Benoit XIV, Allatœ sunt, chap. m
2. Voir à ce sujet le travail déjà cité du père Gagarin, p. 9.
Benoît XIV envoya le slave Caraman jusqu'en Russie pour en étudier la langue liturgique, et institua une chaire de cette langue au collège de la Propagande.
Le Bullaire de ce Pape contient plusieurs constitutions sur les rites des Coptes, des Melchites, des Maronites, des Ruthéniens, des Grecs d'Italie en général, et, parmi ces derniers, sur les rites du clergé de l'église collégiale de Messine appelée Sainte-Marie de Gràfeo, et enfin sur la conservation du rite grec dans l'ordre de Saint-Basile.
Dans la quatre-vingt-septième constitution du tome I" de ce Bullaire, voici ce que l'on lit sur les rites des Melchites :
Quant aux rites et aux usages de l'Église grecque unie, nous avons d'abord, d'une manière générale, établi par un décret qu'il n'était et qu'il n'est permis à personne, à quelque titre et sous quelque prétexte que ce soit et de quelque autorité ou dignité qu'il soit revêtu, même patriarchale ou épiscopale, de rien innover, ou d'introduire quoi que ce soit qui porte atteinte {imminual) à l'entière et exacte observation de ces rites.
Le même Pape dit encore, dans une lettre adressée au patriarche d'Antioche, qui avait annoncé Tintention d*apporter une modification à Toffice des présanclifiés :
Il faut que les anciennes rubriques de l'Église grecque soient conservées entièrement et en inculquer [inculcari) l'exécution aux prêtres.
Benoit XIV renouvela la défense de faire passer les Orientaux au rite latin comme il résulte de la
constitution commençant par le mot Demandatam et inscrite sous le numéro 85 dans le tome !«' de sou Bullaire. Voici ce qu'on lit au chapitre xxxv :
Nous défendons expressément aux Melchites catholiques qui suivent le rite grec, à tous en général et à chacun en particulier, de passer au rite latin. Nous interdisons formellement à tous les missionnaires, sous les peines portées ci-dessous et sous d'autres que nous jugerions devoir leur infliger, de conseiller ce passage du rite grec au latin et de le permettre même aux Orientaux qui le désireraient, sans avoir consulté le saint-siége *.
En 1755, le même Pape rappela que cette défense s'appliquait à tous les Orientaux non unis,, et voici en quels termes :
Lorsqu'un Grec ou tout autre Oriental non uni désire revenir à l'unité de l'Église