‹ Documents relatifs à la répression de la traite des esclavesChapitre 49 sur 155 · B. PuRvis, Gayaza, Uganda · texte numérisé non relu

B. PuRvis, Gayaza, Uganda

T. B. Buckley, B.A., LL.B., Clerk

in Holy Orders, Bulamwezi,

Uganda.

H. B. LuviN, Bulamwezi, Uganda.

G. R. Blackledge, Clerk in Holy

Orders, Ngagwe, Uganda.

H. R. SuDGEN, M. A., Clerk in Holy

Orders, Singo, Uganda.

T. B. Fletcuer, Singo, Uganda. A. B. Lloyd, Bukoba, Uganda.

F. RowLiNC, Clerk in Holy Orders,

Busoga.

J. RosEVK, Clerk in Holy Orders,

Uganda.

A. B. FiSHER, Rinakulxa, Bunyoro

Frontier, Uganda.

ministère dans Tintérieur et par laquelle ils déconseillent très vivement tout délai apporté à l'abolition du statut légal de Tesclavage dans les protectorats de Zanzibar et de TEst africain britannique.

Je vous serai obligé de bien vouloir transmettre une copie de cette requête à lord Salisbury.

J*ai l'honneur, etc.

(s.) Alfred R. Tucker, Évéque, Afrique équatoriale anglaise.

Annexe 2.

Bequête.

A l'Agent diplomatique et Consul général de S. M. Britannique, à Zanzibar.

Nous soussignés, missionnaires de la <c Church Missionary Society », considérant que l'existence d'un statut légal de l'esclavage à Mombasa, Zanzibar, Pemba et dans les districts de la côte est plus ou moins liée aux razzias et à la traite des esclaves dans l'intérieur du continent, prenons la liberté d'exprimer le très sincère espoir que le statut légal de l'esclavage dans les districts susmentionnés, placés sous le contrôle du Gouvernement de Sa Majesté, pourra être aboli sans délai.

(s.) Alfred R. Tucker, Évéque, Afrique

équatoriale anglaise.

R. H. Walker, M. A , Archidiacre

de t Ouganda.

Arthur J. Pike, M. A., Oerc dans

les Saints Ordres, Ouganda.

Ernest Hillar, B. A., Clerc dans

les Saints Ordres, Ouganda.

J. B. PuRVis, Gayaza, Ouganda.

T. B. Buckley, B. A., LL. B., Clerc

dans les Saints Ordres, Bulamwezi, Ouganda.

H. B. LuviN, Bulamwezi, Ouganda.

G. R. Blackledge, Oerc dans les

Saints Ordres, Ngagwe, Ouganda.

H. R. SuDGEN, M. A., Clerc dans les

Saints Ordres, Singo, Ouganda.

T. B. Fletcuer, Singo, Ouganda.

A. B. Lloyd, Bukoba, Ouganda.

F. RowLiNG, Cderc dans les Saints

Ordres, Busoga.

i. RosEVE, Clerc dans les Saints

Ordres, Ouganda.

A. B. FiSHER, KinaktUia, Frontière

de Bunyoro, Ouganda.

Mr. A. Hardingeîo the Marquess of Salisbury. Zanzibar, J une 18, 1896.

Mt Lord,

I bave tbe honour to transmit herewith a Report wbicb I bave received from Her Majesty's Vice-Consul in Pemba on tbe gênerai condition of bis district.

It is little more tban a year since Hr. O'Sullivan took up bis duties, and be bas during tbat time made a tborougb study of the state of tbe Island of Pemba, tbe results of wbicb are embodied in tbis Report.

With référence to slavery, tbe most important question at présent engaging our attention in Pemba, some of tbe recommendations made by Mr. O'Sullivan for facilitating tbe transition from tbe présent System of slave to one of free labour, sucb as tbe enactment of laws to prevent vagrancy by freed slaves, a paid corvée during the clove barvest, etc., bave already been suggested by me in very similar form, and notably in my dèspatch of the lOtb January last. I do not, bowever, propose to discuss them in tbis dèspatch, as I shall be in England almost as soon as it reacbes your Lordsbip, and can lay my views respecting them verbally before the authorities at tbe Foreign Office.

