ESSAI SUR LA BIÉRAECHIE
telle, maie elle a été explicitement consacrée par des actes ponti- Scaux.
La lettre d'Innocent RI relative à la hiérarchie bulgare contient, entre autres choses, qu'à la mort d'un métropolitain soumis au primat de Ternovo, ce chef de l'Eglise bulgare confirmera l'élection faite canonique ment du successeur et donnera la consécration épiscopale à l'élu; que, pour le pallium, le chef de l'Eglise bulgare enverra à Rome ses propres nonces avec ceux de l'Eglise à laquelle le métropolitain est préposé; que le Pape transmettra au primat le pallium sue ôullâ nostrd pour être, par lui, conféré solennellement à l'évèque métropolitain.
A propos de la constitution de l'Eglise ruthénienne, le pape Clément VIII dit :
Lorsque, des Eglises étant devenues vacantes, dea évèques auront êlé nominés suivant la coutume des Ruthéuiens ou suivant le mode k eiiï concédé, il appartiendra à l'arclievcque métropolitain de Kief alors
tant de confirmer les évèques et de les instituer par l'autorité et au
. du Siège apostolique. »
Dans un consistoire tenu le 25 juin 1701, Pie VI a prononcé une lllocution dans laquelle il blâme les évèques arméniens d'avoir impiété sur le droi: du patriai-che en élisant eux-mêmes un ivèque pour le siège d'Alep. » Les évèques électeurs, dit-il, ffit dû, d'après leur droit propre, élire un patriarche, mais non las un archevêque d'Alep, puisque VêlecUon des évèques apparent an patriarche même et non pas aux évèques. •
De tout ce qui précède, il nous paraît résulter que parmi les 'ura et privilégia que le concile de Florence a garantis, U faut iomprendre le droit de confirmer les évèques ressortissants.
Bappelons ici que la primauté de juridiction du Pape est recon- (Ue dans l'Eglise catholique aussi bien en Orient qu'en Occident. tinsi l'Oriental uni, clerc ou laïc, peut appeler de son curé à son ivêqne, de l'évèque à son métropolitain, du métropolitain à son hef d'Eglise, patriarche, primat ou métropolitain, et de ce derlîer au Pape. Cet ordre ne doit pas non plus être interverti.
n n'échappera pas, du reste, qu'après la profession de foi, 'exercice du droit de juridiction est ce qu'il y a de capital pour 'union. Là où le Pape est docteur et juge, il y a union. Le reste Ht affaire d'administration et plus ou moins contingent.
Les couvents latins. — Le franciscain Carboneano déjà cité
56 LES ÉGLISES DE l'oRIENT
définit de la manière suivante les rapports entre les Eglises orientales et les missionnaires latins :
Les missionnaires latins, résidant dans ces localités, exercent seulement leur juridiction sur ceux des chrétiens qui ne relèvent en aucune façon de la juridiction de l'un des évoques de rite oriental. — Les missionnaires qui veulent faire abjurer Thérésie ou le schisme à des chrétiens de l'Orient, ne peuvent ni les exhorter à changer de rite, ni les admettre dans le rite latin ; mais ils doivent laisser ces chrétiens dans leur propre rite et soumis à l'évêque uni de ce rite, s'il y en a un. — En ce qui concerne les chrétiens de rite oriental, les missionnaires sont destinés à venir en aide et en soulagement aux évêques locaux, et ils ne peuvent faire quoi que ce soit qui porte préjudice à leur juridiction. C'est pourquoi ils sont tenus de prouver à ces évêques qu'ils sont envoyés là par le Saint-Siège.
D'un autre côté, les missionnaires tiennent leur propre juridiction non de ces prélats, mais du Saint-Siège : aussi les susdits prélats ne peuvent-ils pas empêcher l'exercice sans raison et sans avoir consulté le Saint-Siège (1).
Voici une lettre récente (22 novembre 1883) du R. P. de Damas, jésuite, qui nous montrera en pratique IjBs principes posés par le franciscain Carboneano , les ordres formels donnés depuis le XVII® siècle par les généraux de la Compagnie (2), enfin les instructions permanentes adressées aux missionnaires par la Propagande (3).
