‹ Documents relatifs aux églises de l'Orient considérées dans leurs rapports avec le Saint SiégeChapitre 48 sur 56 · XV · texte numérisé non relu

XV

LE MARQUIS DE BONNAC, AMBASSADEUR DE FRANCE A CONSTAxNTINOPLE

L*on voit, par la lettre de Benoît XIV Allatœ sunt, que les souverains pontifes ont eu quelquefois à intervenir pour prescrire le respect de la hiérarchie et des usages des Orientaux. L'on sait aussi que c'est pour avoir oublié ces sages prescriptions de l'Église que les Vénitiens s'étaient attiré l'animosité des populations grecques de l'Archipel et du Péloponèse. Combien la situation du catholicisme serait aujourd'hui plus forte dans l'Archipel si les catholiques de ces îles avaient conservé le rite greci

' Nous n'insisterons pas sur les dangers de ces infractions. Nous nous contenterons de citer ici

quelques passages d'un mémoire du marquis de Bonnac, ambassadeur de France en Turquie au commencement du xvm« siècle * :

Je vous avouerai que la grande et sainte entreprise de la réunion des Grecs et des Arméniens n'est pas conduite comme elle devrait l'être, que beaucoup de ceux qui s*y occupent le font sans talent et sans connaissance suffisante des langues, que presque tous viennent dans le Levant avec des préjugés de nation ou de leurs ordres particuliers, qui peuvent être bons en traitant avec les hérétiques de l'Europe, mais qui sont très-dangereux en traitant avec les schismatiques du Levant.

Il n'est point question, ce me semble, ici de détruire une forteresse ennemie : il faut regarder les Grecs et les Arméniens comme d'anciens alliés qui ont rompu l'union qu'ils avaient avec nous et qui forment un corps d'armée à part...

1. Lettre écrite au ministre des affaires étrangères en 1724.

m^i^^^^9^m^^^^H^^m^mm^m^mmmmmmm^mtmmmamm

Page 1