Iyo Gamotensis, Epistola
culière. Nous joindrons à ces deux grands Personnages saint Bernard, abbé de Clairvaux, qui a été la lumière de l'Eglise universelle aussi bien que de l'Eglise Gallicane ; ce généreux défenseur des Canons, lui qui soutenoit tous ses sentiments avec tant de fermeté, voyant l'union du Sacerdoce et de la Royauté, qu'il comparoit à la robe sans couture de Jésus-Christ*, sur le point de se rompre, parce qu'on voulait faire observer les Canons avec trop de rigueur, fut le premier à remontrer au Pape qu'il en falloit quelquefois tempérer la sévérité par une condescendance utile : il le supplia de considérer que la paix étant le seul appui de ces deux Puissances, on ne pouvait user de trop de douceur pour la maintenir, surtout dans les Gaules, oii les anciens Evêques se glorifioient, quil ny avoit jamais eu de schisme entre la Puissance Ecclésiastique et la Temporelle'^ ^ et où luimême remarquoit que, durant la tempête, qui avait tant de fois agité le monde et les Souverains Pontifes, bien loin d'y souffrir des schismes 3, on avoit heureusement terminé tous ceux qui s'étoient élevés dans les autres Royaumes.
Les Prédécesseurs de votre Sainteté ^ n'ont pas été moins affectionnés à recommander cettç union de la Royauté et du Sacerdoce, et ils ont été soigneux de prouver par les saintes Ecritures que tous les Etats doivent être gouvernés par cette double Puissance, qui assure la paix publique et fait le bonheur de tous les hommes. Voilà V homme (dit le Prophète Zacharie ^, voulant désigner Zorobabel en personne, et Jésus-Christ en figure, qui certainement étoit Conducteur et Prince du peuple de Dieu,) voilà l'homme^ il s appelle Orient^ il bâtira un Temple au Seigneur y et revêtu de gloire^ il sera assis sur son trône ^ ou il dominera. ; le Pontife en même temps sera assis sur le sien, et il y aura un Conseil de paix entre eux. Que les deux Trônes subsistent donc, l'un pour le Prince, et l'autre pour le Pontife, toujours