COMMERCE INTÉRIEUR
Le commerce intérieur s’exerce sur les objets suivants : esclaves, chameaux, ânes, gros et petit bétail, peaux de bœufs, decabris et derhinocéros, cornesde rhinocéros, semen, miel, cire, dents d’éléphants, écailles, poisson salé, ambre gris, céréales (froment, riz et divers millets), diverses faséoles, graines et huile de sésame, autres graines oléagineuses (tondd’ho et kondé), cocos et huile de cocos, noix d’arec, girofle, copal, sucres et mélasses, café, fruits secs (dattes, amandes, raisins, noix), nattes et sacs.
Étoffes de coton, bois de construction, sel, verroterie, laiton, fil de fer, plomb, étain, poudre et armes, quincaillerie, vaisselle, verrerie, meubles, vêtements confectionnés, étoffes de laine et tapis, coton en laine, eau de rose et quelques drogues.
Esclaves : so., ouatouma (I). — Ils sont fournis à Zan-
(1) Le premier mot en italique qui suit le nom de chaque objet est la
zibar par les ports compris entre le cap Delgado et Ouacine, principalement Kiloua et M’rima. Ceux de Kiloua appartiennent aux peuplades dont les noms suivent : les Oua-Niassa, les Oua-Komanga, les Oua-Iao, les Oua-Hehé, les Oua-Manendé, les Oua-Makondé, les Oua-M’ghin’do , les Oua- Tchâoua; par M’rima viennent des Oua-Dové, des Oua-Zigoulia, desOua-Sagara, des Oua-Kouavi, des Oua-Nyamouézi et des Oua-M’rima. Les plus estimés sont les Oua-Iao et les Oua-Makondé. Aujourd’hui ils ne valent guère, aux lieux de provenance, plus de 5 à 7 piastres de marchandises (1) : sur le marché de Zanzibar, leur prix ne s’élève pas au-dessus de 20 piastres. Mombase en reçoit des mêmes points que Zanzibar, et quelquefois de celle-ci; Pemba, de Mombase, de Zanzibar et , parfois , de la côte de Kiloua ou de M’rima. Lâmou s’en fournit aux mêmes lieux que Zanzibar et en tire aussi de cette dernière. Patta les reçoit de Lâmou et de Zanzibar, d’où on en porte à Braoua, Meurka et Moguedchou. Depuis la convention passée avec les Anglais, qui prohibe la traite sous pavillon arabe au nord de l’équa-
désiguation dudit objet en langage souahhéli; le deuxième, en langage soumali. So. est une abréviation de souahhéli, soum. une abréviation de soumal.
(1) L’estimation ainsi donnée représente la valeur desdites marchandises sur la place de Zauzibar; mais 5 piastres de marchandises prises sur ce marché peuvent, ou le compreud, représenter ailleurs une valeur de 6, 7 ou 10 piastres et plus, et je dirais alors, pour exprimer la nouvelle valeur acquise par les mêmes objets, 6, 7 ou 10 piastres en marchandises.
SSola. — La partie de la côte soumal où se trouvent les villes de Braoua, de Meurka, de Moguedchou et autres, devant lesquelles les bateaux arabes cherchent un abri, s’appelle Beur-el-Béuadir, terre des ports, et, par abréviation, on la désigne communément par El-Béuadir, les ports.
teur, les esclaves expédiés du sud pour ces trois derniers ports sont débarqués sur quelque point en deçà du Djoub, d’où ils sont conduits, parterre, à leur destination.
Chameaux : so., ngamya; soum., guèl. — Ils sont fournis à Zanzibar et à Lûmou par les Bénadir ; leur prix varie, à Zanzibar, entre 8 piastres pour une jeune bête et 25 ou 50 piastres pour un bon animal de travail. Ceux de cette seconde catégorie sont employés à faire aller les moulins à huile; les jeunes servent ordinairement à l’alimentation; leur chair est fort goûtée par les Arabes.
Anes : so., pounda; soum., demir. — Ils sont fournis par les Bénadir, Mombase et M’rima à Zanzibar, où leur prix varie de 4 à 8 piastres. Ils valent, à Mombase, de 5 à 6 piastres; à M’rima, de 2 à 5 piastres.
Boeufs : so., ri gnombé moumé ; soum., dibi. — Ils sont apportés de Mafiia, M’rima, Pemba et parfois des Bénadir à Zanzibar. Mombase en reçoit aussi quelques-uns de Pemba, Lâmou , Patta et des Bénadir. A Zanzibar, le prix moyen est de 7 à 9 piastres pour ceux de Pemba, et de 6 à 7 piastres pour ceux de M’rima et de Mafiia. En ce dernier lieu, ils coûteraient de 4 à 6 piastres; à M’rima, de 5 à 4 piastres de marchandises, mais ils sont petits; à Pemba même, ils valent de 5 à 6 piastres; à Mombase, de 6 à 7 piastres; à Braoua, de 5 à 6 piastres; à Meurka, 4 piastres; et, peut-être, un peu moins à Moguedchou. Ces bœufs des Bénadir sont de l’espèce commune à l’Europe et au nord de l’Afrique; ils sont recherchés pour leur grosseur : ceux de Mombase sont plus gras et mieux goûtés; ceux de Pemba, de l’espèce zébu, quoique plus petits, jouissent, à cause de la qualité de leur chair, de la même faveur que les précédents.
