‹ Documents relatifs aux églises de l'Orient considérées dans leurs rapports avec le Saint SiégeChapitre 29 sur 56 · TO DOCUMENTS · texte numérisé non relu

TO DOCUMENTS

fois consacré , il enverra au saint-siége des nonces, pour demander le pallium, insigne de la plénitude du pouvoir pontifical. A son avènement, il prêtera serment à nous ou à nos successeurs et à TEglise romaine. Mais lorsqu'un des métropolitains soumis à ta primatie sera mort, c'est toi qui confirmeras l'élection du successeur et qui donneras à sa personne la consécration épiscopale. Avec des nonces de l'Église à laquelle il faut pourvoir, tu manderas des nonces à toi pour demander au saint-siége le pallium que nous t'enverrons volontiers et avec plaisir par ces nonces. Tu le recevras sous notre cachet et tu le conféreras solennellement dans» la forme au métropolitain élu. Si nous jugeons à propos qu'un légat ou un nonce y assistes tu accompliras la cérémonie ejo œquo et de concert avec lui. De même, pour TÉglise bulgare et valaque, nous te concédons de faire chaque année, le jour de la Cène de Notre Seigneur, le chrême et l'huile des catéchumènes et des malades, etc.. En outre, nous accordons à Ta Fraternité la faculté de

faire porter devant toi dans toute la Bulgarie et la Valachie la croix et une bannière représentant la passion de Notre Seigneur*.

Le 24 décembre 1860, voici ce que les Bulgares écrivaient à W^ Antoine Hassoun au moment de rentrer dans i*union :

L'Eglise romaine a eu de tout temps une sollicitude paternelle pour les chrétiens d'Orient et pour la conservation de leurs cérémonies religieuses, de leurs coutumes et autres institutions adoptées de temps immémorial et conservées jusqu'à nos jours. A cet effet, nous avons l'assurance qu'en faisant l'union avec la sainte Église romaine, conformément aux décisions du concile œcu- *ménique de Florence, notre liturgie, nos rites, nos cérémonies et coutumes religieuses, institués pour les saints Pères et conservés religieusement, ne seront nullement modi-

1. Le texte de cet acte se trouve au livre VH des lettres d'Innocent UI et dans Assemani, Kalendaria Ecclesiœ universœ^ U V, p. 140.

fiés; mais que, bien au <îontraire, ils seront respectés, ainsi que notre hiérarchie nationale, et que notre clergé seul nous administrera. De cette manière, tous nos compatriotes seront tranquillisés sur les mauvaises suggestions qu'on ne cesse de faire à cette occasion.

W Antoine Hassoun a répondu :

Cette union n'étant qu'un retour à l'Église mère (dont vous avez reçu dès le commencement votre hiérarchie), votre liturgie, vos rites, vos cérémonies et coutumes religieuses, institués par les saints Pères et conservés religieusement jusqu'à nos jours, non-seulement ne seront pas changés, mais ils seront respectés et recevront une nouvelle consécration, ainsi que le proclame solennellement le souverain pontife actuel dans l'encyclique du 6 janvier 1848, adressée aux Orientaux.

Nous nous empressons de vous assurer

également que, conformcment à la même encyclique, votre clergé avec i^a hiérarchie nationale sera respecté et confirmé dans ses honneurs et dignités ; en conséquence , le clergé et la hiérarchie qui devront vous gouverner seront votre clergé et votre hiérarchie bulgares sous l'égide de la suprématie des souverains pontifes, qui ont tant aimé votre Église et votre nation si florissante dans les anciens temps avec ses rites et sa langue.

Chers enfants de Notre Seigneur Jésus- Christ, soyez donc entièrement rassurés à cet égard ; ne prêtez aucune foi aux suggestions de ceux qui, comme écrit saint Paul aux Philippiens*, cherchent leurs propres iu'térêts et non ceux de Jésus-Christ.

A la lettre que les Bulgares adressèrent au Pape, le 30 décembre 1860, et dans laquelle ils priaient Sa Sainteté de conserver leurs rites et usages ecclésiastiques, Pie IX répondit :

1, Chap. II, V. 21,

Ces mêmes enfants chéris, les Bulgares unis, nous ont exposé très-respectueusement dans la susdite lettre leurs vœux pour la conservation de leurs rites sacrés et légitimes, de leurs cérémonies, de leur liturgie et de leur hiérarchie. C'est pourquoi vous leur confirmerez, en notre nom, ce que leur a déjà répondu le vénérable frère Antoine, archevêque primat des Arméniens, à savoir que nous leur accorderons très-volontiers ce que nous avons exprimé et déclaré clairement et ouvertement dans notre lettre encyclique aux Orientaux du 6 janvier de l'année 1818.

Le maintien de la hiérarchie, de la liturgie et des coutumes de TÉglise orientale est donc inscrit, en quelque sorte, dans les chartes des communions unies, et plus les deux parties entre lesquelles ces engagements ont été stipulés sont disproportionnées, plus celle des deux qui est placée au-dessus se croit lice à en maintenir Tobservation.

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