‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 24 sur 88 · SS · texte numérisé non relu

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A la mort de Louis XIV, les jansénistes reprennent confiance et courage. S'ils ont contre eux la presque unanimité des archevêques et des évêques de France qui défendent Rome et la'Bulle, ils trouvent des partisans dans les Facultés de théologie et dans les rangs du clergé inférieur. Hors de l'Eglise, ils ont pour eux les Parlements, défenseurs attitrés du gallicanisme, la bourgeoisie et le peuple.

La déclaration de 1682 plaçait l'autorité des conciles au-dessus de l'autorité des papes. Les adversaires de la Bulle en appellent au consentement de l'Église universelle. Le royaume se partage en « acceptants » et en « appelants ». Clément XI publie alors ses Monila pastoralia * , dernier avertissement à ceux qui

1. Voir Bullariiim Romanam. Monita Pastoralia Christifîd^libus data adversus récusantes obedientiam prajstare Gonstitutioni UnigeniluSy (26 août 1718), tome XI, p. 139 :

« Noverint ergo onines, qui ubicumque terrarum Catholico nomine

gloriantur, Nos qui Uni^eniti Filii Dei et Salvatoris Nostri Jesu Christi vices, nuUo licet meritorum nostrorum sufTragio, in terris g^erimus, eos omnes cujuscumque status, fi^radus, ordinis et conditionis illi sint, ctiamsi Episcopali, Archiepiscopali aut alia qualibet, etianisi Gardinalatus dignitate prœfulgeant, qui memoratju Gonstitutioni Nostrai debitam et oninimodam obedientiam praîstare hactenus recusarunt aut in posterum recusareausifuerint, utverosSanctic Ronianaî Ecclesi^ filiosnon agnoscere; neque ut Nobis et Beati Pétri Gathedraî, quod falso ehitumant, adhierentes et consentientes, sed contra potius, uti aperte inobedientes ac notorie contumaces et refractarios habere, tenere ac reputare. Et quoniam primo ipsi

ne veulent pas rompre avec l'Eglise, dernière tentative pour les amener à résipiscence. S'ils persévèrent dans leurs erreurs, ils sont exclus des rangs des fidèles, ils ne peuvent plus avoir communion avec TEglise romaine. Et, pour renforcer Tautorité du pape, le Concile de Latran ordonne d'accepter la Bulle comme règle de foi. Enfin, le roi publie une nouvelle Déclaration en vue de mettre fin aux discordes et de « maintenir dans l'Eglise une subordination aussi juste que nécessaire. »

TOUCHANT LA CONCILIATION DES ÉVÊQUES DU ROYAUME A l'occasion DE LA CONSTITUTION « UnIGENITUS ))

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre : A tous ceux qui ces présentes Lettres verront Salut.

Dès te tenis de notre avènement à la Couronne nous avons cru que notre principal devoir étoit de consacrer h la Relig^ion le premier usage de notre Puissance et de mériter le titre glorieux de Fils aîné de l'Eglise, qui nous distingue entre les Rois, en faisant servir notre autorité à apaiser les troubles qui s'étaient élevez dans notre Royaume au sujet de la Bulle donnée par N. S. P. le Pape contre le

a Nobis et Sancta Romana Ecclesia, si minus expressis verbis, factis certe, pertinacisque et obduratai mentis multiplici signifîcatione recesserunt, illos similiter a Nobis, tanqiiam a Nostra et ejusdem Sanctœ Romanœ Ecclesiae charitate, prorsus segregatos haberl ; nullamque proinde Nobis et ipsi Si Rom.EcclesiîL'deincepscum illiscommunionem Ecclesiasticam extituram donec (quod faxit Deus) intejçre resipiscant, rejectaque penitus audacia refrajçandi, per exhibitionem vcric obedientiœ, quam complures eorum Romano Pontilici Beati Pétri Successori, ac Jesu Christi Vicario in ipsamci solemni professione Gatholicte Fidei, interposita Juris jurandi religione, ad Sancta Dei Evangelia scupius spoponderunt, pristinœ charitati et unitati ab eadem Apostolica Scde restitui mereantur. »

Il est à remarquer que les gallicans et les parlementaires continuent à s'appuyer pendant tout le xvin" siècle sur la Déclaration de 1682, sans tenir compte ni de la rétractation solennelle de Louis XIV, du 14 septembre 1693, ni de la rétractation des évoques également exigée et obtenue par la Cour de Rome. (Voir mon premier volume, p. 64 et suiv.)

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