‹ Documents réunis par le Comité du bicentenaire de La Bourdonnais, 11 février 1899Chapitre 15 sur 19 · BÉNÉDICTION DE LA SECONDE CLOCHE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION DE LA SECONDE CLOCHE

L'an de grâce mil sept cent quarante six, le quinzième jour du mois d'Août. Je, soussigné, prêtre de la Congre*'" de la mission, curé de la paroisse de St. Louis de l'Isle de France vie. g*""! de Monseigueur l'Archevêque de Paris, ai béni la seconde Cloche de cette Eglise sous le nom de Marie Charlotte, le parrain a été Monsr. de St. Martin gouverneur par intérim, et la marraine dame Marie Charlotte d'Auteuil, épouse de Mr. Mahé de La Bourdonnay, Chevalier de l'Ordre du St. Esprit, officier des vaisseaux de Sa Majesté, Gouverneur et chef des Conseils Supérieurs des Isles de France et de Bourbon, soussignés. (Signé) St. Martin j D'Auteuil de La Bourdonnais j Igou, curé de St. Louis, vie. g*''' .

MAHÈ DE LA ÊOUËDOîîNAIà 199

à Maurice, non seulement en y élevant des Autels au Dieu de ses pères, mais même en suppléant à l'absence du clergé par Tadministration du baptême qu'il conférait laimême aux enfants nouveaux-nés, et par la lecture des prières en public, fut probablement la source de cette fortitude de caractère qu'il montrait dans les plus grands dangers, de cette philosophie chrétienne qui le soutint dans les dernières épreuves d'une existence abreuvée de tant de dégoûts.

" Dans cette Bastille royale dont les murs, témoins des gémissements de tant de nobles victimes, croulèrent trente ans plus tard, devant les excès d'un peuple en courroux que justinaient peut-être tant d'iniquités, La Bourdonnais souffrit avec courage et résignation, pendant trois ans et demi, toutes les douleurs que peut souffrir un homme calomnié par l'envie, maltraité par le gouvernement qu'il a fidèlement servi> spolié, ruiné par ses propres détracteurs, séparé de toute sa famille et privé même des moyens de se défendre. Sa courageuse et persévérante industrie sut se créer des ressources inespérées, qui lui permirent de faire connaître son innocence en même temps que la vérité. Il sortit enfin de son cachot en 1751, solennellement reconnu innocent des infâmes imputations portées contre lui, mais brisé par la douleur et la maladie, incapable désormais de consacrer à son pays le reste d'existence qu'il rendit à Dieu deux ans après, à un âge où il aurait pu faire encore de grandes choses, si la calomnie n'avait interrompu le cours de ses travaux.

^' Né en Février 1 699, à St, Malo, cette patrie de tant

do marins célèbres, Bertrand François Mahé do La Bourdonnais n'avait pas en effet plus de 48 ans quand il fut emprisonne à la Bastille, et moins de 54 ans quand il termina cette brillante carrière commencée dfins la marine à rage de 10 ans. Esprit ardent et persévérant, il profita de toutes les circonstances, non seulement pour acquérir les connaissances propres à son état, mais aussi la science de la guerre, des fortifications, et de l'administration, qui lui furent plus tard d'une si grande utilité.

'^ C'est à un trait d'audace et de dévouement, qu'il dut pour la première fois l'occasion de visiter cette île de France, qu'il devait plus tard féconder des lamières de sou génie et identifier en quelque sorte à son sort et à sa personne. Il était à Bourbon sur un vaisseau du même nom qui coulait bas d'eau, et manquait de tout. On désespérait de le sauver, quand le lieutenant La Bourdonnais proposa de se rendre à l'ile de France pour y chercher les secours nécessaires ; efîectuant en effet sur une simple embarcation cette traversée périlleuse, il en ramena un navire muni de tout ce qui était propre à opérer le sauvetage du vaisseau en danger qui fut ainsi conservé à son pays. La Bourdonnais avait 24 ans alors ; et c'est plus de dix ans après en 1733 que, rentré en France, après avoir fait dans le commerce aux Indes, et au service du Portugal une grande et honorable fortune, l'ambition lui prit d'utiliser les ressources que l'île de France lui avait paru offrir par sa position géographique et par la fertilité de son sol. Il développa ses idées à un des ministres d'alors, le contrôleur Orry, qui, frappé de la supériorité de ses plans^ lui ût confier le Gouvernement de cette île.

