‹ Documents réunis par le Comité du bicentenaire de La Bourdonnais, 11 février 1899Chapitre 8 sur 19 · LÉON GUÉRIN · texte numérisé non relu

LÉON GUÉRIN

(Histoire Maritime de France^ T, II, Ch, VII, ^me édition, 18 44.)

La Bourdonnais arriva victorieux à Pondicbéry et s'y trouva en présence de Dupleix, Deux systèmes opposés, deux autorités indépendantes l'une de l'autre avec des limites mal déterminées, deux caractères également fiers et absolus, l'un emporté et rancuneux, l'autre concentré, profond, inflexible, c'était plus qu'il n'en fallait pour susciter d'inévitables conflits : mais ce n'était rien encore ! Les ministres et la Compagnie avaient tout fait pour rendre la conciliation impossible ; ils avaient tout à la fois conféré à La Bourdonnais des pouvoirs qui semblaient l'autoriser à prendre la prépondérance pour les opérations militaires, et investi Dupleix d'une sorte de dictature, en lui permettant secrètement d'agir sans le contrôle du conseil supérieur de l'Inde : ils avaient tout à la fois défendu à La Bourdonnais de conserver les comptoirs ennemis dont il s'emparerait et

enjoint à Dupleix de prendre possession de Madras, si l'on pouvait s'en rendre maître^ et de céder cette colonie anglaise an Nabab de Carnatic. Eufin, La Bourdonnais avait été désigné par le contrôleur général comme le successeur éventuel de Dupleix et celui-ci le savait ! Aussi ces deux hommes dont l'accord nous eût donné l'Asie, furent-ils ennemis dès le jour de leur rencontre !

Après deux mois perdus en tiraillements, en défiances réciproques, en efforts infructueux pour attendre l'escadre anglaise, La Bourdonnais se décida au siège de Madras ; deux mille soldats débarqués de Tescadre, assaillirent une ville de cent mille âmes, garnie de deux cents pièces de canon, mais mal fortifiée par la lésinerie de la Compagnie anglaise, qui n'avait pas montré {jusqu'alors plus de vues politiques que la française. Le gouverneur anglais avait compté que le nabab de Carnatic interviendrait au nom de la neutralité qu'il avait garantie ; mais le nabab, prévenu qu'on lui céderait Madras, ne bougea pas. Les Anglais, peu nombreux parmi une masse inerte d'Hindous, s'effrayèrent et se rendirent presque sans résistance (15-21 septembre 1746), La Bourdonnais exigea qu'ils fussent tous prisonniers de guerre et que tous les biens meubles, soit de la Compagnie anglaise, soit des particuliers, fussent livrés aux Français ; mais il promit que la ville serait ensuite restituée aux Anglais, et les prisonniers délivrés, moyennant une rançon d'environ 9 millions. Il croyait rendre un grand service à la Compagnie en lui assurant un butin de 13 à 14 millions, outre la part des soldats et des marins et celle qu'il se faisait à lui-même. Dupleix ne l'entendait pas ainsi; n'ayant pu prévenir cette capitulation, il voulut obliger La Boar«

donnais à la rompre et lui signifia qu'il avait outre-passé ses pouvoirs ; que Madras ne serait pas rendu aux Anglais. La Bourdonnais répondit qu'il était maître de sa oouqpête, quMl avait exécuté ses instructions et qu'il tiendrait sa parole. La querelle en vint à ce point, que le'conseil supérieur, que présidait Dupleix, voulut, dit-on, faire arrêter ou enlever La Bourdonnais dans Madras, et que La Bourdonnais fît arrêter les officiers du conseil. On rentra toutefois en pourpalers, mais, tandis que La Bourdonnais s'obstinait à rester à Madras jusqu'à ce que l'affaire fût réglée, arriva l'époque semestrielle du vent du nord (mousson), saison dont le début est très dangeureux pour les vaisseaux sur cette côte dépourvue de ports et de havres. La nuit du 13 au 14 Octobre, un terrible ouragan abîma corps et biens deux des vaisseaux de La Bourdonnais et démâta les autres. C'était le naufrage de sa fortune. Le malheureux marin se résigna enfin à quitter l'Inde à la fin d'Octobre et à ramener à l'Ile de France ceux de ses navires qui purent tenir la mer.

Il trouva dans ces îles un successeur déjà installé. La Compagnie le punissait de torts qui étaient à elle et aux ministres beaucoup plus qu'à lui, présage peu rassurant pour le rival à qui on semblait le sacrifier et qui n'avait pas lieu de s'attendre à plus de justice. Il voulut retourner en France pour se justifier : il passa aux Antilles et, de là, en Europe, déguisé, sur un bâtiment hollandais: le navire relâcha en Angleterre; La Bourdonnais fut reconnu et saisi comme prisonnier de guerre. Il sut qu'une instruction judiciaire était commencée contre lui à Paris : il obtint du gouvernement anglais la per»

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mission de rentrer en France sur parole : à peine arrivé, il fut jeté à la Bastille (6 mars 1748), Les vieilles haines qui couvaient contre lai dans lés bureaux de la Compagnie s'étaient jointes aux dénonciations parties de Pondicbéri. Il fut tenu dIus de deux ans au secret ! Ce fut seulement pendant la troisième année de son emprisonnement qu'il put se faire entendre. Il le fit avec un succès complet : l'accusation de trahison n'était pas soutenable; celle de désobéissance tomba devant les instructions ministérielles qu'il exhiba. Il fut acquitté aux applaudissements universels (1751) ; mais sa santé était ruinée par la captivité ; son frère et son meilleur ami, enveloppé dans son procès, était mort dans les fers ; la Compagnie soutenue par l'arbitraire ministériel, lui disputait les débris de sa fortune. Il mourut, miné par le chagrin, le 10 novembre 1753.