Moutons : so., gondoro ; soum., oueir. — T, es Bénadir et M’rima en fournissent à Zanzibar, où leur prix est de 1 piastre 1/2 à 2 piastres; le mouton des Bénadir est généralement préféré; c’est l’espèce à tète noire des pays soumal. Le mouton à poils de M’rima est, de beaucoup, le plus commun au Souahhel.
A M’rima, ils ne coûtent guère que 1/4 de piastre de marchandises; aux Bénadir, leur prix varie de 1/2 à 1 piastre.
Cabris : so., m'bonzi; soum., rio. — Us sont fournis par les Bénadir, où ils valent de 1/4 de piastre à 1 piastre. A Zanzibar, on les paye de 5/4 de piastre à 2 piastres.
Peaux de boeuf : so , goovi-ia-n’gnombé; soum., djerao. — Elles sont apportées des Bénadir, de Lamou, Pemba et M’rima à Zanzibar. Elles viennent en sec et en vert des deux premiers endroits; et exclusivement en sec des deux derniers. Les trois ports de Braoua, Meurka et Moguedchou en expédient environ, par an, de 1,000 à 1 ,200 kourdja (1), au prix moyen, pour la kourdja, de 7 piastres 1/2 en sec et de 8 à 9 piastres en sel. A Pemba, la même quantité se vend de 2 à 5 piastres 1/2. A M’rima, on la traite au moyen de marchandises et eu nombre arbitraire. A Lâmou, le prix est le même qu’à Braoua ; on y prépare plutôt les peaux en vert qu’en sec. Le tannage des cuirs y est mieux opéré que sur tout autre point de la côte; la peau tannée y est vendue de 7/8 de piastre à 1 piastre. A Zanzibar, les peaux salées valent de 10 à 12 piastres, et les sèches, de 9 à 10 piastres la kourdja.
Le prix était un peu plus élevé il y a quelques années.
il) La kourdja est la viugtaiue.
mais la demande des Anglais et des Américains a diminué sur cel article en augmentant pour le sésame et plusieurs autres objets.
Peaux de cabri : so., goovi-ia-m'bouzi. — Braoua en envoie quelques-unes à Zanzibar. On les emploie habituellement pour confectionner des outres, soufflets à forges et certaines parties des sandales.
Peaux de rhinocéros : so., goovi-za-pea. — Elles viennent à Zanzibar des Kiloua et des ports au sud; le prix en est très-variable; on s’en sert pour faire des boucliers de diverses formes.
Cornes de rhinocéros : so. , pembé-za-pea. — Elles arrivent des mêmes lieux que les peaux, et aussi des Bénadir. Elles se payent, aux Kiloua, de 4 à 6 piastres la frazela, et, à Zanzibar, de 8 à 12 piastres. Elles sont vendues parfois ce dernier prix à Moguedchou, mais elles valent le plus ordinairement de 6 à 8 piastres dans les Bénadir.
Beurre fondu : so., som'li. — On en tire principalement de Pemba, Mafiia, Mombase et des Bénadir qui, tous, en fournissent à Zanzibar. Les Kiloua et les points au sud en reçoivent de celle-ci et de Mombase.
Le beurre fondu ou semen se prépare avec du beurre ordinaire que l’on fait bouillir en y mêlant un peu de riz blanc ou quelques feuilles de tamboul (bétel), et souvent ces deux ingrédients réunis. En certains endroits, on y ajoute quelques graines de guelguelane (coriandre), qui lui donnent un parfum agréable. On l’écume avec soin, puis on le verse dans des jarres nommées kaciki, ou dans des calebasses dites t’hongo; les unes ont une capacité de 2 frazela, les autres de 1 environ. S il a été bien préparé, il doit
rester presque liquide. Aux Bénadir, pour en augmenter le volume, on fait entrer dans sa composition la graisse de mouton ou de bœuf; il en contracte une odeur et un goût déplaisants que ne rachète pas le bénéfice du bon marché. La frazela y vaut, en effet, de 2 à 5 piastres, comme à Mombase ; elle coûte, à Pemba, de 5 à 4 piastres ; c’est le semen de Pemba qui se conserve le plus facilement : on attribue cette supériorité à son mode de fabrication. A Zanzibar, il est réputé comme ayant le meilleur goût ; la frazela s’y vend de 5 1/2 à 5 piastres. À M’rima, on l’échange par quantité arbitraire.
Miel : so., açali-ia-niouki ; soum., meleb. — On en récolte dans tout le Souabhel et les Bénadir, mais il est de différente qualité, selon les lieux. Le meilleur, qui est pur et très-blanc, vient de Maffia et de Couâlé ; il est, aussi, blanc et de bonne qualité aux kiloua, cà M’gâo et à Lindy; sur les autres points du Souabhel et aux Bénadir, il est jaune et inférieur aux précédents. On en consomme partout, et l’emploi en est assez varié. On le mange avec le pain (m’katé) dans la saison froide ; on lui attribue la propriété de réchauffer. On le môle à une pâtisserie du nom de manan’dazy; on en fait encore, avec de l’eau de riz et du fenugrec ( haleba des Arabes, et ouatou en souahhéli), une boisson qu’on prend comme réconfortant cà la suite d’une longue course ou d’une grande fatigue des organes respiratoires ; et, pour prévenir les affections qui en pourraient résulter, on l’ajoute à une quantité égale de semen : le tout est administré par dose d’une tasse à café. Enfin il remplace le sucre dans le thé, le lait et les préparations médicamenteuses. Les habitants des Bénadir arrosent leur riz avec un mélange de cette substance, de
lait caillé et de bouillon de viande. La frazela de miel revientà \ piastre 1/2 ou 2 piastres la meilleure qualité; à M’rima seulement, il se vend en quantité arbitraire; à Zanzibar, où on le trouve en plus grande abondance parce qu il y est apporté de presque tous les autres points, on le paye de 1 piastre 1/4 à 1 piastre 1/2 la frazela de qualité commune, et de 2 pias très à 3 et 5 1/2 les qualités supérieures.
