LES CONVULSIONNAIRES
S. — LES GONVULSIONNAIRES
ORDONNANCE DU ROY QLÏ ORDONNE QUE LA PORTE DU PETIT CIMETIÈRE DE LA PAROISSE SAINT-MÉDARD SERA ET DEMEURERA FERMÉE.
(Actes royaux, F. 2362i, 91-170.)
Sa. Majesté estant informée de tout ce qui s'est passé et de tout ce qui se passe encore journellement dans l'un des cimetières de la paroisse de Saint-Médard et notamment à l'occasion des mouvemens et agitations prétendues involontaires de différens particuliers qui affectent de s'y donner en spectacle ; Sa Majesté auroit jugé à propos de donner ses ordres pour en faire arrester plusieurs et les faire examiner par un nombre considérable de médecins et de chirurgiens pour en dresser leur rapport et porter leur jugement sur la cause et la nature desdits mouvemens et agitations; ce qui ayant été exécuté, lesdits médecins et chirurgiens ont attesté et déclaré unanimement que lesdits mouvemens n'ont rien de convulsif ni de surnaturel et qu'ils sont entièrement volontaires de la part desdits particuliers ; d'où il résulte qu'on a cherché manifestement à faire illusion et à surprendre la crédulité du peuple. S. M. a jugé nécessaire de faire absolument cesser un tel scandale et le concours du peuple, qui est devenu d'ailleurs une occasion continuelle de discours licencieux, de vols et de libertinage ; et Elle s'est portée d'autant plus volontiers à prendre cette résolution qu'EUe empêchera par là toute contravention et désobéissance au mandement donné par le sieur Archevêque de Paris, le 15 juillet dernier.
Vu les rapports en date des il, 15, 17, 18, 19 et 23 janvier, signez par les médecins et chirurgiens y dénommés. Sa Majesté a ordonné et ordonne que la porte du petit cimetière de la paroisse de Saint-Médard sera et demeurera toujours fermée ; fait deffenses de l'ouvrir si ce n'est pour
cause d'inhumation ; et deffend pareillement k toutes personnes, de quelque état et qualité qu'elles soient, de s'assembler dans les rues qui environnent ledit Cimetière et autres rues, places ou maisons, le tout à peine de désobéissance, même de punition exemplaire, s'il y échet.
Enjoint au sieur Hérault Conseiller d'Etat, Lieutenant général de police de la Ville, Prévoté et Vircomté de Paris de tenir la main à l'exécution de la présente Ordonnance qui sera lue, publiée et affichée partout ou besoin sera. Fait à Versailles le 27 janvier 1732. Signé Louis et^ plus bas, Phelypeaux,