1 bave, etc,

[8.) Arthur H. Hardinge.

Inclosurb.

Report by Mr. O'SuUivan upon the Island of Pemba,

Tbe Island of Pemba is a low, irregular coralline bank, a little over 40 miles long, with a breadtb varying from 5 to 12 miles. It nowbere rises to a beight of more tban ISO feet, and it is clothed througbout with dense and perennial verdure. Runnîng parallel with its western coast is a chain of islets, some of wbicb are of considérable size and inhabited, the wbole forming an arcbipelago.

M. Hardinge au Marquis de Salisbury.

Zanzibar, 18 juin 1896.

MlLORD,

J'ai rhonneur de transmettre à Votre Seigneurie un rapport que j'ai reçu du Vice- Consul de Sa Majesté à Pemba sur la situation de son district.

Il n*y a guère plus d'un an que M. O'SuUivan est entré en fonctions, et pendant ce temps il a fait une étude complète de l'île de Pemlxa, étude dont les résultats sont consignés dans son rapport.

En ce qui concerne l'esclavage, — la plus importante des questions sur lesquelles nous ayons à porter actuellement notre attention à Pemba, — certaines des idées préconisées par M. O'Sullivan en vue de faciliter la transition entre le système actuel de l'esclavage et celui du travail libre, telles que la publication de lois contre le vagabondage des esclaves libérés, la corvée moyennant salaire pendant le temps des récoltes, etc.,. ont déjà été suggérées par moi-même dans des conditions fort analogues, notamment dans mon rapport du 10 janvier dernier. Je n'ai cependant pas l'intention de les discuter dans cette dépêche; je rentrerai, en effet, en Angleterre à l'époque où celle-ci parviendra à Votre Seigneurie, et je pourrai alors exposer verbalement mes vues aux autorités du Foreiga Office.

J'ai rhonneur, etc.

(s.) Arthur H. Hardinge.

Annexe.

Rapport de M. (/Sullivan sur Pile de Pemba.

L'île de Pemba est formée par un banc corallifère bas et de forme irrégulière, d'un peu plus de 40 milles de long et d'une largeur qui varie entre 5 et 12 milles. Nulle part elle ne s'élève à plus de ISO pieds ; elle est entièrement, et pendant toute l'année, recouverte d'une végétation épaisse. Parallèlement à sa côte occidentale et formant un archipel, court un chapelet d'îlots dont quelques-uns sont de grande étendue et habités.

There are three towns in Pemba Island, ail located on tho western seaboard, namely, Chaki Chakî, situated about mîdway on the coast, where thc island is narrowest, at the extremity of a deep inlet of the sea, which terminâtes in a long, winding, mangrove creek ; Weti, which lies about 10 miles to the north ; and Jamba'ngome, which lies about as many miles (o the south of Chaki Chaki. H*Suka and Fufuni are both large villages situated, respeciively, at the extrême north and the extrême south of the island, and scattered throughout the interior are several other villages of lesser size.

Chaki Chaki is the chief town; il is notable chiefly as being the site of a large, ruined fort, which evidently is of considérable antiquity, but by whom built, whether by the Portuguese or by the Mazrui Arabs, both of whom dominated Pemba at différent periods in times past, is uncertain.

The inhabitants of Pemba consist of Arabs, slaves, Wa-Pemba, and British Indians, plus a small numher of freed slaves. Those owe their freedom to the observance by the Arabs, in times past, of that portion of the teaching of the Koran which enjoins the owner of slaves to provide for the libération, on his death, of some of them at least, for which act oT benevolence he is promised an adéquate reward in Paradise. Of late years, however, this pious custom has been generally disregarded by the Arabs.

Prior to my arrivai in Pemba there were no European inhabitants.

