LES BÉNÉDICTINS
11 n*y a rien qui puisse ajouter à Tautorité des témoignages qui viennent d'être cités au sujet des sentiments dont TÉglise romaine est animée à regard des Églises orientales. L'on voudrait seulement rappeler ici que les grands ordres religieux ont suivi fidèlement la voie tracée avec tant de clarté et de persistance par les chefs de l'Église, et on le fera en indiquant quelques passages dans les ouvrages d'un certain nombre de docteurs ou de missionnaires appartenant à différents ordres.
Les Bénédictins. — Le 23 octobre 867, Nicolas !•' consulta les évêques de France avant de répondre aux accusations formulées contre l'Église romaine par les empereurs grecs Michel et Basile
dans une lettre adressée au roi des Bulgares *. L'on a conservé les réponses d'Énée, évêque de Paris, et de Ratrani, moine bénédictin de Corbie.
Ce dernier est très-explicite pour approuver la diversité des usages dans les diverses Églises. « Les coutumes des Églises, dit-il, ont toujours été différentes et ne peuvent être uniformes. » 11 cite, à Tappui de cette opinion, une lettre de saint Augustin à Gasulan et divers passages de l'histoire de Socrate. Il regarde comme tout à fait indifférente la pratique de laisser j[)ousser ou de raser la barbe et les cheveux ^. .
C'est aussi un fait historique qu'au xiv® siècle, dans le couvent d'Emmaùs, à Prague, les religieux bénédictins officiaient en langue slavonne, bien que selon le rite romain ^. L'usage de célébrer une fois par année l'office tout entier en langue grecque s'est conservé longtemps dans le couvent du Mont Cassin.