d'enlèvement de la part des propriétaires. En vue de mettre un terme aux collisions qui à chaque instant menaçaient de se produire, un arrangement fut ménagé finalement par M. Mackenzie, aux termes duquel tout esclave désireux d'obtenir de l'ouvrage et promettant de payer à son maître une somme de 15 dollars, obtiendrait sa liberté moyennant le payement de cette somme. M. Mackenzie garantissait en même temps que tout esclave qui s'enfuirait postérieurement à la date de cet arrangement (2 mars) serait, le cas échéant, arrêté par la police de la Compagnie et ramené à son maître. Un nombre considérable d'esclaves obtinrent leur liberté à la suite de l'arrangement susdit.

Le !«- août 1890, le Sultan de Zanzibar, Seyyid Ali, lança une proclamation (n<> 6 ci-annexé) défendant à partir de cette date l'échange, la vente, l'achat et tout trafic quelconque d'esclaves domestiques ou autres. On s'aperçut cependant que la mise à exécution immédiate de toutes les clauses de cette disposition était inopportune; Sa Hautesse rendit en conséquence les décrets 7 et 8 ci-annexés.

Conformément au traité entre l'Angleterre et l'Allemagne de 1890, le Sultanat de Witu continua, après l'établissement du protectorat

the establishment of tlie Britisb Protectorate, and it was only after the punitive expédition of Admirai Fremantle, and when the Impérial British East Africa Company had undertaken the provisional administration of the territory in March of that year, that any législative measures against slavery were introduced. In the Agreement Ihen entered into between Mr. George Mackenzie on behalf of the Company and the Chiefs and Notables of Witu, the latter undertook for the future to bave no dealings of any kind whatsoever with the Slave Trade, and engaged and declared that ail the inhabitants of Witu henceforth were free, and that the status of slavery was abolished, but that owing to the présent necessity of labour to work their shambas and plantations, the gênerai émancipation of slaves throughout Witu would be deferred for five years. In conséquence, however, of the subséquent hostile attitude of thèse Chiefs this Agreement was of no practical effect, and the Company withdrew from the administration of the territory in July 1893 (three years before the émancipation of slaves was to bave taken place). The Government of His Higbness the Sultan of Zanzibar assumed the administration after the évacuation of the Company, but owing to the very unsettled State of the country it was found impossible toenforce the terms of the Agreement referred to, and the Régulations in force in the Zanzibar dominions were therefore made applicable to Witu.

Régulations havcbeen drawn up and rigidly enforced under the terms of the Brussels Act regarding the registration of native craft, and the importation of firearms, as well as the supervision of native caravans in the interior.

The practice of enslavement for debt, by which is presumably meant the réduction to slavery of the insolvent debtor to his creditor is unknown to the Hahommedan law, and therefore does not exist in the Zanzibar dominions; nor am I aware that the practice exists among the native fribes in the interior of the British East Africa Protectorate.

In enumerating in the foregoing Mémorandum the various Decrees by the successive Sultans of Zanzibar in connection with slavery, I hâve omitted to mention that an Agreement entered into between Seyyid Khalifa and Sir Gerald Portai provided that ail children born in His Highness' dominions

britannique, à être reconnu comme un État distinct, et ce ne fut qu'après l'expédition de l'Amiral Fremantle, et lorsque V « Impérial British East Africa CompanV ^ ^u^ assumé l'administration provisoire, au mois de mars de cette année, que l'on introduisit quelques mesures contre l'esclavage. Dans l'arrangement qui fut conclu à cette époque entre M. George Mackenzie, au nom de la Compagnie, et les chefs et notables de Witu, ces derniers s'engagèrent pour l'avenir à ne plus se livrer de quelque manière que ce fût à la traite des esclaves ; ils déclarèrent en même temps que tous les habitants de Witu seraient libres désormais et que le statut de l'esclavage serait aboli, mais que, eu égard aux exigences actuelles du travail dans leurs shambas et plantations, l'émancipation générale des esclaves dans l'étendue du teiTitoire de Witu serait différée de cinq ans. Par suite de l'attitude hostile que les chefs prirent par la suite, l'arrangement en question n'eut aucun résultat pratique et la Compagnie abandonna l'administration du territoire en juillet 1893, c'est-à-dire trois ans avant la date fixée pour l'émancipation générale des esclaves. Le Gouvernement de Sa Hautessc le Sultan de Zanzibar se chargea de l'administration après la retraite de la Compagnie, mais vu la situation fort troublée du pays, on jugea impossible de mettre à exécution les dispositions de l'arrangenieni et l'on appliqua à Witu le règlement en vigueur dans le Sultanat de Zanzibar.

Un règlement a été édicté et sévèrement appliqué conformément à l'Acte de Bruxelles sur l'enregistrement des bâtiments indigènes et l'importation des armes à feu, ainsi que sur le contrôle des caravanes indigènes de l'intérieur.

L'esclavage pour dettes, par lequel on entend sans doute le fait de réduire en servitude un débiteur insolvable au profit de son créancier, est un usage inconnu dans la loi mahométane et n'existe par conséquent pas à Zanzibar; il n'est pas non plus à ma connaissance que cet usage soit répandu parmi les tribus indigènes de l'intérieur du Protectorat britannique de l'Est Africain.

Dans rénumération faite par le présent mémorandum des différents décrets rendus par les Sultans de Zanzibar en matière d'esclavage, j'ai omis de mentionner l'arrangement conclu entre Seyyid Khalifa et Sir Gerald Portai, stipulant que tous les enfants nés dans les possessions de Sa Hautesse après le l^'jan-

after the Ist January, 1890, should be free. This Agreement bas, however, so far, not been embodied in any public Proclamation.

(«.) Don Mac Lbnnan, Her Britannic Majesty's Vice-ConsuL

Zanzibar, January 17, 1896.

APPENDIX

No. 1.

Proclamation.

To ail British and British Indian subjects in the dominions of His Highness the Sultan of Zanzibar.

The attention of Her Majesty's Government having been drawn to the fact that British and British Indian subjects are not always careful to observe the law regarding the hiring of slave labour, Her Britannic Majesty's Agent and Consul -General now hereby gives warning that under section 370 of the Indian Pénal Code any British subject who makes a con tract with the owner of a slave for the labour of such slave commits an offence, which, under that section, is punishable with imprisonment, which may extend to seven years and be accompanied by a fine. There is no law forbidding a British subject to hire the labour of any slave who may himself be willing to work for him, provided that the agreement for such labour shall be one made directly between such British subject and such slave.

The question of the consent of the owner of the slave, or of his participation in the wages to be earned by the slave, is in either case one in which any direct understanding or contract between the British subject and the owner is illégal. Thèse matters concern the slave and his owner alone, and ail wages earned by the slave must be paid direct to the slave and to no one else.

It is hereby notified that in future any breach of the law in this respect will be rigorously prosecuted.

(8.) C. B. Euan-Smitii,

Her Britannic Majesty's Agent and Consul-àeneraL

Zanzibar, November 9, 1888.

vier 1890 seraient libres. Cet arrangement n'a pas cependant, pour autant que je sache, fait l'objet d'une proclamation.

(s.) UoN Mac Lennan, Vice-Consul de S. M. Britannique.

Zanzibar, 17 janvier 1896.

Annexes.

Proclamation,

A tous les sujets britanniques et Indiens britanniques établis dans les possessions de Sa Hautesse le Sultan de Zanzibar.

L'attention du Gouvernement de Sa Majesté ayant été attirée sur le fait que les sujets britanniques et Indiens britanniques n'observent pas toujours strictement la loi concernant le louage de travail servile, l'Agent et Consul général de Sa Majesté fait savoir par la présente que, aux termes de l'article 370 du Code pénal indien, tout sujet britannique qui passera un contrat avec le propriétaire d'un esclave en vue d'utiliser le travail de ce dernier, se rendra coupable d'une infraction qui, aux termes dudit article, sera punissable d'un emprisonnement pouvant s'élever à sept ans ainsi que d'une amende. Aucune loi ne défend à un sujet britannique de louer le travail d'un esclave qui consent volontairement à travailler pour lui, à condition que le contrat y relatif soit passé directement entre ledit sujet britannique et ledit esclave.

Toute entente directe ou contrat passé entre un sujet britannique et un propriétaire en ce qui concerne le consentement de ce dernier ou sa participation au salaire recueilli par l'esclave est illégal. Il s'agit dans l'espèce d'une question intéressant exclusivement le maître et l'esclave, à qui seul les salaires doivent être payés.

Il est notifié par la présente que désormais toute violation de la loi en cette matière sera rigoureusement poursuivie.

(s.) C. B. Euan-Smith,

Agent et Coîisul général de

S. M, Britannique.

Zanzibar, 9 novembre 1888.

No. 2.

[In iHe name of the Most High God.] From Khalifa-bin-Saîd.

To ail my subjects who may see this let this be known to you that in considération of the wishes of the two High Governments of England and Germany I hâve granted to them, their Représentatives and naval officers, a perpétuai right of search of ail dhows belonging to our subjects in our territorial waters, in accordance with and in continuation of the Treaty made in IhetimeofmybrotherSeyyid Barghash. Ail slaves who may be brought into our dominions from the ist November, 1889, are free, but they shall remain our subjects; and those who may bring any slaves shall be punished. In return for this theblockade will be annulled.

Writlen by his order by his slave Abdul Aziz-bin-Mahomed.

Dated September 20, 1889.

No. 3.

To ail subjects of Her Britannic Majesty.

I hereby give notice that His Highness the Sultan bas granted to England and Germany, their Représentatives and officers, the perpétuai right of search of dhows, boats, and canoës of his subjects in his territorial waters.

This also applies to ail dhows, boats, and canoës belonging to English subjects.

His Highness bas also decreed that ail persons who shall enter his dominions after the Ist November are free.

(s.) G. H. PORTAL,

Acting British Agent aiid Consul'GeneraL Zanzibar, September 20, 1889.

No 2.

[Au nom de Dieu Tout-Puissant.] De la part de Khalifa-bin-Saïd.

A tous mes sujets qui liront la présente, il est notifié que, eu égard aux désirs exprimés par les deux Hauts Gouvernements d'Angleterre et d'Allemagne, j'ai accordé à ceux-ci, à leurs représentants et officiers de marine, le droit à perpétuité de visiter toutes les dhows appartenant à nos sujets dans nos eaux territoriales, conformément et pour faire suite au traité conclu sous le règne de mon frère Seyyid Barghash. Tout esclave importé dans nos possessions à partir du 1«' novembre 1889 sera libre, mais restera notre sujet. Quiconque importera semblable esclave sera puni. En échange de la concession ci-dessus, le blocus prendra fin.

Ecrit d'après son ordre par son esclave Abdul Aziz-bin-Mahomed.

Donné le 20 septembre 1889.

A tous les sujets de S. H. Britannique.

Je fais savoir par la présente que Sa Hautesse le Sultan a accordé à l'Angleterre et à l'Allemagne, à leurs représentants et officiers de marine, à perpétuité, le droit de visite à bord des dhows, bateaux et canots de ses sujets dans ses eaux territoriales.

Ce droit s'applique également aux dhows, bateaux et canots appartenant à des sujets britanniques.

Sa Hautesse a décrété en outre que toute personne qui entrera dans ses États après le l*'" novembre sera libre.

[s.) G. H. PORTAL,

Agent et Consul général britannique, Zanzibar, 20 septembre 1889.

No. 4.

Proclamation.

From His Higbness Ali-bin-Saîd.

To.all Ârabs and others living in Pemba. We hâve heard what bas bappened in Pemba , how ihat the Slave Trade is carried on there against our wishes. Let this be known to you that from the date of this Proclamation if any dhows land slaves in the shambas or places near the sea, and the owners of tbose shambas or places do not seize the slaves and the owners they must not blâme me but themselves for the resuit. If they are unable to seize them at once they can go to the Governor and gct soldiers in order to secure them. Becarefui that none of you allow any one to land slaves in his shamba or place. This is/our order. If any one acts against this our order he will be punished severely.

