D’ AFRIQUE
Le mouvement commercial de la côte orientale d’Afrique comprend, sauf le commerce d’entrepôt, toutes les divisions principales qu’on est convenu d’établir dans le commerce, ce mot étant pris dans sa plus large acception , c’est-à-dire commerce intérieur, extérieur, et de transit ou de transport. La position centrale de l’île de Zanzibar, la souveraineté immédiate qu’v exerce le sultan de Mascate, certaines dispositions administratives et fiscales prises par ce prince, la production et la consommation beaucoup plus étendues, dans cette localité, que dans aucune autre du littoral, d’où résulte, pour elle, la spécialité de recevoir et de fournir un
chargement entier; enfin la facilité de son port et la sécurité plus grande que les étrangers y trouvent en ont fait le pivot du mouvement qui s’y développe sous les diverses formes indiquées plus haut. Il suffirait donc que ce port fût déclaré franc pour qu’il réunît les conditions propres au commerce d’entrepôt.
Dans l’exposé qui va suivre, je considérerai tous les points de la côte placés sous l’autorité plus ou moins immédiate
du Sultan comme ne formant qu’un seul et même Etat , dont le commerce intérieur consistera dans les échanges opérés de l’un à l’autre, et le commerce extérieur, dans ceux qu’ils opèrent directement au dehors. Je ne tiendrai compte ni de la distance qui les sépare ni de la différence existant entre leurs populations, les usages particuliers de celles-ci ou leur administration spéciale. Je vais rappeler quels sont ces points, et désigner particulièrement ceux qui prennent part au commerce sous l’une des deux formes que je viens de définir ou sous les deux simultanément.
Ce sont, à partir du nord , Ouarcheikh, Moguedchou , Meurka, Braoua, file Toualé, les îles Patta et Lâmou, Takaonggo, Mombase et ses dépendances, Ouacine, l’île Pemba, Tangat, M’tanggata, Panggani , Kipomboué, Ouzimiha, Bouyouni , Sàadani , Kotini, Bouagamaïo, Outond’houé, M’bouamaghi ou Bouramaghi , et plusieurs autres de la partie de la côte désignée sous le nom de M’rima; puis Zanzibar, l’île Maffia, Üufidji , Marendégo, Maronguiongui, Kouavi, Kivin’ja, l’île de Kiloua, Tikeri, Rouanggo, Kissouéré, Mouquing’ha, Lindy, M’gAo, Mikin’dani, M’sim’bati, Riongga. J’en néglige qui sont sans importance ni intérêt pour la question. Tous participent plus ou moins au
commerce intérieur, et presque tous aussi, au commerce extérieur. Il y a cependant lieu de faire une distinction, dans cette seconde catégorie, entre ceux qui exercent ce trafic seulement avec les peuplades de l’Afrique et ceux qui, recevant directement de tous les autres étrangers, peuvent leur livrer, en outre, des produits d’exportation ; ces derniers points nous intéressent plus particulièrement : ce sont Moguedchou, Meurka, Braoua, Lâmou, Mombase, Pemba, Zanzibar, Kiloua-Kivin’ja et Kiloua-Kouavi ; peut-être Kissouéré et Lindy, puis M’gâo, Mikin’dani et Kiongga.