‹ Documents sur l'art d'imprimer à l'aide de planches en bois, de planches en pierre et de types mobiles, inventé en Chine, bien longtemps avant que l'Europe en fît usage. Extraits des livres chinoisChapitre 1 sur 3 · MEMBRE DE L’INSTITUT · texte numérisé non relu

MEMBRE DE L’INSTITUT

Suivant Klaproth ( Mémoire sur la boussole, p. 129), le premier usage des planches stéréotypes en bois remonterait au milieu du xe siècle de notre ere. « Sous le règne de Ming-tsong , de la dynastie des Thang postérieurs, dans la deuxième des années Tchanghing (932 de J. C.), les ministres Fong-tao et Li-yu, proposèrent à l’académie Koiie-tsea-kien de revoir les neuf King (livres canoniques), et de les faire graver sur des planches, pour les imprimer et les vendre. L’empereur adopta cet avis; mais ce ne fut que sous l’empereur Thaï-tsou , de 3a dynastie des Teheou postérieurs, dans la deuxième des années Kouang-chun (en 962), que la gravure des planches des neuf King (ou livres canoniques) fut ache- J. A. Extrait n° 12. (1847.)

vée. On les distribua alors, et ils eurent cours dans tous les cantons de l’empire. »

M. Klaproth fait observer que « l’imprimerie, originaire de Chine, aurait pu être connue en Europe environ cent cinquante ans avant qu elle n’y fût decouverte, si les Européens Avaient pu lire et étudier les historiens persans; car le procédé de l’impréssion employé par les Chinois se trouve assez clairement exposé dans le Djemmaa et-tewarikh de Râchid-ed din , qui termina cet immense ouvrage vers l’an 1 3 1 o de J. C. »

Nous ajouterons que l’Europe aurait pu connaître l’imprimerie huit cent soixante ans avant qu elle ne fût découverte dans nos contrées, si, quelques années avant le commencement du vie siècle, elle eût été en relation avec la Chine. Grâce à ce procédé, quelque imparfait qu’il fût dans l’origine, il eût été possible de reproduire, à peu de frais, en nombre immense, les chefs-d’œuvre de l’antiquité grecque et romaine , et d’en préserver un grand nombre d’une perte aujourd’hui irréparable.

L’usage de la gravure sur bois, pour reproduire des textes et des dessins, est, en Chine, infiniment plus ancien qu’on ne l’a cru jusqu’ici. Nous lisons, en effet, ce qui suit dans l’Encyclopédie chinoise, Ke-tchi-king-yoaen , liv. XXXIX, fol. 2 : a Le huitième jour du douzième mois de la treizième année du règne de fŸen-ti, fondateur de la dynastie des Souï (l’an 5 9 3 de J. C.), il fut ordonné, par un décret, de recueillir tous les dessins usés et les textes

inédits, et de les graver sur bois, pour les publier. Ce fut là, ajoute l’ouvrage que nous citons, le commencement de l’imprimerie sur planches de bois; l’on voit quelle a précédé de beaucoup l’époque de Fong-ing-wang ou Fong-tcio, à qui Ton attribue cette invention, vers l’an 932.»

Cette citation se trouve reproduite dans une autre Encyclopédie chinoise, intitulée Po-t’ong-pien-lân, liv. XXI, fol. 10. Suivant un autre recueil, intitulé Pi-tsong , l’imprimerie sur bois prit naissance dès le commencement du règne des Soin ( 5 8 1 de J. C.); elle se répandit sensiblement sous les Thang (618 à qoà), prit une grande extension sous les cinq petites dynasties (907 à 960); enfin, elle arriva à sa perfection et à son plus grand développement, sous la dynastie des Song (960 à 1278).

Un savant chinois du milieu du xie siècle, que j’aurai l’occasion de citer tout à l’heure, à propos des types mobiles, ne rapporte pas, il est vrai, la date précise de l’invention , mais il la fait positivement remonter plus de quatre cents ans avant Fong-ingwang , à qui beaucoup d’écrivains chinois, et, après eux, plusieurs savants d’Europe, ont fait honneur de cette découverte. Il est même permis de penser que cette invention était déjà connue et en usage avant 59 3, puisqu’on dit que l’empereur ordonna alors d’imprimer avec des planches en bois. Si c’eût été un art tout à fait nouveau , on n’eût pas manqué d’en faire connaître l’origine et l’auteur.

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