I estimate thc total population of the island at betwcen 90,000 and 100,000 composed, in round numbers, as follows : —

Arabs 2,000

Slaves —

Domestic and plantation . 63,000

Concubines 2,000

Wa-Pemba and freed slaves . 25,000 British Indians 300

Total. . . 92,300

The Wa-Pemba are the aborigines of the island. They are the descendants, doubtiess, of some mainland tribe, members of which settled in Pemba long âges ago. They are ethnologically distinct from the Wa-Swahili of the coast, than whom they arc much darker in colour. Their language is Ki-Swahili,

Pemba renferme trois villes, toutes situées à Touest du côté de la mer, à savoir : Chaki- Chaki, à mi-chemin de la côte, à l'endroit où rîle est la plus étroite et à l'extrémité d'un petit bras de mer profond qui se termine en une crique allongée, tortueuse et bordée de palétuviers; Weti, à 10 milles à peu près au nord, et Jamba'ngome, à égale distance au sud de Chaki-Chaki. M'Suka et Fufuni sont tous deux de gros villages situés respectivement à la pointe septentrionale et à la pointe méridionale de Pile ; plusieurs autres villages de moindre importance sont disséminés à l'intérieur du pays.

Chaki-Chaki est la ville principale ; elle tire surtout son importance d'un grand fort en ruines, dont l'origine remonte évidemment à une haute antiquité, sans qu'on puisse dire toutefois s'il a été construit par les Portugais ou les Arabes Mazrui qui ont occupé Pemba à différentes époques de son histoire.

La |)opulation de Pemba se compose d'Arabes, d'esclaves, de Wa-Pemba, d'Indiens britanniques et en outre d'un petit nombre d'esclaves libérés. Ceux-ci doivent leur libération à la mise en pratique par les Arabes de ce précepte du Coran qui enjoint au propriétaire de veiller à ce que ses esclaves ou du moins quelques-uns d'entre eux reçoivent leur liberté au moment de sa mort. Cet acte de générosité reçoit dans l'autre monde sa récompense. Dans ces derniers temps toutefois, cette pieuse coutume n'a plus été observée.

Avant mon arrivée à Pemba, aucun Européen n'y était établi.

J'estime la population totale de l'île de 90,000 à 100,000 âmes, qui se répartissent approximativement comme suit :

Arabes 2,000

Esclaves :

Domestiques et occupés aux

cultures 63,000

Concubines 2,000

Wa-Pemba et esclaves libérés. 25,000

Indiens britanniques. . . . 300

Total. . . 92,300

Les Wa-Pemba sont les habitants aborigènes de l'île. Ils tirent évidemment leur origine de quelque tribu du continent dont les membres se sont établis à Pemba à une époque reculée. Au point de vue ethnologique, ils se distinguent des Wa-Swahili de la côte; ils sont d'un noir beaucoup plus foncé. Leur langage est le

but they speak a dialect of their own, much of which is uniatelligible to thc ordinary Swahili scholar. They hâve never actually been enslaved by the Arabs. They own al the présent time a considérable portion of the îand throughout the island, and they aiso possess slaves. In former times the Wa-Pemba, as vassais of the Sultan of Zanzibar, paid to him an annual poll-tax of 1 dollar. Seyyiil Barghash remitted tbat tax on the condition that, in lieu thereof, the Wa-Pemba should give their services gratuitously in cultivating his extensive estâtes in Pemba. A similar arrangement still holds. His Highness, the présent Sultan, owns large plantations in the island, which are managed for him by an Arab agent. The gênerai work of cultivating those estâtes is performed by slaves belonging some to His Highness and some to his agent, but the latter is empowered by the Sultan to compel the Wa-Pemba to supply, without payment, whatever extra labour is needed for the picking of the clove crop.

