LES CARMES
Vers la fin. dy xvn® siècle, un carme déchaussé, Thomas de Jésus, a parfaitement exprimé, dans les lignes suivantes, les sentiments de TÉglise catholique à regard des. Orientaux* en général et des Ruthéniens en particulier :
Ceux qui travaillent à r^-mener les âmes dans les pays d'Orient doivent d'abord s'accommoder à la nature et à la manière d'être de ceux qu'ils s'efforcent de ramener et commencer par leur céder dans toutes les chosesi qui ne s'opposent pas essentiellement au salut éternel, de peur que, pour quelque intérêt
secondaire, ils ne perdent l'essentiel ; car celui qui se mouche trop fort fait jaillir le sang. {Pivv. 23.) De cette manière, ils obtiendront leur bienveillance et leur amour, et quand ils auront obtenu cela^ tout le reste suivra facilement. Comme Tamour vainc tout, et comme le joug du Christ est doux et plein d'amour, rien n'est plus propice, aussi bien pour ramener un pécheur à Dieu ou un schismatique à l'union que pour convertir un infidèle à la foi chrétienne, rien n'est plus propice que l'amour inspiré par l'instructeur spirituel, Mon enfant, montre-moi ton cceur, c'est-à-dire aime-moi, pour que, par ton amour, j'attire tout à moi ; car tout ce que je désirerai de toi, par cela seul je l'obtiendrai. C'est ainsi que Notre Seigneur Jésus-Christ, au moment où il constitua Pierre chef de
son Eglise, demande de lui seulement l'amour, et cela par une interrogation trois fois répétée, comme pour montrer combien cet amour est nécessaire : Simon - Pierre ^ m'aimeslu? etc. (Saint Jean, 21.) Car celui qui aime sera aimé à son tour. Ainsi, si tu m'aimes.