Les missionnaires latins sont, ici comme partout, des chasseurs, selon la belle expression d'Isaïe, des chasseurs d'âmes. Ainsi faisonsnous. Nos efforts tendent à faire rentrer dans l'unité le plus grand nombre possible de schismatiques. Si un prélat arménien nous prie d'unir noire action à la sienne, nous nous empressons de mettre nos humbles services à sa disposition, comme font les Frères des Ecoles chrétiennes à Trébizonde, et les Jésuites à Marsivan. S'il n'a pas besoin de nous, nous continuons notre métier de chasseurs, en évitant, bien entendu, de marcher sur son terrain, ce qui serait contraire à la justice et à la bienséance. Mais, quoique en travaillant hors de lui, nous chassons réellement pour lui, car nos convertis, si nous sommes assez heureux pour en faire, ne passeront pas au rite latin; ils ne constitueront pas une paroisse, une petite Eglise latine; ils s'en iront grossir
(1) De Christianorum ritîbuSy chap. viii. — Voir un décret de la Propagande du 5 décembre 1645.
(2) Symholœ ad illustrandam historlam Ecclesiœ Orientalis^ etc., par Nicolas Nilles, s. J. Œnipoate, 1884, pages 115 et 116.
(3) Ibid., page 113.
ESSAI SDR LA HIÉRARCHIK
é troupeau de i'évêque arméuien catholique. Ainsi, la dualité n'existe Us. 11 y a deux actions simultanées et parallèles, mais elies tendent à oe même but, l'exallalion de J'Eglise catholique arméniepue (1).
Le maintien des convertis dans leur rite originel a tant d'importance que Je crois devoir transcrire un témoignage éclatant : c'est une lettre toute récente (1884) du patriarche naelchite. Rassurerlûs Grecs sur la libre pratique de leur rite, leur proposer b des prêtres catholiques de leur nation afin de travailler à les ramoner u bercail, c'était le seul moyen efficace de préparer des résultats réels ^nombreux et décisifs.
Cette luarche prudente ne pouvait échapper à la sagesse et à lasoUi- Htude du Saint-Siège qui vient d'étendre à la Palestine des mesures Jéjà en vigueur eu Syrie. Ces mesures prescrivent que les Grecs schis- Batiquea, qui se convertiront au catholicisme, garderont désormais Tusage du rite grec; que ceux, en outre, qui se sont convertis depuis !8 trente dernières années, et qui ont embrassé le rite latin, devront leprendre le rite grec. Le Saint-Siège confie en même temps les uns et s autres à ma juridiction patriarcale (2).
1 Délégation. — Des délégués du Saint-Siège résident d'une tanière permanente k Constantlnople, eu Syrie, en Mésopo- Eamie, en Grèce, Les délégués sont des Latins revêtus de sièges Biiseopaux titulaires. Ils remplissenten même temps les fonctions !e l'Ordinaire sous différents titres pour les chrétiens de leur rite. \ La Congrégation de la Propagande. — Instituée d'abord spé- Ederaent pour les affaires des Grecs, cette congrégation fut débitivement constituée par Grégoire XV en 1632 avec un caractère Bus général, c'est-à-dire pour aider k la propagation de la reliïbn dans tous les pays non catholiques : cum munere prœsîdetidi Missionibus omniôiis ad prœdicandum et docendum Evangelium B catholicam doctrinam.
I Quelle était alors, c'estrà-dire en 1623, la situation des hiérar-
ties orientales vis-à-vis Rome? Un précieux document nous
Ç^claire : c'est la relation adressée à Sixte V par Léonard Aliel,
j'évoque de Sidon. qui avait été envoyé en Orient à l'effet de propo-
ter aux Orientaux le retour à l'union de Florence et l'adoption
3u nouveau calendrier. Son rapport est un tableau exact de la
^tuation de l'Orient chrétien à la fin du xvi* siècle (3).
■,{1) BvlUtin de VŒuvre des àcoles d'Orieitt. janvier 1884, n= UO, p. SOI .
m2) Ibid., u- H5, novembre 1884, p. 372.
