REPONSE DU ROI
AUX REMONTRANCES DU PARLEMENT (Bibl. Nat., Remontr. du Parlement, 2i6-69, p. 497).
J'ai examiné en mon Conseil les différentes remontrances de mon Parlement. J'écouterai toujours favorablement celles qu'il me fera lorsqu'elles auront pour objet le bien de la Religion et la tranquillité de l'Etat.
Pénétré du danger de laisser introduire le schisme et de la nécessité d'arrêter tout scandale, je me suis toujours occupé du soin de maintenir le calme dans les esprits et de faire rendre à l'Eglise le respect et l'obéissance qui lui sont dus et je m'occuperai toujours à arrêter et prévenir tout ce qui pourrait être contraire à la sagesse des mesures dont j'ai vu avec satisfaction le fruit pendant plusieurs années.
J'ai puni le curé de Saint-Laurent d'Orléans dès que j'ai été informé de la conduite qu'il avait tenue. Je me suis fait rendre compte de celle du curé de Mussy-Lévêque pour m'assurer de la vérité des faits qui lui sont imputés. J'ai pris des mesures pour retirer le curé de Saint-Etienne-du-Mont d'une paroisse dans laquelle il s'est conduit d'une manière
1. Les conflits de ce genre sont très fréquents à cette époque. Un peu plus tard, une*sœur Perpétue, du couvent de Sainte-Agathe, paroisse de Saint-Médard, requiert Teucharistie avec tout l'appareil des formes judiciaires. Un arrêt de la Cour du Parlement menace Varchevcque de Paris, faute par lui de faire administrer les sacrements à cette dernière, de faire saisir le temporel de son ar^'lievêché à la requête du procureur général.
plus capable d'échauffer les esprits que de les ramener à Tunion et à la concorde.
Mon intention n'a jamais été d'ôter à mon Parlement toute connaissance de la matière dont il s'agit, et si je lui ai ordonné, comme je le fais encore, de me rendre compte des dénonciations qui lui seront faites sur de pareils objets^ ce n'a été et ce n'est que pour me mettre en état de juger par moi-même des voies qu'il convient d'employer dans chaque circonstance, la procédure ordinaire n'étant pas toujours la plus propre par son état à maintenir le bon ordre et la paix qui est le seul bien que je me propose et dans lequel mon Parlement doit chercher à concourir avec moi.
Je renouvellerai tout ce que j'ai déjh prescrit pour imposer silence sur des disputes qu'on voudrait faire renaître et qui devraient être assoupies et j'emploierai mon autorité pour y parvenir. Mon Parlement étant pleinement instruit de mes intentions et obéissant à mes ordres cessera toutes les poursuites et procédures qu'il a commencées sur cette matière et il reprendra sans dilïérer ses fonctions ordinaires pour rendre la justice à mes peuples.
Le Parlement, loin de céder, affirme plus énergiquement encore par les arrêts suivants son droit d'intervention dans les questions de discipline ecclésiastique et prétend fixer les conditions requises pour la réception des sacrements.