La France entière le pleura, sans savoir la vraie cause de ses malheurs, et la défaveur qui rejaillit sur Dupleix, présenté comme un rival égoïste et jaloux, prépara une seconde et plus grande victime...

Henri Martin.

{Histoire de France. — Paris, éme Edition T. XV, -p, 310.)

Obligée d'envoyer à l'Ile-de-France des colons, des munitions, des vivres, la rigide Compagnie comptait avec amertume l'argent qu'elle dépensait sans en rien retirer. Elle ne comprenait poiot l'importance de cette nouvelle

MAHÉ DE U BOUEDONNÀIS 83

conquête, et, comme les Hollandais, elle l'aurait peut-être abandonnée, si, des plages fécondes de la Bretagne, de la petite ville de Saint Malo, n'était sorti un jeune officier qui, par une ordonnance royale, fut nommé gouverneur de nos possessions africaines. C'était Labourdonnais, notre admirable et infortuné Mahé de Labourdonnais, un de nos héros dans les régions de l'Inde avec Dupleix.

Labourdonnais et Dupleix, ces deux hommes de génie ! Quel malheur qu'ils soient devenus ennemis l'un de l'autre ! S'ils avaient pu agir en bon accord avec leurs vastes conceptions et leur ardent courage, nous n'aurions pas perdu notre pouvoir dans l'Inde, et Macauîay n'aurait pas raconté les triomphes de Clive, Labourdonnais et Dupleix, tous deux si conquérants, et tous deux à la fin de leur vie si malheureux ! Les succès les plus éclatants doivent-ils donc être achetés par les souffrances les plus amères ? Il est long le martyrologe de ceux qui se sont dévoués à une grande œuvre, et il s'accroit à chaque nouvelle entreprise.

Labourdonnais fut le vrai fondateur de notre colonie à l'île-de-France. Avant lui tout était là dans un état de misère et d'anarchie. Grâce à son intelligence, à son zèle, à son intrépide résolution, il réprima tous les désordres et surmonta toutes les résistances D'une

nature aristocratique, d'un caractère vigoureux jusqu'à la violence, pour accomplir ses projets il ne reculait devant aucun obstacle, ni aucune inimitié. A la fin ses ennemis devinrent ses maîtres, ils le firent enfermer à la Bastille, lui le bienfaisant administrateur, l'héroïque soldat. Quand il recouvra sa liberté, ses forces étaient épuisées ; il mourut

84 MÂH^ DE ni 1ÎDTIBT5DN1TÂTS

quelques mois après. Le gonvernemenfc de la France rendit à Labourdonnais une tardive justice. La colonie de Pile de France n'a cessé d'honorer et de bénir sa mémoire,.,

Xavier Maemier.

fEn Pays Loîntains.'^Pans 1876.)

Avec La Bourdonnais^ il s'opéra immédiatement un changement complet dans la position relative des deux îles : Bourbon passa au second plan. Le gouverneurgénéral n'y venait que par occasion ; il avait compris l'immense avantage que procuraient à l'Ile de France, au point de vue militaire, les deux ports dont elle est pourvue ; il y fixa sa résidence et y appliqua tous ses soins, tous ses efforts, tous ses moyens. Certes, c'était opérer comme il fallait ; c'était avoir le sens politique et agir dans l'intérêt de la patrie commune : à cet égard, il n'y a place que pour des éloefes, et il ne faut pas les marchander. Le mal que l'Ile de France a fait au commerce et à la marine anglaise pendant la révolution et le premier empire doit être en grande partie rapporté à La Bourdonnais qui en avait posé les moyens. Mais, si d'un autre côté, nous resserrons le cercle de nos appréciations, et (tranchons le mot) si nous faisons une part à l'amour du clocher, nous serons tout porté à penser que lorsque les habitants de Bourbon exaltent La Bourdonnais et lui dressent des statues, ils y mettent un peu de naïveté. Bourbon^ sous sou administration^ comme plus tard> sons

MA3Ê DE LÀ BOtJïiCOimAîS 8S

celle de M. Decaen, homme à son tour très remarquable, fut complètement sacrifié à Tîle voisine

Elte Pajot.