> (3) Une mitaian religieiue eji Orient. Relation adressée à Siite V par l'évéque
' "■ ■ traduite et annotée par A. d" Avril. Paria, Cballamel, 1866.
58 LES ÉGLISES DE l'ORIENT
Il en ressort qu'à cette époque Tunion formelle, effective et déclarée n'existait en réalité nulle part, excepté chez les Maronites.
Les unions se formèrent au bout de quelque temps, mais d'abord d'une manière intermittente et peu sûre. Ainsi, pour les Chaldéens, deux séries de patriarches unis sont retombées dans le schisme (1). Pour les Melchites, bien qu'il y eût déjà des unis du rite grec en Syrie, Cyrille VI est le premier patriarche qui reçut le pallium, et ce fut sous le pontificat de Benoît XIV. Parmi les chrétiens plus ou moins atteints de monophysisme, les unions n'ont pris que plus tard de l'importance et de la consistance. Il faut ajouter que jusqu'en 1830, la position matérielle des catholiques non latins a été des plus précaires dans l'empire ottoman. C'est seulement pendant l'ambassade du général Guilleminot, que le roi de France, de concert avec l'empereur d'Autriche, obtint que les catholiques seraient affranchis de la domination civile de leurs co-rituaires non-unis. A partir de cette époque et sous l'empire d'autres circonstances religieuses et politiques qu'il serait trop long de relater, les communions unies se sont développées et constituées définitivement, telles qu'on les voit dans tous les rites et dans toutes les provinces de l'Orient. Enfin les obstacles politiques et matériels qui gênaient les communications ont disparu,
Aujourd'hui l'Orient catholique se trouve dans une position mixte. D'un côté, il y a une hiérarchie constituée et reconnue avec une succession régulière pour tous les rites non latins. A côté, il y a des vicaires apostoliques pour les Latins, et des missionnaires envoyés en même temps pour subvenir au service religieux des Latins et pour venir en aide aux prélats orientaux. L'Orient est donc à la fois pays de hiérarchie régulière et pays de mission.
Ces indications n'étaient pas inutiles pour faire comprendre toute la portée d'une fondation due au pape Pie IX, et que nous avons déjà mentionnée.
La nouvelle congrégation. — La lettre apostolique commençant par les mots Romani pontifices est du jour de l'Epiphanie 1862. En voici la partie la plus importante :
(1) La Chaldée chrétienne. Etude sur Thistoire religieuse et politique des Chaldéens unis et des Nestoriens. Paris, Challamel, 1864.
ESSAI SfR LA HTËBAKCHIK 59
Ayant devaDt les yeux la coudltion préseDle des Orientaux ; aaoliaDt
Kgu'en qaelques lieux les obstacles à ce que les Dations de rite
jorisnlal puisent librement communiquer avec ce siège apostolique ont
Kété écartés avec l'aide de Dieu et que, par conséquent, il nous aéra plus
>Taclle de venir en aide aux graves besoins de ces nations, nous avons
I compris qu'il appartient à notre ministère apostolique d'appliquer avec
I un zÈle redoublé notre soin et notre soilicltude à nous mettre en
I mesure de pourvoir plus efflcacementaubien spirituel et aux nécessités
s menées Orientaux.
Nous avons confié à une commission composée de cardinaux le soin
de pecLerchcF ce qu'il y aurait do mieux à faire pour la prospérité
spirituelle de l'Orient. Considérant, d'un côté, la gravité et la muilipU-
cité des besoins de l'Orient et la nécessité de traiter à part les affaires
orientales, â cause de la difl'érencc do langue, de rite et de discipline ;
considérant, d'ailleurs, les innotnbrabies occupations dont la Gongréga-
Llion de la Propagande est, en quelque sorte, accablée par suite de l'exteo-
Ksion prodigieuse que notre sainte religion a prise, avec la grâce de Dieu,
►depuis le commencement de ce siècle, dans l'Amérique septentrionale,
Bâans les Indes orientales, en Chine, en Océanie, en Europe même...