Writton by his order by his slave Abdul Aziz-bin-Hahomed.

Dated May IS, 1890.

No. 8.

Proclamation.

It bas been reported to me that the Wanyika and Giriama tribes are now making war upon each other and selling their captives into slavery. Thèse tribes are free people, who bave made Treaties with, and placed themselves under, thejurisdiction of the Company.

Notice is therefore hereby given that the following tribes, the Wanyika, the Wagiriama, the Waduruma, the Wakauma, the Wagala, the Wakamba, the Wagibania, the Wasani, Ihe Wakambi, the Waribi, the Warabai, the Washimba, the Wadigo, the Wateita, and the Wapokomo, are ail under the protection of the Company. Noman, woman, orchildbelonging to any of thèse tribes can be held as a slave, and any so held will, on appealing to the Company, be at once liberated, and no

Proclamation.

De la part de Sa Hautesse Ali-bin-Saîd.

A tous Arabes et autres, établis à Pemba. Nous avons appris ce qui s*est passé à Pemba, comment la traite des esclaves s'y pratique contrairement à notre volonté. Sachez donc qu'à partir de la date de la présente proclamation, si quelque dhow débarquedes esclaves dans les shambas ou établissements à proximité de la mer, et si les propriétaires desdites shambas ou établissements ne saisissent pas lesdits esclaves et leurs maîtres, ils ne devront s'en prendre qu'à eux, et non à moi, des conséquences qui en résulteront. S'ils ne sont pas en état d'effectuer cette saisie immédiatement, ils peuvent se rendre auprès du gouverneur et lui demander des soldats à cet effet. Que chacun de vous évite avec soin de laisser débarquer des esclaves dans une shamba ou un établissement lui appartenant. Telle est ma volonté. Quiconque l'enfreindra sera sévèrement puni.

Écrit d'après son ordre par son esclave Abdul Aziz-bin-Mahomcd.

Donné le 15 mai 1890.

Proclamation.

J'ai appris que les tribus des Wanyika et des Giriama se font actuellement la guerre et vendent leurs captifs comme esclaves. Ces tribus sont indépendantes, elles ont fait des traités avec la Compagnie et se sont placées sous sa juridiction.

En conséquence, il est notifié que les tribus connues sous le nom de Wanyika, Wagiriama, Waduruma, Wakauma, Wagala, Wakamba, Wagibania, Wasani, Wakambi, Waribi, Warabai, Washimba, Wadigo, Wateita et Wapokomo sont toutes placées sous la protection de la Compagnie. Aucun homme, aucune femme, aucun enfant appartenant à l'une de ces tribus ne peut être retenu en esclavage, et quiconque se trouvera ainsi retenu en esclavage sera, sur sa réclamation adressée à la

compensation whatever can be claimed, or 'will be paid, to the holder of such a person.

In making Ihis Proclamation it must be understood that it onlyapplies to themembers of the free tribes above named, who are under the jurisdiction of the Company. It is not intended to apply to or affect the ordinary domestic slaves, who are heretofore recognized to be the properly of their maslers according to old custom and the law of the Sultan of Zanzibar. Wilh such slaves the Company has no intention to interfère; they will be dealt with according to the Sheriah.

[s.) G. S. Mackenzië.

Mombasa, Mayl, 1890.

The above Proclamation was read in the public Baraza on the llth Ramathan, 1307, before the Wazee and ail the people of the town, and they unanimously approve of, and agrée to be bound by, the terms of it.

{s.) Salin-bin-Khalfan, Liwali of Mombasa.

No. 6.

Proclamation.

In the name of God the HercifuI, the Cornpassionate, the following Decree is published by us, Seyyid Âli-bin-Saïd, Sultan of Zanzibar, and is to be made known to, and obeyed by, ail our subjects within our dominions from this date.

Decree.

1. We hereby confirm ail former Decrees and Ordinances made by our predecessors against slavery and the Slave Trade, and déclare that, whether such Decrees bave hitherto been put in force or not, they shall for the future be binding on ourselves and on our subjects.

â. We déclare that, subject to the conditions stated below, ail slaves lawfully pos-

Compagnie, immédiatement libéré; de plus, aucune compensation ne pourra être réclamée par celui qui retient une telle personne, ni ne lui sera payée.

Il doit être entendu que dans l'esprit de la présente proclamation, celle-ci s'applique exclusivement aux membres des tribus indépendantes dont il s'agit ci-dessus et qui sont placées sous la juridiction de la Compagnie. Elle ne vise en aucune manière les esclaves domestiques ordinaires qui ont été reconnus jusqu*à ce jour comme appartenant à leurs maîtres conformément à l'ancienne coutume et à la loi du Sultanat de Zanzibar. La Compagnie n'a pas l'intention de s'occuper de ces esclaves; ils seront traités suivant les prescriptions de la Sheriah.

(s.) G. S. Mackenzie.

Mombasa, i^ mai 1890.

La proclamation précitée a été lue dans la Baraza publique, le 11 Ramadan 1307, en présence des Wazee et de toute la population de la ville, qui en ont unanimement approuvé les termes et se sont engagés à l'observer.

{s.) Salin-bin-Khalfan, Liwali de Mombasa.

Proclamalion.

Au nom de Dieu très miséricordieux, le décret suivant est édicté par nous, Seyyid Alibin-Saïd, sultan de Zanzibar; il sera porté à la connaissance de tous nos sujets dans nos possessions à partir de cette date et devra être observé par eux.

Décret.

1. Nous confirmons par le présent décret tous nos décrets et ordonnances rendus antérieurement par nos prédécesseurs contre l'esclavage et la traite des esclaves, et déclarons que, soit que ces décrets aient été en vigueur jusqu'à ce jour ou non, ils seront dans l'avenir obligatoires pour nous et pour nos sujets.

2. Nous déclarons que, sous les conditions indiquées ci-après, tout esclave légalement

sessed on this date by our subjects shall remain with their owners as at présent. Their status shall be unchanged.

3. We absolutely prohibit from this date ail exchange, sale, or purebase of slaves, domestic or otherwise. There shall be no more traffic whatever in slaves of any description. Any bouses heretofore kept for traffic in domestic slaves by slave-brokers shall be for ever closed, and any person found acting as a broker for the exchange or sale of slaves shall be liable under our orders to severe punishment, and to be deported from our dominions. Any Arab or other of our subjects hereafter found exchanging, purchasing, obtaining, or selling domeslic or other slaves shall be liable under our orders to severe punishment, to déportation, and the forfeiture ofall his slaves. Any house in which traffic of any kind in any description of slave niay take place shall be forfeited.

4. Slaves may be inherited at the death of their owner only by the lawful children of the deceased. If the owner leaves no such children, his slaves shall, ipso facto, become free on the death of their owner.

5. Any Arab or other of our subjects who shall habitually ill-treat his slave, or shall be found in the possession of raw slaves, shall be liable under our orders to severe punishment, and in flagrant cases of cruelty to the forfeiture of ail his slaves.

6. Such of our subjects as may marry pensons subject to British jurisdiction, as well as the issue of ail such marriages, are hereby disabled from holding slaves, and ail slaves of such of our subjects as are already so married are now declared to be free.

7. Ail our subjects who, once slaves, hâve been freed by British authority, or who hâve long since been freed by persons subject to British jurisdiction, are hereby disabied from owning slaves, and ail slaves of such persons are now declared to be free.

Ail slaves who, afier the date of this Decree, may lawfully obtain their freedom are for ever disqualified from holding slaves, under pain of severe punishment.

possédé jusqu'à ce jour par nos sujets, restera avec son maître comme par le passé. Le statut de cet esclave ne sera pas modifié.

3. Nous défendons absolument, à partir de ce jour, tout échange, toute vente, tout achat d'esclaves, domestiques ou autres. Il n'y aura plus aucun trafic d'esclaves quel qu'il soit. Toute maison employée jusqu'à ce jour par des traitants pour le trafic des esclaves domestiques sera définitivement fermée, et quiconque sera découvert agissant comme intermédiaire pour l'échange ou la vente d'esclaves sera passible, d'après nos ordres, d'une peine sévère et de la déportation hors de nos possessions. Tout Arabe ou tout autre de nos sujets qui sera découvert par la suite comme se livrant à l'échange, à l'achat, à l'acquisition ou à la vente d'esclaves domestiques ou autres, sera passible, d'après nos ordres, d'une peine sévère, de la déportation et de la confiscation de tous ses esclaves. Toute maison qui servira à un trafic quelconque d'esclaves sera confisquée.

4. A la mort du propriétaire, seuls les enfants légitimes du défunt pourront hériter de ses esclaves. Si le propriétaire ne laisse pas d'enfants légitimes, ses esclaves deviendront ipso facto libres à sa mort.

5. Tout Arabe ou tout autre de nos sujets qui se livrera habituellement à de mauvais traitements sur son esclave ou qui sera trouvé en possession d'esclaves nouvellement capturés, sera passible, d'après nos ordres, d'une peine sévère et, en cas de flagrant délit de cruauté, de la confiscation de tous ses esclaves.

6. Ceux de nos sujets qui auront épousé une personne placée sous la juridiction britannique, ainsi que les enfants issus de cotte union, sont par la présente rendus incapables de posséder des esclaves; tous les esclaves de nos sujets actuellement mariés dans ces conditions sont dès à présent déclarés libres.

7. Tous ceux de nos sujets qui, autrefois esclaves, ont été libérés par une autorité britannique ou qui ont été depuis longtemps libérés par des personnes placées sous la juridiction britannique, sont par la présente rendus incapables de posséder des esclaves; tous les esclaves desdites personnes sont dès à présent déclarés libres.

Tout esclave qui, à dater du présent décret, pourrait légalement obtenir sa liberté, sera pour toujours incapable déposséder des esclaves; il sera passible, en cas d'infraction, d'une peine sévère.

8. Every slave shall be entitled as a right at any time henceforth to purchase bis freedom at a just and reasonable tariff, to be fixed by ourselves and our Arab subjecls. The purchase-money, on our order, shaii be paid by the slave to bis owner before a Kadi, who sball at once furnish the slave with a paper of freedom, and such freed slaves shall receive our spécial protection against ill-treatnient. This protection shall also be specially extended to ail slaves who may gain their freedom under any of the provisions of this Decree.

9. From the date of this Decree every slave shall hâve the same rigbt as any of our other subjects vi'ho are not slaves to bring and prosecute any complaints or claims before our Kadis.

Given under our hand this 15th day of El Haj, 1307, at Zanzibar (Ist August, 1890).

(s.) Ali-bin-Said, Sultan of Zanzibar.

No. 7.

Proclamation.

Be it known to ail our subjects that our Decree of the Igth El Haj, this year 1307, which is now in force, and must remain in force, shall not be the cause of bad behaviour or disobedience on the part of the lawful slaves towards their masters.

Be it known to ail that slaves who shall run away without just cause, or otherwise behave badly, shall be punished as before, according to justice, and, if necessary, they shall be brougbt before us for punishment.

Lel this be knovvn to everybody.

Signed and sealed at Zanzibar the 23rd El Haj, 1307 (9th August, 1890).

(s.) Ali-bin-Said.

8. Tout esclave aura désormais le droit d'acquérir en tout temps sa liberté, moyennant une juste et raisonnable indemnité à fixer par nous-mêmes et par nos sujets arabes. Le prix de rachat sera, sur notre ordre, payé par Tesclave à son maître devant le cadi, qui délivrera immédiatement à l'esclave une lettre d'affranchissement ; l'esclave ainsi libéré jouira de notre protection spéciale contre tout mauvais traitement. Cette protection s'étendra également à tout esclave qui pourrait acquérir sa liberté conformément aux dispositions du présent décret.

