MÉMOIRE ENVOYÉ A ROME PAR LE ROI
On apprit bientôt, en France, qu'après soixante-quatre réunions de sept heures chacune, les examinateurs nommés par le Pape pour juger le livre s'étaient trouvés partagés par moitié. Les lenteurs de la cour de Rome avivèrent encore la querelle et les répliques se croisèrent avec autant de rapidité que de violence pendant que le pape nommait une congrégation nouvelle chargée de recommencer l'examen de l'ouvrage.
Le roi crut devoir faire alors de nouvelles instances et demander formellement, dans le mémoire qui va suivre, non seulement un jugement prompt, mais encore une condamnation. Ce mémoire n'eut toutefois aucune influence sur les décisions du Saint Père. Lorsqu'il parvint à Rome, la condamnation venait d'être prononcée.
(Œuvres complètes de Bossuet, tome XI, p. 119.)
Sa Majesté apprend avec étonnement et avec douleur qu'après toutes ses instances et après tant de promesses de Sa Sainteté, réitérées par son nonce, de couper promptement jusqu'à la racine, par une décision précise, le mal que fait dans tout le royaume le livre de l'archevêque de Cam-