VOEuvre des écoles d'Orient a fait célébrer avec solen
sieurs lieux, et surtout à Rome, des églises bâties pour leur usage spécial.
Il ne manque pas non plus en Occident de monastères de rite oriental, ni d'autres établissements destinés à recevoir les Orientaux, ni de collèges fondés spécialement pour que les fils des Orientaux, soit seuls, soit mêlés à d'autres jeunes gens, étudient les lettres et les sciences sacrées, se forment à l'instruction cléricale et deviennent ainsi aptes à remplir les fonctions ecclésiastiques chacun dans son pays.
Voici maintenant ce que dit Pie IX dans le même document au sujet de la hiérarchie actuellement existante dans les pays séparés de la communion du Saint-Siège :
Nous avons déterminé et arrêté qu'à
nité des messes d'après différents rites orientaux dans les principales églises de Paris au milieu d'un concours immense et sympathique de fidèles. Beaucoup de catholiques latins y ont reçu la communion par le ministère d'un prêtre arm.énien et d'un prêtre syrien.
l'égard des ministres du culte dans les nations non unies, simples prêtres ou évoques, qui reviendraient à Tunité catholique, nous observerons la règle que nos prédécesseurs, tant anciens que modernes, ont tant de fois suivie, c'est-à-dire que nous leur conserverons leurs rangs et leurs dignités afin d'employer leur coopération, conjointement avec celle du clergé déjà uni de l'Orient, pour conserver et étendre le culte de la religion catholique parmi leurs compatriotes.
Au mois de décembre 1853, Pie IX donna à l'Église valaque unie une hiérarchie de son rite indépendante de l'autorité des évéques latins et relevant directement du saint-siége. Voici un extrait de l'allocution que Sa Sainteté prononça à cette occasion dans le consistoire secret du 19 décembre de lu même année :
Guidés comme nous par l'esprit de la charité chrétienne qui est douce et patiente, nos prédécesseurs ont déclaré que les rites sacrés, adoptés par l'Église orientale, qu'ils
n'ont pas trouvés contraires à la foi orthodoxe, non-seulement ne devaient pas être improuvés, mais qu'ils devaient être observés et maintenus, comme recommandables par l'antiquité même de leur origine et comme provenant, en grande partie, des saints Pères. Bien plus, nos prédécesseurs, par des constitutions expresses et très-sages, ont édicté qu'il n'est permis à personne d'abandonner les rites orientaux. Ils savaient que l'Épouse immaculée du Christ se distingue par une admirable variété qui ne nuit pas à l'unité, que l'Église; qui n'est pas enfermée dans les limites des pays, embrasse tous les peuples, toutes les nations, toutes les races qu'elle nourrit par l'accord et l'unité de la foi, quelle que soit la diversité des mœurs, des langues et des rites approuvés par l'Église romaine, mère et maîtresse de toutes les autres. Notre prédécesseur de glorieuse mémoire, Grégoire XVI, le savait parfaitement, et, appliquant ses soins et sa vigilance pastorale à la nation des Valaques de rite grec qui habitent la Tran-
sylvanie, il a voulu leur instituer une hiérarchie ecclésiastique particulière de rite grec pour les diriger, les consoler et les confirmer dans la foi catholique. Ce que notre prédécesseur n'a pu acconiplir à cause de la difficulté des temps, nous l'avons achevé en grande partie, à la grande consolation de notre âme.
Cet empressement à constituer une hiérarchie séparée n'est pas un des moindres témoignages de la sollicitude des Papes pour les Églises orientales. C'est, en effet, le meilleur moyen de démontrer par des faits que le saint-siége ne cherche ni à absorber ni à latiniser les Églises qui rentrent dans l'union, puisqu'elle n'a rien de plus pressé que de les constituer dans le même état que les commu^ nions anciennement autonomes et autocéphalcs. C'est ce que Pie IX a rappelé aux Arméniens dans une lettre encyclique en date du 2 février 1854 :
Vous n'ignorez pas avec quelle persévérance ce siège apostolique a constamment donné aux Arméniens tous les secours par lesquels il était possible de pourvoir d'une
manière ou d'une autre, selon leur propre rite, à leurs nécessités de toute espèce et particulièrement à leurs besoins spirituels... Vous vous rappelez comment, dès que les circonstances le permirent, ce siège apostolique établit à Constantinople un pasteur arménien revêtu de la dignité épiscopale et comment plus tard, les Arméniens ayant, grâce à la clémence du souverain empereur des Turcs, acquis la liberté qui, par l'union des âmes, devait faire fleurir la religion et lui donner une vigueur nouvelle, un siège archiépiscopal et primatial fut érigé pour eux dans cette même ville, afin qu'ils eussent leur propre archevêque. De tout cela font foi les lettres apostoliques de notre prédécesseur Pie Vni. Tout le monde connaît également les soins infatigables et tout particuliers de notre prédécesseur immédiat, Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, pour reconstituer cet insigne diocèse.
Dans le courant de cette lettre, Pie IX parle encore du soin que le saint-siége a pris dans tous les
temps de maintenir les antiques et saints rites de rÉglise orientale.