9. A partir de la date du présent décret, tout esclave aura le droit, comme tout autre de nos sujets non esclave, de porter et de poursuivre une plainte ou réclamation quelconque devant nos cadis.

Donné de notre main à Zanzibar, ce 15<> jour de El Haj 1307 (l**^ août 1890).

(s,) Ali-bin-Said, Sultan de Zanzibar.

No 7.

Proclamation.

Qu'il soit fait savoir à tous nos sujets que notre décret du 15 El Haj de cette année 1307, qui est actuellement et doit rester en vigueur, ne pourra être de la part des esclaves légalement possédés le prétexte d'actes d'inconduite ou de désobéissance à l'égard de leurs maîtres.

Que tout esclave qui se sauvera sans raison légitime ou se rendra coupable de quelque autre acte d'inconduite, sera puni comme par le passé et suivant que de justice, et sera, le cas échéant, amené devant nous pour recevoir son châtiment.

Que ceci soit porté à la connaissance de chacun.

Signé et scellé à Zanzibar, le 33 El Haj 1307 (9 août 1890).

(s.) Ali-bin-Saïd.

bo

No. 8.

Proclamation.

Be il known to ail men our subjects, witb référence to what I wrote on the ISth El Haj (Ist August), and put up in the Customhouse.

If any slave runs away from bis master, or does anytbing wrong, punisb bim as before. If any slave does great wrong, kills any one, or stealSy send bim to the Liwali, wbo will punisb bim. You will see it and be pleased.

If any slave brings money to tbe Kadi to purcbase bis freedom, bis master will not be forced to take the money.

(s.) SEYYm Ali-bin-Said.

Zanzibar, 3 Moharrum, 1307 (20th August, 1890).

No 8.

Proclamation.

Me référant à ce que j'ai écrit le 15 El Haj (!« août) et fait aflBcher dans le bâtiment de la douane, je fais savoir à tous mes sujets que :

Si un esclave se sauve de chez son maître ou se rond coupable de quelque méfiait, qu'il soit puni comme par le passé. Si un esclave commet une infraction grave, s'il commet un meurtre ou un vol, qu'il soit amené devant le Liwali, qui le punira. Vous verrez qu'il en sera ainsi et en serez satisfaits.

Si un esclave apporte de l'argent au cadi pour obtenir sa liberté, son mattre ne pourra être tenu d'accepter cet argent.

(8.) Seyyid Ali-bin-Said.

Zanzibar, 3 Mobarrum 1307 (20 août 1890).

Mr, A. Hardinge to the Marquess ofSalisbury,

Mombasa, January 29, 1896.

Hy Lord,

Tbe Englisb local authorilies hère agrée both with myself and with the members of the East Africa Protectorate Council at Zanzibar in tbinking that it would be very inexpedient to take any step against slavery which could excite gênerai discontent so long as tbe rebel Chiefs are in tbe field with a certain following. The application of Seyyid Ali's Decree is as it is very unpopular on the mainland. Your Lordship will remember how strongly Sir Francis de Winton protested at tbe time against it, and the Elders both of Mombasa and Malindi bave since the Proclamation of the Protectorate expressed their dissatisfaction on the part of the people of both tbose towns, witb tbe opération of récent laws against slavery ; but they quite realize that no

M. A . Hardinge au Marquis de Salisbury. Mombasa, 29 janvier 1896.

MlLORD,

Les autorités locales anglaises de Mombasa ainsi que les membres du Conseil du Protectorat de l'Est Africain à Zanzibar et moi-même, nous sommes d'avis qu'il serait fort inopportun de prendre l'une ou l'autre mesure contre l'esclavage, de nature à soulever un mécontentement général, aussi longtemps que les chefs rebelles tiendront la campagne avec un certain nombre de partisans. L'application qui a été faite du décret de Seyyid Ali est très impopulaire sur le continent. Votre Seigneurie se rappellera avec quelle énergie Sir Francis de Winton a protesté jadis contre ce décret, et les anciens de Mombasa comme ceux de Malindi ont, depuis la proclamation du Protectorat, exprimé, au nom de la population de ces deux villes, leur mécontentement au sujet

change in a reactionary direction is now possible, and are prepared to make the beat of the status quo, wbich the assurance given to the Mahommedan population generally on the Ist July last that their religion and law would be maintained, bas led them to hope will not be further altered.

We must therefore be prepared for a very gênerai outbreak of resentment against the Goverment if any further interférence with the Hoslera slavery laws is announced, and the occurrence of such an outbreak at.the présent moment, when the whole of the coast province is stiil in a disturbed condition and the partizans of the rebels to be found in ail the principal towns, may most seriously retard the pacification of the country.

I bave heard it sometimes argued by persons who are disposed to underrate the difficulties of the slavery problem that the hostility of the entire free population to abolition need cause us no disquiet, as the slaves, who outnumber the Arabs and free Swahilis, would assist the Government in repressing it. Even assuming, however, that we could witness with equanimity on a territory under our ruie the hideous scènes of a servile insurrection, this view is, I believe, based on a misconception. Though large numbers of slaves would probably avail themselves of the abolition of the légal status to ccase to do regular work or earn money for their Aiasters, they would not bave the discipline or the cohésion required to act in concert. Hany of the more intelligent ones are slave-owners themselves; this is usually the case with the armed and fighting foUowers of the powerful Sheikhs, who, as distinct from the cultivators and town labourers, would throw in their lot with their Ârab masters, or rather Chiefs, and I think it may be said of the slave population generally that, however little they may love the Arab, they greatly prefer him to theEuropean. Community of religion and of social customs, the inter-marriage which rcsults from their common Hahommedanism, and from the fact that the son of a negro slave concubine and an Arab father is regarded as one of themselves by bis brothers of pure Arab descent, and the circumstance that when the slave-owner is a negro, and even ofien when he is an Arab, fais slaves, even if from time to time he

des effets des lois récentes contre l'esclavage ; ils reconnaissent toutefois qu'aucune modification dans un sens réactionnaire n'est possible aujourd'hui et ils sont disposés à tirer le meilleur parti possible du statu quo, l'assurance donnée aux populations musulmanes, le 1^ juillet dernier, que leur religion et leurs lois seraient respectées, leur faisant espérer que ce statu quo ne sera pas autrement modifié.

Nous devons donc nous préparer à un soulèvement général contre le Gouvernement à l'annonce de quelque nouvelle intervention dans les lois musulmanes relatives à l'esclavage ; pareil soulèvement venant à se produire au moment où toute la région côtière est encore troublée et où les partisans des rebelles se rencontrent dans les principales villes, pourrait retarder sérieusement la pacification du pays.

J'ai entendu parfois certaines personnes, méconnaissant les diflScultés que présente le problème de l'esclavage, soutenir que Thostilité de toute la population libre à l'abolition de l'institution servile n'était pas de nature à nous inquiéter, attendu que les esclaves, dont le nombre dépasse celui des Arabes et des Suahelis libres, assisteraient le Gouvernement dans son œuvre de répression. Mais en supposant même que nous puissions affronter d'un cœur léger les horreurs d'une insurrection servile dans un territoire placé sous notre domination, je crois que cette manière de voir repose sur un malentendu. Tout en admettant qu'un grand nombre d'esclaves profiteraient vraisemblablement de l'abolition du statut légal pour cesser tout travail ou se refuser à gagner de l'argent pour leurs maîtres, ils n'auraient ni la discipline, ni la cohésion requises pour agir de concert. Plusieurs des plus intelligents parmi eux sont eux-mêmes propriétaires d'esclaves; il en est généralement ainsi pour les individus faisant partie de la suite armée des puissants sheiks, qui se distinguent des cultivateurs et ouvriers des villes et lieraient leur sort à celui de leurs maîtres ou plutôt de leurs chefs arabes. Je crois pouvoir dire de la population serviU; en général que, tout en aimant peu l'Arabe, elle le préfère cependant de beaucoup à l'Européen. Arabes et esclaves ont même religion et mêmes coutumes; ils contractent mariage entre eux, car ils sont les uns et les autres Hahométans, et le fils d'une concubine noire et d'un père arabe est considéré comme un

cnielly beats or oppresses ihem, are generaliy troated as members of the family, feeding out of the same disb and living with him on terms of considérable intimacy, ail combine to produce a fusion and a closeness of ties between the various Hahommedan and Swahili speaking races, whether frce or slave, on this coast, which can nevcr exist between any of Ihcm and the whitc alien and iniidel from Europe. The crass ignorance of the lower class of slaves, moreover, is such, and thcir fe^r and distrust of strangers so great, that it is most difficult to make them comprehend that we are honeslly desirous of benefiting them.

Another considération in connection with this nialter on which the military authoricies hère lay stress, is that of transport.

Though I believe that ultimately we shall be able to get free labour for transport work, two-thirds of the présent porters now employed in carring loads for caravans and military expéditions are slaves. We do nol, of course, hire them direct from their owners, and they are engaged by us as if they were freemcn, but in practice they write on because their maslers require some form of work for Ihom, and carrying loads with good wages, of which owners can afl'ord to let them kcep a good part (if they did not the slaves would run away, as many hâve indced done, once they got clear of the coasl), is prefcrred by many of them to regular plantation or town labour. But it is very doubtful whether, if they were absolu tely their own masters, they would not prefcr to livc by odd jobs in the coast towns, just earning enough in one month to keep them in idieness for the next, or to squat on some place where they could plant just enough a niohogo » for their suslenance, rather than lake service as porters for the interior, and it seems probable that the abolition of slavery would, at any rate for a year, or at least a certain number of months, completely disorganize our transport, whiist considerably increasing the expense of procuring men for caravans. The inconvenience of such a state of things when it is necessary to start a column, with ils attendant equipment of carriers, at a moment's notice, after a body of rebels or marauders, can easily be imagined.

des leurs par ses frères d'origine arabe pure ; de plus, Tesclave d'un nègre et souvent même d'un Arabe, quoique parfois cruellement maltraité, est regardé comme faisant partie de la famille, mangeant à la même table et vivant avec lui sur le pied d'une parfaite intimité; toutes ces circonstances ont contribué à créer entre les différentes races mahométanes et de langue swahili de la côte, qu'il s'agisse d'hommes libres ou d'esclaves, une fusion qui ne pourra jamais s'établir entre eux et le blanc d'Europe, étranger et infidèle. L'ignorance de la classe inférieure de la population servile est tellement profonde d'ailleurs, et sa crainte et sa méfiance des étrangers sont si grandes qu'il est extrêmement difHcile de lui faire comprendre que nous sommes sincèrement animés du désir d'améliorer son sort.

Une autre considération qui se lie à la question de Tabolition de l'esclavage et à laquelle les autorités militaires de l'endroit attachent de l'importance, est celle des transports.

Nous parviendrons, je pense, àrecruter finalement des travailleurs libres pour les besoins de ce service; cependant il convient de remarquer que les deux tiers des porteurs actuellement employés à transporter les charges des caravanes et des expéditions militaires sont des esclaves. Nous ne les louons pas, il est vrai, directement à leurs maîtres et nous traitons avec eux comme s'ils étaient des hommes libres, mais en réalité ils ne s'engagent que parceque leurs maîtres demandent pour eux du travail. Beaucoup de ces esclaves préfèrent au travail des plantations ou de la ville le transport des charges moyennant des salaires élevés dont le maître peut leur abandonner une bonne part. Si ce dernier en agissait autrement, les esclaves s'enfuiraient, ce que plusieurs ont déjà fait d'ailleurs, dès qu'ils se sont trouvés loin de la côte. Il est probable que s'ils étaient absolument libres de disposer d'eux-mêmes, ils préféreraient ou bien s'adonner à un travail irrégulier dans les villes de la côte, se contentant d'amasser on un mois de quoi vivre dans l'inaction pendant le mois suivant, ou bien se retirer en quelque endroit où ils pourraient cultiver suffisamment de <c mohogo » pour leur subsistance, plutôt que de prendre du service comme porteurs en destination de l'intérieur du pays. Il est à prévoir que l'abolition de l'esclavage désorganisera complètement nos transports pendant une année ou du moins pendant plusieurs mois, tout en augmentant considérablement les dépenses par la

and is a factor which should not, I think, be lost sight of.