{Simples Renseignements sur Vile Bourhont*^ Paris, 1887, p, 102,)

Mahé de La Bourdonnais succède à M. Dumas, il est nommé gouverneur-général des Iles de France et de

Bourbon Il avait déjà fait ses preuves comme marin,

comme militaire, quand la compagnie, à laquelle il avait rendu des services marqués, pensa à lui donner ce commandement important. Son habileté, son énergie éprouvées le désignaient pour l'administration des deux îles. Il devait de plus commander une flotte et combattre les Anglais dans la mer des Indes. Homme de génie, d'une rare énergie, ses facultés de premier ordre s'étendaient à

tout A son premier retour, en France, Labourdon-

nais, pendant la traversée, écrivit un mémoire sur les îles de France et de Bourbon. Il fait ^historique des premiers établissements, considère avec raison Regnault et ses compagnons comme les premiers pionniers de l'île Bourbon. Ce mémoire qu'on trouve aux archives de la marine fait voir la netteté de vUe de cet esprit supérieur, et les efforts qu'il fit pour donner à ces îles une importance agricole et commerciale si nécessaire au mouvement qui s'accroissait chaque jour davantage dans la mer des Indes, i i.j.iv;.;

Labourdonnais fit beaucoup pour Bourbon, mais on peut dire qn*il fut le fondateur de l'île de France...

Dr. h. Lacaze.

{VHô Bourhon, Vile de France, Madagascar, J?echerches Historiques, — Paris, 1880, p. 153.^

Sans Bernardin de Saint-Pierre, qui lui a fait jouer un rôle dans Paul et Virginie, le nom de La Bourdonnais n'aurait peut-être pas eu la célébrité qu'il méritait par lui même. C'est la littérature, plus que l'histoire, qui a assuré sa renommée. Il n'est peut-être pas beaucoup de personnes se rappelant les circonstances de l'expédition de Madras, pourtant extraordinaire par son audace et son succès. Il en est beaucoup plus qui se souviennent, dans le roman, de la scène où La Bourdonnais, gouverneur de rîle de France, vient trouver Mme de La Tour et s'écrie : "Il n'y a ici que des meubles en bois, mais on y trouve des visages sereins et des cœurs purs..."

On sait, " en gros " que La Bourdonnais, après avoir combattu glorieusement pour son pays, fat victime quand il revint en France, d'abominables calomnies, et que, au lieu des récompenses qui lui étaient dues, il trouva un cachot à la Bastille, d'oii il ne sortit — réhabilité— que pour mourir. Les gens un peu mieux informés ont l'impression vague que ce '* colonial " d'autrefois eut de terribles démêlés avec Dupleix, pour le malheur de la Franco, car que n'eussent pas accompli ces deux hommes de magnifique énergie^ s'ils eussent été unis au lieu d'être divisé» I

màhë de là bouedonnàis S7

Mais la vérité vraie est qu'on ne songeait plus beaucoap, chez nons, à La Bourdonnais, sur lequel on ne connaît communément que des anecdotes.

Eh bien, c'est en terre anglaise qu'on va instituer des fêtes en son honneur et célébrer le second centenaire de sa naissance !

Voilà qui paraît assez orignal, la mémoire de ce héros français glorifiée dans une dépendance de l'empire britannique, et glorifiée avec éclat ! Entre autres manifestations, ne parle-t-on pas de l'émission d'un timbre-poste, à son eflSgie, qui aura cours pendant quelques jours ?

Ce sont les habitants de Maurice — l'ancienne île de France— qui ont eu cette idée. Elle est à leur honneur autant qu'à l'honneur du souvenir de La Bourdonnais qui fut, en fait, le vrai fondateur de la colonie que nous perdîmes en 1810. Il a déjà sa statue, là-bas, sur la Place d'Armes de Port-Louis, et il ne l'a que depuis que Maurice est aux Anglais. Il fut, pourtant, un de leurs plus redoutables adversaires ; il leur infligea, dans l'Inde, un terrible échec. Mais ils ont dû lui rendre justice. N'est-ce pas Macaulay qui a dit de lui " qu'il joignait les vertus aux talents ", et John Hennessy, l'historien des luttes de la France et de l'Angleterre dans l'Inde, n'a-t-il pas tracé de La Bourdonnais un portrait presque enthousiaste ?

Les autorités britanniques, aujourd'hui encore admettent sans difficulté que les Mauriciens, demeurés malgré le temps qui s'est écoulé depuis la conquête anglaise, tous attachés aux souvenirs de leur origine française, rendent un solennel hommage à l'homme qui, naguère, créa réellement leur pays, bâtit leur capitale, donna à l'île une prospérité qu'elle n'a plus retrouvée, £n

ce temps d'aniveraelle intolérance le fait ne laisse pas d'être assez remarquable. C'est l'initiative particulière qui a pensé à cette commémoraj^ion, mais le gouvernement de Maurice sera amené à s'associer plus ou moins directeà ces fêtes ; or, La Bourdonnais fut un ennemi loyal et chevaleresque, mais il fut un ennemi déclaré de l'Angleterre.

Déjà, il y a quelques années, le gouvernement anglais avilit contribué de ses deniers à la restauration du tombeau d'un autre adversaire de jadis, le général Malartic qui, de 1792 à 1800, mérita le surnom de " sauveur de la colonie", inscription qui se trouve encore sur son monument.