Cire : so., in la. — On la recueille dans les mêmes endroits que le miel ; les localités où elle abonde sont Pemba, Couâlé, Mafiia et les Kiloua. La plus belle est celle de Mafiia; on en coule une partie en bougies sur le lieu même, et on les porte à Zanzibar, où elles valent de 1 piastre à 1 piastre 1 4 la kourdja. Sur ce dernier marché, qui en reçoit de Pemba et des ports du sud, la frazela de cire brute se vend ordinairement de 4 piastres 1/2 à 4 piastres o'4; quand elle est rare, c’est 5 piastres et jusqu’à 6 piastres, selon les exigences de la consommation. A Mombase, elle est toujours plus chère que dans les ports du sud et se paye de 4 à 5 piastres. Zanzibar fabrique aussi de la bougie, mais elle est plutôt destinée à l’exportation qu’aux besoins de la localité; les individus assez riches pour brûler de la bougie préfèrent celle qu’apportent les Américains ou les Anglais, et dont le prix est, d’ailleurs, peu élevé.
Ivoire (dents d’éléphant) : so., pembé; soum., foui. — On l’envoie à Zanzibar des Kiloua et ports au sud, de M’ri ma, des îles dites Vicihouani (îles Blindas) et des Bénadir. C’est de M’rima qu’en arrive la plus grande quantité, et c’est la meilleure qualité d’ivoire. Les prix de la frazela, aux divers lieux d’expédition , sont comme il suit :
A Kiongga, la première et la deuxième qualité de 20 à
25 piastres de marchandises ; aux Kiloua, la première qualité de 27 à 28 piastres de marchandises; à M’rima, de 8 h 22 piastres de marchandises; à Mombase, les première et deuxième qualités, de 26 à 56 et 58 piastres; à Lâmou, un peu moins; aux Bénadir, de 12 à 56 piastres; à Zanzibar, de 42 à 38 piastres. 11 en passe annuellement sur ce marché environ 25,000 frazela, selon une autorité compétente d’ailleurs. Cependant des négociants indigènes m’ont donné le chiffre de 17,000 frazela, 18,000 au plus, et j’ai lieu de croire cette dernière estimation plus exacte. On reçoit aussi des ports du sud quelques dents d’hippopotame qui se vendent de 7 à 8 piastres la frazela.
Écaille : so., ri gamba. — Elle est fournie à Zanzibar par les ports compris entre le cap Delgado et Mafiia, par Pemba et les îles Vicihouani. Elle se paye, sur les lieux d’expédition, de 4 piastres 1/2 à 6 piastres de marchandises le inen ; celle du nord est de meilleure qualité. A Zanzibar, elle vaut de 8 1/2 à 10 piastres 1 / 2 le men ; c’est un article déprécié sur ce marché depuis plusieurs années.
Poisson salé : so., goo elpapa. — Il est réparti sur les divers points du Souahhel par les ports de Lâmou et Mombase qui le reçoivent de l’extérieur.
Ambre gris : so., ambari ; soum., ambeur. — On le recueille sur la côte soumali et dans les îles Vicihouani. Il coûte, à Zanzibar, de 2 piastres à 2 piastres 1/2, le poids d’une piastre, c’est-à-dire l’once. Ea qualité supérieure se vend ordinairement trois fois son poids à peu près. L’ambre est crié sur le marché de Zanzibar.
Froment : so., n’gano ; soum., bourr. — Zanzibar qui le reçoit de l'extérieur, et où il vaut de 2 à 3 piastres 1 /2 le
sac de 26 à 27 kila (1), en importe un peu à Pemba et aux Kiloua.
Riz en paille : so., m'ponga ; soum., chélébi.
Riz mondé : so., m'thélé ; soum., bezid. — Zanzibar s’en approvisionne à Pemba et sur le territoire arrosé par l’Oufklji ; de celui-ci il est apporté en paille ; de l’autre, en paille et mondé. Mombase en reçoit un peu de Pemba; Lâmou, de Pemba et de Zanzibar; Patta et les Bénadir en reçoivent de ces trois derniers points; les Kiloua, de Mafiia et de I’Oufidji. A Zanzibar, on a communément pour 1 piastre 24 kila de riz en paille de Pemba et 26 kila de celui de l’Oufidji ; le riz blanc de Pemba y est de 8 à 10 kila à la piastre. Le peu de riz que P île de Zanzibar produit est d’excellente qualité, et les indigènes le préfèrent à tous les autres; mais cette production diminue chaque année par le développement continu de la culture du girofle.
Maïs ; so., m’hindé. — On le cultive sur toute la côte et principalement à Zanzibar et à Mombase, d’où on en porte quelquefois à M’rima, quand la récolte y a manqué. A Zanzibar, 20 à 45 kila, selon la saison ou le plus ou moins d’abondance de la récolte, ne coûtent pas plus d’une piastre. A Mombase, on en a jusqu’à 80 et 100 kila pour le meme prix. C’est en septembre et octobre que, dans cette ville, il esta meilleur compte; à Zanzibar, c’est dans la première moitié de la mousson de nord-est, en novembre et décembre.