Il en prit possession en 1735, et tous ceux qui portent intérêt à notre petite patrie, savent tout ce qu'il fit, en dix ou douze ans d'une administration sage et paternelle, mais toujours ferme, pour la prospérité de cette colonie naissante, et malgré les gigantesques entreprises que son génie mena à bonne fin dans l'Inde et à Madagascar.

*^ Je n'entreprendrai pas moi-même de vous montrer La Bourdonnais sous le triple aspect de Général, d'Amiral et de Diplomate. Cette tâche serait au-dessus de mes forces et de votre patience. Qu'il me suffisB de vous dire que son génie inventif semblait faire surgir les soldats du sol et les vaisseaux du sein des flots ; que son courage et son habileté frappèrent d'admiration les ennemis qu'il eut à combattre, et que sa loyauté et sa fidélité à la foi jurée, lui conquirent leur estime comme le respect de la postérité. Cette loyauté envers la puissance anglaise fut la source de tous ses malheurs, et lui assure à ce double titre la sympathie de ceux qui m'entourent.

'' Quant au jugement de la postérité, je ne puis mieux le résumer qu'en citant l'opinion d'un des plus grands écrivains du siècle dernier. Voltaire, qui, en appelant La Bourdonnais le Duguay-Trouin de son époque, ajoute, qu'il fut " supérieur à Duguay-Trouin par l'intelligence et son égal en courage."

" Tout ce qui constitue encore aujourd'hui les principaux éléments de prospérité de la ville du Port Louis, canaux, ports, casernes, fortifications, y fut créé par La Bourdonnais qui y transporta le siège de son gouvernement. Il avait remarqué les inconvénients que les vents généraux présentent de tous temps à la sortie des navires

du port Sud-Est, la capitale d'alors et les facilites que cette circonstance donne à une attaque de l'extérieur, et il n'hésita pas à lui préférer le port Nord-Ouest que vous habitez aujourd'hui.

" La colonie tout entière doit encore sa richesse aux plantes productives et nourricières qu'importa La Bourdonnais, et aux encouragements de tous genres qu'il donna aux colons dont il était l'ami, l'instituteur et le père.

" Aussi, ne puis-je mieux terminer cette trop longue allocution qu'en vous répétant ce que je disais naguère au digne Gouverneur de la Kéunion, M. Hubert Delisle.

" Après avoir exprimé mes regrets de ne pouvoir assister avec la députation Mauricienne à l'inauguration de la statue de La Bourdonnais à St. Denis, après avoir exprimé l'espoir que bientôt une voix Mauricienne inviterait les Bourbonnais à assister à Maurice à une solennité semblable, j'ajoutais : cette voix quelle qu'elle soit, dira aux Bourbonnais, et je suis heureux de le redire aujourd'hui à quelques-uns d'entr'eux :

*' Venez, frères, assister de nouveau au triomphe du fondateur et du père de nos deux colonies ; voyez notre sol encore empreint des traces de son génie. Ces vastes casernes qu'ombrage un drapeau glorieux aussi, mais qu'il a longtemps combattu, c'est lui qui les a fait surgir de terre ; ce port vaste et sûr, c'est lui qui l'a limité, protégé, créé ; ces forts qui défendent notre rade, ces mûrs qui enceignent notre capitale d'une circonvallation savante, c'est lui qui les a tracés ; ces champs de cannes couverts d'une si riche Qt si abondante moisson, c'est à