Bearing in mind ail thèse difficuities, I would venture most respeclfully lo submit that the adoption of any fresh measures against slavery might be postponed for a few months, say until Ireturn to England in June, if, as I hope, your Lordship gives me leave to do so. I might then, under your Lordship's directions, elaborate, in conjunction withthe Foreign Office a scheme for further hastening the abolition of slavery, which I could submil to the Sultan on my return in theautumn.

It must be remembered that both hère and in Zanzibar abolition of the légal status of slavery will entail the création of new native non-Mahommedan Courts, to whom the Cadis will hâve to be ordered to refer ail slave cases, since it would be as hard upon them to compel them to repudiate, in the teeth of the commands of the Koran, the status of slavery, as it would be for the civil power in France or England to force the clergy, against their conscience, to marry persons divorced by secular Courts. In no Mahommedan State do the Cadis admit or apply the doctrine of the gênerai illegality of domestic slavery, which indeed is not yet recognized in Turkey or Egypt, so far as I know, by the Secular Tribunals applying the new Codes based on European law, and any sweeping scheme of abolition hère must, I think, include within its scope the création of a new native judicial System, or at any raie its grafling, for slavery purposes, on the one already in existence. This in itselfwill require carefui considération, and I would ask to be allowed to submit certain proposais on the subject before the measures which, I gather are contemplated respecting slavery, are fmally decided on.

{s.) Arthur H. Hardinge.

nécessité où l'on se trouvera d'engager des hommes libres pour les caravanes. On devine aisément les inconvénients qui doivent résulter de cet état de choses quand il s'agit d'organiser une colonne avec son escorte obligée de porteurs, au moment de se mettre à la poursuite d'une bande de rebelles ou de maraudeurs; c'est là, je pense, une considération qui ne doit pas être perdue de vue.

Eu égard à ces difficultés, je me permettrai de suggérer l'ajournement à quelques mois de toute nouvelle mesure contre l'esclavage, c'està-dire jusqu'à mon retour en Angleterre au mois de juin, si Votre Seigneurie m'accorde, comme j'en ai l'espoir, le congé nécessaire à cet effet. Je pourrai alors, conformément à SOS intructions et de concert avec le Foreign Office, élaborer un plan en vue de hâter la solution du problème, plan que je soumettrais au Sultan quand je rejoindrai mon poste en automne.

Il importe de se rappeler que l'abolition du statut légal de l'esclavage imposera la création, tant à Mombasa qu'à Zanzibar, de nouvelles cours indigènes non mahométanes, auxquelles les Cadis seront tenus de renvoyer toutes les causes intéressant les esclaves; car vouloir les obliger à répudier, en dépit des prescriptions du Coran, le statut légal de l'esclavage, serait aussi rigoureux que si le pouvoir civil, en France ou en Angleterre, prétendait forcer les membres du clergé, malgré leur conscience, à marier des personnes divorcées par les tribunaux. Dans aucun État musulman, les cadis n'admettent ni n'appliquent le principe de l'illégalité absolue de l'esclavage domestique, principe qui n'est d'ailleurs pas reconnu jusqu'à présent en Turquie ou en Egypte, pour autant que je le sache, par les tribunaux ordinaires chargés d'appliquer les nouveaux codes basés sur la loi européenne. Tout plan général d'abolition destiné à ce pays doit, je pense, impliquer la création d'une nouvelle organisation judiciaire indigène, ou du moins un complément à l'organisation existante, en vue de la question de l'esclavage. Ce point devra faire l'objet d'un examen attentif, et je demanderai à pouvoir soumettre à cet égard certaines propositions avant que les mesures que je suppose avoir été examinées soient dëfînitivement arrêtées.

J'ai l'honneur, etc.

(s.) Arthur H. Hahdinge.

Admiralty to Foreign Office.

Admiralty, March 5, 1896.

Sin,

1 am commanded by my Lords Commissioners of the Admiralty to forward herewith, for the information of the Secretary of State for Foreign Affairs, a copy of the Annual Report on the Slave Trade, of the Commanderin-chief on the East Indian station, for the year 1895.

I am, etc.

{s.) EvAN Mac Gregor.

Inclosure.

Bear- Admirai Drummond to Admiralty.

« Bonaventure », at Trincomalee, February 1, 1896.

Sir,

With référence to section 6, p. 2, vol. I, of the Instructions to Naval Officers, etc., relative to the Slave Trade, I hâve the honour to report, for the information of the Lords Commissioners of the Admiralty, that the only occurrence in connection with the Slave Trade, which bas been reported to me during 1895, is dealt v^rith in the following extract from a letter from the officer commanding Her Majesty's ship « Pigeon ».

ce Pigeon », at Bahrein, December 2, 1895.

L'Amirauté au Foreign Office.

Amirauté, 5 mars 1896.

Monsieur,

Conformément aux ordres des hauts commissaires de TAmirauté, j'ai Thonneur de vous faire parvenir ci-joint, pour l'information du Secrétaire d'État des Affaires Étrangères, une copie du Rapport annuel sur la traite des esclaves pour l'année 1895, rapport émanant du commandant en chef de la station des Indes orientales.

(8.) EvAN Mac Gregor.

Annexe.

Le Contre-Amiral Drummond à l'Amirauté.

A bord du « Bonaventure », Trincomalee, 1*' février 1896.

Monsieur,

Me référant à l'article 6, page 2, volume 1 des Instructions aux officiers de marine, etc., concernant la traite des esclaves, j'ai l'honneur de vous faire savoir, pour l'information des lords commissaires de l'Amirauté, que le seul incident ayant rapport à la traite qui ait été porté à ma connaissance pendant l'année 1895, se trouve relevé dans l'extrait suivant d'une lettre émanant de l'officier commandant le navire de Sa Majesté a Pigeon ».

ce A bord du ce Pigeon », Bahrein, 2 décembre 1895.

» 2. On the 18th I receîved a letter from Colonel F. A. Wilson, Polilical Résident, with respect to the récent release of slaves.

» Bahrein, he slates, bas never given any promise to renounce slavery, but only to abstain from buying and selling; as this promise was made forty years ago there should be only now domestic born slaves in the island. Some of the tribes bave, however.

» 2. Le 18, j'ai reçu une lettre du colonel F. A. Wilson, Résident politique, concernant une récente libération d'esclaves.

» Bahrein, écrit cet agent, n'a jamais promis de renoncer à l'esclavage, mais uniquement de s'abstenir d'acheter et de vendre des esclaves. Cette promesse ayant été faite il y a quarante ans, il ne devrait plus y avoir aujourd'hui dans cette île que des esclaves

come to the island since that Treaty was made, and apparently their Chiefs hâve not considered themselves bound by the Treaty made wîth us by Sheikh Esi-bin-Ali.

» 3. Hitherto Mr. Gaskin, Extra Assistant Political Agent, has been releasing slaves irrespcGtive of the time thcy bave been slaves, but Colonel Wilson informed me that complète émancipation was not feasible, and that he considered that owing to the many difficulties in the case, the release of recently imported or ill-treated slaves would meet ail immédiate requirements.

» 4. As Mr. Gaskin had not returned from Bushire I saw the Chiefs myself, and pointed out that the immédiate release of ail the slaves, as they feared, was not contemplated, and that cases of refugee slaves would be inquired into and decided upon by their treatment and length of servitude.

» Wilh this they ail appeared perfeclly satisfied, and rèquested me to make the offer on their part to Colonel Wilson that from the présent date they would each give a guarantee to Sheikh Esi-bin-Ali to stop the Traffic of slaves in every way in their respective tribes.

» S. I hâve forwarded their propositions to Colonel Wilson, and the tribes hâve settled down quietly.

» 6. I bave received no information during ibe year as to any Traffic in slaves by sea on the East Indies station. »

domestiques. Cependant quelques-unes des tribus qui l'habitent étant arrivées dans le pays postérieurement à la conclusion de l'arrangement, leurs chefs ne se sont apparemment pas considérés comme liés par le traité que nous avons- passé avec le Sheik Esi-bin-Ali.

» 3. Jusqu'à présent, H. Gaskin, adjoint spécial de l'Agent politique, a procédé à des affranchissements d'esclaves sans tenir compte de l'époque à laquelle ils avaient été réduits en esclavage, mais le colonel Wilson m'a fait savoir qu'une émancipation générale n'était pas praticable et qu'il considérait, vu les nombreuses difficultés qu'on rencontrerait dans l'occurrence, la libération des esclaves récemment importés ou victimes de mauvais traitements, comme étant de nature à satisfaire à toutes les exigences du moment.

» 4. H. Gaskin n'étant pas revenu de Bushire, j'ai vu moi-même les différents chefs et je leur ai déclaré que l'on n'avait pas en vue, comme ils le craignaient, la libération immédiate de tous les esclaves; que dans les cas où il s'agirait d'esclaves réfugiés, on procéderait à une enquête et que l'on prendrait une décision en tenant compte du traitement auquel ils avaient été soumis et du temps qu'avait duré leur servitude.

» Les chefs m'ont paru entièrement satisfaits de cette déclaration et m'ont chargé de faire en leur nom au colonel Wilson une proposition aux termes de laquelle chacun d'eux donnerait au Sheik Esi-bin-Ali la garantie qu'ils empêcheraient tout trafic d'esclaves dans leurs tribus respectives.

i> 5. J'ai transmis cette proposition au colonel Wilson, et la tranquillité a été rétablie parmi les tribus.

I hâve, etc.

(s,) Edmd. Drumnond.

» 6. Je n'ai reçu pendant l'année aucun renseignement concernant des opérations de traite maritime dans la station des Indes orientales. »

J'ai l'honneur, etc.

(5.) Edn. Drumnond.

Mr. A. Hardinge to the Marquess ofSalisbury.

(Extract.)

Zanzibar, May 4, 1896.

I believe that the export of slaves from the mainland of British Easl Afriea may be regarded as practicaliy extinet. The reason for this is plain enough.

î. At almost every sea-port town along the coast there is a British officiai, and thèse towns are none of them large enough for traders there to be able to embark a cargo of slaves without his knowledge, whilst the few coast villages at which no Government officer is stalioned (Mtapwa, Uyombo, Watamu, Kwyhoo, and Tula) are sufflciently close at hand for any violation of the law !o be at once reported to him. The coast of British East Afriea is, it must be remembered, a very inhospitable onc, especially in the height of the monsoons, and the ports and creeks on it are few in number.

2. The only Iwo reai slave-trading centres in the British Protectorate are Ukamba and Somaliland. But the Slave Trade there is local ; afler inter-tribal fights the women and children of the vanquished tribe will be reduced to slavery by the victors, and in the districts not yet entirely under our effective conlrol, such as Kitui, for it is only in such districts that thèse inter-tribal wars still rage, will occasionally be sold, two or three at a time, not more, to a roving Arab or Swahili trader, who will either keep his illégal purchases for his own domestic use or dispose ofthem, if he thinks the risk worth running, to the natives of some place at a little distance from 'the coast at which there is no résident English officer. There are, however, only three routes by which a slave-trader in Kitui, or in the adjacent slaving districts, can reach the coast : (1) the Mackinnon Road, lined with European stations and constantly patrolled by Government caravans to and from Uganda ; (2) along thé Athi River, or, as it is called in its lower course, the Sabaki ; but this route (Lugard's) is, as I know on the strength of my own personal inquiries and inspection at Hakangeni, so overgrown with thick bush as to be no longer practicable, certainly not for any large caravans; and (3) down the Tana,also to ail intents and purposes impracticable for a slave caravan, as the slaves, after

3/. A . Hardinge au Marquis de Salisbury.

