‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royautéChapitre 48 sur 88 · RÉCLAMATION · texte numérisé non relu

RÉCLAMATION

DE l'assemblée Générale du clergé de france

(Bib. Nat.,L»d 554).

Nous, Archevêques, Evêques et autres Ecclésiastiques députés à TAssemblée générale du Clergé de France qui se tient actuellement à Paris ;

Vu les procès verbaux des deux précédentes Assemblées,

prœdictœ Consiitutioni publiée et notorie Refractarii sint, denegandum eis esse, ex generali nimirum régula, quœ vetat publicum atqiie notorium peccatorem ad Eucharisticœ Communionis participationem admitti ; sive eam publiée, sive privatim requirat. » (Ëneyclique du 10 oetobre 1756, BuUar. Rom.)

1. « Nous nous sommes proposé dans tous les temps de faire cesser les troubles qui se sont élevés dans notre royaume à l'oceasion de la Constitution Unigenitus en employant également notre autorité à lui faiçe rendre le respeet et la soumission qui lui sont dus et à empêeher Tabus qu'on en voudrait faire en lui attribuant un caractère et des effets qu'elle ne peut avoir par sa nature. Il nous a paru surtout qu'il était important de prescrire un silence absolu sur des Questions qui ne peuvent tendre qu'à troubler la tranquillité publique. Nous avons eu la satisfaction de voir notre Saint Père le pape en rendant justice à notre amour pour la religion, donner ses éloges aux vues qui nous ont conduit pour faire rendre à l'autorité de l'Eglise l'obéissance qui lui est due, entretenir la paix et réprimer ceux qui cherchent à la troubler; et nous avons reçu avec reconnaissance les témoignages que la bonté paternelle de ce saint Pontife qui remplit si dignement la chaire de Saint-Pierre nous a donnés par les lettres qu'il nous a adressées. (Déclarât, à Toccasion de la Constitution Unigenitus^ du 10 décembre 1756).

2. Lettres des évoques assemblés en 1730, en 1738. Lettre des évéques au roi en 1752. Remontrances de 1755, de 1760 et de 1762.

Mention. — Rapports du Clergé avec la Royauté. — II, 7

notamment les Remontrances présentées au Roi par l'assemblée de 1755 et par celle de 1758 ;

Vu aussi les très humbles et très respectueuses Remontrances que TAssemblée qui se tient actuellement à Paris par la permission du Roi a présentées à' Sa Majesté le sept du mois de juin de cette année :

Nous avons déclaré et déclarons persister dans les susdites Remontrances suppliant de nouveau et conjurant le Roi au nom de Jésus-Christ le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs^ de protéger efficacement l'Eglise, ses décisions, ses Ministres, ses Temples et ses Autels contre les entreprises funestes dont le Clergé de France lui porte ses justes plaintes depuis plusieurs années.

Mais le respect dû au Roi par tous ses sujets ne permettant pas de publier lesdites Remontrances sans l'approbation de Sa Majesté et les besoins de T Eglise, la durée et le progrès des maux dont elle gémit exigeant de l'Assemblée présente une réclamation publique en faveur de la sainte autorité qu'on s'efforce d'avilir; Nous, Archevêques, Évêques et autres Députés du Clergé dé France assemblés à Paris, le saint nom de Dieu invoqué, avons déclaré et déclarons au nom de l'Eglise Gallicane :

Que conformément à la parole de Dieu et pour rendre à César ce gui appartient à César '^ nous reconnaissons dans le Roi, notre auguste Souverain, une puissance sur les choses temporelles qu'il ne tient que de Dieu, indépendante dans son exercice autant que dans son origine de l'autorité de l'Eglise et à laquelle nous obéissons toujours avec joie joar le devoir de nos consciences^^ ainsi que ses autres sujets à qui nous devons cet exemple et cet enseignement ; que par une suite de cette obéissance nous respectons dans les Officiers de Sa Majesté la portion d'autorité qu'il lui a plu de leur confier.

Page 1