Outre les céréales dont il vient d'être question, il est plusieurs espèces de millets qui sont l’objet d’un grand commerce ; ils n’ont pas de nom dans notre langue, si ce n’est
(1) La kila de Zanzibar équivaut à 2 men de Monggui.
leurs noms botaniques, que je n’ai pas toujours pu retrouver, ce sont : le moutama ( doura ou tâam des Arabes, et zeurrout chez quelques tribus; djonari des Hindous; sorghum vulgare ); le malmélé ( baziry des Arabes ; badjeri des Hindous; panicum spicatum ); enfin le ouimbi et le kimanga.
Moutama ( mnurama , à Ouacine et aux Comorres). — Il est cultivé en grande quantité sur le littoral, depuis le cap Delgado jusqu’au delà de Moguedchou. C’est un grain de la grosseur du millet, mais de forme plus ronde. Il y en a de rouge et de blanc; les deux variétés existent également dans le Souahhel, principalement dans la partie du sud ; aux Bénadir, la première est bien plus commune que la seconde.
Le moutama des Kiloua et de M’gaô passe pour le meilleur; celui des Bénadir est considéré comme inférieur a celui du Souahhel. Ce grain forme la base de la nourriture des habitants de la côte, et y remplace absolument, pour la masse de la population, le froment ou le riz; les riches euxmêmes en consomment autant que de ce dernier produit, qui y passe pour n’être pas aussi substantiel et fortifiant. A Zanzibar, au contraire, la classe opulente n’en use que trèsrarement, sauf les gens originaires de Cheheur, qui le préfèrent à toute autre céréale. Zanzibar en cultive peu, parce qu’on s’y livre à des exploitations d’un plus grand rapport, mais elle en reçoit des Bénadir, de Lâmou et principalement de Pemba et des Kiloua. L’abondance de ce produit, l’impossibilité de l’exporter directement au loin permettent à certaines localités de verser leur excédant aux points voisins moins favorisés.
La principale récolte de moutama se fait en juillet et août
dans le Souahhel, en juin et décembre dans les Bénadir. Aux Riloua et dans les ports au sud, la djezela (60 kila) de ce grain se paye de 1 piastre 1/2 à 1 piastre 3/4 de marchandises ; à Zanzibar, on en a de 22 à 55 kila pour 1 piastre; à Mombase, de 24 à 56 kila; à Lâmou, comme à Zanzibar; à Braoua, de 40 à 60 kila; à Meurka et Moguedchou, aux environs desquels on en cultive beaucoup plus, on en a ordinairement 100 kila à la piastre (1).
Mahouélé. — Il est cultivé presque exclusivement à Zanzibar, Mombase et Tangat, d’où il est porté sur d’autres points. C’est un grain de même forme que le millet, un peu plus petit et de couleur gris verdâtre. Comme le moutama, il sert à faire du pain, mais est moins recherché que ce dernier, si ce n’est par les banians et les Heunoud, qui l’emploient de préférence pendant la saison froide. A Zanzibar, on en a, selon l’époque, de 24 à 40 kila pour 1 piastre.
Ouimbi et kimangga. — Ce sont des grains de la grosseur du mil ; le premier est noir, le second blanc, ou jaunâtre ou rouge : ils paraissent n’ètre que des variétés d’une même semence, les plantes qui les produisent n’étant pas sensiblement différentes. Tous deux sont cultivés à M’rima, Zanzibar et Mombase, en bien moindre quantité, toutefois, que le moutama et le mahouélé, quoique servant à peu près à des usages semblables.
Il est plusieurs espèces de faséoles qui donnent lieu aussi à quelques transactions; ce sont les kond’hé ( loubia des
(1) Pour les trois deruiers lieux comme pour les autres, les quantités sont données en kila de Zanzibar.
Arabes, dirr des Soumal , je crois), sorte de haricot trèspetit, qui , lorsqu’il est sec, a la peau de même couleur que celle de la gourgane: les tchoko { monggui des Arabes) de couleur vert noir, de forme cylindrique et au moins de moitié plus petits que les kond’hé ; les fihoni, de la grosseur de nos petits haricots, mais moins plats et remarquables par la longueur de la suture qui attache la graine à la gousse, membrane qui prend presque la moitié du périmètre de la fève, et qui , quand celle-ci est sèche, tranche par sa blancheur sur le brun-rouge de la peau ; les ambérazi (diverses variétés d ' ambr évadés) \ les mapahouale, espèce que je n’ai pas vue.
Enfin on importe encore, à Zanzibar, de M’rima, Mombase, Pcmba, certaines racines nutritives, telles que le manioc (so., mhogo) et des tubercules du genre des pistaches de terre, que lesSouahhéli nomment, les uns m'jogo nyassa et les autres m'jogo.
Sésame : so., oufoutha. — On le cultive dans tout le Souahhel depuis Kionga jusqu’à Lâmou, principalement à M’gâo, Tangat, Mombase et Lâmou. Zanzibar en reçoit des points au sud de Tangat et de ce port qui en fournit aussi à Mombase. Le sésame est noir ou blanc ; le noir est récolté plus particulièrement à Tangat et au nord; le blanc vient du sud. On a commencé à le cultiver dans le pays soumal en arrière des Bénadir. A la côte sud, on a de 25 à 26 kila de cette graine pour moins de 1 piastre de marchandises.
