‹ Documents relatifs aux églises de l'Orient considérées dans leurs rapports avec le Saint SiégeChapitre 37 sur 56 · Conciîiatio Ecclesiœ armenœ cum romand» Rome · texte numérisé non relu

Conciîiatio Ecclesiœ armenœ cum romand» Rome

entre eux que par des rites qui sont purement de cérémonie.

Ainsi toutes les liturgies, orientales ou occidentales, tombent d'accord entre elles pour reconnaître de la manière la plus certaine qu'elles découlent vers toutes les Églises d'une seule source, à savoir de l'exemple et des préceptes des Apôtres. Ce n'est que de là que peut provenir, dans la célébration des divins mystères, une conformité aussi grande que celle qui existe dans les liturgies que l'Église d'Occident et d'Orient possède depuis les temps les plus antiques, conformité qui n'a pu naître que d'une tradition commune et connue;.. Ainsi toutes les liturgies prescrivent que la sainte Eucharistie soit accomplie par des prêtres , qui se servent de vases consacrés et précieux ainsi que de vêtements consacrés, et qui célèbrent sur un autel qui est toujours en grande vénération chez tous les Orientaux comme chez les Occidentaux. Toutes les liturgies présentent des prières et des cérémonies préparatoires, les lectures de l'Ecriture sainte, les chants des

psaumes, les prières pour les vivants et les morts, le baiser de paix, la commémoration des saints, la préface, qui est le commencement de ce qu'on appelle proprement offertoire ou du canon, les prières pour Toblation des dons, la récitation de l'histoire de l'institution de l'Eucharistie avec les paroles mêmes duChrist, qui sont proférées par le prêtre au nom de Notre Seigneur, l'invocation du Saint-Esprit, l'oraison dominicale, le fractionnement de rhostie, la communion et la déclaration que c'est bien le corps. et le sang de ce même Jésus-Christ, Notre Seigneur. Une si grande conformité dans des Églises dispersées en tant de lieux et séparées de communion depuis tant de siècles ne peut pas provenir d'ailleurs que d'une tradition commune transmise des Apôtres par les anciens Pères. Et à cause de cela, il est patent que toutes les liturgies qui sont en usage chez les Orientaux concordent entièrement, non-seulement entre elles, mais avec les liturgies latines, pour oe qui importe à la substance du sacrement. Aussi la diversité de leurs rites existé

uniquement dans les choses qui sont purement de cérémonie, dans les formules et Tordre des prières et dans d'autres choses qui n'altèrent pas la forme instituée par les Pères pour l'accomplissement de l'Eucharistie^..,

Le Père Carboneano établit ensuite que le saintsiége a toujours été préoccupé du double soin de conserver Tunité de l'Église et de maintenir Tobservation des rites transmis aux Orieritaux'par leurs ancêtres :

Parmi les arguments qui démontrent que l'Église romaine est chef, maîtresse et mère de toutes les autres, l'on doit placer au premier rang cette sage économie par laquelle le saint- siège, d'une part, s'est appliqué à conserver pures et intactes les institutions apostoliques et à s'opposer aux innovations autant que les circonstances des choses et des temps le comportaient, et d'autre part.

1. De sacris christianorum ritibus, chap. vi, p. 1096 de Pédition Migae.

a non-seulçment accepté patiemment les rites variés qui ne sont pas contraires à la foi et à la pureté des mœurs, mais a même défendu qu'ils ne fussent changés par d'autres autorités et a ordonné qu'ils fussent observés par tous là où il a été reconnu qu'ils étaient issus des institutions des ancêtres.

Par cette manière d'agir, le saint-siége a fait éclater à la fois l'autorité sur l'Église universelle qu'il a reçue du Seigneur Christ ainsi que la déférence due aux ordonnances apostoliques et, en même temps, cet amour pour tous les chrétiens par lequel, comme une pieuse mère, il leur a procuré l'unité de la discipline, mais de manière à déférer, dans les choses qui peuvent concorder avec la foi et avec la règle de l'honnêteté, au génie et au désir de ceux de ses enfants qui, ayant été nourris dans divers rites reçus de leurs ancêtres, n'auraient pas pu facilement être ramenés à une unité complète de discipline.

Saint Pierre a indiqué d'avance cette manière d'agir aux pontifes romains, ses successeurs. En effet, chez les Hébreux nou-

vellement convertis à la foi du Christ, il a supporté patiemment l'usage de quelques cérémonies que leurs ancêtres avaient reçues de Dieu, parce qu'il n'était pas facile d'en ôter l'usage à des hommes élevés avec une si grande vénération dans ces cérémonies. Ainsi, dans le concile de Jérusalem, pour fermer la

porte aux dissidences et réchauffer la paix mutuelle entre les nouveaux chrétien^, il établit une loi par laquelle temporairement il était ordonné, même aux gentils convertis au Christ, de s'abstenir du sang et de la chair des animaux étouffés et immolés.

