LETTRES SUR LA CONSTITUTION DU PAPE CLEMENT XI
ment extérieur et souvent de mauvaise foi qui ne va ni jusqu'à toucher le cœur, ni jusqu'à soumettre l'esprit à ne pas contredire en public des vérités que l'on se réserve le droit de censurer en secret. » Cette dernière adhésion fut suivie des Lettrespatentes par lesquelles le Roi ordonnait l'exécution de la Constitution pontificale acceptée par l'Eglise Gallicane.
(ProcèS'tferbaux des Assemb. Gén. du Clergé ^ t. VI, p. 357.)
Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre : A tous ceux qui ces présentes Lettres verront, Salut. Quelques précautions que nous ayons prises pendant tout le cours de notre règne, pour étoufTer toutes les contestations que les erreurs du livre de Jansénius avoient fait naître, nous avons appris néanmoins que des esprits inquiets et indociles , renouvelant tous les jours des disputes aussi téméraires que dangereuses sur la condamnation de cet Auteur, ne cessent point de troubler la paix que nous avons voulu procurer h TEglise ; et comme cette condamnation a été prononcée par le saint Siège dont le jugement a été accepté par l'Eglise de France, publié et exécuté dans nos Etats, en vertu de nos Lettres-Patentes, registrées en nos Cours de Parlements, nous avons cru ne pouvoir rien faire de plus utile pour prévenir les desseins de ceux qui tâchent d'aflFoiblir le poids de cette condamnation , que de demander à N. S. P. le Pape, qu'il lui plût d'affermir, par une nouvelle Constitution , l'exécution de celles des Papes ses Prédécesseurs, qui sont devenues les Loix de toute l'Eglise par l'acceptation qu'elle en a faite.
Sa Sainteté, excitée par les instances, qui lui ont été faites de notre part, et animée par son propre zèle, ayant donné à cet Ouvrage toute l'attention que l'importance de la matière pouvoit mériter, a fait une Constitution en forme de Bulle , le quinzième juillet dernier, par laquelle , en confirmant de nouveau les Constitutions des Papes Innocent X et Alexandre VII, reçues et publiées dans notre Royaume, elle rejette et condamne tous les prétextes dont les défenseurs du Jansénisme se sont servis pour en éluder
Mention. — Rapports du Clergé avec la Royauté. 12
178 LE JANSENISME EN 1705
Texécutlon ; et le sieur Gualtleri , Archevêque-Evêque d'Imola, son Nonce, ayant eu ordre de nous présenter de sa part un exemplaire de ladite Constitution et de nous demander notre protection pour la faire exécuter, nous Tavons reçue avec le respect que nous avons pour le saint Siège et pour la personne de notre saint Père le Pape, et nous avons jugé à propos d'en envoyer une copie à l'Assemblée du Clergé, qui se tient présentement h Paris par notre permission, afin qu'elle pût délibérer sur l'acceptation de cette Constitution dans les formes ordinaires, et que le suffrage des Evêques se joignant ainsi h l'autorité du jugement du saint Siège, ce concours et ce consentement unanime des membres avec leur chef pût éteindre pour toujours dans notre Royaume, une division de sentiment si contraire au bien et à l'honneur de l'Eglise.
Les délibérations^ de cette assemblée ont répondu à notre attente ; et par le procès verbal qui nous a été présenté nous avons eu la satisfaction de voir que les Prélats de notre Royaume, reconnaissant dans la Constitution de notre saint Père le Pape, l'esprit et la doctrine de l'Eglise, à laquelle le Clergé de France a toujours été si inviolablement attaché, l'ont acceptée avec la déférence qui est due au chef visible qu'il a plu à Dieu de donner à son Eglise, et nous ont supplié en même temps de faire expédier nos Lettres-Patentes pour la faire publier et exécuter dans notre Royaume ; et comme nous reconnoissons avec plaisir que la plus grande gloire d'un Roi Très-Chrétien consiste h employer toute la puissance qu'il a reçue de Dieu h faire révérer et observer inviolablement les décisions de l'Eglise, dont il a voulu que nous fussions les défenseurs et les protecteurs ;
A CES CAUSES, nous avons dit et déclaré, disons et déclarons par ces Présentes signées de notre main, voulons et nous plaît que la Constitution de notre saint Père le Pape, en forme de Bulle, attachée sous le contre-scel de notre Chancellerie, acceptée par les Archevêques et Evêques de
1. Voir le Procès-verbal de l'Assemblée de 1705, t Vï, p. 838.