XLIV
Non sunt nisi duo amores unde volitiones et actiones omnes nostrœ nascuntur; Amor Dei, qui omnia agit propter Deum, quemque Deus remuneratur ; et Amor quo nos ipsos ac mundum diligimus, qui quod ad Deum référendum est, non refert et propter hoc ipsum fît malus.
Le premier effet de la grâce du [Baptesme] est de nous faire mourir au péché ; en sorte que Tesprit, le cœur, les sens n'aient non plus de vie pour le péché que ceux d'un mort pour les choses du monde. (Rom., 6, 2. Ed. 1699.)
Il n'y a que deux amours d'où naissent toutes nos volontez et toutes nos actions ; l'amour de Dieu qui fait tout pour Dieu et que Dieu récompense ; Tamour de nous-même et du monde qui ne rapporte pas à Dieu ce qui doit lui être rapporté et qui par cette raison même devient mauvais. (Jo»n., 5, 29. Ed. 1693, 1699.)
1. Propositions de 44 à 59 contraires aux enseignements de l'Église qui nous dit que « les mouvements de foi, de crainte et d'espérance par lesquels Dieu prépare à la justification ne sont point des péchez, que, bien loin de rendre l'homme hypocrite et plus criminel, ils sont bons et utiles, qu'ils sont des dons de Dieu et des mouvements du Saint-Esprit qui excite l'âme, quoiqu'il n'y habite pas encore, et que les actions qui sont faites par ces motifs non seulement ne sont pas mauvaises mais qu'elles sont des dispositions à la justification, ce que le Concile de* Trente a déclaré. » Instruct. pastor.
Amore Dei in corde Peccatorum non amplius régnante, necesse est ut in eo carnalis regnet cupiditas, omnesque actiones ejus corrumpat.
Cupiditas aut Charitas usum sensuum bonum vel malum faciunt.
Obedientia legis profluere débet ex fonte; et hic fons est Charitas. Quando Dei amor est illius prineipium interius et Dei gloria ejus finis, tune purum est quod apparet exterîus; alioquin non est nisi hypocrisisaut falsa justitia.
Quid aliud esse possumus nisi tenebrœ, nisi aberratio, et nisi peceatum sine Fidei lumine, sine Christo et sine Charitate.
Quand l'amour de Dieu ne règne plus dans le cœur [du pécheur] il est nécessaire que la cupidité charnelle y règne et corrompe toutes ses actions. (Luc, 15, 13. Ed. 1693.)
La cupidité ou la charité rendent Tusage des sens bon ou mauvais. (Matt., 5, 28. Ed. 1693, 1699.)
L'obéissance à la Loy doit couler de source, et cette source c'est la charité. Quand Tamour de Dieu en est le principe intérieur et sa gloire la fin, le dehors est net; sans cela ce n'est qu'hypocrisie ou fausse justice. (Matt., 23, 26. Ed. 1693, 1699.)
Que peut-on être autre chose que ténèbres, qu'égarement et que péché sans la lumière de la Foi, sans Jésus-Christ, sans la charité? (Ephes, 5, 8. Ed. 1693, 1699.)
Ut nuUum peccatum est sine amore nostri, ita nullum est opus bonum sine amore Dei.
Frustra clamamus ad Deum, Pater mi; si spiritus Charitatis non est ille qui clamât.
Fides justificat quando operatur ; sed ipsa non operatur nisi per Gharitatem.
LU
Omnia alia salutis média continentur in (îde tanquam in suo gertnine et semine ; sed haec fides non est absque amore et fiducia . •
Nul péché sans l'amour de nous-mêmes comme nulle bonne , œuvre sans Dieu. (Marc, 7, 22, 33. Ed. 1693, 1699.) r
C'est en vain qu'on crie à Dieu : mon Père ! si ce n'est point l'esprit de charité qui crie. (Rom., 8 , 15. Ed. 1693, 1699.)
La foi justifie quand elle opère, mais elle n'opère que par la charité. (Act., 13, 39. Ed. 1693, 1699.)
LU
Tous les autres moyens de salut sont renfermés dans la foi comme dans leur germe et leur semence ; mais ce n'est pas une foi sans amour et sans confiance. (Act., 10, 43. Ed. 1693, 1699.)
22 LA BULLE i( UNIGENITUS »