■cette commission s'est aisément convaincue que la Congrégation île la
■Propagande a besoin d'être renforcée pour suffire à l'expédition des
Lffaires d'Orient, et nous a proposé de porter remède â cet état de
[cbosea en établissant une congrégation spéciale et permanente chargée
fexclusiveraent do tout ce qui concerne les rites, la discipline et la
■correction des livres Iiturg[(iues de l'Orient... C'est pourquoi, préoccupé
pu plus haut point du bien spirituel des Orientaux et prêt à tout entre-
■endrc dans cette intention, de l'avis de nos vénérables frères les
fcardinaux de la sainte Eglise romaine et de notre autorité apostolique
bous instituons et érigeons à perpétuité, par les présentes iottroa, une
Congrégation spéciale exclusivement chargée des questions orien-
Ainsi, toutes les affaires déférées actuellement à la Congrégation de a Propagande seront désormais scindées en deux catégories distinctes : affaires du rite latin, alTaircs des rites orientaux. La nouvelle congrégation établie par nous pour les affaires de rite orientai aura compé- Rence pour traiter également les questions mixtes où interviennent des Siepsonnes ou dos choses de rite latin, à moins qu'elle n'aime mieux les Hêfércr â la Congrégation générale de la Propagande. La nouvelle ^congrégation relèvera du cardinal-préfet de cette dernière, se compo- Jsera d'un nombre suffisant de cardinaux pris dans celle do la Propa- Kgaude, mais aura ses consulteurs, son secrétaire, sa secrétairerie et ses ^officiers particuliers. Nous avons appelé dans notre bonne ville de : quelques ecclésiastiques renommés par leur connaissance des ■langues et des choses de l'Orient, et dont les lumières seront d'un grand ■sa la nouvelle congrégation, surtout pour les questions de rite l-et de discipline et pour la correction des livres.
La congrégation que nous instituons a besoin, plus encore que toute autre, de consulteurs d'une science éminente pour exposer devant les cardinaux et soumettre à leur jugement sage et prudent les questions à résoudre, attendu la variété des langues et la diversité des rites. Nous voulons, en conséquence, que les consulteurs soient choisis non seulement parmi les théologiens, mais encore parmi les hommes versés dans la connaissance des idiomes et des choses de l'Orient.
Le sacré collège. — Soit que Ton considère les cardinaux comme électeurs, soit qu'on les considère comme conseillers du Pape, il n'est pas nécessaire que les diverses parties de la chrétienté soient représentées dans le sacré collège. En effet, la primauté appartenant au successeur de saint Pierre à Rome, celui qui est nommé canoniquement évèque de Rome par les prélats, prêtres et diacres de ce diocèse, est Pape rations Pétri. D'un autre côté, le gouvernement de l'Eglise étant monarchique de la manière que l'a défini le concile de Florence, le Souverain-Pontife peut choisir ses conseillers où il veut.
Cependant l'usage s'est établi de bonne heure de conlérer le cardinalat à des prélats appartenant aux diverses nations catholiques. Cet usage a même été consacré par un décret du concile de Trente (XXIV® session, De reformatione, ch. i^^) : Quos sanctissimus Romanus pontifex ex omnibus Christianitatis naiionibus, quanttim commode fieri poterit, proiit idoneos repererit, assumet.
Une fois accepté et pratiqué le principe que les cardinaux peuvent être choisis ^a: omnibus Christianitatis nationibus^ les Orientaux unis sont-ils admissibles à concourir à la composition du sacré collège ?
Les cardinaux sont des électeurs et des conseillers.
L'évêque nommé à Rome doit être le pape des Orientaux aussi bien que des Latins et avec les mêmes pouvoirs en tant que Souverain-Pontife, ce qui porte à penser que les Orientaux peuvent être admis à participer à l'élection.
Les Orientaux peuvent-ils être admis comme conseillers du Pape? En raison des privilèges spéciaux dont ils jouissent, ne doivent-ils pas être écartés du conseil? Cette dernière opinion serait admissible si les cardinaux s'occupaient d'aider le Pape seulement dans l'administration de la partie latine du patriarcat d'Occident. Voyons les faits.