lui que nons en devons le premier bienfait ; ces sucreries qui font notre prospérité, c'est lui qui en a conçu la première pensée, fondé le premier établissement. Voici ce Moulin à Poudre où, à sa voix se réinventait en quelque sorte, ce mélange explosible, devenu l'âme des batailles et le gardien de la paix : c'est là que, par son inspiration, le fer, cet agent de puissance et de richesse, de ruine et de production, s'extrayant de notre sol fertile pour le fertiliser encore, pour armer les vaisseaux de sa flotte, pour se transformer en ancres ou fortifier leurs mâtures ; c'est de notre port qu'il partait pour nous montrer la route productive de la grande Ile Africaine oii il allait improviser une flotte que lui refusait un pays ingrat ou que lui disputait la tempête ; c'est de nos rivages enfia qu'il s'éloignait presque seul, pour aller combattre nne puissance déjà colossale dans ces mers. Partout les marques de cet esprit créateur qui de rien, ou de peu, produisait des prodiges de hardiesse et d'industrie; partout les traces encore profondes de ce grand adminis* trateur, de ce grand marin, de ce grand général.

" Cette voix vous dira encore : cet homme persévérant et puissant, qui ne négligeait rien, dont le souffle inspirateur cicatrisait les plaies du passé, en même temps qu'il pourvoyait aux besoins du présent, et préparait les ressources de l'avenir; cet homme qui fonda d'utiles colonies pour la France et voulut lui donner un empire ; cet homme fut méconnu de la France d'alors ; son existence fut abreuvée de dégoût et d'outrages, sa vie s'éteignit dans la douleur. Frères français, nous sommes aussi les descendants de ceux qui furent ingrats envers lui, c'est à nous aujourd'hui de réparer comme vous, les torta de nos pères.

" Messieurs, je pourrais vous parler longtemps encore de cet homme célèbre dont la vie abonde en milliers de traita de courage, de bonté, de dévouement ; ami des plantours de cette île dont il partageait fraternellement le repas frugal, sous les modestes abris élevés par nos premiers parents, et qu'il aidait généreusement de ses propres ressources pécuniaires, je pourrais essayer de vous le montrer tel que Vu dépeint depuis l'inimitable conteur de Paul et Virginie, dans ces pages qui jetèrent longtemps sur cette île, un si vif reflet de douce poésie. Mais je dois m'arrêter ici, avec le regret d'avoir si imparfaitement rempli le devoir qui m'était imposé par la confiance des souscripteurs, et du Comité La Bourdonnais.

" Tel fut Bertrand François Mahé de La Bourdonnais, Gouverneur général des îles de France et de Bourbon, Capitaine des Vaisseaux de France et de Portugal, Chevalier de St. Louis et Commandeur de l'Ordre du Christ.

'* Le piédestal de la statue formé de notre belle pierre basaltique, et travaillé avec le fini ordinaire de nos ouvriers ne contient encore aucune inscription. Voici celles qui ont été adoptées par le Comité La Bourdonnais et revues par M. Le Normand de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres.

Face Antérieure :

A Mahé de La Bourdonnais,

Les Maur iciens

Reconnaissants

Face Postérieure :

Ecusson de La Bourdonnais

Bertrand François Mahé de La Bourdonnais

Né à St. Malo en 1699

Gouverneur Général des îles

de France et de Bourbon

De 1734 à 1746;

Enfermé à la Bastille

De 1748 à 1751 ;

Mort le 9 Sejptemhre 1753

Face Droite :

Ce monument

Elevé à Vaide des souscriptions volontaires

a été voté en assemblée 'publique

des hnbitants de Maurice,

Sous le Gouvernement et avec le concours

de Sir J. M. Higginson, K, C. B,

En 1853.

Par les soins du Comité Spécial

librement élu

et avec l'assistance

de la Municipalité de Port-Louis

ce monument a été inauguré

Sous le Gouvernement de 8. Exe» TF. Stevenson, Ç, J5.

En 1859.

'' Le Maire du Port-Louis a appelé nos artistes à concourir à ^embellissement de cette fête par l'union de la poésie et de la musique ;— vous entendrez tout-à-l'heure la belle Cantate de M. Jérémie Basset ; et si la musique exécutée aujourd'hui, et composée par M. Emmanuel n'est pas due à un créole, — celle que vous entendrez demain au Théâtre sera du moins, comme la poésie, l'œuvre d'un de nos compatriotes, M. Berger.