Tout ceci prouve donc, en fait, la force de l'empreinte française. La France ne sut pas garder toutes ses colonies, mais elle eut les meilleurs colonisateurs puisqu'ils surent se faire aimer, ce qui semble bien la plus solide preuve qui puisse être donnée de ce genre expansif. Là où nous ne sommes plus, au Canada, à Maurice, les traditions françaises subsistent, très vivantes et, en quelque sorte, inexpugnables ; notre langue est toujours parlée ; il ne s'est guère opéré de fusion entre conquis et conquérants, et même, sans pouvoir former le rêve d'un retour à la mère-patrie, les populations gardent tous les signes distinotifs de la race d'où elles sont sorties. L'exemple est frappant de cet anniversaire, dont on ne s'était pas avisé en France, et que relèvent les Mauriciens par une pensée dont nous ne pouvons point ne pas être toucliés...

Paul Ginisty, (Le Petit Maraeîllaisj 1899;.

MAsé i>E LA BOUEDONNÀtS §9

Ifl 1735, La Bourdonnais was appointed governor of the islands. This was a remarkable man...,Apprized of his knowledge and capacity, the French government turned its eyes upon him, as a man well qualified to aid in raising the colonies in the eastern seas from that state of dépression in which they remained.

In 1734 he was nominated governor gênerai of the isles of France and Bourbon, where he arrived in June 1735. So little had been done for the improvement of thèse islands, that the people, few in nutnber, were living nearly in the state of cature. They were poor, without industry, and without the knowledge of almosfc any of the useful arts. They had neither magazine, nor hospital, neither fortification, nor défensive force, military or naval. They had no roads ; they had no beasts of bûrden, and no vehicles. Everything remained to be done by Labourdonnais ; and he was capable of everytbiug. With the hand to exécute, as well as the head to contrive, he could construct a ship from t^ie keel : he performed the fu notions of engineer, of architect, of agriculturist ; he broke bulls to the yoke, coustructed vehicles, and made roads : he apprenticed blacks to tho few handicrafts whom he carried ont with hiœ : he prevailed upon the inhabitants

to cultivate the ground ; aud introduced the culture of the sugar-cane aud indigo : he made indnstry and the useful arts to flourish ; contending with the ignorance, the préjudices, and the inveterate habits of idleness, of those with whom he had to deal, and who opposed him at every step. To introduce any degree of order and vigilance into the management even of the hospital which be

constructed for the eick, it was necessary for him to perform the office of superintendant himself, and for a whole twelvemonth he visited it regularly every morning. Justice had been administered by the Councils, to whom that funcfcion regularly belonged, in a manner which produced great dissatisfaction. Daring eleven years that Labourdonnais was governor, there was but one lawsuit in the Isle of France, he himself having terminated ail différences by arbitration

It was in conséquence of an express article in his orders frotn home, that Labourdonnais agreed to the restoration of Madras. But nothing could be more adverse to the views of Dupleix. He advised, he entreated, he menaced, he protested ; Labourdonnais, however proceeded with firinness to fulfil the conditions into which he had entered. Dupleix not only refused ail assistance to expedite the removal of goods, and enable the ships to leave Madras before the storms which accompany tbe change of monsoon ; he raised up every obstruction in his power and even endeavoured to excite séditions among Labourdonnais* own people, that they might seize and send him to Pondicherry. On the night of the 13tli October, a storm arose, which forced the ships out to sea. Two were lost^ and only fourteen of the crevv of one of them were saved. Another was carried so far to the southward, that she was unable to rejoin the coast ; ail lost their masts and sustained great and formidable injury.Disregarding the most urgent entreaties for assistance, Dupleix maintained his opposition. At last, a suggestion was made, that the articles of

the treaty of ransom should be so far alfcered, as to afEord time to the French, for removal of the goods ; and Laboardonnais and the English, though with some reiuctance, agreed, that the period of évacuation should be changed from the 15th October to the 15th of January. This was

ail that Dupleix desired Hastening to Europe to

make his defence or answer the accusations of hia enemies, he took his passage in a ship belonging to Holland. In conséquence of the déclaration of war she was forced into an English. harbour. Labourdonnaia was recognized, and made a prisoner ; but the conduct which he had displayed at Madras was known and remembered. AU ranks received him with faveur and distinction. That he might not be defcained, a director of the East India Company oïïered to become a security for him with his person and property. With a corresponding liberality, th.e government declined the offar, desiring no security but the word of Labonrdonnais. His treatment in France was différent. The représentations of Dupleix had arrived ; A brother of Dupleix was a director of the East India Company ; Dupleix had only violated a solemn treaty ; Labourdonnais had only faithfuUy and gloriously served his couatry; and he was

thrown into the Bastille../'

James Mill.

{The History of British India-'-'Londonf 1858, Vol. III, p. 39 et seq...)

[Traduction]

En 1735, La Bourdonnais fut nommé gouverneur des Iles. C'était un homme remarquable... Ses connaissances et ses capacités le désignèi^ent au gouvernement français comme l'homme

ayant toutes les qualités voulues pour relever les colonies des mers orientales de l'état de dépression dans lequel elles se trouvaient. En 1734 il fut nommé gouverneur-général des Iles de France et de Bourbon où il arriva en Juin 1735. On avait si peu fait pour améliorer ces îles, que les habitants qui étaient en très petit nombre vivaient presque à l'état de nature.