The British Indians, of whom practically ail are Mahommedans , bave cstablished themselves mostly in Chaki Chaki, Weti, and Jamba'ngome, but they are also to be found in most of the villages throughout the island. Of those Indians, some are independent merchants, and others are agents for Indian firms in Zanzibar. Their chief business consists in buying cloves, of which the export is entirely in their hands. They purchase from the varions Arab growers, at a uniform pricecurrent which they détermine among themselves, and they subsequently ship the cloves to 2^nzibar in their own dhows. They likewise control the imports, and they manage the entire retail trade of the island. Nearly ail those Indians are money-lendcrs as well as traders, and the rates of interest which they exact from the Arab borrowers are invariably very heavy, and, in many instances, usurious in the extrême.

tfy estimale of the total of the servile population is based upon the calculation that, at the présent time, each of the 2,000 Arabs owns on an average about thirty slaves, thus making 60,000, of whom almost ail are employed in cultivating the plantations. Certain individual Arabs undoubtedly hold large numbcrs of slaves : thus Ali-bin-Abdullah-el- Thenawi, the largest slave-owner in Pemba,

Ki-Swahili, mats ils se servent d*un dialecte propre qui est en général inintelligible pour le commun des Swahilis. Ils n'ont jamais été vraiment réduits en servitude par les Arabes. Ils possèdent actuellement une portion considérable du territoire de File et sont également propriétaires d'esclaves. Jadis, les Wa- Pemba, comme vassaux du Sultan de Zanzibar, lui payaient un impôt de capitation annuel de 1 dollar. Seyyid Barghash leur fit remise de cette taxe, à condition qu'ils lui prétassent en échange leurs services gratuits pour la culture des grandes propriétés qu'il possédait à Pemba. Un arrangement analogue est encore en vigueur aujourd'hui. Sa Hautesse le Sultan actuel possède dans l'île de vastes plantations qui sont administrées en son nom par un agent arabe. Les travaux de culture y sont faits en général par des esclaves appartenant en partie à Sa Hautesse, en partie à son agent, mais ce dernier est autorisé par le Sultan à obliger les Wa-Pemba à fournir gratuitement tout travail extraordinaire nécessité par la cueillette des girofles.

Les indiens britanniques, qui, en fait, sont tous mahométans, se sont établis pour la plupart à Chaki-Chaki, à Weti et ù Jamba'ngome, mais on les rencontre également dans le plus grand nombre des villages de l'intérieur. Quelques-uns d'entre eux sont des marchands indépendants, d'autres sont établis comme agents de firmes indiennes de Zanzibar. Leur principale occupation consiste dans l'achat des girofles dont l'exportation est entièrement entre leurs mains. Ils achètent la marchandise aux producteurs arabes à un prix courant uniforme qu'ils établissent entre eux, et la transportent ensuite à Zanzibar dans leurs propres dhows. Ils sont également maîtres de l'importation et détiennent exclusivement le commerce de détail de l'île. Presque tous ces Indiens sont préteurs d'argent en même temps que commerçants, et le taux de l'intérêt qu'ils retirent des emprunteurs arabes est toujours fort élevé, parfois même usuraire au dernier des points.

Mon évaluation de la population servile repose sur ce fait, qu'actuellement chacun des 2,000 Arabes possède en moyenne 30 esclaves environ, ce qui donne un total de 60,000 individus dont la majorité est employée à la culture des plantations. Certains Arabes en détiennent évidemment un plus grand nombre ; ainsi Ali-bin-Abdullah*eI-Thena\vi, le plus important propriétaire d'esclaves de

is reputcd to possess as many as 500, and there are three or four other Ârabs who possess probably 300 slaves and upwards each. Such figures are, however, quiteexceptional, and I think that my calculation as to the average holding is fairly correct.