Zanzibar, le 4 mai 1896.

(Extrait.)

Je crois que Ton peut considérer comme ayant cessé en fait, dans l'Est Africain britannique, l'exportation des esclaves du continent. Le fait s'explique aisément.

1. Dans presque tous les ports maritimes de la côte se trouve un fonctionnaire britannique, et aucun de ces ports n'est assez étendu pour permettre à des traitants d'embarquer une cargaison d'esclaves sans qu'il en soit informé. D'autre part, les quelques villages côtiers où ne se trouve aucun agent du Gouvernement (Mtapwa, Uyombo, Watamu, Kwyhoo et Tula) sont suffisamment rapprochés pour qu'il ait immédiatement connaissance de toute violation de la loi. Il convient de se rappeler d'ailleurs que la côte du Protectorat est très inhospitalière, principalement au fort des vents de mousson, et que les ports et criques y sont en petit nombre.

2. Les deux seuls véritables centres de traite dans notre Protectorat de l'Est Africain sont rUkamba et le Somaliland. Hais la traite y est purement locale; lorsqu'une guerre éclate entre tribus, les femmes et les enfants du vaincu sont réduits en esclavage par le vainqueur, et dans les districts qui ne sont pas encore entièrement soumis à notre contrôle effectif, tels que Kitui (car ce n'est que dans ces districts que les guerres entre tribus continuent à sévir), ces esclaves sont vendus à l'occasion, deux ou trois à la fois tout au plus, à un marchand arabe ou swahili de passage, qui les emploie ou bien à son service personnel, ou bien, s'il croit que l'opération en vaut le risque, les vend aux indigènes de quelque localité située à une courte distance de la côte et où ne se trouve aucun résident anglais. Il n'existe toutefois que trois routes par lesquelles un marchand d'esclaves à Kitui ou dans les districts esclavagistes voisins puisse gagner la côte : i*" la route de Mackinnon, bordée do stations européennes et constamment parcourue par les caravanes du Gouvernement allant vers l'Ouganda ou en venant; 2* celle qui longe la rivière Athi ou, comme on l'appelle dans son cours inférieur, le Sabaki; mais cette route (route Lugard), comme j'ai pu m'en convaincre personnellement lors de mes enquêtes et inspections à Hakangeni, est envahie par la végétation au point

being carried in canoës down a river» both banks of which are very populous, wouid hâve to run the gauntlet of four Mission stations and two British forts close to Witu (Kau and Kipini) before thcy could reach the sea. The Somalis raid other tribes for slaves, and buy them in varions quarters, but they are for themselves, not for retail or export. Their only port in our Protcctorate at which either of thèse opérations could take place is Kismayu, and there the présence of a staff of British officers, from whom every up-country native must obtain a pass to enter the gâtes, inakes them impossible. Before the late rébellion, it is true, there was a fairly active Slave Trade carried on largely with Pemba by the semi-independent Chiefs of Gazi and Takaungu, but with the overlhrow of their power and the establishment of permanent British officiais at both their capilals, this Traffic has entirely ceased. The fact that in the first half of last year (that is, before the rébellion, and when Hubarak's authority was still unimpaired), out 486 dhows boarded as suspicious by our cruisers, only six, containing on an average four each, were found to be carrying slaves, is a sufficient proof that the Slave Trade is being effectually killed in Zanzibar and British East Âfrican waters. For it must bo remembered that, once you destroy the dhow traffic, you hâve gone a long way towards destroying the trade itself.

No merchant will find it profitable to trade in slaves, especially where his transactions are attended with grave danger, any more than in cattle or in any other article, in small consignments of two or three at a time. To obtain the profits which he requires in order to repay his risk and outlay and the dévotion of his main capital and énergies to this particular Traffic, he must deal in large cargoes. He can now no longer do so, and, as a conséquence, the big wholesale slave mer-

de ne plus être praticable,. du moins pour de grandes caravanes; 3® enfin, la route qui suit le Tana, également et d'une manière absolueimpraticable pour une caravane d'esclaves; les esclaves, en effet, après avoir été transportés en canot sur cette rivière dont les deux rives sont très peuplées, devraient passer en vue de quatre stations de missionnaires et de deux forts anglais situés tout près de Witu (Kau et Kipini) avant d'atteindre le bord de la mer. Les Somalis se livrent à des razzias chez d'autres tribus afin de se procurer des esclaves et en achètent de divers côtés ; toutefois, ce n'est pas pour les revendre ou les exporter, mais pour leur propre usage. Le seul port qu'ils possèdent dans notre Protectorat et où ils pourraient se livrer à l'une de ces opérations est Kismayu, mais la présence en ce| endroit d'un corps de fonctionnaires anglais, dont chaque esclave venant du haut pays doit obtenir un passeport pour pouvoir pénétrer dans la ville, rend ces opérations impossibles. Avant la dernière insurrection, il est vrai, les chefs semi-indépendants de Gazi et de Takaungu pratiquaient la traite avec Pemba sur une grande échelle, mais depuis la destruction de leur puissance et l'établissement d'autorités britanniques dans leurs capitales respectives, ce trafic a entièrement pris fin. Le fait que durant la première moitié de l'année dernière (c'est-à-dire avant l'insurrection, et alors que l'autorité de Mubarak était encore intacte) plus de 486 dhows ont été arrêtées comme suspectes par nos croiseurs et que six seulement, contenant chacune quatre esclaves en moyenne, furent convaincues de se livrer ù la traite, prouve à suffisance que la traite des esclaves est réellement en voie d'extinction dans les eaux de Zanzibar et de l'Est Africain britannique. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que si Ton parvient à supprimer le trafic par dhows, on aura fait un grand pas dans la voie de la suppression de la traite elle-même.

Aucun trafiquant ne trouvera avantage à se livrer à des opérations de traite portant uniquement sur deux ou trois esclaves à la fois, pas plus que s'il s'agissait de bestiaux ou d'autres articles, alors surtout que ces opérations l'exposent à de grands dangers. Pour pouvoir retirer un bénéfice qui compense les risques qu'il court et le rémunérer de ses sacrifices et de ses peines dans ce trafic spécial, il lui faut opérer sur de grandes quantités. Cela lui est rendu impossible désormais. Il

chailts of the days when the trade was unchecked hâve abandoned their business and left no successors. The Slave Trade is now carried on, not as their main business, but as a secondary and shady branch of it, and therefore only on a small scale, by disrepu table men, chiefly Muscat or Hadramaut Arabs, of the same type as the old English smugglers, who bave as little scruple about violating the Hahommedan as the European law, and will steal both the légal slaves of their brother Moslems, and even children born free or emancipated by a Hahommedan Court, as readily as they would the outlawed pagan — a proceeding which the old-fashioned slave merchant would hâve considered just as disgraceful as would an honest horsedealer in England the stealing of another man's beast. Thèse low-class Ârabs will prowl about the beach on the outskirts of Zanzibar, or of some mainland town, with a canoë keeping close by, and will surprise and pick up, by bribing them with a few pice to carry cocoa-nuts, etc., a girl or two, or a small child hère and there, and thrust them into the canoë, lie in wait for a favourable wind or for the darkness, and then slip into some creek in Pemba, where the captives, whom they will represent as their own slaves, will be kept in the bush till a buyer, perhaps of the same class, can be found for them. The Shihiri and Muscat Arab traders, who return to Arabia during the south-west monsoon, will also frequently contrive to take a Zanzibar slave or two each, or perhaps even a free negro (they are not particular as to the c( légal status »}, on dhows which frequently on their way north, pick up Africans, slave or free, in iîshing-canoes (the Wali of Lamu lately had some slaves who were out fishing kidnapped in this way). The same applies to the so-called « Kiriboto » Arabs, of whom numbers come hère for service as irregular troops or police.

A certain risk, however, attaches to this, since the slaves cannot be shipped at Zanzibar, but must be taken secretly in canoës into the open and transferred to the dhow there, and there is always the danger that the canoës

en est résulté que la foule des marchands d'esclaves existant à l'époque où la traite s'exerçait librement, a abandonné les affaires sans laisser de successeurs. La traite des esclaves est aujourd'hui pour les traitants, non plus la branche principale, mais la branche accessoire de leur commerce; elle est pratiquée sur une petite échelle seulement, par des gens sans aveu, principalement des Arabes de Mascate ou d'Hadramaut, de l'espèce des anciens contrebandiers anglais, et qui mettent aussi peu de scrupules à violer la loi de Mahomet que les lois européennes; ils voleront aussi bien les esclaves légitimes de leurs frères musulmans et même des enfants nés libres ou émancipés par une Cour mahométane, que des païens hors la loi — procédé que les corrects marchands d'esclaves d'autrefois auraient considéré comme aussi déshonorant que le serait pour un honnête maquignon anglais le fait de voler le cheval d'autrui.

Ces Arabes de la basse classe rôdent le long de la plage, aux abords de Zanzibar ou de quelque autre ville du continent, montés sur de petites embarcations ; s'ils surprennent par hasard une ou deux filles ou un enfant, ils les attirent sous un prétexte quelconque par l'offre de quelques menus objets, les enlèvent et les jettent au fond de leur barque, puis, profitant d'un vent favorable ou de l'obscurité, ils se dirigent vers l'une ou l'autre crique de Pemba où les captifs, qu'ils font passer pour leurs propres esclaves, sont cachés dans le bush jusqu'à ce qu'un amateur se présente pour les acheter. Les marchands arabes de Shihiri et de Mascate qui retournent vers l'Arabie pendant la mousson du sud-ouest trouvent aussi de fréquentes occasions d'embarquer dans leurs dhows, à Zanzibar, un ou deux esclaves, peut-être même un nègre libre (le « statut légal » ne leur inspire pas de scrupules); souvent aussi, au cours de leur voyage vers le nord, ils enlèvent des Africains, esclaves ou libres, employés sur les bateaux de pêche (le Vali de Lamu avait dernièrement quelques esclaves qui avaient été enlevés de cette manière). Ce qui précède s'applique également aux soi-disant Arabes « Kiriboto » dont plusieurs arrivent ici pour servir dans les troupes irrégulières ou la police.

Cependant ces opérations ne vont pas sans un certain danger, les esclaves ne pouvant plus être embarqués à Zanzibar, mais devant être emmenés secrètement dans des canots pour être transférés sur les dhows; ces canots

may be swamped outside the channel, or seized by some local police authority within it, before they can reach the dhow.

The above remarks as to the export apply iargely to the import of slaves into the East African terri tories under British ruie or influence. It may safely besaid, I think, thatno slaves to speak of are imported against theîr will (I am not speaking of unsaleable dômestic slaves going to and fro with their masters) into British East Africa, and oniy a small number in canoës and boats, such as I hâve described above, chiefly from the mainland opposite, into Zanzibar and Pemba. Sir L.Mathews thinks some 300 or 400 a-year,at most, may still be imported in this way into the islands, of whom a considérable portion do not stay th'ere but are transferred in driblets, by varions underhand devices, to dhows proceeding to Arabia. Pemba probabiy receives the greater number : the want, as yet, of proper control in the interior and the physical configuration of the island rendering it peculiarly suited for any kind of illicit traffic. Mr. Vice-Consul O'Sulivan, however, tells me that, notwithstanding thèse circumstances, the import of slaves there has been greatly reduced, and is, in his opinion, now insignificant.

Nyasaland at one time imported a considérable number of slaves into the Sultanate, and among the older men one still sees, botb hère and on the mainland, many Yaos. But the establishment of the British Protectorate there, the overthrow, one after another, of the slave-raiding Chiefs, and the collapse of the dhow traffic (since the importation of Nyasa slaves into Zanzibar from so great a distance as the Zambezi, or even from Kiiwa, is not possible in canoës or small boats) bave practically put an end to this branch of the Slave Trade, and the local authorities assure me that very few slaves from that part of Africa now come so far north as thèse Islands.

