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nous confessons de cœur et de bouche cette foi vraie, sainte, catholique et orthodoxe, que la sainte Eglise romaine retient, enseigne fidèlement et professe : nous promettons d'observer inviolablement cette profession, d'y persévérer toujours et de ne jamais nous en écarter et détourner d'aucune manière. Venant à l'obéissance spontanée de cette même sainte Eglise romaine, nous en confessons et nous en reconnaissons la primauté, nous l'acceptons et nous nous y soumettons de plein gré. Toutefois, confessant -ces choses, les approuvant, les acceptant et promettant de les observer, comme il a été dit ci-dessus, nous prions Votre Grandeur pour que notre Église récite le symbole comme elle le récitait avant la séparation et jusqu'aujourd'hui, pour que nous persévérions dans nos rites usités avant cette séparation, lesquels ne sont contraires ni à ladite foi ni aux préceptes divins, ni à l'Ancien et au Nouveau Testament, ni à la doctrine des saints conciles généraux et h celle des saints Pères admise par les saints conciles qu'a
reconnus Tautorité spirituelle de l'Église ro-
maine *.
Voici les réflexions que cette lettre a suggérées à Benoît XIV :
Quoique la réponse de Grégoire X à cette lettre des Orientaux ait péri, ce pontife ayant considéré comme valable l'union acceptée et signée en ces termes, on en a conclu avec raison que la susdite condition a été aussi approuvée et acceptée par Sa Sainteté.
Du reste, Nicolas III, successeur de Grégoire, a montré d'une manière évidente quel était son sentiment sur cette question, lorsqu'il s'est exprimé ainsi par les légats qu'il avait envoyés à Constantinople : Quant aux autres rites grecs, l'Eglise entend que les Grecs soient bien vus en les suivant, et elle leur permet de persévérer dans ces rites, par
1. Litt. Mich. Pal. ad Gregorium P. P. X. Labbe, t. XI, p. 966.
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lesquels le saint-siége a décidé que V intégrité de la foi catholique n'est pas lésée et quil n'est pas dérogé aux décisions sacrées des canons *•
L'acte du concile œcuménique de Florence, qui a prononcé, en 1439, la réunion des Églises latine et grecque, contient la disposition suivante destinée à consacrer à la fois la hiérarchie, et, si Ton peut s'exprimer ainsi, Fautonomie administrative des communions orientales. C'est le pape Eugène IV qui parle dans un acte signé par tous les Pères latins et grecs du concile à l'exception d'un seul :
Renouvelant Tordre établi dans les canons, nous définissons de la manière .suivante rprdre entré les autres vénérables patriarches, c'est-à-dire que le patriarche de Constantinople soit le second après le très-: saint pontife romain, le patriarche d'Alexandrie le troisième, le patriache d'Antioche le quatrième, et le patriarche de
i. AHcUm sunt, chap. xu
Jérusalem le cinquième, tous leurs privilèges et tous leurs droits étant, d'ailleurs, maintenus intacts;
L'on trouve encore cette phrase dans l'acte de Florence :
Nous définissons que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ est contenu véritablement dans le pain de froment aussi bien azyme que fermenté, et que les prêtres peuvent consacrer également l'un ou l'autre pain, chacun suivant l'usage de son Eglise occidentale ou orientale *.
. Toutes les stipulations du concile de Florence sont reproduites textuellement dans les actes qui suivirent immédiatement, et par lesquels les Nestoriens de Chypre, les Arméniens et les Jacpbites^ firent leur union avec Rome.
En 1595, les évêques ruthéniens conclurent,
!.. Acte du concUe de Florence, traduit en français avec une introduction et des notes. Paris, B. Duprat, 1861. 2. Thomas de Jésus, loco citato, p. 542, 577 et 591.
avec le saint-siége , une union qui dure encore partout ou elle n'a pas été interrompue par la ruse ou par la violence.