Ils étaient pauvres et n'avaient aucune industrie, et ignoraient presque tous les arts utiles. Ils n'avaient ni magasins, ni hôpital, ni fortifications, ni force défensive militaire ou navale. Ils n'avaient ni routes, ni bêtes de somme, ni véhicules : La Bourdonnais avait tout à faire, et il pouvait tout faire. Capable d'exécuter aussi bien que de concevoir, il était à même de construire un vaisseau depuis la quille. Il remplit les fonctions d'ingénieur, d'architecte et d'agriculteur : il dompta des boeufs, construisit des véhicules, ouvrit des chemins : il mit des noirs en apprentissage sous les quelques artisans qu'il avait emmenés avec lui : il persuada aux habitants de cultiver leurs terres ; et introduisit la canne à sucre et l'indigo : il fit fleurir l'industrie et les arts utiles ; luttant contre l'ignorance, les préjugés et cette habitude de paresse invétérée chez ceux avec lesquels il se trouvait et qui à chaque pas lui faisaient de l'opposition. Pour mettre un peu d'ordre et de vigilance dans la direction même de l'hôpital qu'il avait construit, il lui fallut remplir les fonctions de surintendant, et chaque matin pendant toute une année il visita régulièrement cet hôpital.

La justice, administrée par les Conseils auxquels ces fonctions appartenaient régulièrement, l'avait été d'une façon telle qu'elle avait donné lieu à de grands mécontentements. Pendant les douze années que La Bourdonnais fut gouverneur il n'y eut qu'un seul procès à l'île de France, il avait lui-même réglé, par arbitrage, tous les différends

C'est en vertu d'un article exprès des ordres qu'il avait reçus de la métropole que La Bourdonnais consentit à rendi^e Madras. Mais rien ne pouvait être plus contraire aux vues de Dupleix. Il conseilla, supplia, menaça, protesta ; La Bourdonnais, néanmoins continua à remplir avec fermeté les engagements qu'il avait contractés. Non seulement Dupleix refusa toute assistance pour accélérer le transport des marchandises et pour permettre aux navii^es de quitter Madras avant les ouragans qu'accompagne généralement le changement de mousson, mais encore il souleva toutes les difficultés possibles, et alla même jusqu'à fomenter la sédition parmi les hommes ae La Bourdonnais, dans Tespoir de le voir arrêté et

MA HE PE Là BOURDONNAIS

conduit à Pondicliéiy. Dans la nuit du 13 Octobre, une tempête s'éleva et força les navires à prendre le large. Deux furent perdus ; et l'un des deux en outre ne sauva que quatorze hommes de son équipage. Un autre fut entraîné si loin dans le sud qu'il ne lui fut pas possible de regagner la côte ; tous perdirent leurs mâts et éprouvèrent de grandes avaries. Sourd aux plus pressantes demandes de secours, Dupleix maintint son opposition, A la fin, on suggéra la modification des articles du traité de rançon de façon à donner aux Français le temps d'enlever les marchandises. La Bourdonnais et les Anglais acceptèrent, quoique avec répugnance, que le temps fixé pour l'évacuation de la ville fut changée du 15 Octobre au 15 Janvier. C'était tout ce que désirait Dupleix....

Il se hâta de partir pour l'Europe pour se défendre des accusations de ses ennemis ou pour j répondre ; il prit passage à bord d'un navire hollandais. En raison de la déclaration de guerre le bateau fut forcé de se réfugier dans un port anglais. La Bourdonnais fut reconnu et fait prisonnier ; mais on connaissait sa conduite à Madras et on s'en souvint. Toutes les classes de la société le reçurent avec honneur et distinction. Pour éviter sa détention, un directeur de la Compagnie des Indes Orientales offrit de le cautionner de sa personne et de ses biens. Le gouvernement, avec la même magnanimité, refusa l'oSre, ne voulant d'autre caution que la parole de La Bourdonnais. On le traita différemment en France. Les représentations de Dupleix étaient arrivées : un frère de Dupleix était dii-ecteur de la Compagnie des Indes Orientales ; Dupleix n'avait fait que violer un traité solennel ; La Boui^donnais n'avait fait que servii^ son pays avec fidélité et gloire — et il fut jeté à la Bastille...

James Mill.

{L'Histoire de l'Inde Anglaise. — Londres^ 1858f Vol. III p. 39 et suiv.)

La Bourdonnais, ^overnor o£ Mauritius, a man of eminent talents and virtuegj conducted an expédition to tbe continent of India in spite of tbe opposition of the British fleet, landed, asserabled an army, appeared before Madrasj and compelled the towu and fort to capitulate, The keys were delivered ap ; the French colours werQ

displayed on Fort St. George ; and the contents of the Company's warehouses were seized as prize of war by the conquerors. It was stipulated by the capitulation that the English inhabitants should be prisoners of war on parole, and that the town should remain in the handa of the French till it should be ransomed. La Bourdonnais pledged his honour that only a moderato rausom should be required.

But the success of La Bourdonnais had awakened the jealousy of his countryman, Dupleix, governor of Pondicherry. Dupleix^ moreover, had already begun to revolve gigantio schemes, with which the restoration of Madras to the English was by no means compatible. He declared that La Bourdonnais had gone beyond his powers ; that conquests made by the French arms on the continent of India were at the disposai of the governor of Pondichery alone; and that Madras should be razed to the ground. La Bourdonnais was compelled to yield. The anger which the breach of the capitulation excited among the English was increased by the ungenerous manner in which Dupleix treated the principal servants of the Company. The governor and several of the first gentlemen of Fort St. George were carried under a guard to Pondicherry, and conducted through the town in a triumphal procession under the eyes of fifty thousand spectators. It was with reason thought that this gross violation of public faith absolved the inhabitants of Madras from the engagements into which they had entered with Labourdonnais...