It may indeed be said that throughout East Afrfca (including in that expression the whole région between the Zambezi and Cape Guardafîii) the establishment of conterminous European Protectorates has put an end to that

courent toujours le risque d'être submergés en dehors du canal ou d'être arrêtés dans ses eaux par quelque autorité de police locale avant d'être parvenus à atteindre leur but.

Ce que nous venons de dire des exportations est vrai également des importations d'esclaves dans les territoires de l'Afrique orientale placés sous la domination ou l'influence britannique. On peut affirmer avec certitude, je pense, qu'aucun esclave pour ainsi dire n'est importé contre son gré dans l'Afrique orientale anglaise (je ne parle pas des esclaves domestiques qui ne sont pas vendables et qui accompagnent leurs maîtres); un petit nombre seulement est transporté par canots, comme je l'ai déjà expliqué, et principalement de la côte opposée du continent vers Zanzibar et Pemba. Sir L. Mathews estime à 300 ou 400 au plus les esclaves importés annuellement dans les îles de cette manière, et encore beaucoup d'entre eux n'y restent pas, mais sont transférés en petits groupes et par divers moyens détournés vers les dhows qui se rendent en Arabie. Pemba en reçoit probablement le plus grand nombre; l'absence, jusqu'à ce jour, d'un contrôle efficace dans l'intérieur du pays et la configuration de cette île la rendent propre à toute espèce de trafic illégal. M. le Vice-Consul O'Sulivan m'a déclaré toutefois que malgré ces circonstances, l'importation des esclaves y a été notablement réduite et il la croit insignifiante aujourd'hui.

Le Nyassaland importait jadis une quantité considérable d'esclaves dans le Sultanat, et parmi les anciens on en voit encore, ici et sur le continent, plusieurs d'origine yao. Mais l'établissement du protectorat britannique, les défaites successives infligées aux chefs esclavagistes et l'anéantissement du trafic par dhows (l'importation d'esclaves du Nyassa jusqu'à Zanzibar d'un point aussi éloigné que le Zambèze et même Kilwa, est impraticable au moyen de canots et de petites embarcations), ont mis en réalité un terme à cette branche de la traite. Je tiens des autorités locales que fort peu d'esclaves originaires de cette partie de l'Afrique parviennent actuellement dans des régions situées aussi au nord que le sont ces deux îles.

Nous ferons remarquer d'ailleurs que dans toute l'Afrique orientale (en comprenant dans ce terme la totalité de la région qui s'étend entre le Zambèze et le cap Guardafui) l'établissement de protectorats européens limitrophes

worst aspect of the Slave Trade, the systematic raids by aimed bands of coast traders on the villages in the interior. The horrors common in the time of Livingstone, and which lasled down to a quite récent period, especially when the Arab power established by Tippoo Tib and Rumaliza at Kasongo and the Manyema country was suprême throughout what is now the eastern portion of the Congo Frce State, the dévastation of whole districts by the slave-raiders, the march of hundreds of fettered captives, along iracks lined with human skeletons, down to Kilwa and Bagamoyo, hâve become happily impossible now that ail the great coast ports, and the principal up-country markets and centres along the old slave-routes, are occupied by European Government ofBcers.

To sum up, the présent condition of the Slave Trade, at any rate in East Afrîca — I am not, of course, now speaking of Arabia and the Red Sea— may, I think, when we contrast it wilh what it was only a décade ago, be viewed with the comparative satisfaction with which We regard, in any country, stalistics showing a substantial decrease of crime. Both the sources and outlets for the Traftic are being everywhere effectively stopped ; it is passing more and more into the hands of the most reckless and criminal class of the population ; the great raids and dhow loads of the past are giving place to petty kidnappings of individuals hère and there, of which many are detected and punished, and which a better and more costly system of police and coastguard could probably altogetlier suppress.

The Zanzibar Government is, I am glad to say, fully alive to the necessity of unremitting vigilance and energy in the altainmentof this end, and Sir L. Hathews has now got police at ail the smaller ports, as well as at the principal villages in the interior of this island, at which the landing or sale of slaves would be likcly to take place, and which in old days were rarely or never visited. Several captures hâve as a conséquence been lately elfected, and I trust, especially if the system is extended to

a mis fin à la traite des esclaves dans ce qu'elle avait de pire, c'est-à-dire aux razzias exercées systématiquement par des bandes armées de traitants de la côte dans les villages de Tintérieur. Les horreurs qui se pratiquaient généralement du temps de Livingstone et qui se sont continuées jusqu'à nos jours, notamment à l'époque où la puissance arabe établie par Tippo Tip et Rumaliza à Kasongo et dans le Manyema était prépondérante dans tout le territoire formant actuellement la partie orientale de l'Etat indépendant du Congo, la dévastation de districts entiers par les chasseurs d'esclaves, la marche vers Kilwa et Bagamoyo de centaines de captifs enchaînés le long des routes jalonnées de squelettes humains, tout cela est devenu heureusement impossible, aujourd'hui que tous les grands ports de la côte et les principaux centres et marchés de l'intérieur situés sur les anciennes routes des caravanes d'esclaves sont occupés par des agents européens.

En résumé, l'état actuel de la traite, du moins en ce qui concerne l'Est africain, — car je ne suis pas en mesure de parler en ce moment de l'Arabie et de la mer Rouge, — peut être envisagé, je pense, si nous nous souvenons de ce qui existait il y a dix ans à peine, avec la même satisfaction que nous inspirent dans tout pays les statistiques établissant une diminution importante dans la criminalité. Les sources et les débouchés de ce trafic ont été partout efficacement fermés ; il a passé de plus en plus dans les mains d'individus appartenant à la classe la plus criminelle de la population ; les grandes razzias et les fortes cargaisons des dhows telles qu'elles avaient lieu jadis, ont fait place à des enlèvements individuels de peu d'importance, se pratiquant à l'occasion, et dont plusieurs sont découverts et punis. Un système de police et de gardecôtes mieux organisé et moins parcimonieux pourrait avoir pour effet de les faire cesser complètement.

Le Gouvernement de Zanzibar, je suis heureux de le dire, se rend parfaitement compte de la nécessité d'exercer dans ce but une surveillance incessante et énergique. Sir L. Mathews a établi actuellement des postes de police dans tous les petits ports ainsi que dans les principaux villages à l'intérieur de l'île où pourraient se faire des débarquements et des ventes d'esclaves, et qui n'étaient auparavant jamais ou rarement visités. Ces mesures ont permis d'eflbctuer récemment la capture

Pemba, that ihe knowledge that the aulhorities are on tbe watch niay act as a userui déterrent.

It cannot, however, be too often repeated tbat the kidnappings and smugglings described above witi not cease at once as a conséquence of the abolition of the slalus of slavery. That change wiil not render them more illégal or punishable than they are under the existing law, which prohibits, and bas eflTectuaily diminished, the importation, exportation, and sale of slaves. So long as the Slave Trade exists in Ârabia, and, as I bave aiready pointed out, whiist Mecca remains closed to Europeans it will always flourish there, as well as in the remoter Turkish and Persian provinces, there is bound to be a certain demand for negro slaves, and adventurers, prepared to run the risk, from Shehr and Hadramaut, which still kidnap, as they do now, free Âfrican children, and even ignorant adults, for tbe markets of the Hedjaz and Oman. Abolition will check more rapidiy, but not much more rapidiy than a good System of registratîon, tbe import of slaves into thèse islands, but will not palpably, at any rate for some little time to comc aifect iliicit export.

I hâve dealt in this despatch with the Slave Trade rather than with domestic slavery, but there are two or three points in connection with the latter institution to which I may take the opportunity of adverting.

An argument, which bas of late been very frequently used is that, but for the fear of being seized bere as slaves, large numbers of Wanyika, from Duruma, Giriama, and other mainland districts, who are now said to be deterred by the existence of domestic slavery, would corne over to thèse islands for work.

When I first came hère, and before I had any personal knowledge of the Wanyika, this appeared to me the strongest practical argument against slavery ; but a more intimate acquaintancc with thèse tribes, with whom the development of the Hazrui rébellion bas

de plusieurs négriers, et j*ai la confiance, surtout si Ton en étend Tapplication à Pemba, que Ton inspirera la conviction que les autorités font bonne garde et qu'on exercera ainsi une action préventive des plus efficaces:

On ne peut toutefois assez insister sur ce point, que l'abolition du statut de l'esclavage n'aura pas pour conséquence de faire cesser immédiatement les enlèvements et les fraudes dont il a été parlé plus haut. Cette réforme ne rendra pas ces actes plus illégaux ni plus punissables qu'ils ne le sont sous le régime de la législation en vigueur, qui interdit et qui eu fait a diminué les importations, les exportations et les ventes d'esclaves. Aussi longtemps que la traite existera non seulement en Arabie, — et, ainsi que je l'ai déjà exposé, elle fleurira toujours tant que la Mecque restera fermée aux Européens, — mais encore dans les provinces reculées de la Turquie et de la Perse, il y aura nécessairement une certaine demande d'esclaves noirs et l'on rencontrera des aventuriers de Shehr et d'Hadramaut qui ne se laisseront pas arrêter par les dangers qu'ils courent et qui continueront à enlever, comme ils le font actuellement, de jeunes Africains et même des adultes ignorants pour les transporter sur les marchés de l'Hedjaz et de l'Oman. L'abolition aura pour effet d'enrayer plus rapidement, mais pas beaucoup plus rapidement qu'un bon système d'enregistrement, l'importation des esclaves dans les îles; elle n'affectera pas d'une manière sensible, du moins dans les premiers temps, l'exportation illicite.

Je me suis occupé dans cette dépêche plutôt de la traite des esclaves que de l'esclavage domestique. Il est toutefois deux ou trois points qui se rattachent à cette institution et sur lesquels je désirerais également attirer l'attention.

On a allégué à maintes reprises, dans ces derniers temps, que de nombreux Wanyika de Duruma, Giriama et d'autres districts du continent que l'on prétend arrêtés aujourd'hui par l'existence de l'esclavage domestique, viendraient chercher de l'ouvrage dans les îlesr, n'était la crainte d'y être retenus comme esclaves.

Lorsque j'arrivai pour la première fois dans ce pays et avant que je n'eusse appris à connaître personnellement les Wanyika, il me sembla que cet argument était le plus sérieux qu'on pût invoquer contre le maintien de l'esclavage ; depuis lors, j'ai eu l'occasion d'étudier

brought me into close contact in their own country, bas convinced me that it is really fallacious.

Tbe Nyika, wbicli some writers, only acquainted witb tbe unpromising portion of it traversed by tbe Uganda Road, represent as tbrougbout its length and breadtb an arid désert inbabited by a low race of savages, îs in reality a fine country, in some parts bighiy populous and fertile, and occupied by tribes which, if primitive and indolent, are by no means déficient in intelligence, and are passionately attacbed to tbeir native soil. Though their villages are often neat and well kept — and for cleanliness they compare most favourably witb those of tbe Swabilis — their wants are few and simple, and I do not believe that there are many — if, indeed, any — among them who, for tbe sake of increasing their incomes, would leave tbeir beloved uplands, where, beyond tbe waving fields of Indian corn, studded bere and there witb pineapples and mango trees, tbe dome-sbaped collages nestic in tbe thick bush or bebind tbeir « bornas » of tborn or cactus, in order to earn wages as day-labourers in tbe coast towns, or, worse still, to cross tbe sea, whicb they regard witb superstious horror, to Zanzibar. If they really wisbed for cmployment as labourers, they could get it in abundance at Mombasa and Malindi ; and, as a matter of fact, they come there freely, quite undeterred by tbe existence of slavery. They come, however, not to seek for work as cultivators or labourers, but to barter tbeir produce for cloth and beads, and tbe few that bave been persuaded by tbe railway contractors to engage as coolies bave usually run away to their native land tbe very moment they receivcd tbeir first advance or instalment of pay. Tbe supposition that thèse people, wbose work in tbeir own homes is donc aimost entirely by tbeir slaves and, wbere they bave none, by their women and children, could be relied upon as labourers in tbe Zanzibar plantations, seems to me entirely fanciful, and every Englisbman, at ail intimately acquainted witb them, to wbom I bave spoken on the subject, agrées witb me in so regarding it. One tribe fairly near tbe coast, tbe Wa Teita, who are not pure Wanyika, and seem to be intellectually a lower race^ can be made to work, not, indeed, as rogular labourers or agriculturists.

ces tribus de plus près, le développement pris par la révolte des Mazrui m*ayant mis en contact avec elles sur leur propre terrain, et j*ai pu me convaincre que cet argument, en réalité, ne résistait pas à Texamen.