Voici, d'après Baronius*, ce que contient la délibération dont ces évêques signèrent le décret avant de se rendre à Rome :
Et que le Dieu tout-puissant, auteur et dispensateur de tous les biens, nous conduise à la concorde et protège cette si sainte entreprise à laquelle nous souscrivons de nos propres mains, témoignant, par cet écrit, de notre désir et de notre résolution, cependant à la condition de conserver saufs et intégralement nos cérémonies et rites pour accomplir le service divin et administrer les sacrements conformément à l'usage de l'Église orientale, après les avoir corrigés dans les points qui empêcheraient cette
1. Legationes Alexandrina et Ruthenica ad Clément em VIII, Paris. B. Duprat, 18G0. P. 100, 106, 118 et 120. Édition du prince Galitzin, qui en a publié aussi une ancienne traduction: Discours de l'origine des Russiens et de leur miraeuleuse conversion, par le cardinal Baronius, p. 2 i, 29, 40 et 41. Paris, Techener, 1856.
union, mais de manière que tout se passe d'après l'ancien usage, comme il en était autrefois quand Tunion existait.
Voici ce que l'on lit encore dans la lettre que ces évéques adressèrent au pape Clément VIII à la suite de cette délibération :
Nous envoyons à Votre Sainteté nos chers frères, les vénérables Hypathie Pociei, protothrône et évêque de Vladimir et de Brzesc, et Cyrille Terlecki, exarque et évêque de Loutsk et d'Ostrog, auxquels nous avons donné mandat d'aller trouver Votre Sainteté et (si Votre Sainteté daigne nous conserver et nous confirmer intégralement et inviolablement, en son nom et en celui de ses successeurs qui ne pourront jamais rien y innover, l'administration des sacrements, les rites et les cérémonies de l'Église orientale comme nous les pratiquions du temps de l'union) de rendre au siège de saint Pierre et à Votre Sainteté , comme pasteur suprême de l'Eglise du Christ, l'obéissance
qui lui est due, en leur nom, en celui de tous nos archevêques et évoques, et de toute l'Église de notre État et des brebis qui nous sont divinement confiées.
Dans la profession de foi que récitèrent publiquement ces envoyés, ils dirent entre autres choses :
Je crois, je reçois et je professe tout ce que le saint concile œcuménique de Florence a défini et déclaré sur l'union de l'Église occidentale et orientale, à savoir, que dans le pain de froment, azyme ou fermenté, le corps du Christ est véritablement consacré et que les prêtres doivent consacrer le corps de Notre Seigneur avec l'un ou avec l'autre de ces pains , chacun suivant la coutume de son Église occidentale ou orientale.
Telles furent les conditions sous lesquelles fut conclue l'union de 1595» — Aussi, Clément VIII,
dans le bref adressé, le 7 février 1595, aux archevêques et évéques ruthéniens, dit ;
Vos rites et cérémonies, qui n'empêchent en rien l'intégrité dô la foi catholique et notre mutuelle union, nous vous permettons de les conserver de la même manière que cela a été permis par le doncile de Florence ^.
La bulle de promulgation de l'union , qui commence -par les mots Magnus Dominus^ contient aussi la clause suivante :
Afin de démontrer -davantage notre amour pour les Ruthéniens, tous les rites sacrés et toutes les cérémonies, dont les évêques et le clergé ruthéniens se servent, d'après les in* stitutions des saints Pères grecs, dans les divins offices, dans la célébration du saint sacrifice de la messe, dans l'administration
1. Les actes relatifs à runionruthénienne se trouvent dans un ouvrage dont la publication a été commencée à Rome en 1835 : BiUlarium S, Congregationis de Propaganda Fide.
des autres sacrements et dans les diverses fonctions sacrées, pourvu qu'ils no soient pas contraires à la vérité et à la doctrine de la foi catholique et n'excluent pas la communion avec l'Eglise romaine, par notre bienveillance apostolique nous les permettons auxdits évéques et audit clergé ruthénièns, nous les concédons et nous y consentons *.
Nous parlerons maintenant des Bulgares.
En 1203, le second empire bulgare faisait retour à Tunité, et à cette occasion, le Pape Innocent III adressait au pontife de Ternovo la lettre suivante qui a fondé Tautonomie de la hiérarchie bulgare • :
Nous t'établissons primat dans le royaume des Bulgares et des Valaques et, par le présent privilège, nous concédons à l'Église de
1. BuUarium S, C, de PropagandaFidê, t.P% p. 22, Rome, 1830, et dans la traduction allemande publiée en 1H57 à Munster de l'ouvrage du père Gagarin, La Russie sera-t-elU catholique?