LoBD Macaulay.

(Essay on Lord Clive.)

MAHB DB LA BOUEDÔNNAIS 95

[Traduction]

La Bourdonnais, gouverneur de Maurice, homme doué de grandes qualités et de grandes vertus, dirigea une expédition dans l'Inde malgré l'opposition de la flotte anglaise ; il débarqua, réunit une armée, se présenta devant Madras et obligea la ville et le fort à capituler. Les clés furent livrées, les couleurs françaises furent déployées sur le fort St. Georges ; et les vainqueurs prirent ce qui se trouvait dans les magasins de la Compagnie. Il était stipulé dans la capitulation que les habitants anglais seraient prisonniers de guerre sur parole, et que la ville resterait au pouvoir des Français jusqu'à sa rançon. La Bourdonnais donna sa parole qu'il n'exigerait qu'une rançon raisonnable. Mais les succès de La Bourdonnais avaient éveillé la jalousie de son compatriote Dupleix, gouverneur de Pondichéry. Dupleix avait de plus commencé à former des projets gigantesques qui ne s'accordaient nullement avec la restitution de Madras aux Anglais. Il déclara que La Bourdonnais avait outrepassé ses pouvoii^s, que les conquêtes faites par les armes françaises sur le continent de l'Inde étaient à la disposition du gouverneur de Pondichéry uniquement, et que Madras devait être rasé. La Boui^donnais fut obligé de céder. La colère que la violation de la capitulation excita parmi les Anglais fut augmentée par la façon peu généreuse dont Dupleix traita les principaux employés de la Compagnie. Le gouverneur et quelques-uns des principaux officiers du Fort St. George furent envoyés sous escorte à Pondichéry et conduits dans la ville en procession triomphale, sous les yeux de cinquante mille personnes. On pensa avec raison que par suite de cette grossière violation de la foi jurée, les habitants de Madras étaient relevés de l'engagement qu'ils avaient contracté avec Labourdonnais.

LoED Macaulay.

(Essai sur Lord Clive.)

I find that ib is net generally remembered in England that events connected wibh this little island hâve powerfully affected thehistory both of the eastern and western world. For it was in Mauritius (thea knowa as the Isle

MAHE DE LA BJ)URDONNAiS

G '-iATf;:on"''7or«

of France) tliat the famous French governor La Bourdonnais, a mau, as Macaulay writes ia Lis essay on Clive " of eminent talenta and virtues " and who first formed the grand idea of founding a european empire ia India ;— • itj. was in Mauritius, I repeat, thafc La Bourdonnais organised the expédition which, in 1 746, took Madras from tbe EnglisL. ïïad it not been for the jealousy and intrigues of Lis ri^al Dupleix, the French governor of Pondichery ; for the neglect of the ministers of Louis XV ; and for the genius and exploits of Clive, La Bourdonnais would probably hâve succeeded in India ; thus changing the destiny of the eastern world.

Sir George Bov\;^en.

{Thirty Years of Colonial Qovernment.-^ London, 1889, VoL II, Ch. XXVUh)

[Traduction]

Je trouve qu'en général l'on ne se souvient pas en Angleterre que les événements qui se rattachent à cette petite île ont eu une puissante influence sur l'histoire du monde oriental ainsi que sur celle du monde occidental. Ce fut en effet à l'île Maurice (connue alors sous le nom de VIU de France) que le fameux gouTerneur français La Bourdonnais, " homme doué de grandes qualités et de grandes vertus, ^^ comme l'écrit Macaulay dans son Essai sur Clive, conçut le premier la grande idée de fonder un empire européen dans l'Inde. Ce fut à Maurice, dis- je, que La Bourdonnais organisa l'expédition qui en 1746 enleva Madras aux Anglais. Sans la jalousie et les intrigues de son rival Dupleix, gouverneur français de Pondichery, et sans la négligence des ministres de Louis XV et le génie et les exploits de Clive, La Bourdonnais aurait probablement réussi à fonder un empire français dans l'Inde, changeant ainsi la destinée du monde oriental.

Sir George Bowen.

(Trente Ans de Gouvernement Colonial.—^ Londres^ 1889. Vol. II, Ch. XXVIIIJ,

Lord Macaulay in lus Essay on Lord Clive sajs :—. " Labonrdonnaisj governor of Mauritiug, a man off eminent talents and virfcues (&a...) ^\ Nearly a century and a half has passed since tlie colonial expédition to which Lord Macaulay refers was fitted ont. Notliing like it has occurred in the mean time. The colonial historiés of England, France, Holland, Spaia and Portugal record many changes since 1746, but no instance of the enrolment and training by a colonial governor of a local corps for a foreigu conquost such as the mauritian conquest of Madras,

Whatever may be the merits of the récent Soudan expédition from New South Wales, it can hardly be compared to the expédition from Mauritius...

Sir John Pope Hennessy.

{Letters from Mauritius in the Eighteenth Century htj Grant^ Baron de Vaux. — Mauritius, 1886. Introduction p. II.)