Le pays des Nyika, que certains écrivains, n*en connaissant que les portions stériles traversées par la route de l'Ouganda, représentent dans son ensemble comme un désert aride habité par une race inférieure de sauvages, est au contraire une contrée fort belle, très peuplée et très fertile dans certaines parties et occupée par des tribus qui, tout en étant primitives et indolentes, ne sont nullement dépourvues d'intelligence et sont passionnément attachées à leur sol natal. Quoique leurs villages soient propres et bien tenus, — et sous ce rapport on ne saurait mieux les comparer qu'aux villages suabelis, — leurs besoins sont simples et peu nombreux. Aussi, je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup parmi ces indigènes — s'il en est toutefois — qui, dans le but d'augmenter leurs ressources, quitteraient leurs plateaux aimés, leurs champs de blé indien qu'ombragent çà et là l'arbre à pins et le manguier, et leurs cabanes en forme de dômes cachés dans l'épaisseur des fourrés, ou derrière des bomas d'épines et de cactus, pour aller dans les villes de la côte gagner des salaires de laboureurs à la journée ou, qui pis est, pour traverser la mer, qu'ils regardent avec une horreur superstitieuse, afin de se rendre à Zanzibar. S'ils désiraient réellement s'employer aux travaux agricoles, ils trouveraient toute facilité de le faire à Mombasa et à Malindi ; ils se rendent, en effet, dans ces localités librement et sans se laisser effrayer par l'esclavage domestique, mais ils y viennent, non pour chercher de l'ouvrage comme cultivateurs ou laboureurs, mais pour échanger leurs produits contre des étoffes et des perles. Les quelques indigènes qui se sont laissé engager comme coolies par les entrepreneurs du chemin de fer se sont généralement enfuis vers leur pays d'origine aussitôt après avoir touché la première avance ou un acompte sur leur salaire. Il me paraît tout à fait inadmissible que ces gens qui ^ chez eux, font exécuter presque tous les travaux par leurs esclaves, ou, à défaut d'esclaves, par leurs femmes et leurs enfants, puissent être retenus comme laboureurs dans les plantations de Zanzibar, et tous les Anglais au courant de la situation et avec lesquels je me suis entretenu à ce sujet, partagent à cet égard mon opinion. Une seule tribu voisine

but as portei*s backwards and forwards between Hombasa and their own district; bul J tbink it very unlikely that they could be induced to settle for a length of time away from tbeir own homes or develop any real habits of industry. The most promising clément 1 bave secn so far are ihe freed slaves of Witu, many of whom are Yaos and Nyasa men, and some of thèse I propose trying in the islands, though 1 do not feel very hopeful of the resuit.

Lastly, I would wish to cali attention to the assumptions, which bave generally passed uncontradicted and bave tbus got to be recfi ved as axioms, tbat the life of a slave in thèse islands is generally short, and that the fart that few liveto an advanced âge is due to the severe and trying labour of the clove plantations. Thèse assumptions bave bccn put forward by the Abolitionists as a ground for sta ting that the whole of the présent slave population bas been imported since 1873, and therefore as a reason for confiscating the owner's interest in them wilhout any further ceremony or inquiry. It is probable, indced, that if the average mortality both of slaves and of frce persons in those unhealthy islands, with their fevcr and bad sanitation, is taken, it will bc found to be very high, and aiso tbat chiidren and young poople under 20 years of âge, whether they corne from Europe or from the healthier and more bracing parts of the African mainland, will in most cases not long resist, without a change, the debilitating influence of the climate. But slaves born in the islands, or imporied when over 30 years or so, will generally live to a fair âge, and I bave scen many grey-liaired old men and wonien among them, of GO years or more, who may well bave been imported over tbirty or forty years ago. The assumplion, which bas found expression in debatcs in Parliament, that the work in the clove plantations is killing, is another of those sweeping propositions which bave been accepted without being cxamined. As a matler of fact this work is far Icss severe and far less of a strain on the muscles than most agricultural labour at home, and is more like hop-picking than any-

de la côte, les Wa Teita, qui ne sont pas de vrais Wanyika et qui paraissent appartenir au point de vue intellectuel à une race inférieure, peuvent être amenés au travail, non pas, il est vrai, comme laboureurs ou agriculteurs réguliers, mais comme porteurs entre Hombasa et la région qu'ils habitent. Je crois cependant fort peu probable qu'on puisse les engager à s'établir pour un long terme loin de leurs demeures ou développer chez eux des habitudes sérieuses de travail. L'élément |)résenlant à cet égard le plus de ressources est composé d'esclaves libérés de Witu ; plusieurs d'entre eux sont des Yaos et des gens du Nyassa et je propose d'en mettre quelquesuns à Fessai dans les îles, quoique je n'espère pas de grands résultats de celte tentative.

Je désirerais, avant de finir, signaler certaines assertions qui n'ont généralement pas rencontré de contradicteurs et qui, par suite, ont f)ass6 h l'étal d'axiomes. La vie de l'esclave, a-t-on dit, est d'ordinaire de courte durée, et le travail pénible auquel il est astreint dans les plantations de girofliers lui permet rarement d'atteindre un âge avancé. Ces assertions ont été mises en avant par les abolitionnistes afin de prouver que toute la population servile a été importée depuis 1873 et de justifier par conséquent la confiscation, sans autre formalité, ni examen, des droits lies |)ropriélaires sur leurs esclaves. Il est probable, en efl'et, que si l'on prend la mortalité moyenne des esclaves et des personnes libres dans ces îles malsaines, avec leurs fièvres et leur mauvaise hygiène, on la trouvera fort élevée; l'on constatera également que les jeunes gens de moins de 30 ans, qu'ils arrivent d'Europe ou de régions plus salubres du continent africain, ne résistent pas le plus souvent, à moins d'un changement de résidence, aux effets débilitants du climat. Mais les esclaves originaires des îles ou importés après l'âge de 20 ans atteignent ordinairement un bel âge, et j'ai vu parmi eux plusieurs vieillards de 60 ans et plus, appartenant à l'un et à l'autre sexe, qui pouvaient certainement avoir été importés depuis trente ou quarante ans. Une autre assertion qui a trouvé son écho dans les débats du Parlement et suivant laquelle le travail dans les cultures de girofliers est mortel, rentre également dans la catégorie de ces propositions générales qu'on a adoptées sans autre examen. En réalité, ce travail est beaucoup moins pénible, il exige de l'individu beaucoup moins

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thing else. AH the slave has to do i8 to weed the ground round the irees to keep it cloan, andwhen the crop is ripe, during two or three months of the year, to sit on a branch or on one of the bars of a ladder, in a wood protected from the sun by the number of clove trees, and pick the fruit which he throws into a basket. Ue considors this hard work because, as a good many trees hâve to be picked, it means more or less constant labour, while the harvest is on, for some seven or eight hours a-day, and is thus a greater strain on him than the ordinary agricultural work in the tropics, which hère consists chiefly of scraping the ground in a leisurely fashion with a hoe — spades and ploughs being as yet unknown ; but as far as I hâve been abie to see, and I hâve visited a certain number of plantations, it would be thought little of, if the climate were one in which he could ihrive, by the ordinary European labourer. It is certainly far less exhausting than the work of the Wachukuzi slaves in town, who coal ships, carry loads, and work at buildings.

Mr. Pease, I see, lately stated in Parliament, on the authority of Sir John Kirk, who himseft lefl this country some ten years ago, that during the last twelve years the number of slaves in Zanzibar and Pemba had trebled, and from this he seemed to draw the conclusion that the Slave Trade, instead of diminishing, had increased, and that the various decrees of Seyyid Khalifa and Seyyid Ali for the graduai abolition of slavery had proved absolutely inoperative.

I can only say that ihis view is entirely opposed to the expérience of, I should think, every présent résident, whether native or European, in the islands, and that it should be held at ail can only be explained by the fact that the revenue from cloves has increased, and that this increase has appeared to imply a necessary proportionate increase of slave labour.

d'efforts que la plupart des travaux agricoles qui se font chez nous ; il ressemble plus à la cueillette du houblon qu'à toute autre chose. La seule besogne que Tesclave ait à faire consiste à sarcler le terrain autour des arbres et à Tentretenir en bon état; puis, lorsque la moisson est arrivée à maturité, à recueillir les fruits dans un panier, installé sur une branche ou sur une échelle, dans un bois protégé contre les rayons du soleil par l'épaisseur du feuillage. Ce travail dure pendant deux ou trois mois de l'année. L'esclave le considère comme pénible, parce que la quantité des arbres à dépouiller de leurs fruits étant considérable, il est tenu de travailler, à l'époque de la récolte, pendant sept à huit heures par jour, d'une manière plus ou moins continue; il est donc astreint à un effort plus grand que lorsqu'il s'agit de tra^ vaux agricoles ordinaires sous les tropiques, travaux qui consistent à sarcler nonchalamment le sol avec une houe, les bêches et les charrues étant encore inconnues dans le pays. Pour autant que j'ai pu en juger de visu, — et j'ai eu l'occasion de visiter un certain nombre de plantations, — le travail de ces esclaves serait considéré comme peu rude par les cul* tivateurs européens, si le climat leur permettait de s'y livrer. Il est certainement beaucoup moins fatigant que celui des esclaves Wachukusi de la ville, employés au chargement du charbon sur les navires, au transport et aux constructions.

J'ai vu que M. Pease avait récemment déclaré au sein du Parlement, en se basant sur l'autorité de sir John Kirk, qui lui-même a quitté ce pays depuis dix ans environ, que pendant le cours des douze dernières années le nombre des esclaves avait triplé à Zanzibar et à Pemba. II semblait en conclure que la traite, au lieu de diminuer, avait au contraire augmenté, et que les différents décrets portés par Seyyid Khalifa et Seyyid Ali pour l'abolition graduelle de l'esclavage étaient restés complètement inefficaces.

Je me bornerai à faire remarquer que celte manière de voir est en contradiction absolue avec les observations qu'ont pu faire tous ceux, indigènes ou Européens, qui résident actuellement dans les îles. Elle ne peut s'expliquer que par cette circonstance que les revenus des girofles ont augmenté, et que l'on y a vu, comme un corollaire nécessaire, une augmentation proportionnelle de la maind'œuvre servile.

Âgainst this, however, we hâve to set the fact that for many years after 1872, the ycar of the great hurricane which destroyed so many of the trees in Zanzibar, this island practically produced no cloves; that, as a conséquence, the Pemba poople began everywhere to plant clove trees (attracted by the high priées offered owing to the inadéquate supply from Zanzibar), and hâve during the last ten years literally converted their island into a clove forest; that Zanzibar has now fiilly recovered from the eifects of the disaster of 1872; that whiist from 1872 to 1876 no tax was levied on cloves, and from 1876 to 1886 an export duty varying from 1 to 2 ^/^ dollars per frasilah was levied, in 1886 a tax of 30 per cent., and in 1887 and in ail succeeding years of 25 per cent., ad valorem, was imposed upon them, the effect of which was to show an increased revenue under this head; and that the greater care and honesty witb which that tax has been collectcd sincc English officiais hâve superseded the old Arab and Indian tax-gatherers, has perceptibly increased its productiveness. Thèse causes, if careftilly examined, will, I think, account for the apparently contradictory phenomenon of an increase of revenue from agriculture accompanying a falling-off in labour.

