‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale (volume 2)Chapitre 13 sur 33 · CÔTE DE PERSE · texte numérisé non relu

CÔTE DE PERSE

Guadel. Revenu net . 6,500

Bcndeur-Abass. Revenu net . 10,500

Sur l’exportation du soufre. . . . 3,500

Minou. (Je n’ai rien pu savoir de cette place.) Pour mémoire.

Total pour l’Omâu. . . 136,600 piastres.

La côte d’Afrique produit au Sultan des sommes beaucoup plus considérables, ainsi que l’indique le tableau suivant :

Revenus de la côte d'.%rrique.

Fermage de douanes payé par le baniau Djiram pour

toute la côte, moins Pemba .

Produit de la douane de Pemba .

Impôt de capitation sur les Moukhadim .

Revenu des plantations de girofliers appartenant au

Sultan , en moyenne .

On peut estimer le béuélice de ses opérations commerciales à .

175,000 piastres.

Total pour la côte d’Afrique. . . 319,000 piastres.

Soit en tout,

185,000 piastres.

Ainsi le sultan de SVluscate perçoit un revenu équivalent, en chiffres ronds, à 2,5(J0,000 francs; sur cette somme, il entretient sa marine, objet de ses dépenses les plus considérables, un millier de soldats au plus, un petit nombre de fonctionnaires, sa maison et celle de plusieurs personnes de sa famille. Quelque magnifique qu’il soit dans ses présents, quelle que soit sa prodigalité quand il s’agit de peupler son harem, il n’est pas douteux que ses dépenses sont fort au-dessous de ses recettes; aussi dit-on que Saïd possède une épargne considérable. Et cependant, un peu d’activité et une administration mieux entendue lui permettraient de retirer de ses Etats un revenu plus élevé, sans pressurer les peuples et même en améliorant leur sort. Mais il ne faut pas attendre de ce prince des réformes radicales. Son rôle actif semble à peu près terminé, car il est arrivé à ce moment de la vie où la vieillesse et la fatigue nous portent à regarder le maintien de ce qui est comme la suprême sagesse.

Les deux chapitres que j’ai consacrés à Syed Saïd donneront, je crois, une idée juste de ce souverain et de son gouvernement; je n’ai, du moins, rien épargné pour qu’il en soit ainsi. Toutes les fois que je n’ai pu voir et juger moi-même, j’ai puisé mes renseignements aux sources les plus dignes de foi et je les ai soumis à un contrôle sévère. La vérité a été mon seul but, je l’ai consciencieusement et laborieusement cherchée. Bien des lacunes subsistent, sans doute, dans celte notice; d’autres écrivains les combleront plus tard ; mais, en attendant une biographie complète de Syed Saïd, ce que j’ai écrit ici suffira, j’espère, à dissiper l’ignorance profonde où l’on est, en France, sur tout ce

qu i le concerne. Voici, entre autres, une preuve de cette ignorance.

Au mois de juin 1840, la Caroline , une des frégates du sultan de Mascate, entra dans le port de Marseille. Quoique armée commercialement, elle avait à bord un agent de Syed Saïd, chargé d’offrir, de la part de ce prince, au Président de la république française un présent qui consistait en six chevaux arabes. Un de nos grands journaux publia, à cette occasion, l’article reproduit textuellement ci-dessous et qui fut répété par d’autres journaux.

« . L’envoyé de l’Imam vient de quitter Paris, médio-

« crement reçu par le gouvernement, qui a semblé ne pas « savoir ce que c’est que l’imam de Mascate.

« L’imam de Mascate, né à Rostack, province de l’Oman « sur la côte orientale du golfe Persique, est fils de Sultan; « son nom arabe est Saïd-ebne-Sultan. L’ île de Zanzibar, « dont il habite Sawoychel, la capitale, renferme cinq cent « mille habitants.

« Sur les côtes d’Afrique , ses possessions s’étendent de- « puis Quérimbe jusqu’au cap Gardafoui , ce qui comprend « les Etats de Zanguebar, de Montbaze, de Mélinde , de et Brava, de Juba et de Magadoxchoo.

et La population de ces différents Etats est de cinq mil- « lions d’hommes.

« Le reste de sa puissance longe la mer des Indes et les « bords du golfe Persique. Elle commence à Moccala, cornet prend toute la province arabe de l’Oman, s’étend jusqu’à « l’ile d’Ormus, met le pied sur le territoire de Béloutchis- « tan, pénètre jusqu’à la province persane du Kerman, cornet mande à plusieurs villes importantes, entre autres à Ben-

« derabassi et confine, au nord, au pays des célèbres et en- « corc puissants Wahabys, à l’occident au pays des Adia- « mites. Quatre autres millions d’hommes lui obéissent de « ce côté.

« Sa marine est de 57 bâtiments de guerre sur le pied « de paix. Il a 10,000 hommes de troupes, qu’il peut éle- « ver à 250,000 hommes, dont 50,000 marins.

« Son revenu politique est de 40 millions. Ainsi que les « anciens empereurs romains, il a un trésor particulier plus « considérable que le trésor public; ses revenus sont de « 00 millions.

« Or , ce souverain , dont certains hommes politiques « ignorent l’existence, a envoyé en France, et pour former « des relations commerciales avec elle, un de ses fami- « liers, Hadj-Dervich, lequel a débarqué à Marseille, avec « six chevaux de pur sang arabe, qu’il amenait au Prési- « dent .

« L’envoyé devait s’attendre à un accueil sinon distingué, « au moins poli (1) . »

Le souverain sur le compte duquel on imprimait d’aussi véridiques détails était depuis cinq ans lié avec la France par un traité d’amitié et de commerce; depuis de longues années, des relations de diverse nature avaient existé, soit directement, soit par l’intermédiaire de l’administration de nos colonies , entre notre gouvernement et les imams ou sultans de Mascate; enfin le brick le Ducoucdic venait d’exécuter une campagne de trois ans, consacrée en grande partie à étudier les contrées soumises à la domination du chef

(1) Voyez le journal l’Assemblée nationale, numéro du 30 août 1849, page 3, 1™ colonne.

de l’Omân! Puissé-je avoir, en transportant Saïd des régions de la fantaisie dans celles de la réalité, rendu à mes compatriotes le service de leur faire connaître un homme qui a dès longtemps acquis le droit de se dire ami de la France, sans que la plupart de mes compatriotes s’en soient jamais doutés !

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