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Était des missions de Grèce, Paris

La charité et un désir sincère de réconciliation peuvent seuls rapprocher les chrétiens de l'Orient et de l'Occident, éloignés aujourd'hui par le souvenir d'anciennes inimitiés plus politiques que religieuses et par des préjugés qui ne résisteraient pas longtemps à une explication loyale.

Pax hominibus bonœ volufitatis... Les hommes, dit Jean Gerson,sont ordonnés par Dieu comme une sorte de corps mystique, qui, à l'exemple du corps physique, doit avoir paix et union entre ses membres... et

Le brisement de l'antique unité qui a fait la force de l'Église dans ses plus beaux jours est, en ce moment, le plus grand mal de la famille chrétienne. Les intelligences élevées, dans toutes les communions, sont unanimes pour avouer le malheur de la séparation.

Elles reconnaissent qu'il serait facile, grâce à quelques efforts généreux et désintéressés, de préparer les esprits à une réconciliation générale que l'Église eut le bonheur de consommer au XV'' siècle, et dont il suffirait d3 reprendre les principes et l'idée, puisque, du côlé des communions orientales, aucun concile postérieur n'a brisé légalement cette réconciliation.

Ces pensées, oubliées depuis tant d'années dans notre Occident, commencent à occuper sérieusement les esprits d'élite. Ils comprennent que les sociétés temporelles et la civilisation qui les développe ont à gagner immensément à briser les barrières religieuses qui séparent les peuples et les mettent dans un état d'hostilité réciproque.

Si nos frères d'Orient consentaient à re-

prendre avec nous les bases de la réconciliation opérée au concile de Florence, il n'est pas douteux que cette grande pacification ne se réalisât d'une manière définitive. A coup sûr, devant la majesté des Églises d'Orient et d'Occident réunies de nouveau, le protestantisme perdrait de sa force, l'islamisme recevrait un échec immense, et le monde tout entier ne tarderait pas à s'agenouiller devant le Seigneur et son Christ*.

Dans un ouvrage, où il y a, cependant, beaucoup d'amertume contre le catholicisme, nous avons été heureux de trouver aussi, sous la plume d'un Grec non uni, une pensée de conciliation : c'est le conseil de rassembler en permanence à Jérusa-

1. Annales de la Société Orientale pour Vunion de tous les chrétiens d'Orient, Cet appel était signé par M. le duc de Cadore, M. l'abbé Barges et M. de Juvigny. La Société Orientale a cessé d'exister pour des raisons tout à fait étrangères à son but religieux. Nous sommes heureux d'avoir eu occasion d'en consigner ici le souvenir, qui sera toujours précieux à tous ses membres. Le numéro des Annales que nous avons cité est le seul qui ait paru. H en reste quelques exemplaires à la librairie de M. Benjamin Duprat.

lem les chapitres de tous les patriarches chrétiens en une sorte de concile préparatoire :

Sa mission consisterait à chercher les moyens canoniques propres à réconcilier toutes les dissidences chrétiennes et à ramener, dans l'Église du Christ, son unité primitive que dçs jalousies, des passions, des intérêts matériels, plutôt que la différence des dogmes, tiennent encore dans cet état de déchirement antichrétien, ou elle gémit depuis tant de siècles. Le travail de ce concile serait soumis annuellement au gouvernement des patriarches qui, après un examen attentif,, statuerait sur l'opportunité de convoquer un concile œcuménique *.

C'est dans les âmes que la réconciliation doit d'abord s'accomplir, et, pour y parvenir, il faut que la bonne volonté inspire enfm les uns et les autres. Si les cœurs s'ouvrent à la charité et les esprits à

1. L'Orient rendu à lui-même^ par G.-A. Mano, page 414. Londres, 1861.

la droiture, la lumière de la paix apparaîtra. Exortum est in tenebris lumen redis *.

Que tout le monde chrétien s'unisse donc à la prière qui, au jour de TÉpiphanie de cette année, a retenti des lèvres du Père de tous les fidèles. Voici cette prière :

Nous levons les yeux vers le trône du Dieu des nrjiséricordes, et le conjurons dans nos humbles et ardentes prières, de répandre l'abondance de ses grâces sur les populations de r Orient et de rendre à leur antique splendeur tant d'illustres Eglises cathédrales établies en Orient par les Apôtres mêmes et aujourd'hui, hélas ! détachées de la pierre qui sert de fondement à TÉglise et abandonnées dans leur isolement.

Nous avons la confiance que l'auteur de tout bien bénira nos efforts et que les Orientaux qui sont demeurés attachés à la vérité catholique et s'en font gloire, n'auront rien tant à cœur que de répondre de plus en plus à notre sollicitude, de resserrer les liens qui

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