En 1860, un certain nombre de Bulgares annoncèrent rintention de revenir à l'unité catholique. Comme pour les rassurer sur les intentions du saint-siége, ce fut le chef d'une Église unie et non le délégué apostolique qui fut chargé de conférer avec leurs députés. Le primat des Arméniens unis fut aussi investi provisoirement de l'administration des nouveaux catholiques. La défection de l'archevêque bulgare, Joseph Sokolskî, est venu démontrer que le saint-siége ne peut être accusé que d'avoir mis trop d'empressement à faire entrer la nouvelle communion unie dans le droit commun des Églises orientales en lui constituant une hiérarchie nationale indépendante.
Enfin, Sa Sainteté a donné aux Orientaux une nouvelle et précieuse preuve de sa sollicitude paternelle. Par des lettres du G janvier 1862, Pie IX vient d'instituer une congrégation spéciale qui prendra le nom de « Congrégation de la Propagande pour les affaires dos rites orientaux. » Le Saint-Père, après avoir tracé rhistori(]ue de la question, explique ainsi le but de cette institution :
Nous avons confié à une commission com-
posée de cardinaux le soin de rechercher ce qu'il y aurait de mieux à faire pour la prospérité spirituelle de l'Orient. Considérant, d'un côté, la gravité et la multiplicité des besoins de l'Orient et la nécessité de traiter à part les affaires orientales, à cause de la différence de langue, de rite et de discipline; considérant, d'ailleurs, les innombrables occupations dont la Congrégation de la Propagande est, en quelque sorte, accablée par suite de l'extension prodigieuse que notre sainte religion a prise , avec la grâce de Dieu, depuis le commencement de ce siècle, dans l'Amérique septentrionale, dans les Indes orientales, en Chine, en Océanie, en Europe même..., cette commission s'est aisément convaincue que la Congrégation de la Propagande a besoin d'être renforcée pour suffire à l'expédition des affaires d'Orient, et nous a proposé de porter remède à cet état de choses en établissant une congrégation spéciale et permanente chal'gée exclusivement de tout ce qui concerne les rites, la discipline et la correction des livres liturgiques
de rOrient... C'est pourquoi, préoccupé au plus haut point du bien spirituel des Orientaux et prêt à tout entreprendre dans cette intention, de l'avis de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Église romaine et de notre autorité apostolique, nous instituons et érigeons à perpétuité, par les présentes lettres, une congrégation spéciale exclusivement chargée des questions orientales. . .
Ainsi, toutes les affaires déférées actuellement à la Congrégation de la Propagande seront désormais scindées en deux catégories distinctes : affaires du rite latin, affaire des rites orientaux. La nouvelle congrégation établie par nous pour les affaires de rite oriental aura compétence pour traiter également les questions mixtes où interviennent des personnes ou des choses de rite latin, à moins qu'elle n'aime mieux les déférer à la Congrégation générale de la Propagande.
La nouvelle congrégation relèvera du cardinal préfet de cette dernière, se composera d'un nombre suffisant de cardinaux pris dans
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celle de la Propagande, mais aura ses consulteurs, son secrétaire, sa secrétairerie et ses officiers particuliers. Nous avons appelé dans notre bonne ville de Rome quelques ecclésiastiques renommés par leur connaissance des langues et des choses de TOrient, et dont les lumières seront d*un grand secours à la nouvelle congrégation, surtout pour les questions de rite et de discipline et pour la correction des livres.
La congrégation que nous instituons a besoin, plus encore que toute autre, de consulteurs d'une science éminente pour exposer devant les cardinaux et soumettre à leur jugement sage et prudent les questions à résoudre, attendu la variété des langues et la diversité des rites. Nous voulons, en conséquence, que les consulteurs soient choisis non-seulement parmi les théologiens, mais encore parmi les hommes versés dans la connaissance des idiomes et des choses de l'Orient.
Le Saint-Père n'a pas laissé échapper cette oc-
casion de rappeler encore une fois au monde chrétien les principes qui guident la Papauté dans ses rapports avec les Églises orientales. Voici les '
graves paroles de Sa Sainteté :
Nos prédécesseurs, non-seulement n'ont janiais eu l'intention d'amener les 'Orientaux au rite latin, mais ils ont déclaré en termes clairs et précis, toutes les fois qu'ils l'ont *
jugé opportun, que le saint-siége ne demande point aux Orientaux l'abandon de rites vénérables par leur antiquité et par le témoignage des saints Pères, Il n'exige qu'une chose , c'est qu'on n'y introduise ]^
rien qui soit contraire à la foi catholique, dangereux pour les âmes ou attentatoire aux vertus ecclésiastiques, comme le démontre péremptoirement un de nos prédécesseurs, Benoît XIV, d'illustre mémoire, dans son j
encyclique Allatœ sunl^ du 5 juillet 1755, adressée aux missionnaires en Orient, Si donc quelque chose a jamais été introduit dans les rites de l'Orient, ce n'est point au saint-siége qu'il faut attribuer ces innovations.
LES ACTES d'union
Nous considérerons maintenant le maintien des usages orientaux au point de vue du respect dû à un traité librement conclu. En effet, lorsque des Églises orientales se sont réunies avec l'Église romaine, il a été stipulé que la hiérarchie alors existante et les rites anciens seraient conservés.
Le deuxième concile, réuni à Lyon en 1274, avait prononcé l'union des deux Églises. Voici ce que l'empereur Michel Palaeologue et les évêques grecs écrivirent de Constantinople au pape Grégoire X :
Nous reconnaissons, nous acceptons et