As regards concubines, ît is difficult to obtain any accurate information. A few Arabs are said to hiave each as many as fifty inmates and upwards in their harems; but from what I bave been able to learn, I should say that the total number of concubines in the island is about 3,000, as I bave stated. The condition of ihose women is very différent from that of ordinary slaves; they are well treated by their masters, and they are required to perform only the lightest domestic work. Moreover, when a concubine bears a child, she thereby ceases to be a slave, and she ranks aflerwards almost on an equality with the Arab wife. The children born of concubines are regarded as legitimate, and no distinction is made, either by the father or by others, between them and the children born of the Arab wife or wives. This is the more remarkable as the concubines, almost without exception, are négresses. The intermingling of the two races bas been going on for générations, with the resuit that most of the « Arabs » born in Pemba are really negroids.

Tlie servile population of Pemba bas been steadily diminishing in numbers for some considérable time past, and for the following reasons. The death-rate amongst the slaves in the island is very high, the mortality being heaviest during the wet, cold seasons, and the birth-rale is extraordinarily low. The hard work wliich the slaves, bolh maie and female, are forced to perform, and their miserably inadéquate diet, suflSciently account for both phenomena. Furthermore, the slaves are constantly running away from their owners, and of the fugitives a considérable proportion succoed in effecting their escape to the mainland by nieans of canoës. Several Arabs bave told me that the total number of their slaves is less now than it was three years ago by between 30 and 40 per cent. Lastly, the recru iling of fresb slaves from outside bas been checked, to a great extent, by the présence in Pemba waters, of men-of-war boats.

As regards the past twelve months, during which I bave resided in Pemba, I should say

Pemba, passe pour en avoir 500 au moins, et trois ou quatre autres Arabes en ont peut-être 300 et plus chacun. Mais ce sont là des exceptions, et je crois que mon calcul quant au nombre possédé en moyenne est absolument exact.

En ce qui concerne les concubines, il est difficile d'être exactement renseigné. Quelques Arabes en ont, paraît-il, une cinquantaine et plus dans leurs harems, mais, d'après ce que j'ai pu apprendre, le nombre total de ces femmes dans l'Ile est approximativement de 3,000, comme je l'ai déjà dit. Leur condition est fort différente de celle des esclaves ordinaires; elles sont bien traitées par leurs maîtres et ne sont obligées qu'à des travaux domestiques peu fatigants. De plus, quand une concubine met au monde un enfant, elle cesse par le fait même d'être esclave et elle est placée ensuite à peu près sur un pied d'égalité avec la femme arabe. Les enfants nés de concubines sont considérés comme légitimes, et aucune distinction n'est faite ni par le père ni par les autres entre ces enfants et ceux qui sont nés de femmes d'Arabes. Ce fait est d'autant plus remarquable que presque toutes les concubines sont des n^esses. Le mélange des deux races remonte à plusieurs générations et a eu pour résultat que la plupart des Arabes nés à Pemba sont, en réalité, de sang nègre.

La population servile de Pemba n'a cessé de décroître depuis de nombreuses années. En voici les raisons. La mortalité moyenne parmi les esclaves de l'île est très élevée, cette mortalité étant très forte pendant les saisons humides et froides; de plus, la moyenne des naissances est extraordinairement faible. Les travaux pénibles auxquels les esclaves des deux sexes sont astreints et leur nourriture absolument insuffisante, expliquent assez l'un et l'autre de ces phénomènes. D'autre part, les esclaves s'enfuient constamment de chez leurs maîtres, et beaucoup d'entre eux parviennent à gagner le continent à l'aide de canots. Plusieurs Arabes m'ont raconté que le nombre total de leurs esclaves est inférieur aujourd'hui à ce qu'il était il y a trois ans, de 30 à 40 pour cent environ. Enfin, le recrutement d'esclaves nouveaux venant du dehors a été empêché dans une grande mesure par la présence dans les eaux de Pemba des embarcations des navires de guerre.

