‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royauté (volume 3)Chapitre 3 sur 83 · II AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

II AVERTISSEMENT

correspondances imprimées ou manuscrites. Elles ont fait surgir des montagnes d'in-folio , mis aux prises — pour ou contre le pape ou le roi — les docteurs, le clergé, la diplomatie, les Parlements, et il n'est pas bien sûr qu'elles soient définitivement jugées aujourd'hui.

Mais, pour débrouiller ce chaos d'opinions contradictoires, pour se faire un jugement personnel, n'estil pas évident qu'il faut tout d'abord aller droit à un certain nombre de pièces maîtresses qui sont, pour ainsi dire, la base et la charpente de tout l'édifice? L'importance même et la vivacité de ces querelles suffisent à démontrer la nécessité d'en revenir au texte original qui met aux prises les belligérants et qui est comme l'enjeu de la bataille.

Or, ces pièces sont peu nombreuses, en somme, et souvent même assez courtes. La Déclaration des quatre articles , qui a fait verser des flots d'encre , occupe à peine deux pages d'impression. Mais ne faut-il pas commencer par en bien connaître le texte avant d'aborder les gloses des commentateurs ? De même, dans ce recueil, si nous avons publié, de préférence à d'autres pièces, les deux lettres du clergé de France à Innocent XI et le bref du 2 avril 1682, c'est que tous les arguments du clergé gallican , du clergé de cour, se trouvent condensés dans ces lettres et que le bref d'Innocent XI nous offre en substance tous les arguments du parti qui défend Rome contre Versailles et met l'autel audessus du trône. C'est de la valeur propre des docu-

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ments que nous avons tiré les raisons de notre choix. Quand, par son étendue, une pièce nous a paru dépasser les limites restreintes de cette publication, nous en avons indiqué la source afin que le lecteur pût, au besoin, s'y reporter.

Nous avons appliqué les mêmes règles aux diverses parties de ce recueil.

Dans \ affaire des Franchises , la bulle du 12 mai 1687, qui reproduit les décisions antérieures des papes sur la matière, présente un caractère encyclopédique qui dispenserait au besoin de remonter plus haut. L'acte d'appel du procureur général et l'arrêt rendu en cour de Parlement résument à la fois les traditions et les doctrines des gens de justice sur les relations du Saint-Siège et de la Couronne.

Nous trouvons dans VEdit de 1695 sur la juridiction ecclésiastique ce même caractère général qui en fait, pour tout le xviii® siècle jusqu'à la Révolution, le code des droits respectifs du pouvoir civil et de l'autorité ecclésiastique.

Vaffaire des ce Maximes des Saints » pourrait paraître, à première vue, comme les querelles du Jansénisme, rentrer dans le cadre des controverses théologiques. Mais si l'on commence à distinguer aujourd'hui les limites du spirituel et du temporel, c'est une idée bien confuse encore sous l'ancien régime. L'application des principes de l'Eglise gallicane pouvait-elle hâter l'heure de cette séparation ? Ne devait-elle pas amener, au contraire, l'immixtion

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