" Et maintenant que ce grand devoir est accompli, ai-je besoin de vous rappeler, Messieurs, que nous aussi. Mauriciens du 19ème siècle, nous n'avons connu depuis quelques années que de bons Gouverneurs. Les derniers qui se sont succédé à la tête de notre gouvernement ne semblent-ils pas avoir pris à tâche de continuer l'œuvre de leur illustre prédécesseur ? Que n'ont-ils pas déjà fait pour notre prospérité matérielle ? Que n'out-ils pas fait pour nos progrès en tous genres ? Cette fête qui réunit en un seul sentiment les descendants de la France et de l'Angleterre, ne vous parle-t-elle pas de leur libéralisme plus éloquemment que ne pourraient le faire mes paroles ? Cette exposition de l'Apfriculture, de l'Industrie et des beaux Arts, qui s'ouvre demain dans la demeure même de nos Gouvernants respectés, ne témoigne-t-elle pas de leur sollicitude constante et éclairée pour tous nos véritables intérêts ?

" Soyez en sûrs, ils seront toujours fiers de votre reconnaissance pour leurs efforts, de votre loyauté et de votre fidélité envers notre gracieuse souveraine. Mais ils ont l'esprit trop haut placé pour ne pas estimer et respecter toujours aussi la reconnaissance de nos souvenirs.

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qu'un même élan vous transporte donc à la vue de cette statue : descendants des colons de l'île de France, acclamez le fondateur de notre île ! Et vous, enfants de Maurice, bénissez le bienfaiteur de vos pères.

Discours de M. Charon

" Excellence, Mesdames, Messieurs,

'' Les paroles éloquentes qui ont été prononcées par les orateurs éminents qui m'ont précédé à cette place, me dispenseront de vous entretenir longuement de la grande solennité à laquelle vous ayez été conviés.

" LHonorable Fropier vient de vous retracer à grands traits les titres principaux de Mahé de La Bourdonnais à la reconnaissance de tous les Mauriciens, permettez-moi cependant de vous en rappeler un seul, afin de caractériser l'imposante manifestation à laquelle vous vous êtes associés tous de cœur et d'âme.

'' L'image que vous avez devant vous vous représente les traits aimés et respectés du fondateur de notre Colonie. C'est en effet, à l'homme illustre auquel les colons de Maurice paient, après un siècle, je ne dirai pas d'oubli, mais au moins d'indifférence, un juste tribut de gratitude et d'admiration, que nous devons la création de notre belle cité.

" Quelques mois à peine après avoir débarqué au milieu de nos forêts vierges, sou esprit essentiellement colo-

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nieateur, avait deviné qu'il existait dans notre île un endroit plus favorable sous tous les rapports pour asseoir les bases d'un grand établissement— «tel que son génie l'avait rêve— lorsqu'on quittant sa patrie, il prenait entre les mains de son Roi l'obligation de fonder dans l'océan indien, une succursale des établissements français dans l'Inde. Cet endroit, ai-je besoin de vous le nommer ! La hache des premiers colons dirigée par sa puissante impulsion, ne tarda pas à se faire entendre au milieu de ces magniques collines que vous avez devant les yeux, et bientôt le Port Louis sortit pour ainsi dire de son chaos !

" N'est-ce point là un droit suffisant pour mériter votre reconnaissance ? Qu'ai-ja dès lors besoin de vous redire tonte l'histoire de La Bourdonnais ? Cette histoire ne la connaissez-vous pas tous ? N'est-elle pas gravée en lettres impérissables dans la mémoire de tous les Mauriciens ? Ce serait faire injure à mes compatriotes que d'en douter un seul instant ; et d'ailleurs, tant pis pour ceux qui ne veulent point la savoir ! Ce que je sens le besoin de vous dire, c'est que cette manifestation toute coloniale, est, à tous égards, digne de celui qui reçoit en ce jour nos hommages, et en même temps digne des Colons de Maurice.