On doit d'abord noter qu'une congrégation de cardinaux, soit la
E39AI SUB LA. HIËRAItCHIB
générale de ]a Propagande, soit la spéciale, traite à Rome les a&aircs des Orientaux; mais, en outre, certaines affaires, après être arrÏTées à la Propagande, sont décidées par une autre réunion, comme en témoigne au début la célèbre bulle Allatm sunt. Il y en a d'autres, et ce sont peut-ôtre les plus hautes, sur lesquelles les cardinaux délibèrent soit en Congrégation soit en Assemblée générale sans qu'elles aient traversé la Propagande, et qui intéressent les fidèles qui suivent un rite oriental au même degré que les Latins.
Les choses étant ainsi, ne paralt-il pas que les Orientaux seraient placés dans une condition de réelle infériorité si, seuls parmi les catholiques, ils n'étaient pas reconnus aptes à devenir cardinaux, c'est-à-dire s'ils ne pouvaient pas être appelés à prendre part à l'élection du Souverain-Pontife, et si toutes leurs affaires devaient être traitées à Rome exclusivement par des cardinaux appartenant au seul patriarcat d'Occident et même à la partie latine de ce patriarcat î
C'est vrai; mais avant de tirer une conclusion pratique, examinons toutes les oirconstances. Le concile de Trente dit bien que le Pape prendra les cardinaux de toutes les nations de la chrétienté; mais il ajoute : Quantum commode fîeri poterit et prout idoneos repereril. Or, depuis le x« siècle jusqu'à nos jours, une promotion d'Orientaux a pu rarement se faire commode et les papes n'ont pas toujours trouvé des candidats ido7ieos. Une circonstance différente s'est présentée : c'est au moment du concile de Florence en 1439. Aussi voyons-nous le pape Eugène IV s'empresser d'appeler au sacré collège deux prélats de rite oriental, Bessarion et Isidore. Tous les deux ont répondu aux espérances qu'ils avaient inspirées au Pape. Pour ne ijarler que du dernier, il a montré dans le plus bel éclat sa pourpre romaine au milieu de la grande catastrophe de l'Orient, lorsqu'il fut envoyé comme légat à Constantînople par Nicolas V. Le 29 mai 1453, pendant que la tête du dernier Constantin était exposée aux pieds de la statue de Justïnien et que les infidèles profanaient à Sainte-Sophie le plus beau sanctuaire de l'Orient, le cardinal de la sainte Eglise romaine, le grec Isidore, qui, dans ce moment suprême, avait dirigé personnellement la défense du côté de la porte de Saint-Démétre, était feit prisonnier et vendu comme esclave à un musulman. Il réussit, cependant, à s'enfuir au milieu de cet effroyable désordre pour
6â LÈS ËGLÎSES DE L^OïUENO^
consigner sa douleur dans une lamentation touchante sur la chute de Constantinople, qui est parvenue jusqu'à nous.
Les temps qui suivirent furent comme une nuit pour l'union, ainsi qu'on le peut voir par la relation déjà citée de Tévèque de Sidon adressée à Sixte V. C'est à partir de 1830, comme on l'a déjà indiqué, que les communions unies commencèrent une existence régulière et un véritable progrès. Or, en 1855, le pape Pie IX éleva au cardinalat un grec uni, l'archevêque de Léopol, Michel Lewicki. Cet acte, qui rappelait, pour ainsi dire, à la vie commune de l'Eglise universelle les enfants de l'Orient, est venu sept ans après l'appel adressé aux Orientaux dans l'encyclique In supremâ Petri^ et a précédé de sept ans la création d'une congrégation spéciale pour les affaires des Orientaux par les lettres Romani pontifices.
Une nouvelle promotion orientale a eu lieu sous le pontificat de Pie IX, celle de Mgr Hassoun, appartenant au rite arménien.
Rappelons, en terminant, à la gloire de la catholicité romaine, que vingt-un Grecs ont occupé le siège de saint Pierre. Qui sait si l'avenir ne nous réserve pas d'y saluer encore un Oriental ?