A Zanzibar, 19 ou 20 kila pour 1 piastre; à Mombase, de même; à Lâmou, 22 kila, et aux Bénadir, de 20 à 50 kila pour 1 piastre. La récolte a lieu, dans le Souahhel, en oc-
tobre et novembre; dans les Bénadir, il y en a deux qui se font aux mêmes époques que celle du moutama ; malgré l’extension de la culture du sésame, le prix de celui-ci a un peu augmenté dans les dernières années.
On estime qu’il en passe annuellement de 16,000 à 17,000 djezela (de 2,800 à 5,000 tonneaux) sur le marché de Zanzibar.
Huile de sésame : so., mafoutha. — Nous savons déjà que Zanzibar, Mombase et Lâmou en fabriquent. Le premier marché en expédie sur quelques points au sud, et l’échange à Pemba contre du semen; Mombase en fournit aussi un peu à Pemba. A Zanzibar, le prix de la frazela varie de 1 piastre 1/4 à 1 piastre 5/8. Le sésame blanc donne, dit-on, un peu moins d’huile que le noir, mais elle est plus fine et plus limpide que celle extraite de celui-ci; on m’a assuré que 12 kila de sésame rendent 8 men d’huile, par les moyens d’extraction employés dans le pays, moyens qui sont très imparfaits comme on a pu le voir.
Autres graines oléagineuses : tond doo , fruit du mtonddoo (le lakamaka de Madagascar); koumé, graine d’une sorte de courge produite par une liane [jolifia africana ) (1). — La première, qui existe en abondance à Pemba et à Zanzibar, sert à faire une huile à brûler. Pemba en fournit à Mombase et à Lâmou pour cet objet. La seconde donne une huile à manger très-fine; la liane qui la produit est fort commune à Zanzibar : les fruits en sont gros, et chacun d’eux contient une grande quantité de graines.
Cocos verts : so., madafou; secs ou germés, nazi,
(1) D’après M. Boivin.
soum., narguil. — On les récolte aux îles Mafïia, Zanzibar et Pemba, dont le sol est planté de nombreux cocotiers. De ces trois points on en exporte aux Bénadir et aux Kiloua. À Mombase, où l’on trouve aussi de ces fruits, mais en moindre abondance, ils valent de 2 piastres 1/2 à 3 piastres le millier; à Mafiia et à Pemba, de 1 piastre 3/4 à 2 piastres 1 /4 ; à Zanzibar, de 3 1/2 à 4 1/2. Il n’est pas un arbre, on l’a dit souvent, dont l’utilité soit, pour les habitants du pays, plus réelle et plus générale que celle du cocotier. L’eau du coco est un breuvage des plus agréables, surtout pour des gens qui ne peuvent user de boissons plus généreuses; le suc laiteux que contient l’amande fraîche sert à la cuisine, dans laquelle il tient lieu de lait et d’huile à la fois; l’amande, sèche et légèrement fermentée, donne une grande quantité d’huile à brûler ; la coque sert pour vases ; le brou remplace le chanvre pour le cordage; la feuille fournit la couverture des cases; enfin, avec le tronc, on fait des rouleaux pour traîner des objets de poids, des pieux pour pilotis, des corps de pompe, etc.
Huile de cocos : so., mafoulha-ia-nazi. — On n’en fait au delà des besoins de la consommation locale qu’à Zanzibar, et un peu à Pemba : ces deux points en approvisionnent plusieurs endroits au nord du Souahhel et aux Bénadir, où les cocos manquent. Elle vaut, à Zanzibar, de 1 piastre à 1 piastre 1/2 la frazela. Les noix de Mombase et de Zanzibar rendent, dit-on, un peu plus d’huile que les autres.
Noix d’arec : so. , popo. — L’arec est cultivé à Zanzibar, à Pemba et aux environs de l’anggani. Les noix de ce dernier lieu ne sont pas de bonne qualité. On en porte des
deux îles à M’rima, Lâmou et à tous les autres points de la côte. Pemba en fournit aussi à Zanzibar; on en a de huit à dix mille pour 1 piastre.
Girofle : so., kromfel ou karafo. — Les Souahhéli se servent du girofle pour divers usages, mais toujours en trèspetite quantité. Ils l’emploient à l’état naturel comme condiment, et en infusion, comme médicament tonique, dans certaines affections. Ils confectionnent des colliers, des boutons d’oreilles et autres ornements de femme avec des clous enfilés, ou bien avec une pète obtenue en les broyant et découpée sous diverses formes; enfin ils font entrer cette épice dans la préparation de la bouillie nommée tibou, qui sert à la cérémonie funèbre du halil. Le girofle de Zanzibar et de Pemba, quand les plantations sont bien soignées et les boulons convenablement cueillis, est de très-bonne qualité. Le chiffre de la production a considérablement augmenté depuis ces dernières années. La plus forte récolte qu’on ait faite de cette espèce a été celle de 1848-49, qui ne doit pas avoir donné moins de 120,000 à 150,000 frazela, y compris le produit de Pemba, dont le girofle est presque tout porté à Zanzibar. Une grande récolte est, ordinairement, suivie d’une beaucoup moins considérable et souvent môme très-faible; en 1847-48, elle n’avait été que de 55,000 à 40,000 frazela ; mais celle qui l’avait précédée s’était élevée à peu près à 100,000 frazela. On pourra juger, par les chiffres suivants, du développement qu’a pris, en peu d’années, celte culture dans les possessions du Sultan : en 1859-40, le chiffre de la production a été estimé à 9,000 frazela; en 1845-44, à 50,000; en 1846-47, à 97,000. Dans les premières années, il avait été vendu, à Zanzibar, au prix moyen de 4 pius
très 1/4 la frazela; dans les années suivantes, de 2 piastres 5/4 à 5 piastres après récolte abondante, et de 5 1/2 à 3 5/8 après mauvaise récolte. En novembre 1848, à moitié de la récolte, il n’était qu’à 2 piastres 1/2, et l’on pensait que, selon les prix obtenus pour les premiers envois faits à Bombay, il tomberait à 2 piastres 1/4 et même, peut-être, à 2 piastres la frazela.