'^ Comment ne pas être fier, mes chers compatriotes, d'avoir contribué, par tous les moyens en mon pouvoir, à une semblable fête, lorsque la voix animée de notre Gouverneur actuel vieut de nous faire entendre des paroles empreintes d'un libéralisme si élevé et si conforme au grand principe, du grand peuple dont l'étendard nous abrite ? Oh ! pardonnez-moi d'avoir un moment d'orgueil

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et de fierté en voyant que mes humbles efforts pour donner à cette grande solennité tout Péclat et toute la pompe

qu'elle mérite,, ont rencontré vos sympathies et votre adhésion franche et cordiale.

"Je suis heureux de constater votre empressement

à vous joindre au labeur de la Municipalité de Port- Louis, chargée de faire exécuter le piédestal de la statue La Bourdonnais en même temps que de diriger les préparatifs de la solennité de ce jour, Theureux accomplissement de cette tâche me récompense au centuple de tout ce que j'y ai pu apporter de soins personnels, d'attention et de persévérance.

'' Je n'oublierai jamais que ce grand événement aura éclairé comme un brillant météore, ma courte et épineuse administration. Et si je puis songer à une autre satisfaction que celle que je puiso tout entière dans la conviction d'avoir fait mon devoir, je la trouverai assurément dans ces paroles flatteuses et bienveillantes fc[ue Son Excellence le Gouverneur a bien voulu m'alrcsser.

'' En présence d'une pareille approbation, ai-je besoin de vous répéter que vous pouvez sans crainta vous livrer à toute l'expansion de votre cœur et honorer du plus profond de votre âme, le fondateur de notre colonie. Son Excellence vous a dit mieux que je ne saurais vous le répéter : ^' Les grands hommes sont de tous les pays"

^' Et soyez-en persuadés, le chef du pays est, lui aussi, jjeureux de pouvoir assister à une pareiHo fête coloniale.

Hier il prenait part à une solennité industrielle, (l) aujourd'hui il se joint aux colons de Maurice pour l'accomplissement d'un devoir sacré — celui de la reconnaissance— demain il présidera avec le même bonheur au triomphe de notre agriculture et de notre industrie dans une exposition inter-coloniale Après demain, peut-être,

Messieurs, il se joindra avec empressement à une fête tout aussi coloniale— celle du baptême du nouveau canal. (2)

" Tontes ces solennités, toutes ces manifestations populaires, faites avec le sentiment de l'ordre, du respect et dos convenances qui anime ce nombreux auditoire, trouveront j'en suis convaincu une approbation égale dans son esprit.

" Et lorsqu'il plaira à notre Gracieuse Souveraine de confier aux mains habiles de M. Stevenson, les destinées d'une possession plus considérable, il se rappellera que sous son administration éclairée et paternelle, notre chère Maurice lui a offert ce beau et magnifique spectacle d'une population qui loin d'avoir dégénéré, a au contraire, marché avec les progrès du siècle éminemment civilisateur dans lequel nous vivons.

" Encore un mot et j'ai fini : Ces dernières paroles, je vais les prononcer avec toute la conviction que je ressens, pénétré que je trouverai dans cette nombreuse assemblée un écho sympathique.

(1) L'inauguration du Stevenson Dock.

(2) Le canal Municipal qui conduit l'eau de la Grande Rivière h Port Louis.

" Messieurs, un grand et beau sentîtneDt vous a conduits dans cette enceinte. Il s'agissait de déposer en fils reconnaissant votre hommage aux pieds de ce monument que la gratitude publique élève aujourd'hui à Mabé de La Bourdonnais^ et vous Favez fait avec la dignité et le recueillement que commandait ce devoir patriotique. Maintenant vous n'emporterez de ce lieu qu'un souvenir, mais ce souvenir sera beau et grand aussi, car dans votre cœur vous conserverez un profond sentiment d'estime et d'affection pour le chef actuel du paj^s.

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