‹ Documents relatifs aux églises de l'Orient considérées dans leurs rapports avec le Saint SiégeChapitre 49 sur 56 · LE MARQUIS DE BONNAC · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE BONNAC

Il y a une grande différence entre être uni et soumis au chef de l'Église visible et entre être dominé par lui. Si le premier peut suffire , pourquoi se présenter du côté du second qui effarouche et révolte les esprits? Et il ne convient peut-être pas de se comporter dans une négociation, pour ainsi dire, de pacification comme on- ferait si on agissait dans un esprit de conquête. . .

Je dirai ici qu'on ne doit pas, ce me semble, regarder les Grecs et les Arméniens comme les Luthériens et les Calvinistes; qu'il faut compatir à leur état et considérer que, s'ils se trouvent séparés de la communion de Rome et imbus de quelques erreurs ou hérésies, c'est moins un effet de leur choix que de leur malheur...

Ce que le Pape, comme leur père commun, doit souhaiter est que l'Eglise grecque et l'Eglise arménienne, reconnaissant dans toute son étendue la suprématie du siège de saint Pierre, conservent cependant leur hiérarchie et que leurs patriarches aient la même autorité qu'ils avaient avant le schisme de

Photius. 11 est difficile de faire entendre cela au peuple, et c'est, ce me semble, une matière à traiter directement avec les patriarches...

Que si Ton pouvait s'approcher des patriarches, gagner leur confiance ou du moins les persuader de- telle manière de la sincérité de nos intentions qu'ils ne fussent plus en gardé contre nous, ils nous verraient sans doute plus tranquillement travailler à l'instruction de leurs peuples et à les faire revenir des erreurs qu'ils ne connaissent pas euxmêmes, et dont ils conviendraient facilement toutes les fois qu'ils croiront qu'on n'en veut point directement à leur juridiction.

Pour Ce qui est du rite et des superstitions qui s'y sont glissées,... il faut pousser la circonspection si loin que non-seulement il ne faut jamais que les missionnaires parlent ou écrivent contre le jeûne et le rite des Arméniens et des Grecs, mais qu'ils doivent obliger ceux d'entre eux qui se réunissent à l'Église romaine d'observer en tout leur ancien rite et leurs jeûnes sans se distinguer en rien de ceux qui, pour la croyance, restent

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