[Traduction]

Lord Macaulay dans son essai sur Lord Clive dit : — " La Bourdonnais homme doué de grandes qualités et de grandes vertus " (&a....). Près d'un siècle et demi se sont écoulés depuis que l'expédition coloniale dont parle Lord Macaulay a été organisée.

Rien de comparable n'a eu lieu dans l'intervalle. L'histoire coloniale de l'Angleterre, celle de la France, de la Hollande, de l'Espagne et du Portugal ont enregistré bien des changements depuis 1746 ; mais il n'y a pas d'exemple qu'un gouverneur colonial ait formé sur les lieux un coi^ps d'armée local pour une conquête éti^ngère telle que la conquête de Madras préparée à l'île Maurice. Quel que soit le mérite de la dernière expédition du Soudan, organisée à la Nouvelle Galle du

Sud, c'est à peine si elle peut être comparée à Texpédition partie de Maurice....

Sir JoHX Pope Hennessy.

(^Lettres de Maurice, au 18me siècle, par Grant, Baron de Vaux. — Maurice, 1886.

Introduction p. II).

La Bourdonnais, after an early career f ull of promise, had succeeded, in 1735, M. Dumas as governor of the Isles of France and Bourbon. Ifc is not too much to say that by his own teaching and example Le had laid the foundation of the future prosperity oE those islands. Hie had proceeded to France in 1740 with the objecb of personally convincing the French. govemment of the enormous advantage wh.ich must accrue to the French possessions in India, if, in the evenfc of a war with England, they had a certain base of opérations in the Indian Océan, where land-forces could be trained, and whence ships could sally to prey upon the commerce of

their rivais The position which La Bourdonnais had

foreseen and to meet which he had made his joarney to France had arrived, but the folly of his superiors had torn from his hands the weapon with which he would hâve conjured the storm. Sensible too late of their folly, the government ordered him to remain at his post and do his best. Brave and resolute, La Bourdonnais threw bis soûl into the task ; improvised a fleet, trained sailors, drilled soldiers, laid hands on ail the vessels which came from France, and on June 1, 1746, sailed with nine ships, poorly armed and badly manned, to carry aid to the threatened settlements of France in southern India... Then there came into contact two men both clothed with authority, each of whom desired to be first^ and neither

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of whom would be content with the rôle o£ second. Up to the day of meeting each had professed the most earnesfe désire to co-operate with the other. " The honour of success/' Dapleix had written in the early part of the year '^ will be yours, and I shall hold myself fortunate in contributin^ thereto through means which owe their value entirely to your skill/' On his side La Bourdonnais had written : '^ We ought to regard one another as equally interested in the progress of events, and work in concert. For my part, Sir, I dévote myself to you beforehand, and I swear to you a perfect confidence." Such had been their professions before they had met, when danger seemed very close to the French settlemant. But they had not met an hour before the question arose which of the two men^ the one director-general of ail the French possessions in India, the other admirai of the fleet which he had formed, and manned,, and instructed himself, was to be suprême. The English fleet had disappeared. Madras was open to attack. If onlj it were possible to obtain the tacit consent of Nuwab the French could visit the English settlement with the fate with which her governor and the Commodore acting in concert with him had threatened Pondichery. The question seemed to dépend upon a cordial understandiog betweea the French governor and the French Admirai. Madras was comparatively defenceless. The best chance for her safety lay in the possibility of a disagreement, or want of cordial action, between Dupleix and La Bourdonnais.

Colonel Malleson, C. S. I.

(Ruhrs of India — Biipleix.-^Oxford.

[Traduction]

La Bourdonnais, qui, au début même de «a carrière, avait donné tant de promesses, succéda en 1735 à M. Dumas comme gouverneur des Iles de Finance et de Bourbon. Ce n'est pas exagérer que de dire qu'il a, par son expérience et par son exemple, jeté les bases de la prospérité future de ces îles. Il s'était rendu en France en 1740, dans le but d'exposer personnellement au gouvernement français les immenses avantages pour les possessions françaises de l'Inde, d'avoir en cas de guerre avec l'Angleterre une base d'opérations dans la mer des Indes, où l'on exercerait des forces de terre, et d'où l'on courrait sus aux navires anglais, entravant ainsi le commerce de ses rivaux La situation que La Bourdonnais avait prévue et au sujet de laquelle il avait fait un voyage en France, s'était présentée ; mais les fautes de ses supérieurs lui avait enlevé l'arme au moyen de laquelle il aurait conjuré la tempête. Conscient trop tard de ses fautes, le gouvernement lui donna ordre de rester à son poste et de faire de son mieux. Brave et résolu, La Bourdonnais se mit à l'œuvre de toute son âme, organisa une flotte, forma des soldats, les exerça, s'empara de tous les vaisseaux qui arrivaient de France, et, le 1er Juin 1746, pauvrement armé et mal équipé, mit à la voile pour porter secours aux établissements français

qui étaient menacés dans l'Inde méridionale Alors se

trouvèrent en contact deux hommes revêtus d'autorité tous les deux, chacun d'eux désirant être le premier et aucun ne voulant se contenter de jouer le second rôle. Jusqu'au jour ou ils se rencontrèrent, ils avaient manifesté un ardent désir d'agir de concert : — " L'honneur du succès vous appartiendra, avait écrit Dupleix au commencement de l'année, et je m'estimerai satisfait d'y contiibuer par des moyens qui devront leur valeur entièrement (1) à votre habileté." De son côté, La Bourdonnais avait écrit : — " l^ous devons nous regarder comme également intéressés au progrès des événements et agir de concert. Pour ma part. Monsieur, je me dévoue entièrement à vous, et je vous jure dès maintenant une parfaite confiance." C'est ainsi qu'ils s'étaient exprimés, avant de se rencontrer, quand le danger semblait tout près de l'établissement français, mais ils ne s'étaient pas trouvés une heure en présence l'un de l'autre, que survint la question de savoir lequel des deux