Je puis affirmer que fort peu d'esclaves, en supposant que le cas se soit présenté, ont été

that few, if any, fresh slaves hâve been brought into the island. If any considérable number were introdueed, intelligence of the mattcr would almost certainly reach me sooner or laler. The slaves in Pemba know that there is a British Représentative in the island to whom they can look for protection. Fresh slaves would speedily learn ofthis from the other slaves, and they would readily find means to corne to me, especially as I am constantly moving about in the various districts of the island. The fact that, during the past year, I hâve had no complaints made to me by any slaves to the effect that they had recently been kidnapped and brought to Pemba against their will, is, I think, fairly good proof that the smuggling of fresh slaves into Pemba bas practically ceased.

The truth is, that Pemba is no longer a ready and profitable slave market as it was in past days. The Arabs in the island are fully aware that heavy punishment awaits them if detected in the purchase of slaves, especially fresh slaves, and they realize that the chances of détection are now very great. This means that purchasers are shy and prices low, a condition of the market which does not commend itself to the vendors, who naturally look for a speedy and profitable sale of their chattels to compensate them for the risks of running the blockade.

The buying and selling of slaves within the island itself undoubtedly prevails to a considérable extent, but it is difiicult to obtain conclusive évidence of such transactions, and it is impossible enlirely to prevent the practice.

I hâve been told that most of the British Indians in Pemba were slave-owners up to about fifteen months ago, but that they gave their slaves papers of freedom at that time, on learning that a British Représentative was appointed to réside in the island, and would shortly arrive.

The lot of a plantation slave in Pemba is a hard one at best. The Ârab is a stern and oxacting task-master, often a cruel one as well. Beyond assigning to the slave a plot of land upon which to build himself a hut, and for thecultivation of sufBcient food to keep him alivc, he gives himself no concern about the welfare of his chattcl, to whom he gives nei-

introduits à Pemba depuis les douze mois que je réside dans l'île. S'il en avait été autrement, je n'aurais pas manqué d'en être informé tôt ou tard. Les esclaves savent qu'il existe dans le pays un Représentant britannique et qu'ils peuvent invoquer sa protection. Les nouveaux venus ne tarderaient pas à l'apprendre des anciens et trouveraient bien vite le moyen de s'adresser à moi, d'autant plus que je parcours constamment les différents districts de l'ile. Le fait que, pendant tout le cours de l'année dernière, aucun esclave n'est venu se plaindre à moi d'avoir été récemment capturé et amené à Pemba contre son gré, est, je crois, une preuve sufiisante que l'introduction en fraude (le nouveaux esclaves dans l'île a cessé de se pratiquer.

11 est certain que Pemba ne constitue plus actuellement le marché d'esclaves offrant les facilités et les avantages d'autrefois. Les Arabes savent parfaitement que des peines sévères les menacent s'ils sont surpris à acheter des esclaves, surtout des esclaves nouveaux, et ils comprennent que les chances d'être découverts sont aujourd'hui très grandes. Aussi les acheteurs sont-ils timides et les prix qu'ils offrent peu élevés; ces conditions du marché ne sont pas engageantes pour les vendeurs, qui cherchent naturellement à vendre rapidement et à un prix avantageux leur marchandise, afin de compenser les risques qu'ils courent à franchir le blocus.

Il est certain que l'achat et la vente d'esclaves dans l'intérieur même de l'île se font sur une très Vaste échelle, mais il est difficile d'obtenir la preuve de ces transactions, et entièrement impossible de les prévenir dans la pratique.

On m'a rapporté que la plupart des Indiens britanniques de Pemba possédaient encore des esclaves il y a quinze mois environ, mais qu'ils leur avaient accordé des lettres d'affranchissement à cette époque, lorsqu'ils eurent appris qu'un Représentant britannique était appelé à résider dans l'île et sur le point d'arriver.

Le sort de l'esclave à Pemba est des plus pénibles. L'Arabe est un maître sévère et exigeant, souvent cruel. 11 assigne à l'esclave un lot de terrain pour lui permettre de se construire une hutte et de cultiver ce qui lui est nécessaire pour vivre; mais hors de là il ne prend aucun souci de son bien-être et ne lui accorde ni nourriture ni vêtements. L'esclave travaille

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