Copal : so , saridaroussi. — Il est recueilli sur tout le littoral depuis le cap Delgado jusqu’à Raz-Goméni, situé par les 5° de latitude sud. La zone de terrain de laquelle on l’extrait est éloignée de la côte d’environ trois journées de marche, dans le sud du Souahhel , et d’un peu moins à mesure qu’on avance vers le nord. On commence à en trouver généralement à une heure et demie ou deux heures de marche du rivage. La couche où il gît en morceaux séparés, inégalement distants les uns des autres, commence à environ 1 coudée au-dessous de la surface du sol, et elle a 4 coudées d’épaisseur. Le copal est produit par 1 ’hymenœa verrucosa (1), arbre très-élevé, au tronc droit et dénudé, dont les Arabes font quelquefois des mâtures pour les grands bateaux. Cette résine paraît être principalement exsudée par les racines de l’arbre et n’acquérir toutes ses qualités qu’après un séjour assez long dans la terre; du moins, n’est-ce que celle qu’on en tire qui possède la propriété d’être insoluble dans l’alcali de potasse, tandis que le copal récemment exsudé, et notamment celui qui a été récolté sur le tronc ou sur les branches, à l’air libre, ne supporte pas ce lavage. Partout où on le trouve dans l’état voulu pour
(1) D’après M. Boivin.
qu’il ait toute sa valeur commerciale et industrielle, il n’existe plus de vestiges des arbres qui l’ont sécrété, et la résine recueillie là où les arbres subsistent n’est pas de bonne qualité. Syed Séliman, l’une des personnes dont on puisse attendre les idées les plus positives sur ces sujets, affirme que le bon copal ne se produit que quand l’arbre meurt. Cette assertion, convenablement commentée, n’est pas sans fondement; il est probable que l’exsudation des racines ne serait, comme dans certains arbres, le bois noir, par exemple, qu’une maladie qui fait périr l’arbre par épuisement ou par une sorte de déviation de la sève. La qualité du copal paraîtrait aussi n’ètre pas complètement indépendante de la nature du sol dans lequel il est enfoui. Cette apparente influence du terrain s’est-elle exercée sur l’arbre générateur, ou directement sur la matière engendrée? Aucun indigène n’est en état de le dire. L’expérience seulement conduit à reconnaître que le copal trouvé dans les terrains fins, légers, sablonneux est plus blanc et plus pur que dans les terrains ocreux et argileux. Le copal vert, c’est-à-dire celui qui est recueilli sur l’arbre ou à la surface de la terre, autour du pied, est bien plus friable et ne saurait, assure-t-on, être employé à la composition des vernis secs; on le confond quelquefois, sous le nom de tchakazi , avec une autre résine de couleur plus claire, que beaucoup de naturels prétendent être fournie par le même arbre que le copal , mais qui , selon toute apparence, est une matière bien différente. D’après Syed Séliman, il est exsudé du tronc et des branches du copalier mâle ou femelle, je ne sais plus bien ; toutefois M. Boivin, qui a eu l’occasion de voir des copaliers sur l’île Zanzibar, repousse cette asser-
tion, parce que, dans le genre auquel ils appartiennent, l’individu est toujours monoïque; il ne lui pas été permis, d’ailleurs, de constater l’existence de la matière dont il s’agit sur l’arbre qui la produit.
Le tchakazi est exporté par les banians dans l’Inde, et de là, en Chine; j’ai décrit, au second chapitre, l’emploi qu’on en fait à Zanzibar.
On trouve encore un peu de bon copal dans certaines parties de cette île, mais on l’y cherche de moins en moins à mesure que les cultures régulières s’emparent du sol , parce que les fouilles nécessaires pour se procurer la résine bouleversent le terrain. Son marché en est, du reste, approvisionné par tous les points de la côte sud; il en tire en petite quantité de Panggani et de Mombase. A Kiongga, Mgào et Lindy, on le paye de 1 piastre 1 /2 à 2 piastres 3/4 de marchandises; aux Riloua, de 2 1/2 à 3 1/2 piastres de marchandises, ou de 3 à 4 1/2, en argent; si la gomme est grattée, les prix qui viennent d’être indiqués s’augmentent d’environ 1 piastre. A Oufidji et, en général, sur la côte de M’rima, le prix de la frazela équivaut à 2 1/2 ou 3 piastres de marchandises ; à Zanzibar, elle coûte, selon la qualité et non grattée, de 2 piastres 1 /4 à 3 piastres, et de 3 1 /2 à 6 piastres, quand elle est mondée ; à Mombase, elle serait payée 1/2 piastre de moins, mais elle n’est pas aussi bien nettoyée. Depuis deux ou trois ans, le prix du copal est en baisse sur le marché de Zanzibar; la quantité qui s’y présente est supérieure à l’exportation, et cependant celle-ci a dépassé le chiffre de cinquante et quelques mille frazela. C’est au mois de février qu’il y est le plus abondant; à la côte, c’est dans les premiers mois de la mousson de nord-est.
