TertuJIianus, de virginibus velandis
peut ni changer^ ni être reformée ; mais que c'est une aflFaire de Discipline qui, pouvant changer selon les- lieux et les temps, est susceptible de tempérament, et peut souffrir cet adoucissement salutaire dont nous venons de parler.
Cela étant certain, Très saint Père, il nous semble bien aisé de résoudre la question, puisqu'il ne s'agit plus que de savoir, si, après avoir soutenu avec beaucoup de fermeté, durant soixante ans, la Liberté de quelques Eglises, nous avons eu plus de raison d'acquiescer au jugement qu'on a rendu contre nous, dans un Tribunal où nous avions nousmêmes eu recours, selon l'ancien usage du Royaume, que de mettre tout en trouble et de causer de nouvelles guerres, en commettant la puissance Royale avec le S. Siège. Nous aimons mieux la paix, et nous ne croyons pas mal faire d'imiter en cette occasion l'Abbé de Vendôme, qui n'étoit pas moins illustre par son courage que par sa prudence, en disant comme lui : Que V Eglise ^ jouisse de sa liberté; mais quelle prenne bien garde (ju à force de presser la plaie pour la nettoyer^ elle n en fasse sortir le sang^ et que voulant ôter toute la rouille^ elle ne rompe le vase
Il n'étoit nullement à propos de troubler la paix publique, ni d'interrompre l'heureux cours que prennent les affaires de l'Eglise sous un si grand Roi. Et c'est ici, T. S. P., que nous vous supplions d'être attentif pour considérer un peu quel Roi nous avons : ce n'est pas aux Ministres pacifiques des Autels à parler de sa valeur et du nombre de ses victoires ; ses louanges, qu'une heureuse paix a couronnées, sont dans la bouche de tous les peuples. Mais plût à Dieu, T. S. P., que vous puissiez être présent a tout ce qu'il fait pour nous, et que vous vissiez (car ce spectacle est digne de vos yeux paternels) avec quelle douceur ce grand Prince écoute les évêqucs, combien il est favorable aux affaires de TEglise, avec quelle fermeté il soutient les gens de bien, et réprime ceux qui s'obstinent dans le mal, quel soin il prend pour empêcher que cette puissance céleste que nous tenons de Dieu ne reçoive la moindre atteinte. C'est par sa protec-