‹ Documents sur l'art d'imprimer à l'aide de planches en bois, de planches en pierre et de types mobiles, inventé en Chine, bien longtemps avant que l'Europe en fît usage. Extraits des livres chinoisChapitre 2 sur 3 · EN CREUX · texte numérisé non relu

EN CREUX

La découverte de ce procédé, qui eut lieu entre l’invention des planches stéréotypes en bois et celle des types mobiles en pâte de terre cuite , n’a pas été connue, que je sache, des missionnaires français, ni des savants d’Europe.

On commença d’abord, au milieu du 11e siècle de notre ère, à graver sur pierre des textes anciens, pour en maintenir la correction, qu’altéraient chaque jour l’ignorance ou la négligence des copistes; mais, à cette époque reculée, on ne paraît pas avoir encore songé à faire servir ces planches gravées à reproduire et multiplier les principaux monuments de la littérature chinoise.

On lit dans les Annales des Han postérieurs, biographie de Tsaï-yonc) : « Dans la quatrième année de la période ' Aï-pincj (î y 5 de J. G.), Tsaï-yoncj présenta à l’empereur un mémoire dans lequel il le priait de faire revoir, corriger et fixer le texte des six livres canoniques. 11 l’écrivit lui-même en rouge, sur des tables de pierre, et chargea des artistes habiles de le graver en creux. On plaça ces tables en dehors des portes du grand collège, et les lettrés de tout âge venaient, chaque jour, consulter ces planches pour corriger leurs exemplaires manuscrits des six livres canoniques. »

Les caractères de ces textes gravés , étaient écrits à l'endroit, et, par conséquent, n’auraient pu servir

à en multiplier des copies, puisqu après l’impression, les signes chinois seraient venus en sens inverse. La seule destination de ces planches était, on le voit, de servir à conserver l’intégrité des textes. Sous plusieurs dynasties suivantes, ces mêmes planches furent successivement reproduites et copiées, tantôt en une seule écriture, tantôt en trois caractères différents. Les historiens nous apprennent qu’il était accordé un an aux étudiants pour étudier les six livres dans chaque écriture; au bout de trois ans, ils devaient être en état de les lire couramment sous ces trois formes.

Ce ne fut que vers la fin de la dynastie des Thang (qoi), que l’on commença à graver des textes sur pierre, en sens inverse, pour les imprimer en blanc sur fond noir. ’ Eou-yanq-siim s’exprime ainsi dans son recueil archéologique , intitulé Tsi-koa-lo : u Par suite des troubles qui eurent lieu sur la fin de la dynastie des Thanq, Oaen-tao ouvrit les tombes impériales , et s’empara des livres et des peintures qu’011 y avait renfermés. Il dépouilla les enveloppes et les rouleaux de l’or et des pierres précieuses qui les ornaient, et les abandonna sur place. De là vint que les manuscrits autographes des hommes les plus renommés des dynasties des JYei et des Tsin , que les empereurs conservaient précieusement, s’égarèrent et tombèrent en des mains indignes.

Dans le onzième mois de la troisième année de la période Chun-hoa (992 ), l’empereur Thciï-tsong ordonna, par un décret, de graver sur pierre, et

de reproduire, par ia voie de l’impression, tous les manuscrits de ce genre qu’on avait pu acheter et recueillir. On les imprimait à la main 1 sans qu elle fût salie par l’encre. »

Dans l’encyclopédie intitulée Tchi-pou-tso-tchaï , on a reproduit un petit ouvrage en deux livres, où sont décrits minutieusement toutes les inscriptions antiques et tous les autographes d’hommes célèbres, qui furent imprimés delà sorte (c’est-à-dire en blanc sur fond noir ) , depuis l’an 1 1 43 jusqu’en 1^43 de

1 L’auteur veut dire qu’après avoir encré la pierre et y avoir étendu le papier, on passait la main sur le revers de la feuille pour qu elle reçut uniformément l’impression. Aujourd’hui les Chinois se servent d'une brosse douce, et obtiennent ainsi un tirage plus, régulier.

IMPRESSION EN TYPES MOBILES ENTRE lOàl ET 1 Oag

Page 1