Sucre et mélasse : so., soukari. — On prépare, à Zanzibar et à Peinba, mais sur une très-petite échelle, du sucre dont la qualité correspond à notre bonne quatrième de la Réunion, et qui vaut de \ piastre 1/2 à 2 piastres !a frazela. On y fait également de la mélasse, qu’on importe ensuite dans les autres ports de l’Afrique. Zanzibar n’y envoie qu’exceptionnellemcnt un peu de sucre de qualité supérieure qu’elle reçoit de l’étranger.
Café : so., bouni. — Lâmou, Mombase et quelquefois les Bénadir en reçoivent une petite quantité de Zanzibar, où la qualité supérieure se paye de 5 piastres 1 /2 à 4 piastres la frazela; elle est très-rare, d’ailleurs, sur ce marché.
Dattes : so., llieudé-, soum., ternir. — On en expédie de Zanzibar sur plusieurs points de la côte, particulièrement dans les ports du sud; on y envoie aussi quelques amandes et raisins secs.
Nattes, fines et grosses : so., m’keha et djoumvi ; soum., koguel. — M’rima en fabrique des deux sortes, mais les nattes fines y sont moins belles ; celles-ci sont faites à Maffia, Mombase et Zanzibar principalement.
Une partie des unes et des autres sont importées, selon le besoin, dans les endroits privés de cette industrie.
De Maffia et M’rima il en vient beaucoup à Zanzibar. Les nattes fines se vendent à la pièce et à un prix en rapport avec leur dimension, la forme et les couleurs de leurs dessins; il en est qui sont payées de 5 à 4 piastres; toutefois elles coûtent d’ordinaire de 5/4 de piastre à 1 piastre 1/4. Les grosses nattes sont vendues à la kourdja et valent , selon leur grandeur, de 2 piastres 1/2 à 5 piastres. Les premières
sont tressées avec les feuilles du moukirido (le rajia, je crois), et les autres avec celles du micia (le lalanier).
Sacs en nattes : so .,kanda. — On les trouve dans tout le Souahhel, surtout à Lâmou ; les meilleurs sont ceux du sud, qui offrent, de plus, une dimension double de ceux des autres endroits ; ils sont faits en miaa, et payés à raison de 1 piastre pour trente à quarante sacs; ailleurs on les fabrique avec la môme matière, mais ils sont plus petits, et on en a soixante à quatre-vingts pour 1 piastre; à Pemba, où ils sont confectionnés avec des feuilles de mouemba (le vaccona ), on les paye 1 piastre le demi-cent.
Etoffes de coton. — En seul genre de ces étoffes est produit par l’industrie indigène, ce sont les cotonnades unies tissées dans les Bénadir et dont une pièce compose un vêtement; on n’en importe guère qu’à Mombase et aux points intermédiaires. Elles sont longues de 10, 12 et 14 coudées sur 1 coudée 1/4 de lé, et coûtent, selon la qualité, de 1/2 à 1 piastre 1/2; les plus grossières se vendent à la kourdja, à raison de 5 à 9 piastres. Les autres étoffes qui sont très-variées , selon les usages auxquels on les destine, arrivent de l’extérieur dans trois ou quatre ports, d’où on les répartit ensuite sur le reste du Souahhel. Zanzibar est naturellement le point qui en reçoit et qui en distribue le plus. Sur la côte entre Delgado et les Kiloua, le coton dit kliami (coton uni des Américains) est placé à 15 ou 18 pour 100 de gain, et les étoffes de l’Inde et de l’Oman à 50 ou 40 pour 100 de gain, sur leur prix courant à Zanzibar. Aux Kiloua, la différence en plus n’est que de 22 à 25 pour 100 à peu près.
Bois de construction. — Il en est de plusieurs espèces
désignées par les Souahhéli sous les noms suivants : mvoiilé, msimbalé , rri sikoundazi , rri tonddooli, rrilcho, mkandaa et m’koko. Le m’voulé se rencontre surtout aux environs de Mombaseet sur le littoral entre Ouacine et M’tanggata. On en trouve quelques-uns à Pemba ; à Zanzibar, ils sont très-rares. On en fait des bordages, des planches et des madriers. Les indigènes disent qu’il y en a de couleur rougeâtre et de couleur blanche, mais cette différence de teinte peut n’ètre que l’effet de l’âge des arbres : celui de couleur rougeâtre est réputé le meilleur.
Le msimbalé , espèce de teck. — Il croît principalement à M’gaô, Lindy, Kiongga et à la côte de Mozambique; on l’emploie pour bordages et grosses pièces droites.
Le m sikoundazi. — On en tire des planches. Il a, pour la couleur, quelque rapport avec le noyer et le gaïac; on le rencontre plus particulièrement aux environs de Panggani.
Le mlonddooh, qui est très-abondant à Pemba surtout, et que Zanzibar fournit aussi, donne de bonnes courbes pour les constructions maritimes; on en fait encore des mâts et des vergues pour les bateaux de tout genre (1).
