RÉVOQUANT LA DÉCLARATION DES QUATRE ARTICLES
1G93, 14 septembre. — Versailles.
Du jour où parut la déclaration des quatre articles, Innocent XI refusa systématiquement l'institution canonique à tous les membres du clergé qui avaient pris part à cette manifestation. L'affaire des Franchises, qui survint en 1687, accrut encore l'irritation des esprits et faillit provoquer une rupture définitive entre la cour de France et la cour de Rome.
Après Innocent XI , Alexandre VIII persista, comme son prédécesseur, dans le refus des bulles. Par la constitution Inter multiplices , il déclara nuls, invalides et sans force, tous les actes du clergé de France et ses articles sur la puissance ecclésiastique.
Enfin Innocent XII exige et finit par obtenir la rétractation des évoques et celle du roi.
(Isambert, Ancienimes lois françaises, t. 19, p. 380.)
Très Saint Père, j'ai toujours beaucoup espéré de l'exaltation de Votre Sainteté au pontificat pour les avantages de l'Eglise et l'avancement de notre sainte religion. J'en éprouve maintenant les effets avec bien de la joie dans tout ce que Votre Béatitude fait de grand et d'avantageux pour le bien de l'une et de l'autre. Cela redouble mon respect filial envers Votre Sainteté, et comme je cherche de le lui faire connaître par les plus fortes preuves que j'en puis donner, je suis
1. Cette lettre a été publiée plusieurs fois. Ou la trouve dans les œuvres de Daguesseau et de Daunou. Le premier texte fidèle, copié sur l'original du Vatican, a été donné par le chevalier Artaud, Histoire de Pie VII, 3" éd., 2 vol., p. 171. On trouvera, sur ce chapitre d'histoire, des détails inédits et pleins d'intérêt dans le livre de M. Charles Gériu, Recitcrclies /lisloric/ites sur l'Assernblée du Cler<^é de France de 1C8'2. Paris, Lecoffre, 1870. Voir notamiuent, sur les négociations avec Rome, un très curieux mémoire du cardinal d'Estrées, publié dans les pièces justificatives.
FORMULA DE RÉTRACTATION DES ÉVÊQUES f,5
bien aise aussi de faire savoir à Votre Sainteté que j'ai donné les ordres nécessaires afin que les choses contenues dans mon édit du 22 mars 1G82 * touchant la déclaration faite par le Clergé de France à quoi les conjonctures passées m'avaient obligé ne soient pas observées, désirant que non seulement Votre Sainteté soit informée de mes sentiments, mais aussi que tout le monde connaisse par une marque particulière la vénération que j'ai pour vos grandes et saintes qualités. Je ne doute pas que Votre Béatitude n'y réponde par toutes les preuves et démonstrations envers moi de son affection paternelle, et je prie Dieu cependant qu'il conserve Votre Sainteté plusieurs années et aussi heureuse que le souhaite,
Très Saint Pèrk,
Votre dévot fils,
Louis.
A Versailles, le 14 septembre 1693'.