I fear I may appear to be wasting your Lordship's time, and so to speak, « beating the air, » by piling up arguments against the Âbolitionists when abolition has already been decided on in principle. But the manner in which this principle is applied may be of vital importance to the future of Zanzibar, and I should, I think, be wanting in my duty, not only to your Lonlship, but to the people of this country, who hâve no one but myself to plead their cause, or to appeal on their behalf to English justice, if I failed, even at the elevcnth hour, to put forward a single considération which could help to secure to them the most favourable terms.

Nous pouvons objecter à cela que depuis 1872, année où se produisit le violent ouragan qui détruisit une si grande quantité d'arbres à Zanzibar, cette île, en réalité, n'a plus produit de girofles; la population de Pemba, de son côté, attirée par les hauts prix résultant de l'impossibilité où se trouvait Zanzibar de satisfaire aux besoins de la consommation, s'est mise à établir partout des plants de girofles, au point de convertir le pays, dans l'espace de ces dix dernières années, en une véritable forêt de girofliers. Remarquons d'autre part que Zanzibar aujourd'hui s'est complètement relevée du désastre qui Ta frappée en 1872, et que, tandis que de 1872 à 1876 aucun impôt ne frappait les girofles, et que de 1876 à 1886 un droit de sortie variant entre 1 et 2 V^ dollars a été perçu par frasilah, on a prélevé en 1886 une taxe de 30 pour cent, en 1887 et dans les années suivantes une taxe de 25 pour cent eut valorem sur ces produits, d'où une augmentation de revenus de ce chef. Enfin, la vigilance et l'honnêteté plus grandes apportées à la perception de l'impôt depuis que les fonctionnaires anglais ont remplacé les anciens percepteurs arabes et indiens, en ont notablement accru le rendement. Si l'on examine attentivement ces diverses causes, on s'expliquera, je pense, la contradiction que semble présenter le phénomène d'une augmentation des revenus sur les produits de lagriculture, accompagnée d'une insuffisance dans le recrutement de la main-d'œuvre.

Je crains de faire perdre du temps à Votre Seigneurie, et, qu'Elle me pardonne l'expression, de c( donner un coup d'épée dans l'eau » en multipliant les arguments contre la thèse des abolitionnistes, si l'abolition est dès à présent décidée en principe. Mais la manière dont le principe sera appliqué peut être d'une importance vitale pour l'avenir de Zanzibar, et je croirais manquer à mon devoir, non seulement vis-à-vis de Votre Seigneurie, mais encore vis-à-vis des populations de ce pays qui n'ont que moi pour défendre leur o^use ou pour faire appel en leur nom à la justice de l'Angleterre, si je négligeais, même au dernier moment, de faire valoir une seule des considérations de nature à leur faire assurer les conditions les plus favorables.

- Mi —

Mr. A. Hardûige to Ihe Manjuess ofSalisbury,

Zanzibar, May 9, 1890.

Ht Lord,

I hâve the honour to inclose herewith copy of a lelter which I hâve received from Uganda from the Bishop of Eastern Equatorial Africa, in which he requests me to forward a Mémorial, signed by himself, the Archdeacon of Uganda, and a number of missionaries working in that part of his diocèse, in favour of the abolition of Ihe légal status of slavery in the Zanzibar dominions.

The Bishop, who, as I remarked incidentally in my despatch of the lOth January, bas always been an uncompromising abolitionist (though [ notice with pleasure in his Ictter to Sir John Kennaway that he favours compensation to the Arabs\ was away from Mombasa vfhen Mr. Pigott consulted the local clergy there on the slavery question, and had not therefore the opportunity of then ex pressing his views on the subject. 1 gather from an unofticial letter which he bas written to me that he is anxious to correct the impression which your Lordship may bave derived from my dcspntch of the 29th August last, that the représentatives of the Church Missionary Society in East Africa are ail opposed to any radical measures at the présent juncture for dcaiing with Mahommedan slavery, and it is of course my duty to assist him in giving every publicity to his opinions.

Though his Lordship, owing to the numerous calls upon his attention in Uganda and other districts in the far interior of his extensive diocèse, bas perhaps a less intimate acquainlance with ail the aspects of this difficult problem than those résident missionaries on the coast who take a différent view of it from his, any statement from him in regard to it is naturally deserving of ail considération and respect, but I confess that I do not attach the same value to the opinions of Archdeacon Walker or of the other signatories of the Mémorial, and I should certainly not regard them as outweighing those of men like the Rev. H. Binns, or the Rev. W. E. Taylor, who are in daily intercourse with the Arab and Swahili population. The Uganda clergy are as

M, A. Hardingeau Marquis de Salisbury, Zanzibar, le 9 mai 1896.

MlLORD,

J'ai Thonneur de transmettre ci-joint copie d'une lettre que m'a adressée de l'Ouganda l'évéque de l'Est africain equatorial, pour me prier de faire parvenir à Votre Seigneurie une requête signée par lui, l'archidiacre de l'Ouganda et un certain nombre de missionnaires établis dans cette partie de son diocèse, en faveur de l'abolition du statut légal de l'esclavage dans les possessions du sultanat de Zanzibar.

L'évéque qui, suivant la remarque que j'en ai faite incidemment dans une dépêche du 10 janvier, a été de tout temps un abolitionniste intransigeant (j'ai vu cependant avec satis* faction par sa lettre ù sir John Kennaway qu'il était favorable à l'octroi d'une indemnité aux Arabes), était absent de Mombasa à l'époque où M. Pigott consulta le clergé de cette localité sur la question de l'esclavage; il n'eut donc pas l'occasion de faire connaître sa manière de voir à ce sujet. Ainsi qu'il résulte d'une correspondance non officielle qu'il m'a adressée, il désire vivement corriger l'impression que Votre Seigneurie pourrait avoir gardée de ma dépêche du 29 août dernier, à savoir que les représentants de la c< Church Missionary Society » dans l'Est africain ^ont unanimement opposés, dans les circonstances actuelles, à toute mesure radicale dans la question de l'esclavage musulman. Je considère donc comme mon devoir de lui faciliter les moyens de donner toute publicité à son opinion.

Quoique Sa Seigneurie, eu égard aux nombreuses exigences de son ministère dans l'Ouganda et les districts lointains de son vaste diocèse, soit peut-être moins familiarisée avec tous les aspects de ce problème ardu que les missionnaires établis à la côte, qui professent sous ce rapport une opinion différente de la sienne, sa manière de voir, quelle qu'elle soit, mérite néanmoins d'être prise en respectueuse considération; mais j'avoue que je n'attache pas la même importance à l'opinion de l'archidiacre Walker ou à celle des autres signataires de la requête, opinion que je ne considère certes pas comme pouvant contrebalancer celle d'hommes tels que le Rév. H. Binns ou le Rév. VV. E. Taylor, qui sont en relations quotidiennes avec les populations

little qualified to speak authoritativcly of the domestic life of the coast Mahommedans, as their brother missionaries in this island would be to criticise the real value of the Church Missionary Society's labours at Kampala, or to invidiously compare the cordial relations between the Protestant and Roman Catholic Missions at Zanzibar with the somewhat strained ones which'at one time existed between the priests and converts of the rival Churches in Uganda.

The conditions existing in thèse two African régions, separatcd from one another by 800 miles of wild country, are enlirely différent, and I cannot help regretting that those Uganda missionaries who speak so confidently about the a more or less intimate connection between domestic slavery at Zanzibar, and slave-raiding and slave-trading in the interior, D did not, if tliey wished any weight to be assigned to it, support this somewhat vague gênerai proposition by some concrète proofs. I hâve endeavoured to show in my despatch of the 4th instant, that, whatever may bave been the case in tlie past, there is now no connection between the local slave-trading resulting from inter-tribal wars among the natives of Ukamba and Kikuyu, and the existence of domestic slavery in the Sultanate of Zanzibar, and until the Uganda ciergy can prove the contrary, not hy sweeping assertions, but by reasoned arguments, their opinions should not, I think, be allowed to be set in the balance against those both of responsible Government officers, and of missionaries, not less eager than themselves for the true welfare of the natives on the coast.

1 hâve, etc.

{s.) Arthur H. Hardinge.

Inclosure 1.

Bishop Tucker to Mr. A. Hardinge.

Mengo, Uganda, Harch 17, 1896.

SlR,

I hâve the honour to inclose to you a Mémorial signed by missionaries of the Church Missionary Society working in the interior.

arabes et suahelis. Les membres du clergé de rOuganda sont aussi peu qualifiés pour parler avec autorité de la vie domestique des mahométans de la côte, que leurs collègues de Zanzibar le seraient pour critiquer les travaux de la a Church Missionary Society j> à Kampala ou pour comparer les relations cordiales qui existent entre les missions catholiques et protestantes du Sultanat avec les rapports quelque peu tendus qui se manifestèrent ù certain moment enire prêtres et convertis des Églises rivales de l'Ouganda.

Les conditions de ces deux régions de l'Afrique, séparées l'une de l'autre par 800 milles de pays sauvage, sont essentiellement différentes et je ne puis me dispenser de regretter que les missionnaires de l'Ouganda, qui parlent avec tant d'assurance de la connexion plus ou moins intime qui existe entre l'esclavage domestique à Zanzibar et la chasse et le tratic des esclaves dans l'intérieur du continent, ne cherchent pas, s'ils veulent qu'on attache quelque valeur à leur opinion, à étayer leurs allégations tant soit peu vagues cl giénérales de quelques preuves concrètes. Je me suis efforcé de démontrer, dans ma dépêche du 4 de ce mois, que, quelle qu'ait pu être la situation dans le passé, il n'y a actuellement aucun rapport entre les enlèvements locaux d'esclaves résultant des guerres entre tribus parmi les populations de l'Oukamba et de Kikuyu, et l'existence de l'esclavage domestique dans le Sultanat de Zanzibar. A moins que le clergé de l'Ouganda ne puisse prouver le contraire, non par des assertions générales, mais par des arguments raisonnes, son opinion ne pourra, je pense, être opposée à celle des fonctionnaires responsables du Gouvernement et des missionnaires, qui ne sont pas moins soucieux que lui du bien-être des populations indigènes de la côte.

{s.) Arthur H. Hardinge.

Annexe 1.

L'évéque Tucker à M. A. Hardinge.

Mengo, Ouganda, 17 mars 1896.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint une requête signée par les missionnaires de la « Church Missionary Society » exerçant leur

deprecating very earnestly any delay in abolishing the légal status of slavery within the limits of tbe British East Africa and Zanzibar Protectorates.

May I venture lo ask you to be good enough to forward a copy of the Mémorial to Lord Salibury.

I bave, etc.

(s.) Alfred R. Tdckbr, Bishap, East Equatorial Africa.

MemoriaL

To Her Britannic Hajesty's Consul-General and Diplomatie Agent, Zanzibar.

We, tbe undersigned missionaries of the Chureb Missionary Society, believing that the existence of a legalized condition of slavery in Hombasa, Zanzibar, Pemba, and the cpast districts is more or less intimately connected with slave-raiding and trading in the interior of the continent, beg lo express the very earnest hope that the légal status of slavery in the above-mentioned districts, which are under the control of Her Majesty's Government, may be abolished without delay.

(«.) Alfred R. Tocker, Bishop, East

Equatorial Africa.

R. H. Walker, m. a., Archdeacon of

Uganda.

Arthur J. Pike,M.A., Qerkin Holy

Orders, Uganda.

Ernest Millar, B.A., Clerk in Holy

Orders, Uganda.

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