Et afin de pouvoir plus facilement présenter et prescrire à toutes les Églises l'ordre des choses sacrées qu'il avait disposé, soit seul, soit avec le conseil des autres Apôtres, il établit d'abord son siège à Antioche, parce que de là il était plus à même de transmettre cette règle à toutes les Églises de TAsie.

Ensuite, il envoya à Alexandrie Marc, qu'il avait instruit lui-même dans cette discipline. De cette ville, il pouvait facilement transmettre ces mêmes institutions aux autres

Églises de l'Egypte et de l'Afrique. Enfin Pierre vint lui-nmême d'Antioche à Rome, et là il voulut que son siège fut h perpétuité, aussi bien pour établir facilement la même discipline dans toute l'Église occidentale que parce que, de Rome, il pouvait promptement fournir, quand besoin serait, de nouvelles instructions aux métropolitains par lui établis à Antioche et à Alexandrie.

De là est né, j'en suis persuadé, cette admirable concordance de toutes les Eglises dans les rites principaux, laquelle, comme nous l'avons vu, s'est conservée partout et toujours dans l'accomplissement de l'Eucharistie, dans l'administration des divers sacrements et sur la plupart des autres points de la discipline ecclésiastique.

Le premier et le plus grand soin des pontifes romains, successeurs de Pierre, fut toujours de conserver la discipline établie par les Apôtres dans toutes les Eglises... Mais on ne put pas empêcher que des rites nouveaux et variés ne fussent institués dans les diverses Églises. En effet, dans ces premiers

temps si pénibles de l'Église, il n'était pas facile à tous les évêques d'exposer au siège apostolique quelles étaient, en raison des circonstances de lieu et de temps, les nouvelles cérémonies ou ordonnances de discipline ecclésiastique qui paraissaient devoir être instituées : il n'était pas non plus facile au siège apostolique de présenter à toutes les Églises les nouveaux points de discipline qu'il convenait d'établir, et il ne parut pas convenable de limiter, sous ce rapport, la juridiction des évêques. Il fut laissé à leur arbitre d'ajouter de nouvelles cérémonies et de régir la discipline des choses sacrées.

Mais de peur qu'il ne résultât une confusion de la trop grande variété des rites et de la discipline, des conciles de plusieurs évêques étaient célébrés de temps en temps, dans lesquels les choses les plus élevées étaient traitées en commun^ comme l'écrit TertuUien {Lib. deJejuniOf c. xiii).

Ainsi que plusieurs hommes érudits l'ont fait observer, des conciles ainsi célébrés dans les premiers siècles de l'Église provient la

plus grande partie de ce qui se trouve dans les canons et constitutions apostoliques. Le grand concile de Nicée paraît s'être référé à cette antique coutume dans le cinquième canon qui a décrété que des conciles de ce genre seraient célébrés deux fois dans Tannée. Ce décret a été renouvelé par le concile d'Antioche sous Jules P'dans le vingtième canon, par le premier concile d'Orange sous Léon le Grand dans le vingt-neuvième canon, etc.

Dans ces assemblées, il a été question de l'ordre des choses sacrées et de l'unité de la discipline; c'est ce qui résulte d'une lettre de saint Léon aux évoques de Sicile, des conciles d'Épone et de Girone, célébrés au commencement du sixième siècle, et de celui de Braga, qui est de 563. On voit clairement par là d'où sont issus dans l'Église les différents rites, dont il y avait une grande variété, même dans l'Église latine, au cinquième siècle et dans les siècles suivants, comme il résulte de la lettre écrite par Innocent I"" à Decentius de Gubbio, de la lettre de Grégoire le Grand au bénédictin

Augustin, qu'il avait envoyé en Angleterre, et des livres des autres auteurs du sixième et du septième siècle. Mais, d'après les écrits de saint Augustin et de Firmilian, on voit qu'au quatrième et même au troisième siècle, il existait dans les Églises des rites divers qui étaient admis sans contestation comme des institutions des ancêtres et observés comme des lois. Ainsi saint Augustin écrivait à Casulan (Ép. xxix) qv£ chaque province abonde dans son sens et considère les préceptes des ancêtres comme des lois aposto^ ligues.

De même, vers le milieu du troisième siècle, Firmilian écrivait à Gyprien : Il y a dans l'Eglise romaine quelque diversité pour beaucoup de sacrements^ et l'on n'observe pas ici les choses qui sont observées à Jérusalem. — Beaucoup de choses varient à cause de la diversité de leurs auteurs^ et, cependant^ l'on n'est pas pour cela séparé de la paix et de Vunité de l'Eglise catholique.

L'application du saint^siége à maintenir cette variété des rites a été éclatante* Car,

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