.le ne sais rien du m'tcho ou m'tclié, si ce n’est qu’il exsude une sorte de baume qui se concrète à l’air libre, et dont on se sert comme médicament; on me l’a cité, toutefois, parmi les bois de construction.
Le m’kandaa et le m’koko , dont l’écorce contient beau-
(1) L’arbre qui produit le copal , le rrï sandarouss , donnait aussi de belles mâtures, et c’est à la consommation qu’on en faisait pour cet usage que j’ai entendu attribuer la presque complète disparition de cet arbre de l’ile de Zanzibar, où il était, dit-on, fort commun autrefois; ce n’cst, maintenant, que dans les parties cdoignées du port qu’on en trouve encore quelques pieds.
coup de tan; elle entre dans la préparation des peaux. Le premier, qui est une espèce de palétuvier, est plus commun à Lâmou que partout ailleurs; le second vient à Mania, M’rima, Mombase et Lâmou. Les pêcheurs frottent leurs lignes avec le fruit du m’kandaa.
Il n’y a guère que Zanzibar qui fasse une consommation notable de ces bois; nulle part on ne les exploite à l’avance, mais seulement en raison des demandes ou des besoins connus de ce port , la dépense locale n’en absorbant qu’une minime quantité.
Sel : so., tchomvi (à Zanzibar), mougno (à Mombase et Lâmou). — Il en est porté un peu de Zanzibar à M’rima, et de Lâmou à Zanzibar; on en a, en ce dernier lieu, de 80 à 140 mesures pour 1 piastre, selon l’état d’approvisionnement du marché. A Lâmou, le prix en est le même; mais, dans certaines circonstances, par exemple quand les bateaux qui l’importent s’y arrêtent au lieu de descendre jusqu’à Zanzibar, on peut en avoir jusqu’à 250 mesures pour 1 piastre.
Verroterie : so., outchangga. — On ne peut fournir des indications exactes sur le mouvement auquel cet objet donne lieu qu’en présentant des échantillons avec la désignation de chaque espèce de grains, et celle du lieu auquel elle convient. C’est un soin dont monsieur l’agent commercial était tout spécialement chargé et dont il s’est, sans nul doute, acquitté (1).
(1) M. Loarer s’est, eu effet, occupé de cet objet; voir ce qui eu esï dit daus sou mémoire. — MM. Arnaud et Vayssière, dont un travail sur le commerce de la mer Rouge a été publié dans les Documents sur le commerce extérieur (février 1830, u° 185), ont, en outre, remis au mi-
La consommation de cet article a sensiblement diminué dans les dernières années, par suite des entraves et des restrictions mises à la traite sous pavillon arabe. Le prix en est aussi varié que l’espèce. Zanzibar en fournit un peu à Mombase, à Lé mou, aux Bénadir et, presque exclusivement, à M’rima et aux ports du sud.
Laiton : so., mazoka (laiton de l’Inde), massango (laiton d’Europe). — C’est un article de grand débit pour Zanzibar, qui en importe à M’rima et aux Kiloua : au sud de ces derniers, il n’est plus demandé; mais, à M’rima, il n’est pas de transaction opérée sans qu’il y entre une certaine quantité de cet objet. Le mazoka vaut, sur le marché de Zanzibar, de 8 1/2 à 10 piastres la frazela ; le massango, de 9 à 12 piastres 1/2.
Fil de fer : so., féningné. — Il n’est employé que dans le commerce de M’rima, et il y vient de Zanzibar, ou la frazela se paye de 2 à o piastres.
Ce port fournit également, à M’rima et aux ports du sud , du fer en barre pour sagaies, bachots, couteaux; du plomb pour balles, de l’étain pour les bracelets, les anneaux de jambes et les ornements d’oreilles des femmes pauvres et des esclaves ; de la poudre de guerre, des armes (fusils et sabres), de la quincaillerie, de la verrerie, de la grosse vaisselle; quelques meubles communs, des vêtements confectionnés (coton, laine et soie), et étoffes pour turbans et ceintures; quelques bouteilles d’eau et d’huile de rose, un peu de co-
uislre de l’agriculture et du commerce une série d’échantillons de celte nature eu février 1850. Ces échantillons ont été envoyés, comme intéressant notre industrie, au Conservatoire des arts et métiers, où le commerce peut en prendre connaissance.
ton en laine pour matelas et coussins, un petit nombre de tapis de pied, des drogues, gingembre, cardamome, poivre, mogat sont , en outre, répartis par Zanzibar sur les autres points de la côte.
Enfin cette île reçoit des Bénadir une très-petite quantité de gomme arabique et de myrrhe, et leur envoie un peu de tabac et de savon.
Bon nombre des articles que je viens d’énumérer, comme alimentant le commerce intérieur des États d’Afrique dépendants du sultan de Mascate, ne sont pas produits dans le pays ou ne le sont qu’en partie; une fraction seulement est destinée à sa consommation, et souvent même ils sont réexportés en totalité; aussi figureront-ils presque tous dans la nomenclature des objets fournis au commerce étranger. J’ai donc encore à les envisager sous ce nouveau rapport, et à compléter les indications que j’ai déjà données pour chacun par celles qui sont relatives à leur destination ultérieure. C’est ce que je vais faire en suivant l'ordre dans lequel ils ont été déjà présentés.