(1) Nous devons dire que le mot " entièrement " qu'emploie le colonel Malleson ne se trouve pas dans le texte que donne M. Tibulle Hamont clans son ouvrage Dupleix (Vajprès sa correspondance inédite. Edition de 1881, p. 33.

l'emporterait, du dii^ecteur général de toutes les possessions françaises dans l'Inde, ou de l'amiral qui avait lui-même formé, équipé et instruit sa flotte. La flotte anglaise avait disparu, Madras était exposé à une attaque. S'il était seulement possible d'obtenir le consentement tacite du Nabab, les Français pourraient infliger à l'établissement anglais le sort dont son gouverneur et le commodore agissant de concert avec le Nabab avaient menacé Pondicbéry.

La question semblait dépendre d'une entente cordiale entre le gouverneui' et l'amiral français. Madi^as était relativement sans défense, sa meilleure cliance de sécurité dépendait de la possibilité d'un désaccord, ou d'un manque de cordialité entre Dupleix et La Bourdonnais.

Colonel Malleson, C. S. I.

{Rulers of India— BupUix,— Oxford^ 1892, p. 16).

Two Frenchmen of great abilities and enterprise but separated from each other by a bifcter jealousy, thea presided over French interests ia India. DupleiXj after a brilliant industrial career upon the G anges had been made governor of the Prenoh settlement of Pondicbéry, while La Bourdonnais, one of the bravest and mosfc skilful seamen France bas ever ])rodGced, directed affairs in thç islands of Bourbon and Mauritius. La Bourdonnais succeeded in the course of 1746 in repelling an Engliah squadron under admirai Barnet, and in besieging and takiog Madras. As express orders from the ministry at home prohibited him from occupying permanently any conquests thafc might be mada in India^ a capitulation was signed by which the town was to be restored on the payment of a specified ransom...

W. E. N. Lecky.

{A History of England in the Eighteenth Cmtury,lQ92'-Vol,II,.^3Q,): iL

nt-iiïl [Traduction]

Deux Français ayant de grands talents et un grand esprit d'entreprise, mais divisés par une amère jalousie, avaient soin alors des intérêts de la France dans l'Inde. Après une brillante carrière industrielle sur le Grange, Dupleix avait été nommé gouverneur de Pondichéiy ; tandis que La Bourdonnais, un des plus braves et des plus habiles marins que la France ait jamais produits, dirigeait les affaires aux Iles Bourbon et Maurice.

La Bourdonnais réussit en 1746 à repousser une escadre anglaise commandée par l'amiral Barnet, et à assiéger Madras qu'il enleva. Comme il avait reçu des ordres formels du ministre lui défendant de conserver aucune des conquêtes qu'il pourrait faire dans l'Inde, une capitulation fut signée par laquelle la ville devait être restituée moyennant une rançon déterminée,,,

W. E. N". Lecky.

{Histoire de V Angleterre au dîx'huitième siècle. 1892. Vol. II, p. 36.

Mahé de La Bourdonnais was a native of St. Malo, the Breton port which was par excellence the home of French seamen and explorers. His career illustrâtes in the most striking manner what able and bighminded men France sent ont to make a colonial empire, and how hopelessly the fruits of their honour and ability were losfc owing to the jealousy of their colleagues and the faults of the home government.

La Bourdonnais practioally created Mauritias, indeed he well nigh made the French power pararaouat in the East. Ile was the soal of honour and patriotism ; yet tho only reward which he received was to be made the

MAHÉ i)E lÀ BOUEDONNÀIS 103 «

object of constant calumny, to see hîs efforts for tho public good perpetually thwarted, to be superseded in bis government, to be tbiown into the Bastille, and after three years' imprisonment, to be released only to die ehortly after wards in poverfcy and distress....

The great governor returned to France in 1740,

and there found himself assailed by préjudice and in»^'^

trigue. ïïe went ont again, however, in 1741, and

turned bis attention to making the colony, whose re^f^

sources he bad developed, an important factor in the

foreign policy o£ France. Mauritius became under him a

station from which foreign trade could be crippled and

powerful assistance given to the growing French empire

in the East. His efforts however were neutralised by thé**

folly and worthlessness of the French Bast India Com-*^'-

pany and the French government, and by the jealousy of

the French leader in India, Dupleix. ,^^ ^^ j

isii il 'ci'\i no if0jji.*i'i At the end of 1746 ho was superseded ; when'he

reached France in 1748 he was imprisoned, and died in

1753 not very long after his release.

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