‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 25 sur 88 · livre intitulé : Réflexions morales sur le Nouveau Testament · texte numérisé non relu

livre intitulé : Réflexions morales sur le Nouveau Testament

Notre très cher et très amé Onclç, le duc d'Orléans, Régent de notre Royaume, a secondé la sincérité de nos vœux par Tétenduë de ses lumières au milieu des soins qu exigeoient de lui des conjectures difficiles. \\ a toujours regardé une paix si désirable comme Tobjet le plus digne de son attention et c'est à la persévérance de ses travaux que Nous devons la satisfaction de pouvoir annoncer aujourd'hui à tous nos Sujets la fin d'une division dont les suites dangereuses allarmoient également ceux qui aiment véritablement l'Eglise et ceux qui sont sincèrement attachés aux intérêts de l'Etat. Des explications dressées dans un esprit de concorde et de charité pour empêcher que l'on n'abuse de la Bulle par des interprétations fausses et contraires à son véritable sens ont été unanimement approuvées par tous les Cardinaux, tous les Archevêques et presque tous les Evêques de notre royaume. Ceux qui avoient déjà accepté la Constitution ont attesté autentiquement dans la lettre qu'ils ont écrite, à notre très cher et très amé Oncle, le duc d'Orléans, que ces explications étoient conformes à la doctrine de l'Eglise, à celle de la Bulle et à l'Instruction pastorale publiée en 1714, et la plupart des Prélats qui jusqu'ici avaient suspendu leur acceptation * ont adopté ces mêmes explications pour les présenter à leur peuple en acceptant la Bulle comme renfermant son véritable sens.

Ainsi nous avons la consolation de voir les troubles qui affligeoient l'Eglise de France calmés, les doutes éclaircis, les contestations sur Tacceptation de la Bulle finies, la paix si ardemment désirée par le feu Roi, notre Bisaïeul enfin

1. Le cardinal de Noailles, toujours fuyant et louvoyant entre les jansénistes et les jésuites, s'était enfin décidé en 1719 à se soumettre à l'autorité du Pape. On lit dans le mandement qu'il publia à cette occasion : « Nous acceptons avec respect et soumission la Constitution, renouvelions la condamnation que nous avons déjà faite du livre des Béflexions morales et condamnons tant ledit livre que les cent une propositions avec les mêmes qualifications prononcées respectivement par Sa Sainteté. »

rendue aux églises et la Constitution Unigenitus accompagnée d'explications si autentiques que ceux qui avoient jtisqu^ici des peines et des difficultez ne pourront plus hésiter à s'y soumettre et à se conformer à la voix et à l'exemple de leurs Pasteurs.

Dans ces circonstances, notre zèle pour la religion et pour le bien de l'Eglise, le respect filial dont Nous sommes remplis à l'exemple de nos prédécesseurs pour N. S. P. le Pape, la confiance que nous avons dans les lumières des Évêques du Royaume, le soin que nous devons avoir de rétablir l'ordre -et la tranquillité dans nos États ne souffrent pas que Nous différions de rfiettre le sceau de notre autorité à une paix si précieuse et de prendre en même temps toutes les précautions convenables pour étouffer les anciennes semences de discorde, empêcher que l'inquiétude, le faux zèle et l'esprit de parti n'en fassent naître de nouvelles et maintenir dans l'Eglise une subordination aussi juste que nécessaire. Nous entrerons par là dans les sentiments du feu Roi, notre très honoré Seigneur et Bisaïeul, lorsqu'il a donné ses Lettres patentes du 14 février 17H et nous espérons que, toXis les Prélats de l'Église de France se réunissant dans le même esprit, la sagesse et la charité de leur conduite achèveront et confirmeront pour toujours l'ouvrage de leur zèle pour la vérité et de leur amour pour la paix.

A CES CAUSES, après Nous estre fait représenter les Lettres patentes du 14 février 1714, les arrests d'enregistrement desdites Lettres en notre Cour de Parlement à Paris et autres Parlements et Cours de nostre Rovaume, l'Instruction publiée en 1714, les explications sur la Bulle Unigenitus^ la Lettre approbative desdites explications signée par tous les Cardinaux, tous les Archevêques et tous les Évêques de l'Église de France, ensemble tous les Mandements ou Actes d'acceptation desdits Évêques ; de l'avis de nostre

Page 1